Grand Lyon Mission Prospective et Stratégie d’agglomération 1 1 L ’éducation sa
Grand Lyon Mission Prospective et Stratégie d’agglomération 1 1 L ’éducation saisie par les nouveaux médias ? les cahiers Le développement des applications de l’ordina- teur en éducation passe d’abord par l’idée d’indi- vidualiser l’enseignement. Cette idée est influen- cée par des conceptions de l’apprentissage qui seront d’abord de type mécaniste avec Pavlov, Thorndike, Watson et Skinner. Ils participeront à un mouvement important de la psychologie américai- ne, le béhaviorisme. Cette individualisation de l’enseignement prendra d’abord la forme de l’en- seignement programmé papier-crayon puis de l’enseignement programmé assisté de machines à enseigner et enfin, de l’enseignement assisté par ordinateur. Petit à petit, dans la foulée des travaux de Piaget qui commence à être connu aux États- Unis, se développera une alternative à l’enseigne- ment programmé par ordinateur fondée sur une approche constructiviste de l’apprentissage dont Seymour Papert du MIT se fera le promoteur à tra- vers un langage spécialement développé pour l’éducation, LOGO. Si la machine était d’avance programmée dans le courant béhavioriste, c’est l’usager qui programme la machine dans l’ap- proche proposée par Papert. La révolution industrielle entraîne au début du XXe siècle un exode massif des paysans vers les villes, attirés par la perspective d’emplois nouveaux et rémunérateurs. Mais ces travailleurs doivent rece- voir rapidement une formation, et il y a une pénu- rie d’enseignants capables de les former. C’est là qu’on entreprend sérieusement d’automatiser l’enseignement. Il fallait une théorie de l’enseigne- ment pour soutenir l’idée, Thorndike va la fournir. 1809 : Premier brevet éducationnel américain. En 1809, un dénommé H. Chard invente une machine à enseigner la lecture, appelée Mode of Teaching Reading qu’il fait breveter. C’est le pre- mier brevet connu pour une machine à enseigner. 1899 : Pavlov découvre certaines lois de l’apprentissage chez les animaux. Petrovitch Pavlov obtient, en 1899, un prix Nobel pour son ouvrage « Observation sur la sécrétion salivaire des glandes du chien ». Pavlov découvre certaines lois de l’apprentissage comme la discri- mination et la généralisation et les étend au règne des humains. 1909 : premier usage du phonographe dans une école. C’est en 1909 que l’on retrouve aux États-Unis, à Milwaukee, le premier usage du phonographe dans une école publique. 1911 : premier tourne-disque pour l’enseignement. On doit à la compagnie RCA VICTOR la produc- tion commerciale d’un tourne-disque spéciale- ment concu pour l’enseignement. 1912 : première radio éducative aux États-Unis. La première station éducative aux États-Unis remonte à 1912 quand l’Ohio State University a commencé à diffuser des cours pour ses étudiants. L’University of Wisconsin faisait de même dès 1916 et l’Iowa State University en 1919. La première licence pour une station éducative a été accordée à la Salt Lake City University, dans l’Utah en 1921. 1913 : naissance de l’enseignement individualisé séquentiel. Thorndike (1913) du Columbia University Teachers College, propose d’individualiser l’instruction et invente la notion de préalable : un élève ne doit pas passer aux exercices d’une notion sans qu’il ait réussi les exercices de la notion précédente. C’est une approche séquentielle : l’élève ne doit pas passer à la page suivante d’un livre s’il n’a pas réus- si les exercices de la page précédente. 1924 : la première machine à enseigner séquentielle, la Drum Tutor. Pressey enseigne la psychologie de l’éducation à l’Ohio State University. Il s’adresse alors à de grands groupes d’étudiants. Il imagine un système de quiz automatisés. Il présente sa machine à quiz, appelée Drum Tutor, à la conférence annuelle de l’American Psychological Association. Elle s’ap- Technologies éducatives : déjà une longue histoire par Pierre Bordeleau, Professeur de technologie éducationnelle et Secrétaire de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal Ces points de repères sont repris de «L'histoire des technologies informatiques et quelques-unes de leurs applications en éducation» (v. 4.3, Montréal,1999), consultable en ligne : www.scedu.umontreal.ca/histoiredestec. Grand Lyon Mission Prospective et Stratégie d’agglomération 1 2 L ’éducation saisie par les nouveaux médias ? les cahiers puie sur les principes pédagogiques de Thorndike : l’élève ne peut passer à l’instruction suivante que s’il a réussi la précédente, car la machine, une sorte de clavier à quatre touches pour entrer les réponses (à choix multiples) et à une fenêtre où se déroulent les questions, l’en empêche. L’élève reçoit ainsi un feed-back immédiat. En 1932, Pressey, dans un article de la revue School and Society prédit une véritable révolution en éducation. 