CYBERPUNK, HISTOIRE(S) D'UN FUTUR IMMINENT 36 CYBERPUNK, HISTOIRE(S) D'UN FUTUR

CYBERPUNK, HISTOIRE(S) D'UN FUTUR IMMINENT 36 CYBERPUNK, HISTOIRE(S) D'UN FUTUR IMMINENT 37 LA CYBERPUNK ATTITUDE Certains livres vous marquent plus que d’autres. Et certains sont même tellement marquants qu’ils sont à l’origine de mots passés dans le langage courant. C’est le cas de Neuromancer de William Gibson, traduit en français par Neuromancien. Déjà, c’est ce roman qui nous a donné des expressions telles que « cyberespace » ou « matrice » au sens informatico-culturel du terme (matrix en V.O., qui donnera son nom à la trilogie de films des sœurs ­ Wachowski). Une arnaque high-tech qui tourne mal Mais au fait, de quoi parle-t-il ? De Case, un cow-boy en version originale de 1984. En 2020, nous parlons plus de hackers ou dans le cas précis de Case de pi­ rate informatique. En effet, il avait l’habitude de faire des casses dans les systèmes informatiques des grandes multinationales régnant dans son univers futuriste. Un braquage qui a mal tourné l’a laissé sur le carreau, incapable physiquement de se recon­ necter au réseau, et errant, suicidaire, dans les bas- fonds d’une grande métropole japonaise. Un homme mystérieux, Armitage, le soigne et le recrute pour sa prochaine grosse opération. Il sera associé à une tueuse avec des verres miroirs en guise d’yeux, la fameuse Molly Millions de Johnny Mnemonic deve­ nue Jane dans le film pour une sombre histoire de propriété intellectuelle, et à un autre cow-boy déjà décédé et réduit à l’état de conscience virtuelle sur une barrette mémoire. Et évidemment, comme dans toutes les histoires d’arnaque, rien ne se passera comme prévu… Écrit en 1983 et publié en 1984 (1985 pour la pre­ mière publication française et ­ octobre 2020 pour la seconde traduction), Neuromancer a, sur un plan technique, vieilli. Heureusement pour l’informatique Partie 2 : Le cyberpunk à l'écrit \\\ Neuromancien High tech, low life ? Case est un hacker, un criminel vivant en marge de la société. Rapport homme/machine ? Outre la résolution finale de l’identité du Neuromancien, les pirates sont physiquement reliés au matériel permettant leurs intrusions informatiques. Et les modifications corporelles high-tech ou non sont nombreuses et assez spectaculaires, comme les ongles assassins et les yeux miroirs de Molly. Anticipation ? S’il n’est pas daté spécifiquement, Neuromancien se déroule dans un futur proche de l’époque où il est écrit. L’homme a commencé à coloniser l’espace, mais la majorité de l’action reste sur Terre. S ’il est un livre à la genèse du mouvement cyberpunk occidental, c’est bien le premier roman de William Gibson. Si l’auteur avait déjà exploré le genre à travers nombre de nouvelles et de personnages récurrents comme Molly Millions, c’est ce livre qui jettera les bases de ce que doit être un bon roman de cyberpunk et qui révolutionnera la science-fiction anglo-saxonne. Neuromancien • Auteur : William Gibson . • Première publication : 1er juillet 1984 chez Ace Books. • Version française : novembre 1985 aux éditions La Découverte, traduction de Jean Bonnefoy. Éditée en poche chez J’ai lu et ressortie plusieurs fois entre 1988 et 2016. Deuxième traduction en français : octobre 2020 aux éditions Au diable vauvert, traduction de Laurent Queyssi. Neuromancien PREMIÈRE ÉDITION DE NEUROMANCER, 1984 actuelle, les ­ interfaces entre les êtres humains et les machines, même quand elles font appel à la réalité augmentée ou virtuelle, sont nettement moins inva­ sives anatomiquement parlant que dans le livre. Et « Microsoft » n’est toujours pas devenu un mot commun pour désigner un support de stockage. Du point de vue scénaristique, le livre commence comme un polar classique dans un cadre futuriste avant d’évoluer de plus en plus vers une réflexion sur l’intelligence artificielle et sur la conscience et l’indépendance de telles entités. Attention, le temps pour William Gibson de présenter le contexte dans lequel va se dérouler son histoire, les 1950 à 1960 premières pages du livre sont assez lentes. Ensuite, tout se succède très vite et happe le lecteur jusqu’au mot « fin ». Une référence qui marquera l’imaginaire d’une génération Si en ce début de XXIe siècle comme au moment de l’écriture de Neuromancien l’intelligence artificielle en tant qu’entité indépendante n’est toujours pas envisageable, d’autres thématiques du livre sont encore intéressantes en 2020 et entretiennent lar­ gement l’actualité et la littérature. La lutte contre les grandes entreprises, une certaine déshumanisation de la société liée à l’intégration technologique, ou au contraire à l’illectronisme d’une frange de la popu­ lation, sont des sujets qui continuent d’alimenter la science-fiction d’aujourd’hui. Et le point de vue soutenu par William Gibson en 1983 reste d’actualité en 2020. Sans parler de ses descriptions du cyberespace ou des différents habi­ tats urbains, sur Terre ou dans l’espace, qui hante­ ront longtemps l’imaginaire de ses lecteurs. L’auteur lui-même va creuser le sillon du cyberpunk et du techno-thriller pendant toute sa carrière. Pourtant, Neuromancien va très vite lui échapper pour devenir, comme toute la trilogie de la Conurb (également connue comme « l’Étendue » dans la nouvelle traduction), qui comprend également Comte Zéro (Count Zero) et Mona Lisa s’éclate (Mona Lisa Overdrive), une source d’inspiration visuelle et thématique pour d’autres auteurs de S.-F., mais éga­ lement pour des cinéastes, des musiciens ou des auteurs de jeux vidéo et de jeux de rôle, durant une bonne partie des années 80 et 90. uploads/Litterature/ cyberpunk-neuromancien.pdf

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