OEUVRES iMTOlIQIES, PHTEiOlOCIODES ET lÉDICALES DE GALIEN II TYPOGRAPHIE DE CH.
OEUVRES iMTOlIQIES, PHTEiOlOCIODES ET lÉDICALES DE GALIEN II TYPOGRAPHIE DE CH. LAHURE Imprimeur du Sénat et de la Cour de Cassation rue de Vangirard, 9 ^ OEUVRES AMTOMlfiüES, PHTSIOlOGlflüES ET MBDICAIBS DE GALIEN TRAOÜITES SDK LES TEXTES IMPRIMES ET MANDSCRITS ACCOMPAGNÉES DE SOMMAIRES, DE NOTES, DE PLANCHES ET d’dNE TABLE DES MATIÈRES PRÉCÉDÉES d’DNE INTRODUCTION ÉTUDE BIOGRAPHIQUE, LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE SUR GAUEN LE CH. DARËMBERG Bibliothécaire de la bibliothèque Mazarine Bibliothécaire honoraire de l’Académie de médecine, etc. CHEZ J. B. BAILLIÈRE IIRBATRR de l’académie impériale de médecine RUE HAUTEFEUILLE, N” 19 LONDRES, CHEZ H. BAILLIÈRE, 219, REGENT-STHEET A SEW-YORK, CHEZ H. B.AILLIÈBE, 490, BROAD-WAT A MADRID, CHEZ CH. BAILLY-BAILLIÈRE, LIBRAIRE, CALLE DEL PRLNCIPE, 11 1856 ! BtBL. I F œUVRES MÉDICALES ET PHILOSOPHIQÜES DE GALIEN. LIVRE DOUZIÈME*. DU COD ET DU RESTE DE u’ÉPINE. Chapitre premier. — Après avoir traité des parties propres à la tête, Galien se propose de parler de celles qui sont communes à la tête et au cou, c’est-à-dire des articulations, des ligaments et des muscles. Puisque nous avons traité de toutes les parties propres à la tête, il convient de parler aussi maintenant des parties qui lui sont * Pour ce livre et pour les suivants j’ai minutieusement collationné notre ma¬ nuscrit 21S-i,queje désigne par le sigle B. Ce manuscrit, qui est du xrv' siècle, sur papier bombycin, provient d’un très-bon original, mais il a été copié par un scribe inhabile ; il offre un assez grand nombre d’excellentes leçons dont j’ai fait pro¬ fiter ma traduction. Il présente vers la fin des lacunes nombreuses et assez éten¬ dues. Pour le XIV* livre j’ai trouvé aussi de précieux secours dans la collation du très-ancien manuscrit 2253 (sigle A), manuscrit qui a fourni à M. Littré et à moi tant de restitutions inespérées pour Hippocrate. Malheureusement il contient seu¬ lement les livres X, XIV, et les premières lignes du livre XV. Du reste, dans le pre¬ mier volume, j’avais déjà mis à contribution ces deux manuscrits, ainsi qu’on peut le voir par mes notes ; mais je n’en avais pas fait une collation intégrale comme pour le présent volume. — Toutes les fois que les leçons de ces deux manuscrits s’écartent notablement de celles du texte imprimé, j’ai soin de l’indiquer dans les notes ; mais pour toutes les divergences qui ne changent pas absolument le sens, j’ai toujours suivi, et sans en avertir à chaque fois, les leçons des manu¬ scrits, lorsqu’elles m’ont paru préférables à celles des éditions. — Les autres ma¬ nuscrits de la Bibliothèque impériale qui contiennent le traité De Putilité des parties, ou sont très-récents et très-fautifs, ou ont été copiés sur le manuscrit B, ainsi que je m’en suis assuré; je n’ai donc pas cru devoir les collationner en détail. 2 UTILITÉ DES PARTIES DU CORPS, XH, u. communes avec le cou. Or, les parties communes au cou et à la tête sont celles au moyen desquelles nous fléchissons et nous rele¬ vons la tête et la tournons latéralement ; en efifet, aucun de ces mouvements ne poun-ait s’effectuer sans articulations, sans liga¬ ments ni sans muscles. Mais une articulation est un assemblage d’os créé en vue d’un mouvement volontaire, et il est évident que le nombre des os unis ensemble ne satirait absolument pas être inférieur à deux, et que chacun des ligaments, comme aussi chacun des muscles, se porte de l’un ou l’autre des os sur l’autre ; d’où il résulte manifestement que toute articulation, tout ligament et tout muscle est ordonné en vue de l’union des articles entre eux, et qu’on a raison de les mettre au nombre des parties communes. Chapitre u. — Le muscle est l’organe principal du mouvement ; mais le liga¬ ment, dont Tutilité est secondaire, assure la régularité de ce mouvement. — Les ligaments sont assez résistants pour maintenir solidement les os, et assez souples pour permettre de fortes extensions ; la dissection prouve ce fait, connu déjà d’Hippocrate. — La nature a pris pour les articulations des dis¬ positions si habiles qu’on n’y pourrait changer la moindre chose sans détruire en même temps tout l’ensemhle. — Comparaison des œuvres de la natiu^ avec celles des artistes. — Le ligament, le nerf et le cartilage ont des carac¬ tères distincts, et jamais la nature ne les substitue l’un à Tautre. Il n’est donc pas possible, nous l’avons déjà souvent démontré (voy. partie. Mouv. des musclés^ I, ix), qu’aucun mouvement des os ait lieu si ces os ne sont articulés et, en même