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© 1970 by Centre De Wulf -Mansion Tous droits de reproduction, de traduction, ou d’adaptation, y compris les micro­ f ilms, réservés pour tous pays. ARISTOTE T R A D U C T I O N S E T É T U D E S COLLECTION PUBLIEE PAR L ’INSTITUT SUPÉRIEUR DE PHILOSOPHIE DE L ’UNIVERSITE DE LOUVAIN L’É T H I Q U E A NICOMAQUE INTRODUCTION, TRADUCTION ET COMMENTAIRE » PAR R en é A n to in e GAUTHIER ET Je a n Y v e s JOLIF DEUXIÈME ÉDITION AVEC UNE INTRODUCTION NOUVELLE TOME I PREMIÈRE PARTIE INTRODUCTION PAR R en é A n to in e GAUTHIER PUBLICATIONS UNIVERSITAIRES BËATRICE-NAUWELAERTS 2, PLACE MGR LADEUZE 4, RUE DE FLEURUS LOUVAIN PARIS (VIe) Traductions et Etudes Collection publiée par l’Institut Supérieur de Philosophie de l’Université de Louvain CENTRE DE WULF-MANSION ARISTOTE Le «Centre De Wulf -Mansion. Recherches de philosophie ancienne et médié­ vale — De Wulf -Mansion-Centrum. Navorsing over antieke en middeleeuwse f ilosof ie» est établi à l'Institut Supérieur de Philosophie de l’Université de Louvain. Le Conseil de direction est f ormé par les titulaires des chaires de philosophie ancienne et médiévale de l’Institut: MM. F. Van Steenberghen, G. Verbeke, H. L. Van Breda, M“ 1 “ S. Mansion, S. Van Riet, M. C. Wenin. Directeur administratif : M“ 1 " S. Mansion, 2, Kardinaal Mercierplein, Louvain. A MA NIÈCE DOMINIQUE GAUTHIER I AVANT-PROPOS Il y a quelque trente ans, la pensée ne serait sans doute venue à per­ sonne qu’une introduction historique soit nécessaire à l’intelligence de VÉthi que à Ni comaque: on admettait alors couramment que YÊthi que à Ni comaque était le seul traité de morale authentique dû à la plume d’Aristote, et ce traité s’insérait à la place que lui assignait la logique dans le Corpus aristotélicien, où l’on voyait l’exposé systématique de la pensée d’Aristote, pensée fixée une fois pour toutes dans sa forme immuable, et soustraite, autant qu’il est possible à une pensée humaine, aux contingences de l’histoire. Il en va tout autrement depuis que deux livres «révolutionnaires» sont venus miner la conception «statique» que l’on se faisait tradition­ nellement de la pensée d’Aristote. Paru en 1923, YAri stoteles de Werner Jaeger a rendu à l’histoire l’œuvre didactique et la pensée eËe-même d’Aristote en montrant que cette œuvre, bien loin d’avoir été écrite d’un seul jet, s’était constituée par couches successives au cours d’un enseignement poursuivi pendant vingt-cinq ans, et que la pensée qu’elle exprime n’avait jamais cessé d’évoluer. Ces vues permettaient à W. Jaeger de restituer à Aristote YÊthi que à Euclème, dans laquelle il voyait le plus ancien des cours de morale professés par Aristote, tan­ dis que YÊthi que à Ni comaque en était le dernier. Toutefois, comme le faisait justement remarquer Mgr Mansion, si cette conclusion était d’importance pour quiconque s’intéressait à l’histoire de la formation de la pensée morale d’Aristote, elle n’affectait guère l’exposé de son «système» moral qui pouvait rester inchangé, puisqu’on l’avait toujours fait à peu près exclusivement d’après YÊthi que à Ni comaque, dans laquelle on pouvait continuer à voir l’expression définitive de la pen­ sée du philosophe 0). Plus décisif, en ce qui concerne YÊthi que, a été le livre de M. François Nuyens, YÊvoluti on de la psychologi e d’Ari stote, dont l’édition néerlandaise parut en 1939 et la traduction française en 1948. Cette fois, c’est l’exposé même du «système» moral d’Aristote et l’interprétation traditionneËe de YÊthi que à Ni comaque qui se trouvaient largement remis en question: M. Nuyens voyait en effet dans YÊthi que à Ni comaque un cours professé par Aristote avant son application à l’homme de la théorie hylémorphique, appli- V) A. Mansion, La genèse de l’œuvre d’Arist ot e, dans Revue Néoscol., 29 (1927), p. 465. 