Jiddu Krishnamurti DE L'AMOUR ET DE LA SOLITUDE Traduit de l'anglais par Colett

Jiddu Krishnamurti DE L'AMOUR ET DE LA SOLITUDE Traduit de l'anglais par Colette Joyeux 1998 Éditions Stock « Pourquoi le sexe occupe t-il tant notre esprit ? Parce qu’il est l’échappatoire su- prême. C’est la voie ultime vers l’oublie de soi absolu... » J. Krishnamurti SOMMAIRE Avant-propos Madras, le 16 décembre 1972 Brockwood, le 11 septembre 1971 Varanasi, le 19 décembre 1952 Bombay, le 12 février 1950 Ojai, le 28 août 1949 Bombay, le 12 mars 1950 New York, le 18 juin 1950 Seattle, le 6 août 1950 Madras, le 3 février 1952 CSV, t. 1, note 42 Brockwood, le 12 février 1982 New York, le 24 avril 1971 Brockwood, le 30 août 1977 Saanen, le 18 juillet 1978 Bombay, le 31 janvier 1982 Face à la vie Saanen, le 18 juillet 1968 Saanen, le 5 août 1962 Bombay, le 21 février 1965 Londres, le 7 avril 1953 Saanen, le 26 juillet 1973 Saanen, le 23 juillet 1974 Madras, le 5 février 1950 – 2 – Citation « Sans amour, vous aurez beau faire – courir après tous les dieux de la terre, prendre part à toutes les activités sociales, tenter de remédier à la pauvreté, entrer en politique, écrire des livres, écrire des poèmes – vous ne serez qu'un être mort. Sans amour, vos problèmes iront croissant et se multipliant à l'infini. Mais avec l'amour, quoi que vous fassiez, il n'y a plus de risque, il n'y a plus de conflit. L'amour, alors, est l'essence de la vertu. » Krishnamurti, Bombay, le 21 février 1965 – 3 – Note Disparu en 1986, l’auteur de L'éveil de l'intelligence et de Se libérer du connu laisse à un xxie siècle plus que jamais épris de spiritualité et de paix un message phi- losophique accessible à chacun, et d’une portée universelle. – 4 – Quatrième de Couverture Qu’est-ce que l’amour ? La possession, le plaisir, la certitude de réciprocité ? Qu’appelons-nous « solitude », et pourquoi en souffrons-nous ? En s’adressant aux auditoires les plus divers, en Inde, aux Etats-Unis ou en Angle- terre, Jiddu Krishnamurti n’a cessé de revenir sur ces thèmes. Loin de nous imposer un système, et en procédant le plus souvent par questions, il nous conduit pas à pas sur le chemin d’une véritable émancipation. C’est en se libérant des blessures du pas- sé, aussi bien que des satisfactions et des plaisirs que chacun de nous brûle de retrou- ver, que notre esprit peut reconquérir l’innocence et la disponibilité. Alors seulement nous saurons quelle valeur et quelle place donner à la sexualité comme à l’amitié, à la tendresse comme à la connaissance. Et nous pourrons aimer vraiment… – 5 – Avant-propos Jiddu Krishnamurti naquit en Inde en 1895 et fut pris en charge à l'âge de treize ans par la Société théosophique, qui voyait en lui l' « Instructeur du Monde » dont elle n'avait cessé de proclamer la venue. Krishnamurti apparut très vite comme un penseur de grande envergure, à la fois intransigeant et inclassable, dont le discours et les écrits ne relevaient d'aucune religion spécifique, n'appartenaient ni à l'Orient ni à l'Occident, mais s'adressaient au monde entier. Répudiant avec fermeté l'image mes- sianique associée à sa personne, il prononça à grand fracas en 1929 la dissolution de la vaste organisation nantie qui s'était constituée autour de lui ; c'est alors qu'il décla- ra que la vérité était « un pays sans chemin », dont l'accès ne passait par aucune reli- gion ni aucune secte organisées. Tout le reste de sa vie, Krishnamurti récusa obstinément le statut de gourou que certains voulaient lui faire endosser. Il ne cessa d'attirer un vaste public dans le monde entier, mais sans revendiquer la moindre autorité ni accepter aucun disciple ; il s'adressait toujours à ses auditeurs de personne à personne. A la base de son ensei- gnement était la conviction que les mutations fondamentales de la société ne peuvent aboutir qu'au prix d'une transformation de la conscience individuelle. L'accent était mis sans relâche sur la nécessité de la connaissance de soi, et sur la compréhension des influences réductrices et séparatrices du conditionnement religieux et nationa- liste. Krishnamurti insistait toujours sur l'impérative nécessité de cette ouverture, de ce « vaste espace dans le cerveau où est une énergie inimaginable ». C'était là, sem- ble-t-il, la source de sa propre créativité, et aussi la clé de son impact charismatique sur un public des plus divers. Krishnamurti poursuivit ses causeries dans le monde entier jusqu'à sa mort, en 1986, à quatre-vingt-dix ans. Ses entretiens et dialogues, son journal et ses lettres ont été rassemblés en plus