L'EPEE DE PIERRE. (Tiré de « histoires et anecdotes édifiantes 1839 ») « Une pa

L'EPEE DE PIERRE. (Tiré de « histoires et anecdotes édifiantes 1839 ») « Une parole dite à propos est comme des pommes d'or dans des paniers d'argent ». Prov 25/11 Un jour, le Dr Hermès, dans l'impétuosité de son zèle, laissa échapper des paroles très vives contre un homme absent qu'il croyait être un ennemi de Christ. Woltersdorf, ami d’Hermès, écouta en silence et les yeux baissés. Puis, se relevant, d'un ton doux et tranquille, il lui dit: « Pierre, remets ton épée dans le fourreau! » Hermès remit son épée dans le fourreau, serra la main de son ami, et le remercia chaudement de la leçon qu'il lui avait donnée. LA BIBLE Extrait introduction « Le dessein de Dieu » de S. De Dietrich La Bible ne se présente pas à nous comme un livre de philosophie ou d'histoire; elle ne nous parle pas de Dieu, mais au nom de Dieu,Et ce Dieu est le Dieu vivant, « Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, non des philosophes et des savants » (Pascal). Il parle dans l'histoire et chacune de ses paroles est acte. C'est pourquoi on peut dire indifféremment que la Bible est Parole de Dieu ou qu'elle est le Livre des actes de Dieu. Dieu parle au commencement (les temps et cette Parole crée le monde. Dieu parle dans l'histoire et cette Parole forge la destinée des peuples. Mais surtout, Dieu parle dans et par son Fils. Et cette Parole faite chair est la révélation définitive de Dieu aux hommes ; c'est LA PAROLE qui éclaire toutes les autres paroles que Dieu a prononcées à travers l'espace et le temps. * * * La Bible est un livre difficile à comprendre justement parce que c'est un livre à la fois humain et divin. C'est un livre écrit par des hommes liés à une époque, à un langage, à des circonstances particulières; un morceau d'histoire humaine. Mais à travers cette histoire humaine, une autre histoire se déroule : celle que Dieu lui-même écrit dans des cœurs d'hommes, celle qu'il fait à la fois pour nous, à travers nous et malgré nous; et cette histoire est l'histoire d'un salut; c'est l'histoire d'un combat que Dieu livre aux hommes, pour les hommes et contre les hommes. La Bible est un livre magnifiquement et tragiquement humain ; elle nous met en présence d'hommes de chair et de sang, qui ont leurs haines et leurs amours, leurs passions et leurs vices; et ces passions semblent rejaillir par moments sur Dieu lui-même ! Si nous ne cherchons dans la Bible qu'un code de morale nous sommes déroutés: ses patriarches sont de grands menteurs, ses, prophètes et ses psalmistes sont parfois de terribles prédicateurs de haine. Non, la Bible d'un bout à l'autre est tout autre chose qu'un « livre d'édification » au sens courant du terme ; elle nous montre le déroulement d'un drame qui met face à face Dieu et l'homme, et où Dieu, si j'ose dire, mène le jeu. Elle nous révèle que l'histoire est un combat incessant entre Dieu qui appelle et l’homme qui résiste. Et au centre de cette histoire se dresse une Croix. Cette Croix est le grand paradoxe de la Bible, et de toute l'histoire humaine : Dieu, pour sauver le monde, a choisi ce moyen de venir se faire clouer sur une Croix. Depuis les premières pages de la Genèse jusqu'aux dernières pages de l'Apocalypse, tout tend et converge vers cette Croix et tout procède d'elle; dès le moment où elle est plantée au centre du monde, le monde ne peut avoir de sens qu'en elle et par elle. C'est le lieu où le combat entre Dieu et l'homme atteint son paroxysme ; c'est le lieu où l'amour tout-puissant remporte la victoire définitive sur le mal et sur la mort; où Dieu consent à perdre (en apparence) la partie pour la gagner définitivement. Le mystère de la Croix est le point culminant d'un mystère qui traverse toute la Bible : Dieu n'est nulle part plus présent et nulle part plus caché qu'à Golgotha : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Si nous ignorions l'histoire de Jésus et que quelqu'un nous dise que Dieu a inventé d'envoyer son Fils aux hommes pour les convertir à lui, nous imaginerions ce Fils venant dans une si éblouissante beauté et une telle gloire que tous les hommes seraient irrésistiblement gagnés. Mais le mystère de Jésus, c'est qu'il est venu si semblable aux autres hommes que des foules ont pu passer à côté de lui sans le reconnaître; et ceux qui l'ont reconnu l'ont trouvé si