2 AVANT-PROPOS cation faite pour la première fois dans son cours Sur l’âme. Or, s’il est une thèse centrale dans l’exposé traditionnel du «système» moral d’Aristote, c’est assurément celle qui fait de ce système une morale hy- lémorphiste (2 ), et c’est démanteler tout le système que d’en retirer une pièce aussi importante. On comprend qu’il n’est plus dès lors possible d’aborder l’explication de l’Éthi que à Ni comaque sans avoir fait le point des recherches qui se sont efforcées de la situer à sa place dans le cours de la vie d’Aristote et dans le développement de son œuvre et de sa pensée (3 ) , sans avoir étudié la manière dont elle a été com­ posée, puis éditée, ni enfin sans avoir rappelé comment s’est formée l’exégèse traditionnelle et ce qu’elle a ajouté à la pensée originelle d’Aristote. Sans doute, la vague d’adhésion soulevée par l’exégèse historique de Jaeger et de Nuyens a-t-elle tendance depuis quelques années à retom­ ber, tandis que la vague montante porte aux nues une nouvelle exégèse scolastique, qui a en commun avec l’ancienne son abus de la logique, même s’il s’agit d’une autre logique, et sa fureur de systématisation abstraite, même si les schèmes en sont empruntés non plus à saint (2) On en trouvera un excellent exemple dans R. L e Senne, Trait é de mo­ rale générale, Paris, 1947, p. 138-162, notamment p. 140-142. (3) Parmi les nombreuses vues d’ensemble du développement de la pensée d’Aristote suscitées par les travaux de Jaeger et de Nuyens, il f aut au moins citer: Sir David Ross, The Development of Arist ot le’s Thought (Dawes Hicks Lecture on Philosophy. British Academy 1957), dans Proceedings of t he Brit ish Academy, vol. X L III, Londres, 1957, p. 63-78 (repris dans Arist ot le and Plat o in t he Mid-Fourt h Cent ury, Göteborg, 1960, p. 1-17) ; P. M ohaux, L ’évolut ion d’Arist ot e, dans Arist ot e et saint Thomas d’Aquin. fournées d’ét udes int er­ nat ionales, Louvain-Paris, 1957, p. 9-41; A.-H. Chhodst, The First Thirt y Years of Modern Arist ot elian Scholarship, dans Classica et Mediaevalia, 24 (1963), p. 27-57, à compléter par Id., Some Comment s on Arist ot le’s Major Works on Et hics, dans Laval t héol. et philos., 21 (1965), p. 63-79, dont je f ais mienne la conclusion: «It might even be contended that, with some mo­ dif ications and ‘adjustments’ based on additional research, Jaeger’s f undamen­ tal theories and methods will remain the dominant theses and controlling methods of all f uture Aristotelian scholarship». — D’une tout autre veine est le livre de I. D üring, Arist ot eles. Darst ellung und Int erpret at ion seines Den­ ken (Bibi, der klassischen Altertumswissenschaf ten. Neue Folge. 1. Reihe), Heidelberg, 1966; impressionnant par ses dimensions (670 p.) et par les quel­ que vingt-cinq ans de travaux qu’il synthétise, le livre de M. Düring n’a pourtant pas la taille des livres de Jaeger et de Nuyens: il lui manque la pénétration philosophique; excellent dans le détail philologique, à son aise dans les écrits chimiques ou biologiques auxquels il a consacré ses premières recherches, M . Düring perd pied dès qu’il aborde la morale ou la métaphysi­ que (cf . plus loin, notamment p. 16-20). AVANT-PROPOS 3 Thomas, mais à Hegel et à Heidegger. On veut espérer que cette éclip­ se de l’esprit critique et du sens historique (qui est le bon sens) sera de courte* durée. En tout cas, et même s’il nous arrive d’abandonner ses conclusions sur des points de détail, nous demeurons pour notre part résolument fidèle aux principes, à la méthode, à l’esprit de Jae- ger (mort le 19 octobre 1961): cet initiateur génial, qui a réalisé la rare alliance d’une formation philologique hors de pair et d’une péné­ tration philosophique bien peu souvent en défaut, mérite de rester longtemps encore le maître des études aristotéliciennes modernes (4 ). (4) J'ai lu pour la première f ois YÊt hique à Nicomaque en 1931 sous la direc­ tion de M. Roland Dalbiez, et il y a maintenant plus de trente ans que je me suis consacré à l’étude de ce livre; j’espère donc qu’on me pardonnera de n’avoir pas, durant les dix ans qui se sont écoulés depuis que parut en 1958-59 la première édition de cet ouvrage, modif ié mon interprétation d’ensemble de la morale d’Aristote. J’ai pourtant accueilli avec admiration et avec joie l’extraordinaire f loraison des études aristotéliciennes qui a marqué cette décade. Mais j’ai pensé que la meilleure manière de lui rendre hommage, la plus pra­ tique pour le lecteur (et la plus juste pour ceux qui possèdent déjà notre pre­ mière édition), serait de f aire le point des recherches de ces dernières années en une introduction entièrement ref aite (qui constitue la première partie du t. I de cette deuxième édition) ; la deuxième partie du t. I (traduction) et le t. II (commentaire) pourront ainsi ne comporter qu’un minimum de correc­ tions: il suf f ira la plupart du temps de renvoyer à la nouvelle introduction (à laquelle le possesseur de la première édition pourra aussi f acilement se re­ porter) . uploads/Philosophie/ 001-aristote-l-ethique-a-nicomaque-gauthier-jolif-introduction-pdf.pdf

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