Université Jean Moulin Lyon 3 Ecole doctorale : Lettres (systèmes, images, lang

Université Jean Moulin Lyon 3 Ecole doctorale : Lettres (systèmes, images, langages) Suicide, décomposition, corruption Genèse et dialogisme du Précis de décomposition de Cioran par Nicolas CAVAILLÈS Thèse de doctorat de littérature Mention textologie et génétique des textes sous la direction de Jean-Pierre LONGRE soutenue le 7 septembre 2007 devant un jury composé de : Jean-Pierre LONGRE, professeur à l’université Jean Moulin Lyon 3 Irina MAVRODIN, professeure à l’université de Craiova Daniel FERRER, directeur de recherches au CNRS Michel JARRETY, professeur à l’université Paris IV Sorbonne Laurent MATTIUSSI, professeur à l’université Jean Moulin Lyon 3 Table des matières Remerciements . . 5 Préface – En guise d’épigraphe . . 6 Epigraphe . . 11 Introduction . . 12 Première partie. Dialogisme du Précis de Décomposition . . 22 I – Cioran et la Poétique de Dostoïevski . . 22 A – La crise du sujet . . 22 B – L’idée dialogique . . 23 C – Le dialogue . . 29 D – Le microdialogue . . 32 E – Les Carnets du sous-sol . . 36 Marginalia : Dostoïevski plume à la main . . 38 II – Le Précis de Décomposition au sein de l’œuvre . . 42 A – Imprécise décomposition . . 43 B – Lectures de l’œuvre . . 46 C – Du monologisme au dialogisme . . 65 Marginalia – Traduction et pastiche, le traducteur à l’école de la corruption . . 81 III – La guerre dialogique . . 85 A – Le choix des armes . . 85 B – Suicides sur l’échiquier . . 96 C – Duels . . 102 D – Corps à corps . . 111 Marginalia – Dialogisme et théâtralité, Notes pour une adaptation théâtrale du Précis de Décomposition . . 116 Seconde partie. Genèse du Précis de Décomposition . . 129 I – Préliminaires à l’analyse génétique . . 129 A – Aperçu terminologique . . 129 B – Le milieu génétique . . 130 C – Sur une lecture transcendante de Cioran . . 135 II – Du dossier génétique à l’avant-texte . . 139 A – Le brouillon cioranien . . 139 B – Dans la jungle des folios . . 143 C – L’avant-texte . . 155 III – L’exogenèse . . 179 A – L’intertexte . . 180 B – Le contretexte . . 191 C – L’antitexte . . 206 Troisième partie. Genèse et dialogisme . . 212 I – Pour une étude génétique globale . . 212 A - Problématique et visée . . 212 B – Microgenèse et macrogenèse . . 214 C – De l’œuvre à la littérature . . 215 II – Suicide . . 217 A – Le lyrisme primitif . . 218 B – Le dialogisme sauvage . . 233 C – Le suicide génétique . . 253 III - Décomposition . . 270 A – Épurer : l’état 2 . . 272 B – Brouiller : l’état 2’ . . 298 IV – Corruption . . 323 A – Derniers coups de théâtre . . 323 B – Point par point . . 330 C – Balafres dialogiques . . 334 D – L’écriture corrompue . . 339 Conclusion . . 354 Bibliographie . . 359 I. Emil CIORAN . . 359 A. Œuvres en langue originale . . 359 B. Œuvres traduites . . 359 C. Recueil d’articles, préfaces . . 360 D. Entretiens, correspondances . . 360 E. Manuscrits publiés . . 361 F. Manuscrits et archives . . 361 G. Essais sur Cioran . . 361 H. Articles sur Cioran . . 363 J. Témoignages . . 364 II. Ouvrages théoriques . . 364 A. Critique littéraire . . 364 B. Critique génétique . . 367 C. Essais philosophiques, historiques, scientifiques . . 369 III. Œuvres littéraires . . 370 IV. Ouvrages de référence . . 372 Annexes . . 373 Annexe I – À l’encontre de soi . . 373 Annexe II – Types de papier utilisés dans la genèse du Précis de Décomposition . . 398 Annexe III – Reproductions de manuscrits . . 401 A – Dostoïevksi, L’Idiot . . 401 B – « Généalogie du fanatisme », NAF.18721.3 . . 402 C – « Apothéose du vague », NAF.18721.74 . . 403 D – « Médiocrité de la philosophie », NAF.18721.104-107 . . 404 E – « Le désir de mourir », NAF.18721.321 . . 