Friedrich ENGELS (1845) LA SITUATION DE LA CLASSE LABORIEUSE EN ANGLETERRE D’ap

Friedrich ENGELS (1845) LA SITUATION DE LA CLASSE LABORIEUSE EN ANGLETERRE D’après les observations de l’auteur et des sources authentiques Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, Bénévole, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi Courriel: jmt_sociologue@videotron.ca Site web: http://pages.infinit.net/sociojmt Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales" Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi Site web: http://bibliotheque.uqac.uquebec.ca/index.htm Friedrich Engels (1845), La situation de la classe laborieuse en Angleterre 2 Cette édition électronique a été réalisée à partir de : Friedrich Engels (1945), La situation de la classe laborieuse en Angleterre. D’après les observations de l’auteur et des sources authentiques. Paris : Éditions sociales, 1960, 413 pages. Traduction et notes par Gilbert Badia et Jean Frédéric Avant-propos de E. J. Hobsbawm Friedrich Engels (1845), La situation de la classe laborieuse en Angleterre 3 Table des matières Avant-propos de E. J. HOBSBAWM I. - CADRE ET ORIGINE DE L'OUVRAGE. II. - SCHÉMA ET ANALYSE. III. - LA DESCRIPTION DE L'ANGLETERRE EN 1844. LA SITUATION DE LA CLASSE LABORIEUSE EN ANGLETERRE Aux classes laborieuses de Grande-Bretagne Préface Introduction Le prolétariat industriel Les grandes villes La concurrence L'immigration irlandaise Les résultats Les différentes branches d'industrie les ouvriers d'usine proprement dits Les autres branches d'industrie Mouvements ouvriers Le prolétariat des mines Le prolétariat agricole L'attitude de la bourgeoisie à l'égard du prolétariat ANNEXES Complément à La Situation des classes laborieuses en Angleterre : Une grève anglaise Préface à l'édition américaine de 1887 Préface à l'édition allemande de 1892 Liste des sources citées par Engels Index des noms cités Friedrich Engels (1845), La situation de la classe laborieuse en Angleterre 4 AVANT-PROPOS Retour à la table des matières POURQUOI cette nouvelle traduction de La Situation de la classe laborieuse en Angleterre, alors que nous négligeons tant d'œuvres écrites aux alentours de 1840 ? Pour trois raisons principales : la première est que ce livre marque une date dans l'histoire du capitalisme et de la société industrielle moderne ; la seconde, qu'il constitue une étape dans l'élaboration du marxisme, c'est-à-dire de notre compréhension de la société; la troisième tient à sa qualité littéraire. A la fois érudit et passionné, mêlant l'accusation et l'analyse, c'est, pour tout dire, un chef-d'œuvre. Mais les chefs-d'œuvre eux-mêmes ont parfois besoin de commentaires pour être lus avec profit plus d'un siècle après leur Publication, surtout lorsqu'ils ont été l'objet d'attaques répétées de la part d'ennemis politiques, comme c'est ici le cas, et qu'ils traitent de problèmes sur lesquels une volumineuse littérature historique s'est constituée depuis. I. - CADRE ET ORIGINE DE L'OUVRAGE. Retour à la table des matières Lorsqu'il écrit La Situation de la classe laborieuse, Engels a vingt-quatre ans; il est issu d'une famille de riches cotonniers de Barmen, en Rhénanie, la région industrielle la plus avancée d'Allemagne, et son père est associé à une entreprise de textiles, la maison Ermen & Engels, qui se trouve au cœur de la région économique anglaise la plus importante de l'époque, à Manchester. Le jeune Engels, face aux horreurs du capitalisme industriel naissant et par réaction contre l'étroitesse et le pharisaïsme de son éducation piétiste, s'engage, dans la voie des jeunes intellectuels progressistes allemands formés dans la tradition philosophique alors dominante dans les milieux cultivés d'Allemagne et tout comme Karl Marx, de quelques années son aîné, il devient « hégélien de gauche » ; son adhésion précoce aux idées communistes le pousse à collaborer aux divers périodiques et revîtes où la gauche allemande s'efforce de formuler sa critique de la société existante. La décision de s'installer pour quelque temps en Angleterre émane-t-elle de lui ou de son père ? On ne sait. Ils ont sans doute des raisons différentes d'approuver ce projet : le père veut tenir son révolutionnaire de fils à l'écart des agitations allemandes et faire de lui un solide homme d'affaires ; le fils tient à être plus près du centre du capitalisme et de ces grands mouvements du prolétariat britannique d'où va surgir, pense-t-il, la révolution déci- sive du monde moderne. Il part pour l'Angleterre, en automne 1842 (c'est au cours de son Friedrich Engels (1845), La situation de la classe laborieuse en Angleterre 5 voyage qu'il rencontre Marx pour la première fois). Il va y rester près de deux ans, à obser- ver, étudier et exprimer ses idées 1. Sans doute travaille-t-il à son livre dès les premiers mois de 1844. Mais, c'est après son retour à