LA MEDECINE EGYPTIENNE No 2 Le Papyrus Médical CHESTER BEATTY PAR LE Dl FRANS ]
LA MEDECINE EGYPTIENNE No 2 Le Papyrus Médical CHESTER BEATTY PAR LE Dl FRANS ]ONCKHEERE ÉDITION DE LA FONDATION ÉGYPTOLOGIQUE REINE ÉLISABETH PARC DU CINQUANTENAIRE:, BRUXELLES 1947 A Monsieur BAUDOUIN VAN DE WALLE, Professeur à l'Université de Liège, qui m'initia aux hiéroglyphes. En témoignage de ma gratitude pour le concours Philologique qu'il m'apporte sans cesse dans la lecture des textes médicaux égyptiens. Dr F. J. :z "' :z o ,.., o u La (( page" comporte 14 lignes, écrites en caractères biératiques, à lire de droite il. gauche, tracées à l'encre noire et à l'encre rou~e. Ces derniers passages, dits (( rubriques ", sont reconnaissables à. la teinte plus effacée des caractères. (Reproduit d'apri>s .-\. H . Gardiner.) PRÉFACE P LINE raconte,' « Dans la même Egypte, un oiseau appelé Ibis, a enseigné quelque chose de semblable : il se lave les intestins en insinuant son bec recourbé dans cette partie par laquelle il est si important que le résidu des aliments soù évacué. » Quoi qu'il en soit de cette anecdote, plus pittoresque que véridique, les papyrus médicaux de l'ancienne Egypte nous ont appris à connaître de nombreuses variétés de ces « bouillons » chers à Thomas Diafoirus. Dès les temps héroïques de nos études, François Cha bas consacrait, en r862, un des chapitres de ses Mélanges Egyptologiques à la Médecine des anciens Egyptiens; antiquité des clystères; signes de la grossesse. Depuz's lors, on a publié des textes relatifs à cette même spécialùé, et que l'on relevait surtout dans des papyrus à caractère Plus pratique que scientifique. La matière peut sembler peu plaisante, mais en fait l'étude du Docteur F. ] onckheere me paraît avoir quelque peu dépassé les promesses du sufet, en montrant, chez les vieux maîtres, un sens médical que n'auraùnt pu faire deviner les recettes pratiques des grimoires professz·onnels. Le petit papyrus Chester Beatty VI, qui se trouve ici traduit pour la première fois, est un manuel qui mérite d'être noté à côté du traité de chirurgie du papyrus Edwin Smith. C'est vraiment de la doctrine, du raisonnement,. c'est la transmission, à travers les générations, des résultats d'observations grouPées suivant des princiPes. Si, pour réPondre à certaines 0 bfections d' historiens des sciences, ce n'est pas encore le véritable esprit scientifique, c'est défà, et largement, la voie dans laquelle il fallait s'engager pour y aboutir dans les temps plus récents. 9 PRÉFACE ]'ai dit que le papyrus dont ce fascicule présente l'étude complète, n'avaÙ pas encore été traduit. C'est que son savant éditeur, Alan H . Gardiner, le prince des philologues de l'égyptologie, n'est pas médecin et qu'il a senti combien de connaissances médicales il aurait fallu pour en traduire les termes autrement que d'une matière littérale. Le docteur F. J onck heere s'est familiarisé suffisamment avec la langue de l' E gypte Pharaonique pour avoir pu tenter, avec la collaboration du professeur B. van de Walle, d'abord de traduire le texte et ensuite d'en présenter une étude systémat~ ·que. Il était malaisé de parler, sans trop de circonlocuh'ons et de réticences, de ce manuel du sPécialiste que les Egyptiens dé signaient sous l'expression pittoresque de « Berger de l'Anus ». On trouvera, sans doute, que l'auteur s'en est tiré avec la discré tion que le sufet permet. Tout le monde ne réussit pas à découvrir la verve malicieuse avec laquelle Voiture écrivait à « La Princesse» pour lui dire son regret de