temps, attachés ensemble par des muscles, puisqu’il faut absolument qu’il y ait la partie motrice et la partie mue ; et que de ces parties, l’une est constituée par le muscle, et l’autre pàr l’assemblage des os. Le ligament n’est pas non plus sana utiUté, et s’il n’est pas nécessaire pour la production même du mouvement, il sert du moins à ce que ce mouvement soit exécuté régulièrement; c’est une question dont nous nous sommes occupés précédemment (I, xv, 1.1, p. 139), mais nous rappellerons ici le point principal de cette question, savoir, que si les os qui s’articulent n’étaient pas maintenus for¬ tement par les ligaments, rien ne les empêcherait, à chaque mou¬ vement, de s’écarter de leur siège en se portant dé côté ou d’autre. Pour que rien dè semblable n’ait lieu, la nature a en¬ touré circulairement toute articulàtion osseuse dë ligaments forts, il est vrai, mais qui jouissent en même temps, à un degré DU COU ET DU RESTE DE L’ÉPINE. 8 considérable, de la faculté de s’étendre. Sans doute on admirera cette œuvre première de la nature qui a su trouver une substance qu’elle approprie à des utilités fort différentes. En effet, d’un côté, pour que les parties articulées fussent à la fois solidement attachées et maintenues en contact, et pour qu’elles ne pussent pas se détacher aisément les unes des autres dans les mouvements violents, il fallait que le ligament fut aussi dur et aussi résistant qu’il est possible ; d’un autre côté, pour obéir sans peine aux os tirés par les muscles, le ligament devait être mou et par con¬ séquent faible. Or le fort est contraire au faible et le dur au mou. Quel art la nature a-t-elle donc déployé à ce sujet en imaginant un corps qui réunit suffisamment l’un et l’autre avantage et qui de plus est à l’abri des lésions.^ Vous l’apprendrez par la dissection même. Vous verrez que tout ligament est, d’une part, assez dur pour atm- cher avec solidité et en même temps pom- ne pas gêner le mouve¬ ment réciproque des os, et, d’une autre, assez souple pour n’être ni froissé ni rompu aisément. C’est une observation que vous pouvez entendre aussi de la bouche même d’Hippocrate ‘ : « Tous ceux, dit-il, chez lesquels une humeur surabondante alimente les enve¬ loppes articulaires sont exposés à voir les extrémités de leurs membres se déboîter. » Quant à ceux, au contraire, qui sont com'bés par la rigidité des articulations, vous n ignorez pas, je pense, car vous en voyez tous les joms, combien ils sont gênés dans leurs mouvements5 mais, dans l’état normal, les corps qui constituent les articulations, et particulièrement les tendons et les ligaments, ont entre eux une proportion parfaite qui donne de l’agilité au mouvement et les garantit eux-memes de toute lésion. Personne ne méconnaît qu’il faille admira:' sans réserve l’art dans les œuvres où la proportion est si exactement observée que la moindre addition ou le moindre retranchement suffit à boule- ‘ Galien rapporteici le sens des paroles d’Hippocrate {Anicul., 8, t. IV, p. éd. de M. Littré ; p. 661 de mon édit.), mais il ne cite pas textuellement ces pa¬ roles. voici la traduction : « Les ligaments se prient aux extensions chez les uns, et y résistent chez les antres.On voit, en effet, un faon nombre d’hoannes ti^lement humides, qu’ils se luxent les articulations à volonté et sans douleur, et qu’ils se les réduisent également sans douleur. » — Voy. aussi Afh. VI, S9, 4 UTILITÉ DES PARTIES DU CORPS, XII, ii-in. vei’ser l’œuvre tout eutiere (cf. VIII, xiv, t. I, p. 567, et XI, XIII, ib., p. 683). Des artisans vulgaires peuvent se hasarder à entreprendre une œuvre qui présente une certaine surface, mais l’œuvre d’une dimension tout à fait resserrée et sans largeur * exige plus qu’une habileté ordinaire ou qu’un court apprentissage. Aussi, après avoir dit que « l’art médical ^ est long à acquérir » Hippocrate {Apk., I, 1) ajoute : « l’occasion est fugitive, » car si l’occasion n’échappait pas rapidement et si elle laissait une certaine latitude, on ne dirait pas que l’art est long *. De même aussi, pour tout art mécanique, la juste proportion réalisée dans des limites très-étroites prouve la perfection. Et cette perfection, on peut la constater chez les animaux, non pas seulement dans les ligaments, mais aussi dans toutes les autres parties. De ces trois corps simples que nous devons faire intervenir dans le raisonnement actuel, ligament, cartilage et uploads/Litterature/ galien-anatomie-tome-2.pdf
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- Publié le Nov 09, 2022
- Catégorie Literature / Litté...
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