1 Sveučilište u Zadru Odjel za francuske i iberoromanske studije Odsjek za fran
1 Sveučilište u Zadru Odjel za francuske i iberoromanske studije Odsjek za francuski jezik i književnost Akad. god. 2010./2011. doc. dr. sc. Đurđa Šinko-Depierris Cours de poésie Poésie française du XIXe siècle (Francusko pjesništvo 19. st.) (textes et contextes) Zimski semestar 2010. / 2011. 2 I. Notions de versification française 1.1. Poésie, n. f., du lat. poesis, du gr. poiêzis, action de faire, création, art de composer des œuvres poétiques; au sens littéraire : art du langage, généralement associé à la versification, visant à exprimer ou à suggérer quelque chose au moyen de combinaisons verbales où le rythme, l’harmonie et l’image ont autant et parfois plus d’importance que le contenu intelligible lui-même. - Distinction traditionnelle des divers genres de poésie : a) poésie lyrique (lyrisme) ; b) poésie épique ; c) poésie dramatique, didactique, satirique, pastorale ; d) poésie sacrée / poésie profane ; e) poésie savante / poésie populaire, etc. 1.2. La lecture de la poésie demande une démarche particulière. Il s’agit de prendre en compte : a) la disposition des mots et des phrases, d’où l’intérêt d’étudier la métrique et les rythmes ; b) la musicalité du poème, d’où l’intérêt de l’étude des rimes et des sonorités, c) le pouvoir d’évocation, d’où l’intérêt d’étudier les images. Bref, le poème est un choix de mots, de sonorités, de rythmes, d’images. Tous ces choix définissent l’univers poétique propre à chaque poète. 1.3. L’analyse des textes poétiques n’est guère possible si l’on ignore tout des principes, des techniques auxquels ils se nourrissent. Par conséquent, il convient de se familiariser avec les règles de la versification classique pour comprendre de quelle façon les poètes entendent signifier leur présence au monde, leurs idées et leurs sentiments. 1.4. Définitions des notions: - La versification est l’art et la technique de la composition des vers réguliers (du lat. versificatio, art de faire des vers, composition en vers, œuvre en vers). - Le vers : Unité constitutive du poème, marquée par la typographie (le passage à la ligne, et généralement une majuscule initiale), le vers est une mesure définie par un retour : en latin versus signifie « retour » (vers, du lat. versus : sillon, ligne, rangée, ligne d’écriture, de versum, de vertere : tourner, faire tourner). Car, si la prose va tout droit, poursuivant son chemin sans s’arrêter – c’est le sens de prosa (en ligne droite, discours qui va en ligne droite, sans inversion), le vers suppose un retour, initialement celui de la charrue arrivée au bout du sillon qu’elle vient de tracer. Le mot désigne ensuite le sillon, puis la ligne d’écriture, le vers enfin. 3 2. L’étude du vers constitue la versification, qui comprend l’étude des sonorités, en particulier l’étude de la rime, l’étude du rythme (la répartition des accents), et l’étude du mètre. Le vers découpe la substance sonore en segments définis par certains traits phonétiques en nombre fixé par des règles. Ce qui est ainsi mesuré et dénombré varie selon le cas. 2.1. Les principaux types de vers sont : a) le vers syllabique mesuré par le nombre de syllabes (ce qui est le cas du vers français) ; la versification française se fonde sur un système syllabique. b) le vers accentuel mesuré par le nombre de ses accents toniques (ce qui est le cas du vers anglo-saxon et germanique) ; c) le vers quantitatif mesuré par des pieds ou combinaisons de syllabes longues ou brèves (ce qui est le cas du vers grec et latin). 3. Le vers français est donc caractérisé par sa longueur (calculée en nombre de syllabes) ; sous sa forme classique il est étroitement lié à la syntaxe, la phrase ou le membre de phrase coïncidant avec le cadre du vers ; il est caractérisé aussi par son accentuation et la présence finale d’une rime. Un poème classique est formé d’un ensemble de vers. Chaque vers contient un nombre de syllabes déterminé. Lorsque l’on compte le nombre de syllabes d’un vers, le e muet suivi d’une consonne doit être compté. Il ne compte pas en fin de vers ou s’il est suivi d’une voyelle ou d’un h muet. Parfois, il faut compter deux syllabes pour deux voyelles habituellement prononcées en une seule syllabe : c’est la diérèse (« division »). Dans le vers suivant, il faut prononcer vi-olon : - Le vi-olon frémit comme un cœur qu’on afflige. (Baudelaire) - L’ennui, fruit de la morne incuri-o-sité, (Baudelaire) Parfois, il faut lier deux voyelles que l’on prononce habituellement séparément : c’est la synérèse (« rapprochement ») : extasié[zje] : une syllabe = synérèse (extasié[zie] : deux syllabes = diérèse) ou bien : Et le farouche aspect de ses f-ie-rs ravisseurs (Racine) Diérèse et synérèse mettent en valeur le mot sur lequel elles portent. 