ne pouvoir lui rendre visite, à cause d'un furoncle malencontreusement placé: « Je ne sçay pas, disait-il, si vous entendrez cecy qui semble n'être dit qu'en Enigme; mais fe vous assure que i'ay une raison fondamentale de ne bouger d'icy, sur laquelle fe n'ose appuyer, et qu'il n'est pas à propos de vous exPliquer davantage. ]'ay délibéré long temps en moy-même si fe devois aller, et il y a eu un grand combat entre mon cœur, et une autre partie que fe ne nomme pas: mais enfin, Madame, fe vous avouë que celle qui raisonna blement doit être dessous, a eu le dessus, et que i'ay mis, devant toutes choses, ce qui naturellement doù être derrière.» (Lettre CIV) ]'en ai dit assez pour avertir les personnes qui se sentiraient offusquées du sufet traité ici, de ne pas poursuivre la lecture davantage. Si elles le font, elles loueront comme moi la science et l'habileté de l'auteur à tirer, d'un thème auss~ ingrat, Hn ouvrage de mérite. Jean CAPART. ro INTRODUCTION I L Y a dix ans, en 1935, Alan H. Gardiner publiait un ensemble de textes de la XIXe et de la XXe dynastie provenant des environs de Deir ellYIadinah, sous le titre de Chester Beatty Ci/t. Hierat;c papyri in the British Jl1useum. Third Series . Jean Capart qui, dans la Chronique d'Egypte, nO Z1 de 1936, rendait compte de ce travail important, conduait en ces termes: « ... L'ouvrage par lequel le Dr Gardiner livre géné reusement à l'étude de tous ses collègues les matériaux pré cieux qu'une fortune favorable a mis entre ses mains, consti tuera longtemps une source capitale pour les recherches consacrées aux domaines les plus divers de la pensée égyp tienne. » En entreprenant aujourd'hui l'étude du papyrus nO VI de cette collection (Papyrus nO 10.686 du British Museum) pour lequel A. H. Gardiner s'est borné à donner la transcription hiéroglyphique du texte hiératique original sans l'accom pagner d'une traduction, nous ne faisons en somme que répondre à la suggestion implicitement exprimée par le Directeur de la Fondation Egyptologiq ue Reine Elisabeth dans le passage que nous venons de rappeler. C'est la nature médicale de ce document, attestée tant par le fond que par le style très particulier, propre à ce genre d'écrit, qui a retenu notre attention. L'indéniable intérêt de son contenu nous a incité à présenter une première traduction. Ainsi ce travail prendra sa place - modeste il est vrai aux côtés des autres « papyrus médicaux » que l'ancienne Egypte nous a légués et qui ont déjà fait l'objet d'une tra- II LE PAPYRUS CHESTER BEATTY duction intégrale, à savoir: le Papyrus Ebers ou de Leipzig l, le papyrus gynécologique de Kahoun 2, le Papyrus Hearst ou de Californie 3, le Papyrus Brugsch ou de Berlin nO 30384 et le Papyrus Edwin Smith " 6. Le papyrus médical Chester Beatty - c'est ainsi que nous proposons de désigner à l'avenir le texte qui fait l'objet de cette étude - a été écrit il y a plus de trois mille ans. Mais si la version qui nous est parvenue date effectivement du XIIe ou du XIIIe siècle avant notre ère, on peut affirmer, par analogie avec d'autres manuscrits de la même espèce, que nous n'avons là que la copie d'époque ramesside d'un ouvrage original de beaucoup plus ancien. l. G. EBERs, Papyros Ebers. Das hermetische Buch über die Arzneimittel der alten Aegypter in hieratischer Schritt, mit Inhaltsangabe und Einleitung verse/Mn. jj









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- Publié le Jui 25, 2022
- Catégorie Literature / Litté...
- Langue French
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