-A? ?03 Armaingaud, Arthur La Boétie, Montaigne et Le contr'un JC ^resniteb tu

-A? ?03 Armaingaud, Arthur La Boétie, Montaigne et Le contr'un JC ^resniteb tu aïihe Pniliersity of Soroitto bu The Estate of the late G. Percival Best, Esq. Digitized by the Internet Archive in 2010 witii funding from University of Ottawa littp://www.arcliive.org/details/labotiemontaigOOarma LA BOÉTIE, MONTAIGNE & LE CONTR'UN RÉPONSE A M. P. BONNEFON PAR LE D^ ARMAINGAUD Extrait de la Revue Politique et Parlementaire {Avril 1907) Les Mémoires de lÉtat de France sont de 1576 et non de 157-1. — La Boétie ne peut être l'auteur des parties les plus significa- tives du Discours de la servitude volontaire. Cet auteur est vraisemblablement Montaigne. — Montaigne ne peut être blâme d'en avoir fait un pamphlet contre Henri III. PARIS BUREAUX DE LA REVUE POLITIQUE ET PARLEMENTAIRE 63, RUE DE l'université 606518 / NUV 1 ;,) I9b8 4- ' 't^nsny oF -(OjS^ LA BOETIE MO.MAlGiXE ET LE CONTR'UN REPONSE A M. PAUL BONNEFON (( Montaigne servit sous le cou- vert des autres, des opinions qui, sans cela, eussent fait scandale et peut-être mérité le fagot. » Paul Bonnefon, Montaujne et ses anus, 1. 1, page 28 L'étude que j'ai publiée il y a quelques mois (1) sur le Discours de la serviiude volontaire, nie vaut une triple bonœ l'oilune. Trois critiques se sont partagé le soin de me réfuter : Al. Paul Bonnefon dans cette Revue (2) M. Pierre Villey, agrégé à la Faculté des lettres de Paris, dans la Revue d'Histoire littéraire de la France (3), M. F. Strowski dans la Revue philoniali(]ue de Bordeaux (4). Je répondrai ici au premier (5), en examniaiit les objections qu'il fait aux deux termes que comprend ma thèse, et qui ont trait, l'un à l'objet, l'autre à l'auteur, des parties les plus importantes du Contran. (1) licrur PnUfifiiie et Parlementaire, n°« de mars et mai 190G. (2) Revue politique et parlementaire, n° de janvier 1907. (3) Bévue d'Histoire littéraire de la France, n°^ d'octobre-décembre 190G (parus en février 1907). (4) Fascicule de février 1907. (5) M. Bonnefon veut bien reconnaître que dans l'examen de ses idées sur le Contr\in et sur la Boétie, j'ai usé de termes courtois et obligeants. Il n'en pouvait être autrement, à l'égard du compatriote de talent et de l'érudit qu'est M. Bonnefon. M'a-t-il, dans sa réfutation, toujours payé de retour ? Sur un point, tout au moins, sa courtoisie s'est trouvée en défaut. La lettre que je lui ai écrite et qu'il cite, n'avait pas le sens qu'il lui a prêté ; et il n'est d'ailleurs pas d'usage de se servir des cor- respondances particulières pour une discussion publique. — 6 — I ( J'ai soutenu que le Discours de la servitude volontaire^ publié en 1574-70, est un pamphlet contre Henri de Valois, successivement duc d'Anjou, roi de Pologne et roi de Franice. Si cela est vrai, La Boëfcie étant rnorl sept ans avant qu'Henri ne fût lieutenant général du royaume, dix ans avant qu'il ne fût roi de Pologne, onze ans avant qu'il ne fût roi de France, cette partie au moins du discours ne peut pas avoir été composée par lui. L'exercice de rhétorique qu'il a écrit à l'ago do 16 ans a pu servir d'occasion, de cadre ; mais il a été profondément romaiiié et est devenu un manifeste poli- tique, mis au point poistérieuremont à la Saint-Barihélemy. A l'appui de celle opinion, je crois avoir établi que le portrait du tyran tracé par l'aiileur est le portrait d'Henri de Valois. Je l'ai reconnu à cinq traits caractéristiques : comme le tyran du Contr'un, Henri n'est ni un llerculo, ni un Samson, mais un « hommeau » ; — comme lui, il est « le plus femenin de la nation »: — comme lui, il n'a aucun goût pour les « joutes » et « tournois » ; — , comme lui, il n'a pu « s'accoutumer à la poudre des batailles » ; — comme lui, il est « tout einpe'sché de servir vileme'nit. la moindre femmellette ». M. Bonncfon veut que le Contrhin soit tout entier de La Boëtie. Il ne peut donc admettre que le portrait du tyran soit celui d'Henri de Valois. « Aucun fait, écrit-il, n'autorise d'assurer que le tyran visé par le Contr'un. est Henri III, plutôt qu'un autre prince de son temps ». Des trois premiers traits de la ressemblance ( « l'hom- meau », « le plus femenin de la nation », « non accoustumé au sable des tournois »), il ne dit rien. Pour le quatrième, « (non pas accous- tumé à la poudre des Itatailles »), il