Phrase d’accroche : Madame de Staël écrit dans son ouvrage « Considération sur

Phrase d’accroche : Madame de Staël écrit dans son ouvrage « Considération sur la Révolution Française », le parricide signifie le fait de commettre un crime contre sa patrie ou l’humanité. Un terme qui peut définir l’épisode que va connaitre la France entre le 20 janvier 1793 et le 19 avril 1799. Une période de morts de représentants du peuple qui va commencer par la mort de Le Peletier, le 20 janvier 1793, ou bien celle de Marat, l’Ami du Peuple, le 13 juillet 1793. Assassiner Le Pelletier ou Marat, c’est en quelque sorte assassiner ceux qui ont fait la République, du moins qui ont participé à cela. Ils sont tous les deux victimes d’assassinats annonciateurs de la vague de morts non-naturelles qui vont suivre parmi les députés. Contexte historique : Pour pouvoir comprendre le contexte de l’assassinat de Le Peletier et de Marat, il faut revenir quelques mois auparavant. La fin du XVIIIe siècle est une période de changements. La monarchie française vient d’être abolie depuis le 10 août 1792. Le roi Louis XVI est donc démis de ses fonctions. Et vient alors se mettre en place après de longs discours, débats, la Convention. Elle est créée le 20 septembre 1792 pour succéder à l’Assemblée législative. La Convention se trouve être dominée, dès ses débuts, par les affrontements entre le parti de la Gironde et celui de la Montagne. Tout semble opposer ces deux factions : les Girondins, issus de la bourgeoisie provinciale des grands ports côtiers et dirigés par Brissot, Vergniaud, Pétion et Roland. Ils se montrent attachés à l’idée de libéralisme économique, et affichent des positions modérées, étant peu enclins à prendre des mesures d’exception pour sauver la république. Tandis que les Montagnards, au contraire, ceux que l’on appelle comme cela car ils siégeaient sur les hauts bancs de l’assemblée, se distinguent par leurs positions beaucoup plus radicales et hostiles à la monarchie. Essentiellement dominés par Robespierre, Danton, Marat et Saint-Just et s’appuyant sur le peuple, ils défendent les revendications égalitaires des sans-culottes et sont les premiers à réclamer l’instruction du procès du roi et la guerre sans relâche des ennemis de l’intérieur. La première période de l’histoire de la Convention, du 21 septembre 1792 au 2 juin 1793, est marquée par cette rivalité entre Girondins et Montagnards. Malgré ses débuts marqués par une majorité de Girondins avec environ 150 députés, les Montagnards connaissent leur apogée au printemps 1793 avec 300 députés. La Gironde, affaiblie par son manque d’unité lors du procès du roi et par les revers militaires, notamment avec la seconde invasion mais aussi, le soulèvement royaliste de la Vendée, essaie tant bien que mal de lutter contre la Montagne en faisant arrêter les principaux chefs de file, notamment Jean-Paul Marat (nous allons plus particulièrement nous arrêter sur lui dans la suite de l’exposé), le 13 avril 1793. L’histoire de la Convention va être rythmée par la mort de différents représentants de peuple, qu’ils soient Girondins ou Montagnards. Certaines morts de représentants vont être représentés, essayant de mettre en avant l’idée que ces hommes morts pour la République sont des martyrs révolutionnaires. Nous allons plus particulièrement nous intéresser à Michel Le Peletier et à Jean Paul Marat, les deux premiers représentants à mourir sous la Convention. Problématique : En quoi les différentes représentations des morts de représentants du peuple vont-elles démontrer d'une sensation de parricide ? Tout d’abord, nous allons mettre en avant les représentations faites par certains artistes de l’assassinat de Le Peletier et de Marat notamment en la personne de David. Une représentation que l’on peut qualifier comme martyr de la Révolution. Avant de nous pencher, sur le renversement de situation. C’est-à-dire, le changement de martyr de la Révolution, avec le cas de Charlotte Corday et de Jean-Paul I. La représentation du martyr Michel Le Peletier de Saint Fargeau et Jean-Paul Marat sont assassinés à quelques mois d’intervalle. Ces homicides résultent d’une action préméditée. Dans ces deux assassinats, la raison politique occupe une place importante dans la décision de tuer un représentant du peuple. Pour l’un, l’assassinat est dû au fait de sa décision lors du procès de Louis XVI, tandis que pour l’autre, son assassinat se déroule dans un contexte beaucoup plus particulier, à l’été 1793, où la France, du moins la Convention est touchée par l’invasion de certaines armées étrangères, mais aussi, le soulèvement vendéen à partir de 1793. 