de soixante volumes, sans compter les centaines d'enregistre- ments audio et vidéo. A partir de cette œuvre immense qu'est l'enseignement de Kri- shnamurti, une sélection d'extraits a été retenue pour la présente collection d'ou- vrages à thème. Chaque volume est axé sur un problème dont l'actualité et l'urgence coïncident tout particulièrement avec les préoccupations liées à notre vie quoti- dienne. – 6 – Chapitre 01 Madras, le 16 décembre 1972 Extrait de l'enregistrement de la causerie publique donnée à Madras, le 16 dé- cembre 1972, Krishnamurti Foundation Trust, Ltd., 1972/1993. En abordant ensemble ces questions, qui sont la trame même des problèmes quo- tidiens de notre vie, je crois qu'il ne faut surtout pas oublier que c'est vraiment en- semble que nous menons l'enquête, ensemble que nous entreprenons ce voyage au cœur de la problématique complexe de l'existence. Et pour enquêter ensemble, il faut une qualité d'intensité, une qualité d'esprit qui ne soit entravée par aucune croyance pu conclusion particulières ; il faut au contraire être prêt à aller très loin, non pas en termes de distance ou de temps, mais de profondeur. Nous allons chercher ensemble à savoir s'il nous est possible ou non d'instaurer l'ordre dans notre vie relationnelle au quotidien. Car relations et société ne font qu'un. Ce sont les relations entre vous et moi, entre moi et autrui, qui constituent la structure de la société. La relation, c'est donc à la fois la structure .et la nature de la société. Je dis les choses très, très simplement. Or quand l'ordre fait défaut au sein de cette relation, ce qui est le cas à l'heure actuelle, alors toute action, quelle qu'elle soit, non seulement ne peut être que contradictoire, mais entraîne aussi forcément beau- coup de souffrances, de malheurs, de confusion et de conflits. Je vous en prie, ne vous contentez pas de m'écouter parler, mais qu'il y ait véritablement partage, car ce voyage, nous l'entreprenons tous ensemble, peut-être main dans la main, en tout cas avec affection, avec considération. Si vous restez simplement assis là, à écouter passi- vement des propos ou des injonctions, alors je crains que nous ne puissions le faire, ce voyage main dans la main. C'est pourquoi je vous invite à observer votre propre es- prit, vos propres liens relationnels - peu importe lesquels, avec votre femme, vos en- fants, votre voisin, ou votre gouvernement - et à vérifier si l'ordre imprègne ces rela- tions ; car l'ordre est nécessaire, tout comme la précision. L'ordre, c'est la vertu ; l'ordre est tellement mathématique, si pur, si complet, et nous allons chercher à sa- voir si un tel ordre existe. Nul ne peut vivre hors de toute relation. On peut se retirer dans la montagne, se faire moine, ou sannyasi, s'éloigner de tout en parcourant seul le désert - on est ce- pendant toujours relié à quelque chose. C'est un fait absolument incontournable. Nul ne peut exister dans l'isolement. L'esprit peut croire qu'il existe isolément, ou susciter un état d'isolement, mais même au sein de cet isolement, on est en relation. La vie est relation, vivre c'est être relié. Nous ne pouvons pas vivre si vous et moi nous enfer- mons chacun derrière des remparts, ne jetant qu'un occasionnel coup d'œil par-des- sus la muraille. Inconsciemment, au plus profond de nous, par-dessous les remparts, nous sommes reliés. Je ne crois pas que nous ayons prêté grande attention à cette question de la relation. Vos écritures sont muettes à ce sujet: elles parlent de Dieu, de pratiques, de méthodes, de techniques de respiration, de tel ou tel interdit, mais, à ce qu'on m'a dit, jamais il n'est fait allusion à la relation. – 7 – La relation - comme la liberté - implique la responsabilité. Vivre, c'est être en rela- tion: la vie est faite ainsi. Et si le désordre règne dans cette relation, c'est toute notre société, toute notre culture qui s'écroulent - et c'est ce qui se passe à l'heure actuelle. Qu'est-ce donc que l'ordre, qu'est-ce que la liberté, qu'est-ce que la relation? Et qu'est-ce que le désordre? Car lorsque l'esprit comprend vraiment en profondeur les causes du désordre, alors, de cette prise de conscience, de cette vision pénétrante, de cette observation, l'ordre surgit spontanément. Il ne s'agit pas d'un schéma établis- sant ce que l'ordre devrait être ; c'est à cela que nous avons été éduqués - à suivre un modèle instauré par les religions, les cultures, stipulant uploads/Litterature/ krishnamurti-1998-de-lamour-et-de-la-solitude-pdf 1 .pdf

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