ise borne à rappeler incidem- ment qu'Henri d'Anjou, dont la mollesse et la lâcheté- dès sa ren trée en Fi'ance en 1574 n'ont jamais été contestées, avait acquis, cinq ans avant, « une réputation de bravoure à Jarnac, ù Montcontour, et aussi au siège de la Rochelle » (1). Or, j'avais consacré trois pages à établir que cette vaillance n'était qu'un© légende. J'avais signalé un fait que Tavannes, le vrai chef de l'armée, nous dévoile dans ses Mé- moires : chaque matin « il rompait 1© rideau du duc d'Anjou, le fai- (1; Au siège de La Roclielle, le duc d'Anjou se distingua précisé- ment par son incapacité militaire ; Tavannes et Montluc lui repro- chaient de négliger les opérations du siège pour se livrer à une vie molle et dissolue. En deliors des paroles de de Thou, et de celles de Simon du Bois, rappelées dans le texte, la conduite militaire du duc d'Anjou à la Rochelle suffirait pour justifier dans u?i pamphlet le trait : (c non accoustumé à la poudre des batailles ». — 7 — sait lever par l'orce ; il lui reprochait s'il n'avait pas lionte que six mille hommes à cheval rattendissent devant son logis, et le forçait à être soldat malgré lui ». J'ajoutais que la vérité était connue des ca- tholiques clair\oyants ; que Simon Dubois, lieutenant général à Li- moges, dit un jour à de Thou au moment de l'entrée d'Henri III en 1' ranco, « (|ue bien des gens ne pensaient pas du roi oommo le com- nuui », et que les espérances qu"on aviùi conçues d'un règne glorieux étaient fondées sur une réputation usurpée. Les protestants n'étaient pas moins bien édifiés. Dans un pamphlet où ils raillent les Polo- nais d'être \ enus chercher en France un roi « qui n'a ni l'encolure ni la démarche, ni la façoni pour répondre en pas une sorte au rang qu'ils l'ont élevé », ce roi et le tyran « qui n'a jamais pu s'ac- coutumer à la poudre des batailles » semblent bien être le même homme. I\I. Bonnefon n'essaie même pas de réfuter cette argumenta- tion. Il n'y oppose qu'une dénégation, qu'il me permettra à mon tour de trouver arbitraire. Sur le cinquième trait (tout empesché de scr\ ir vilement à la moin- dre femmelette), M. Bonnefon s'en rapporte à M. Villey, lequel remarque que la traduction latine du Réveille-Matin, donnée con- curremment avec le texte français, montre le vrai sens de cette phrase. Elle ne veut pas dire que le tyran est incapable d'amour, mais au contraire qu'il est asservi aux femmes. Je répondrai d'abord que la traduction n'a pas été faite par l'auteur, qu'elle est souvent, et spécialement dans le passage qui nous occupe, sensi- blement différente de l'original, et qu'en interprétant « tout em- pesché » à servir vilement à la moindre femmelette par : impudicx muliercuhv seivitio totus addictus », le traducteur a bien pu, non seu- lement amplifier le texte (comme il l'a fait par l'introduction du mot impudicx), mais encore le fausser. Je me désintéresse d'ailleurs de ce débat philologique (1). Quelle que soit l'interprétation que l'on adopte, le trait s'adapte à Henri de Valois. Si vous traduisez « tout empesché de servir » par incapable de servir, l'allusion s'adresse à la faiblesse génitale du jeune prince, que toute la Cour con- naissait, qu'affirmait l'ambassadeur vénitien Morosini dans une let- tre à son gonvernement, en date de septembre 1573 (2), et dont le nonce écrivait en 1574 : « Lorsque ce prince faible et luxurieux passe une nuit ou deux avec une femme il reste huit jours au lit. « Si vous traduisez par tout occupé à..., tout absorbé par le soin de..., la qualification s'applique encore à LIenri de Valois, (1) J'ai déveloijpé ce point dans le tirage à part de mes premiers arti- cles; j'en avais envoyé la brochure à M. Bonnefon, en le priant de tenir compte des modifications que j'y avais introduites. (2) Alberi, Eelazioni di Morosini, série I, vol. VI, p. 262. — 8 — cl peut-être même avec plus de précision. Pendant qu'il était duc d'Anjou et lieutenant général du Royaume, il passait une grande pîiilie de ses journées dans l'intimité des filles d'honneur de Cathe- liiie de Médicis, véritables filles de joie, clioyé P'âr l'escadron volant dont cotte reine profondément perverse avait grand soin de s'entourer, et qu'elle traînait partout avec elle dans ses déplace- ments, pour uploads/Litterature/ labotiemontaig00arma-pdf.pdf

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