1) Michel Le Peletier de Saint Fargeau : le premier martyr de la Révolution ? Nous allons tout d’abord nous intéresser au premier « martyr de la Révolution » qui est Michel Le Peletier de Saint Fargeau (1760-1793). Il fût le premier représentant du peuple à être assassiné pendant l’épisode de la Convention. Cet homme est issu d’une ancienne famille de haute magistrature et possesseur d’une fortune immense dans le département de l’Yonne. Il a d’abord défendu le pouvoir du roi aux Etats Généraux. Cet homme est à la fois un homme politique et un juriste. Sa carrière politique, il la commence dès 1779 à Paris en tant que Conseiller au Parlement de Paris mais aussi avocat à la prison du Châtelet. En 1785, il est avocat général et est élu Président à mortier du Parlement de Paris avant 1789. Le 16 mai 1789, il est élu député de la noblesse de Paris aux Etats Généraux de 1789. A partir de juillet de la même année, il renie ses origines nobles et devient alors l’un des avocats les plus ardents de la cause du peuple. Son parcours politique continue voulant toujours être aux services du peuple. Le 19 juin 1790, jour de la suppression des titres de noblesse, il fait voter qu’aucun citoyen ne pourra porter d’autre nom que celui de sa famille. Pour montrer l’exemple, Louis Michel Le Peletier, marquis de Saint-Fargeau, ne signe plus que désormais par Michel Le Peletier. Quelques jours plus tard, Le 21 juin 1790, il devient président de l’Assemblée nationale constituante. En 1792, il devient membre et président de l’administration départementale de l’Yonne puis le 6 septembre 1792, il devient député de ce département à la Convention, qui le choisit comme secrétaire. Il se joint alors aux Montagnards. Après avoir été un opposant de la peine de mort (il faut savoir que le 30 mai 1791, il présente un projet de code pénal où il propose d’abolir la peine de mort), il se ravise et il vote la mort de Louis XVI, le 20 janvier 1793. Le soir même, Le Peletier est assassiné, à la veille de l’exécution de Louis XVI, par Pâris, à la suite de son vote pour la mort du roi. Son geste a été vu comme un acte meurtrier par les royalistes. Ses mots face à son assassin seront, « j’ai voté la mort selon ma conscience ? » après que Pâris lui ait demandé s’il avait bien voté pour la peine capitale du roi Louis XVI. (à ne pas dire) Les derniers mots que Le Peletier dira à son agresseur sont rapportés dans différents ouvrages que l’on peut trouver sur cet épisode morbide. Pourquoi avoir tué Michel Le Peletier ? La mort de Le Peletier est différente de celle de Marat. En effet, cette mort est une mort qui vient du hasard. Je veux dire par là, que Pâris voulait tuer un des représentants qui avaient décidé la mort de Louis XVI et non Le Peletier à proprement parlé. Il faut savoir que Philippe Nicolas Marie de Pâris est un ancien garde du corps du roi, plus précisément l’un des « chevaliers du poignard » faisant partie de la garde constitutionnelle du Roi, sans emploi après la dissolution de celle-ci. Ardent royaliste, Pâris décide d’assassiner un des députés de la Convention qui vient de voter pour la mort de Louis XVI lors de son procès. Malgré le fait que Pâris n’est pas prémédité son meurtre sur la personne de Le Peletier, Pâris reconnait tout de même Le Peletier, un des représentants à abattre. Il sait qu’il fait partie des hommes qui ont voté pour la peine de mort du roi. Considéré comme le « premier martyr de la Révolution », son corps fut exposé dans une mise en scène grandiose place Vendôme, avant que l’on procède à ses obsèques le 24 janvier 1793. Il fut inhumé au Panthéon de Paris. A partir de là, plusieurs représentations voient le jour pour montrer la mort de Michel Le Peletier. Sa mort fut peinte par Jacques-Louis David sous le titre « Les Derniers moments de Michel Le Peletier ». Une peinture qui a été exposée dans la salle de la Convention nationale jusqu’en 1795 où David le récupéra et tenu caché par ce dernier. Après la mort du peintre en 1826, il fut racheté par les héritiers. Depuis, le tableau a cessé d’être visible. David (1748-1825) est un peintre contemporain de cette époque. En effet, il fut salué comme le chef de file du néoclassicisme français et comme l’un des plus grands peintres d’histoire. Ses œuvres couvrent une époque qui englobe la Révolution Française uploads/Histoire/ expose-histoire-moderne-6.pdf

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  • Publié le Mar 03, 2022
  • Catégorie History / Histoire
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