Confluences aux extrêmes Extrémisme violent au féminin : un mélange des genres

Confluences aux extrêmes Extrémisme violent au féminin : un mélange des genres ? Dossier e n m o u v e m e n t afrique(s) n° 2 • Avril 2020 Presses de l’UIR Éditeur : Presses de l’Université Internationale de Rabat Technopolis Rabat-Shore, Rocade Rabat-Salé +212 (0)5 30 10 10 45 15 • uir.presses@uic.ac.ma afriquesenmouvement@uir.ac.ma • www.uir.a.ma Comité éditorial Direction de la publication Farid EL ASRI, enseignant-chercheur à l’UIR Rédaction en chef Mehdi ALIOUA, enseignant-chercheur à l’UIR Sophie BAVA, chercheur à l’IRD-LPED-MOVIDA et chercheur associée à l’UIR Comité de rédaction Yousra ABOURABI, enseignant-chercheur à l’UIR Zoubir CHATTOU, enseignant-chercheur à l’ENAM Meriem EL HAITHAMI, enseignant-chercheur à l’UIR Jean-Noël FERRIE, enseignant-chercheur à l’UIR Sara MEJDOUBI, enseignant-chercheur à l’UIR Comité de pilotage Abdelaziz BENJOUAD, vice-président, recherche et développement, UIR Renaud Fichez, directeur de Recherche IRD, représentant de l’IRD au Maroc - UMR Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) Publisher: Presses de l’Université Internationale de Rabat Editorial Committee Direction of publication Farid EL ASRI, Professor-Researcher at UIR Chief Editor Mehdi ALIOUA, Professor-Researcher at UIR Sophie BAVA, Researcher at IRD-LPED-MOVIDA and Associate Researcher at UIR Drafting Committee Yousra ABOURABI, Professor-Researcher at UIR Zoubir CHATTOU, Professor-Researcher at ENAM Meriem EL HAITHAMI, Professor-Researcher at UIR Jean-Noël FERRIE, Professor-Researcher at UIR Sara MEJDOUBI, Professor-Researcher at UIR Steering Committee Abdelaziz BENJOUAD, Vice President for Research and Development, UIR Renaud Fichez, Director of Research at IRD Pré-presse : Babel com, Rabat Impression : El Maârif Al Jadida, Rabat Dépôt Légal : 2018 MO 4295 • ISBN : 978-9920-9638-1-7 Le mot de l’éditeur 1 Le mot de l’éditeur Avec ce deuxième numéro, l’Université Internationale de Rabat (UIR) pérennise déjà une ligne éditoriale pour sa revue éditée dans le cadre de ses « Presses de l’UIR », Afrique(s) en mouvement, au travers d’une approche plurielle, riche et au fait des réalités saisies dans leur mouvement. Ce nouveau numéro confirme l’engagement de l’UIR d’apporter sa pierre à l’édifice d’une recherche de rang mondial à partir de notre continent africain. L’université se veut ainsi un lieu de production des savoirs et d’innovation, mais aussi un espace de rencontres et d’échanges à la fois pour toute compétence qui s’intéresse à l’Afrique et pour tous les Africains portés par les devenirs du monde. Afrique(s) en mouvement constitue à cet effet l’une des plateformes pour, d’une part, diffuser et promouvoir les travaux de recherche conduits par les universitaires et intellectuels et, d’autre part, mieux appréhender les enjeux auxquels l’Afrique fait face dans un monde en constante transformation et où les clés historique, socio-anthropologique, politologique ou prospectiviste sont autant de coups de sonde disciplinaires permettant de saisir les questions se rapportant à l’Afrique dans la spatialité et la temporalité. A l’image de ces deux premiers numéros, Afrique(s) en mouvement servira de véhicule aux travaux et aux recherches sur l’Afrique et permettra ainsi aux personnes intéressées par les dynamiques de transition de l’Afrique de prendre part aux débats sur les questions sociologiques, économiques, politiques, scientifiques et technologiques à travers des approches nouvelles qui consistent à parler au monde africain et à parler du monde à partir de l’Afrique. Les sujets traités dans ce numéro « Confluences aux extrêmes » constituent l’illustration parfaite des questions qui préoccupent notre continent. Les formes d’extrémisme religieux que connaissent les différents pays africains appellent à ce que chaque pays s’organise en fonction de ses spécificités pour mieux lutter contre l’extrémisme religieux qui se nourrit notamment des maux de nos sociétés. Le partage d’expériences, fondé sur la rigueur de la démarche scientifique, est fondamental pour élaborer une réponse globale et durable découlant des réalités des terrains. Ce numéro de la revue Afrique(s) en mouvement apporte à la communauté scientifique et aux pouvoirs publics des éclairages inédits sur la question de l’extrémisme religieux à travers le prisme du genre. Le regard croisé et l’approche originale des auteurs de ce numéro documentent notamment la place des femmes dans les faits religieux et invitent les décideurs et les acteurs de la société civile à repenser le rôle des femmes dans la lutte contre les extrémismes religieux. A l’occasion de ce deuxième numéro, souhaitons à notre jeune revue davantage de succès, et nos remerciements et encouragements vont également à tous les contributeurs de grande qualité qui ont accepté d’engager leurs regards et expertises au bénéfice de notre continent. Abdelaziz Benjouad Vice-président à la Recherche et Développement, Université Internationale de Rabat (UIR) Afrique(s) en mouvement • n° 2 • Avril 2020 2 Entre 2 mots Sophie Bava Nous tenons à féliciter le coordinateur et les auteurs de ce deuxième numéro de la revue Afrique(s) en mouvement, revue encore toute jeune mais qui tente de relever le défi de penser en même temps l’Afrique dans le monde et le monde en Afrique à travers les problématiques sociologiques qui traversent nos sociétés. Dans ce numéro, « Confluences aux extrêmes », coordonné par Farid El Asri, la question de l’extrémisme religieux est abordée sous différents angles scientifiques et espaces géographiques mais dans une contemporanéité mouvante et rapide, comme il l’annonce lui-même. Nous reviendrons sur les formes de radicalisation individuelle en Afrique de l’Ouest, en Afrique méditerranéenne et en Europe, bien sûr, mais aussi sur les organisations collectives qui conditionnent et accompagnent ces parcours. A partir des femmes tout particulièrement et de leur rapport à ces formes de radicalité, le panorama que les auteurs proposent est celui d’un monde où les repères changent et peuvent faire basculer de nombreuses certitudes, notamment celle que les femmes sont extérieures aux productions de la violence ou plutôt qu’elles y opposeraient leur lutte. Ainsi creuser ces figures donne à ce numéro un ton particulier qui dépasse les idées reçues circulant sur les extrémismes religieux, et c’est bien le rôle de la recherche. Passer par le genre dans les études sur la radicalisation religieuse ne nous fait pas seulement voir des régularités ou des spécificités mais nous montre aussi un monde où l’on commence à reconnaître la place des femmes comme actrices à part entière des processus religieux. Outre le dossier, vous trouverez dans ce numéro plusieurs rubriques permettant de vous outiller théoriquement sur la question, de réfléchir avec les acteurs de la société civile à cette problématique, de penser aussi les différents médiums possibles pour en parler et, enfin, de pousser la lecture plus loin avec les ouvrages lus pour vous. Socio-anthropologue à l’IRD-AMU-LPED, Membre du comité de direction du LMI-MOVIDA, en accueil à l’Université Internationale de Rabat 3 Coupé-décalé 3 Tout Édit Notre contemporanéité nous confronte à de denses et inéluctables mobilités vers les extrêmes. Ce dérèglement des réalités géopolitiques, sociales et religieuses est un fait structurant désormais et qui s’impose autant par sa vitesse de production que par l’amplitude de ses conséquences et transformations. Si la mobilité et la régénération des extrémismes violents indiquent une pleine entrée dans la logique du siècle, à l’inverse, notre rapport à la compréhension et à la gestion de ces extrémismes violents reste encore trop figé sur des perceptions du monde et du mouvement d’un autre temps. L’œuvre de Jules Verne , Le Tour du monde en 80 jours (Verne, 1873) nous aide à saisir comment la technicité induit des changements radicaux de perception du temps et des rapports à l’espace global. Le roman narre une fin de XIXe siècle capable de réaliser l’exploit d’une traversée planétaire en un temps jusqu’alors inégalé. La révolution ferroviaire et maritime est ainsi exaltée par des possibilités de mobilité inédites dans l’histoire de l’humanité. Au XXIe siècle, nous sommes capables de réduire de vingt fois au moins la performance de Phileas Fogg et de son bien nommé acolyte Passepartout et sans que ceci ne soit par ailleurs plus considéré comme un exploit. Les moyens de transport à disposition et ceux de la médiatisation rendent tout cela assez commode et réduisent au passage notre perception du réel. Nous sommes donc là dans l’ère de la vitesse, de l’immédiateté, de l’accélération continue, et nous percevons la taille d’une planète qui se réduit de six fois par rapport à la vision de nos aïeux du XIXe siècle (Rosa, 2010 et 2018 ; Bauman, 2006). La violence s’accélère et se globalise aussi désormais. Elle se liquéfie en flux idéologique, s’évapore en réseau, pour se solidifier à nouveau dans le momentané, avant de muter encore sous des formes performatives toujours aussi complexes que paradoxales. Les conflits armés, qui sous-entendaient classiquement l’affrontement militaire des forces de deux États sur un champ de bataille, imposant de part et d’autre un « paradigme de destruction », ne sont plus (Aron, 1962). Le contexte a muté et exige de revoir des voies nouvelles de fabrication de pacification et de sortie de la violence. La nature évolutive des conflits impose des visages qui se traduisent, pour le cas de l’extrémisme violent dans les pays musulmans, par des affrontements organisés avec des groupes en armes plutôt qu’entre États : AQMI, GIA, Al-Qaïda, Daesh, Taliban, Chabab, Boko Haram… (Boulanger, 2015). Le déploiement de seigneurs de guerre, qui s’opposent aux États et aux encadrements de conflit par des règles et traités internationaux, impose de nouveaux rapports militaires et diplomatiques. uploads/Litterature/ confluences-aux-extremes-extremisme-viol.pdf

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