1925 : John B. Watson, fondateur du béhaviorisme. John B. Watson est un psychologue américain influencé par les travaux de Pavlov sur les réflexes conditionnés chez les animaux. Il croit qu’il est possible de contrôler les réactions des humains. Il prétend que l’homme est une machine à apprendre qui, face à un stimulus bien défini, répond par une réaction bien prévisible (Thews, 1977). Sa théorie du comportement humain va marquer toute une génération de psychologues américains jusqu’à devenir un courant majeur aux États-Unis, le béhaviorisme. 1933 : début de la télévision éducative. Ce n’est que le 25 janvier 1933, que l’Iowa University diffuse, par la station W9XK, le pre- mier programme de télévision qui présente une brève conférence sur l’université elle-même, un solo de violon, une leçon de dessin à main levée et un extrait d’une pièce de théâtre. Déjà, on entrevoyait les possibilités multiples de cette technique audiovisuelle en enseignement. (...) Ainsi en 1952, la Commission fédérale américai- ne de Communication allouait à la télévision éducative 242 canaux sur son réseau. (Lachance, 1970, p. 248) 1950 : première application de l’ordinateur à l’instruction : The Whirlwind. Au départ, cet ordinateur électronique mis au point au M.I.T. de Boston par Ken Olsen et Robert Everett devait servir de simulateur de vol pour les pilotes de combat. Il occupait un espa- ce de trois étages. Olsen a par la suite fondé la Digital Equipment Corporation (DEC) célèbre pour ses mini-ordinateurs de la série PDP. Everett crée la Mitre Corporation qui met au point le premier système d’instructions par télé- vision assisté par ordinateur, TICCIT. 1954 : le béhaviorisme en éducation : Skinner. Skinner se situe dans le courant béhavioriste ini- tié par John B. Watson. Il est également influen- cé par les travaux de Pavlov sur le conditionne- ment des animaux et par les idées de Thorndike sur l’apprentissage. La proposition éducative de Skinner est en réaction au courant pédagogique de transmission magistrale des connaissances, fort répandu dans les écoles américaines à cette époque, qui, selon lui (1954), laisse peu de place au renforcement positif des apprentissages. Il prétend faire apprendre à n’importe quel élève les rudiments d’un savoir, à l’aide d’une tech- nique appelée enseignement programmé. Il s’agit de décomposer un savoir en ses éléments les plus simples qu’il appelle unités (frames) et de les mettre à la portée de l’élève qui les assi- mile à son propre rythme, dans un processus de questions et de réponses suivies de renforce- ments. Au départ, Skinner met l’accent plus sur le pro- gramme que sur la machine à enseigner, mais il se rend vite compte que son approche pédago- gique ne peut s’appliquer efficacement dans une salle de classe, faute en particulier, d’une formation adéquate des enseignants : elle requiert une technologie pour la supporter (Skinner, 1958). Bien vite, il imagine une machine à enseigner capable de contenir les enseigne- ments programmés et de délivrer à petite dose la connaissance au fur et à mesure des bonnes réponses de l’élève. Il commence d’abord par améliorer la machine de Pressey en introduisant le concept de programmation linéaire : les connaissances sont présentées successivement et l’élève ne peut passer à l’unité (frame) suivan- te sans qu’il ait correctement répondu à la ques- tion (stimulus) qui lui est présentée. Les recherches sont financées par les militaires et la grande industrie, toujours à la recherche d’une main-d’œuvre qualifiée et formée rapidement. En 1958, Porter propose une machine à ensei- gner à entraînement par ergots. 1957 : la vision futuriste de l’école de Simon Ramo. Un ingénieur et industriel américain, Simon Ramo, présente une vision futuriste de l’utilisa- tion de l’ordinateur en éducation. Les classes seront complètement automatisées. L’ordinateur suivra automatiquement la trace des apprentis- sages des élèves qui interagiront avec lui avec des boutons poussoirs. Dans cette vision, il n’y a Grand Lyon Mission Prospective et Stratégie d’agglomération 1 3 L ’éducation saisie par les nouveaux médias ? les cahiers plus de place pour les enseignants. Ils pourront se recycler en réalisateurs de programmes pour ces machines. Sans le nommer, Ramo propose le concept de Computer Managed Instruction (C.M.I.) ou enseignement géré par ordinateur. Ce concept nécessite des banques de programmes et la constitution de banque de données d’élèves que seul un ordinateur peut gérer : il peut tester et mesurer les apprentis- sages des élèves et conserver les résultats; il peut diagnostiquer leurs difficultés et prescrire un enseignement correctif; enfin il peut produire un rapport des progrès de l’élève. L’enseignant est libéré des tâches cléricales et de gestion des apprentissages, et il peut donc se concentrer entièrement à la préparation des instructions. 1959 : la machine à enseigner de Crowder. En 1959, Crowder, un instructeur de uploads/Litterature/ textes-bordeleau.pdf
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- Publié le Nov 05, 2022
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