3.1. Les vers tirent leur nom du nombre de syllabes qui les composent. On peut différencier : - le vers composé de 2 syllabes : un dissyllabe (vers dissyllabique) ex. Murs, ville Et port, Asile De mort (« Djinns », V. Hugo) 4 - le vers composé de 3 syllabes : un trissyllabe (vers trissyllabique) ex. Par Saint-Gilles, Viens-nous en, Mon agile Alezan (V. Hugo) - le vers composé de 4 syllabes : un tétrasyllabe ou quadrisyllabe (vers tétrasyllabique ou quadrisyllabique) - le vers composé de 5 syllabes : un pentasyllabe (vers pentasyllabique) : ex. Je chante aussi, moi : Multiples sœurs ! voix Pas du tout publiques ! (Rimbaud) - le vers composé de 6 syllabes : un hexasyllabe (vers hexasyllabique) : ex. A vous troupe légère, Qui d’aile passagère Par le monde volez (…) (Du Bellay, Jeux rustiques) - le vers composé de 7 syllabes : un heptasyllabe (vers heptasyllabique) ex. Sur des ruines virginales (P. Eluard) - le vers composé de 8 syllabes : un octosyllabe (vers octosyllabique) ; Le plus ancien des vers français apparaît dans la Vie de saint Léger (fin du Xe siècle). ex. Ce grand corps qui fit tant de choses Qui dansait, qui rompit Hercule (Valéry, Charmes) - le vers composé de 9 syllabes : un énéasyllabe (vers énéasyllabique) : Tournez, tournez, // bons chevaux de bois, 4//5 Tournez cent tours, // tournez mille tours 4//5 (Verlaine, Romances sans paroles) - le vers composé de 10 syllabes : un décasyllabe (vers décasyllabique) : il est du Xe au XIIe siècle le vers par excellence de la poésie épique (La Chanson de Roland). Il devient ensuite un vers narratif, didactique et lyrique. ex. Ce toit tranquille, // où marchent des colombes 4//6 Entre les pins palpite, // entre les tombes 6//4 (Valéry, « Le Cimetière marin ») - le vers de 11 syllabes : un hendécasyllabe (vers hendécasyllabique) - le vers composé de 12 syllabes : un dodécasyllabe ou alexandrin (vers dodécasyllabique). 5 Le nom « alexandrin » vient d’une œuvre du Moyen Age intitulée Roman d’Alexandre et qui était écrite en dodécasyllabes ; grâce aux poètes de la Pléiade il devient le grand vers français, employé aussi bien dans la poésie lyrique que dans la tragédie et la comédie (XVIIe siècle). ex. Mon cœur, lassé de tout, // même de l’espérance, N’ira plus de ses vœux // importuner le sort ; Prêtez-moi seulement, // vallons de mon enfance, Un asile d’un jour // pour attendre la mort. (Lamartine, Méditations poétiques, « Le Vallon ») Ces quatre vers sont des alexandrins. La césure y a une place fixe après la sixième syllabe. On la note au moyen d’une double barre oblique. 3.2. Définition : - une césure (« coupure »), ou une coupe : le repos qui divise un vers de plus de huit syllabes en deux hémistiches après une syllabe accentuée ; la voix se repose sur une syllabe accentuée. - un hémistiche : moitié d’un vers, et, spécialement d’un alexandrin coupé par la césure ; ou partie de vers long délimitée par la césure. - quand l’alexandrin n’a pas de césure à la sixième syllabe, on a un alexandrin romantique (4 / 4 / 4) ou libéré (2 / 6 / 4 ou toute autre combinaison). La poésie française pratiquement repose tout entière sur ce seul vers (l’alexandrin) qui est celui du sonnet de la Renaissance, de la tragédie classique, de l’élégie romantique et de tous les modernes, de Baudelaire à Valéry. 3.3. Les vers « irréguliers » On désigne ainsi les vers qui ne respectent pas, en partie ou en totalité, les critères du vers classique. La matière syllabique, ordonnée par des règles strictes dans le vers traditionnel, est plus souple dans le vers moderne et plus proche des réalités de la prononciation. a) Le vers libéré – Il a été employé par les poètes symbolistes ; il obéit globalement aux contraintes du vers traditionnel (longueur fixe), mais remplace la rime par l’assonance. Il s’agit d’une forme intermédiaire entre le vers classique et le vers libre. b) Le vers libre – déjà en germe chez Hugo, Verlaine et Rimbaud - est né dans les années 1880 du désir d’abolir la contrainte métrique (l’exigence d’une longueur fixe et identifiable) qui pesait sur le uploads/Litterature/ francusko-pjesnistvo-xix-st.pdf
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- Publié le Dec 28, 2022
- Catégorie Literature / Litté...
- Langue French
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