408 Remerciements 5 Remerciements Nous remercions tout particulièrement Mme Eleonora Cioran. Nous tenons également à remercier : Alfredo Abad Torres, Olga Anokhina, Mihaela Arnat, Filotheia Bogoiu, Gilles Bonnet, Jose Thomaz Brum, Claire Bustarret et l’équipe T.P.E., Petre Cioran et sa famille, Muguras Constantinescu, Thomas Cousineau, feu M. Gilles Cugnon, Aurélien Demars, Marin Diaconu, Ion Dur, Erica Durante et Recto Verso, Razvan Enache, Irène Fenoglio, Daniel Ferrer, Olga Gancevici et La Lettre R, Almuth Grésillon, Yannick Guillou, Liliana Herrera, Mireille Hilsum, Régine Jomand-Baudry, Dagmara Kraus, Ger Leppers, Blandine Longre et Sitartmag, Jean-Pierre Longre, Danièle Maïsetti, Nathalie Mauriac-Dyer, Irina Mavrodin, Anne Miller et le Centre National du Livre, Traiana Necsa, Carole Ould, Laura Pamfil, Sabine Pétillon, Yves Peyré et la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet, Gabriel Popescu, Valentin Protopopescu, Lydie Rauzier, Pierre Servet, Mihaela-Gentiana Stanisor, feu Mme Sanda Stolojan, Jérôme Thélot, Jan Van Biervliet, Eugène Van Itterbeek, Ovidiu Vasutiu et Rhône-Roumanie, Lionel Verdier, Sorin Vieru, Alain Vuillemin, Constantin Zaharia. Merci enfin à notre famille et à nos amis, de Lyon à Bucarest, de la Bresse à Paris, de Nice au Canada, de Dijon à Sibiu, et partout ailleurs : si toute votre gentillesse et tout votre soutien étaient soudainement compensés par leur équivalent en méchanceté, je passerais un sale quart d’heure, j’en suis conscient. Cette thèse a bénéficié du soutien financier de l’École Doctorale Lettres de l’Université Jean Moulin, du Centre de Recherches Jean Prévost / Groupe Marge, et de l’Institut des Textes et Manuscrits modernes. Nous ne remercions pas les bibliothécaires récalcitrants, ni les voisins bricoleurs ou cacomélomanes, ni la police. Suicide, décomposition, corruption 6 Préface – En guise d’épigraphe Il nous faut confesser, au seuil de cette thèse sur l’écrivain Emil Cioran, que celui-ci ne s’avère d’aucun soutien dans notre tâche, bien au contraire : son mépris pèse lourdement sur notre plume coupable. La finalité de ce florilège de citations, toutes extraites des Cahiers de Cioran, réside ainsi dans un mouvement d’excuse à l’égard de l’auteur. N’existent que les chose que nous avons découvertes par nous-même ; ce sont aussi les seules que nous connaissons. Tout le reste est bavardage. (…) Le mot profond de la Gitâ, qu’il faut toujours avoir présent à l’esprit : ‘Il vaut mieux périr dans sa propre loi, que se sauver dans celle d’un autre.’ (133) Celui qui veut avancer dans la vie de l’esprit doit se garder de réfléchir sur la littérature. / Ce qui compte, ce sont les expériences et non les problèmes. (200) Réduis tes heures à un entretien avec toi, et bien mieux avec Dieu. Bannis les hommes de tes pensées, que rien d’extérieur ne vienne déshonorer ta solitude, laisse aux pitres le souci d’avoir des semblables. L’autre te diminue, car il t’oblige à jouer un rôle ; supprime de ta vie le geste, confine-toi dans l’essentiel. (50) Ne perds pas ton temps à critiquer les autres, à censurer leurs œuvres ; fais la tienne, consacre-lui toutes tes heures. Le reste est fatras ou infamie. Sois solidaire de ce qui est vérité en toi et même ‘éternel’. (45) Des articles sur, des études, des livres sur, toujours sur quelqu’un, sur des auteurs, sur des ouvrages, sur les idées des autres ; comptes rendus amplifiés, commentaires inutiles et médiocres ; fussent- ils remarquables, que cela ne changerait pas à la chose. Rien de personnel, rien d’originel ; tout est dérivé. Oh ! il vaut mieux parler de soi avec nullité qu’avec talent d’autrui. Une idée qui n’est pas vécue, qui ne coule pas de source, ne vaut rien. Quel spectacle écœurant que cette humanité d’emprunt, cérébrale, savante, qui vit en parasite de l’esprit. (49) La littérature française est un discours sur la littérature. (182) Feuilleté un ouvrage sur la critique. Tout ce qui est théorie littéraire m’horripile. S’y exercent ceux qui ne sentent rien par eux-mêmes. / Le défaut de la littérature française est que la critique y a toujours joué un grand rôle. Un écrivain qui tient compte des thèses de tel ou tel Aristarque ! (634) J’ai regardé à la Sorbonne le fichier Valéry : énorme, disproportionné, ridicule. (…) Cette bibliothèque où fourmillent des jeunes spectres, où l’air est pestilentiel, et les employés odieux, m’a fichu un terrible cafard. Un cloaque d’imbéciles que l’Université, dans tous les pays du monde. (545) L.G. – mon ennemi acharné qui ne cesse de me calomnier depuis une vingtaine d’années. Il a créé le vide autour de moi ; les critiques qui m’avaient soutenu me détestent, plus aucune revue ne demande ma collaboration. Il m’a empêché d’entrer à la Recherche, il m’a fait perdre plus d’un uploads/Litterature/ cavailles.pdf

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