Barmen, au cours de l'hiver 1844-1845 qu'il en rédige l'essentiel. L'ouvrage paraît à Leipzig, dans l'été 1845 2. L'idée d'écrire un livre sur la situation des classes laborieuses n'avait, en soi, rien d'original. Celui d'Engels est le plus remarquable des écrits de cette sorte, mais il n'est pas le seul. Aux alentours de 1830, il était clair, aux yeux de tout observateur intelligent que dans les régions économiquement avancées d'Europe se posaient des problèmes tout nouveaux. Il n'était plus seulement question des « pauvres», mais d'une classe sans précédent dans l'histoi- re, le prolétariat, « dont la situation sociale s'impose chaque jour davantage à l'attention du monde civilisé », dit Engels (chapitre I, p. 52). A partir de 1830, et surtout après 1840, an- nées décisives dans l'évolution du capitalisme et du mouvement ouvrier, les livres, brochures et enquêtes sur la situation des classes laborieuses se multiplièrent en Europe occidentale. Le tableau de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie, par L. Villermé (1840) est en France la plus célèbre de ces enquêtes en même temps que la plus remarquable des études de ce genre, à côté de celle d'Engels. Pour des raisons évidentes, ces recherches sont particulièrement nombreuses en Angleterre, et Engels utilisera au mieux les plus importantes d'entre elles, notamment les rapports de la Factory Enquiry Commission de 1833, de l'Enquiry into the Sanitary Condition of the Labouring Population de 1842, de, la Children's Employment Commission de 1842-1843 et dans la mesure du possible, de la Commission for Inquiring into the State of the Large Towns (1844) (premier rapport). D'ailleurs, il apparaissait déjà clairement que le problème du prolétariat n'était pas purement local ou national, mais bien international : Buret étudiait à la fois les conditions de vie anglaise et française (La misère des classes laborieuses en France et en Angleterre, 1840), tandis que Ducpétiaux collationnait les données concernant les jeunes ouvriers à travers l'Europe (De la condition physique et morale des jeunes ouvriers, et des moyens de l'améliorer, 1843). Le livre d'Engels est donc loin de constituer un phénomène isolé, ce qui lui a valu d'ailleurs périodiquement l'accusation de plagiat de la part d'anti- marxistes en mal d'arguments 3. 1 En dehors de La Situation.... son séjour verra naître les « Umrisse zu einer Kritik der Nationaloekonomie » publiés dans les Deutsch-Franzoesische Jahrbuecher, Paris 1844, ébauche précoce, mais imparfaite d'une analyse marxiste de l'économie, ainsi que des articles sur l'Angleterre pour la Rheinische Zeitung, le Schweizerische Republikaner, les Deutsch-Franzoesische Jahrbuecher et le Vorwaerts de Paris, et sur l'évolution continentale pour le New Moral World de R. Owen. (Cf. Karl MARX - F. ENGELS : Werke. Berlin, 1956, tome I, pp. 454-592.) 2 Die Lage der arbeitenden Klasse in England. Nach eigner Anschauung und authentischen Quellen von Friedrich ENGELS. Leipzig. Druck und Verlag Otto Wigand 1845. Une édition américaine paraît avec une préface distincte en 1887, une édition anglaise, avec une longue et importante préface, en 1892, et une seconde édition allemande la même année. On trouvera ces diverses préfaces à la fin du présent volume. Une partie seulement des erreurs matérielles de la première édition y sera corrigée. La dernière édition allemande de La Situation est celle de MARX-ENGELS : Werke, Bd II, pp. 228-506, Berlin, Dietz, 957. W. 0. Henderson et W. H. Chaloner qui viennent de rééditer le livre en anglais (Oxford 1958) se sont livrés à un travail extrêmement minutieux, vérifiant toutes les citations, ajoutant les références précises là où Engels ne les donnait pas, corrigeant certaines erreurs passées inaperçues et ajoutant d'utiles renseignements complémentaires. Malheureuse- ment, cette étude souffre du désir irrépressible de ses auteurs de discréditer Engels et le marxisme à tout prix. La première édition française a été publiée par Alfred Costes, 2 volumes, 1933 ; elle contient de nombreuses erreurs et ne comporte aucun appareil critique. 3 On lui reproche, notamment, d'avoir plagié Buret. Cf. la critique de Charles Andler : Introduction et commentaires sur Le Manifeste communiste. Paris, Rieder, 1925, pp. 110-113. Cette accusation est discutée et réfutée par Gustave MAYER : Friedrich Engels, vol. I, La Haye, 1934, p. 195, qui explique d'une part, que les vues de Buret n'ont rien de commun avec celles d'Engels, et que d'autre part, rien ne prouve que celui-ci ait connu le livre de Buret avant d'écrire le sien. Friedrich Engels (1845), La situation de la classe laborieuse en Angleterre 6 Il diffère pourtant des autres œuvres contemporaines à bien des égards. Tout d'abord, c'est, comme le uploads/Geographie/ situation-classe-ouvriere.pdf

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