encombrant qu'ils n'ont eu qu'une pensée : celle de se débarrasser de lui le plus rapidement et le plus sûrement possible. Si nous ne savions rien de la Bible et qu'on nous dise que Dieu s'est révélé aux hommes par un livre où ceux qui l'ont vu et entendu témoignent de lui, nous imaginerions, je pense, un livre d'une logique si éblouissante et si forte qu'il convaincrait tous ceux qui le liraient. Et voici que la Bible est un livre humain, plein d'obscurités et de contradictions. Luther a comparé l'Ancien Testament à de pauvres langes dans lesquels l'enfant Jésus est enveloppé. Dieu a choisi l'infirmité des paroles humaines pour se révéler à travers elles comme il a choisi pour son Fils l'humble pauvreté de la crèche. Et c'est justement dans cette pauvreté que sa gloire éclate; car cet éclat n'est pas de ce monde; il est d'un autre ordre, l'ordre de la Charité. Le mystère de l'amour divin est un mystère d'abaissement; pour élever jusqu'à lui sa créature Dieu commence par descendre jusqu'à elle : il lui parle son langage, il prend sa chair. Dieu se livre aux hommes dans la Bible comme il se livre aux hommes dans son Fils. Les hommes peuvent faire de ce livre ce qu'ils veulent, le disséquer, le bafouer, en rejeter l'esprit et ne retenir que la lettre; et ils s'en sont donné à cœur joie de faire tout cela. Mais pour celui à qui Dieu ouvre les yeux, les ténèbres deviennent lumière et la Bible devient les Gesta Dei per Christum en qui toutes les détresses de l'homme et toutes les énigmes de l'histoire trouvent leur réponse. L'histoire du Salut, dans la Bible, s'encadre entre deux visions qui constituent le prologue et l'épilogue du drame humain : la vision du paradis perdu et la vision de la Cité de Dieu. Ce sont comme deux fenêtres ouvertes sur l'éternité : la révélation de ce qui eût pu être si l'homme ne s'était séparé de Dieu; la révélation de ce qui sera lorsque l'œuvre rédemptrice du Seigneur sera achevée et que l'humanité réconciliée s'épanouira dans la joie de Dieu. L'homme racheté qui a traversé la mort ne sera plus jamais l'homme innocent du paradis. La nouvelle création n'est pas une simple restauration de la création première : le flambeau qui l'éclaire est l'Agneau immolé et l'homme est marqué désormais du sceau de l'amour qui l'a racheté. Il est entré dans le mystère de la communion divine ; mais pour la connaître il a dû traverser la mort. Ces deux visions de la Genèse et de l'Apocalypse sont les deux phares qui éclairent tout l'entre-deux de l'histoire humaine : cette histoire a un sens, une direction; son mot dernier est la victoire définitive de Dieu. Tout le mouvement de l'histoire va vers cette victoire accomplie par le sacrifice et la résurrection de Jésus- Christ. Le grand œuvre de Dieu à travers les siècles comporte trois moments essentiels, ou si l'on veut trois « temps » : 1. La Bible nous révèle comment Dieu, dans sa libre grâce, se choisit un peuple dont il fait son instrument et son témoin parmi les peuples : ce peuple devient le porteur des promesses et des jugements de Dieu, le « signe » du salut à venir, l'annonciateur du Messie. 1. Le second moment est celui de l'incarnation, de la venue de Jésus-Christ sur la terre : « les temps sont accomplis». Par sa vie, par son sacrifice sur la croix, Jésus remporte la victoire sur la puissance satanique et accomplit les jugements et les promesses de l'Ancien Testament. Il est l'homme, le second Adam, générateur d'une nouvelle humanité, d'un peuple nouveau : ce peuple nouveau, c'est l'Eglise. 1. Par sa résurrection et son élévation au jour de l'Ascension, Jésus-Christ est déclaré Seigneur du ciel et de la terre. Sa souveraineté, quoique réelle, n'est pas encore manifestée et ne le sera qu'à la fin des temps, lorsqu'il reviendra juger le monde et remettre toutes choses à son Père. Ce temps d'attente qui nous sépare de l'accomplissement final est le temps de la patience de Dieu, le temps de l’Eglise, le temps qui nous est donné pour annoncer le salut de Dieu jusqu'aux extrémités du monde. Nous vivons ce temps-là. L'âge apostolique croyait au retour imminent du Seigneur; mais l'épître de Pierre nous rappelle qu'aux yeux de Dieu, mille ans sont comme un uploads/Litterature/l-epee-de-pierre.pdf

  • 33
  • 0
  • 0
Afficher les détails des licences
Licence et utilisation
Gratuit pour un usage personnel Attribution requise
Partager