1 Contraction de texte Conception HEC Paris Session 2021 1 – Le sujet Dans le t
1 Contraction de texte Conception HEC Paris Session 2021 1 – Le sujet Dans le texte proposé cette année, Georges Gusdorf (1912-2000) définissait l’enseignement comme une expérience dialogique risquée et s’opposait ainsi à ceux qui le réduisent à la simple communication d’un savoir. Georges Gusdorf, philosophe notamment marqué par l’existentialisme chrétien, n’a cessé de penser le rapport de la personne à la société. Son œuvre revient inlassablement sur la question des valeurs et sur le risque de réduction que font courir les sciences sociales inspirées par le marxisme et le structuralisme. En 1963, dans Pourquoi des professeurs ?, ouvrage qui tient souvent du pamphlet, Gusdorf interrogeait le rôle apparemment archaïque et désuet des professeurs. Son questionnement s’inscrivait dans un contexte de massification scolaire. Selon Gusdorf, « les techno-bureaucrates des Ministères, submergés par la marée démographique et fascinés par l’utopie scientiste, [rêvaient] d’une instruction de masse, à l’échelle d’une civilisation de masse. » Gusdorf, pour sa part, souhaitait dégager « la signification permanente de l’entreprise éducative » en la réarrimant aux personnes. L’extrait retenu semblait avoir une certaine actualité en ces temps de « distanciel », dans la mesure où il insistait sur la nature des relations qui se nouent concrètement en classe. Le propos pouvait sembler assez simple, mais l’argumentation présentait aussi quelques subtilités susceptibles d’aider à départager les candidats. 2 – Barème, attentes du jury Le barème et les attentes du jury restent les mêmes que les années précédentes. Le barème des pénalités orthographiques est le suivant : de 1 à 3 fautes, aucun point n’est retiré ; de 4 à 6 fautes, la note est diminuée d’un point ; de 7 à 9 fautes, de deux points ; de 10 à 12 fautes, de trois points ; au-delà̀, de quatre points. A ces pénalités s’ajoutent celles qui concernent le respect du format du résumé (de 380 à 420 mots) : chaque fois que le résumé dépasse d’une tranche de dix mots les limites autorisées, un point est retiré. La note de la copie est ainsi amputée d’un point entre 421 et 430 mots, de deux points entre 431 et 440 mots, etc. Il en va de même pour les tranches inférieures à 380 : de 379 à 370 mots, on retire un point, etc. 2 Les candidats doivent également indiquer le nombre de mots que compte leur devoir à la fin du résumé, sans quoi ils sont pénalisés d’un point. Même chose avec les barres de décomptes partiels, qui doivent figurer tous les 50 mots sous peine d’un point de pénalité. Toute tentative de tricherie (sur le placement des barres ou le nombre de mots final indiqué) entraîne une pénalité pouvant aller jusqu’à deux points. En ce qui concerne les attentes du jury, on peut ainsi rappeler les termes du rapport de la session précédente : l’épreuve de contraction réclame à la fois des compétences d’analyse et d’expression. Les correcteurs sont ainsi d’abord attentifs à la compréhension de l’extrait, et en particulier à la restitution – aussi claire que possible – du mouvement des idées qui s’y observe. Le découpage du texte en paragraphes logiques et articulés entre eux est en particulier l’objet de notre attention. On attend des candidats qu’ils proposent un nombre de paragraphes raisonnable, suffisant pour mettre en valeur la structure de l’argumentation, mais pas trop important, au risque de la diluer. Précisons encore qu’il est bon que la taille des paragraphes ne varie pas à l’excès. On a pu constater des déséquilibres importants parfois, avec notamment des débuts de résumé utilisant trop de mots, ce qui entraînait mécaniquement des paragraphes ensuite de taille plus réduite, et souvent moins bien menés, faute de mots pour les développer. Rappelons également que la contraction de texte est aussi une épreuve de culture générale, qui implique que ceux qui la passent aient fait des lectures et soient capables de reconnaître un certain nombre d’enjeux liés – en particulier – au monde de la connaissance, de l’art et de la littérature. Par ailleurs, le jury est évidemment sensible à la qualité de la rédaction, qui doit se manifester aussi bien dans le souci d’une syntaxe claire et précise, que dans la maîtrise orthographique (lexicale et grammaticale). La reformulation personnelle de l’extrait permet à la fois aux candidats de restituer efficacement le texte proposé, mais aussi de démontrer leurs qualités rédactionnelles. La présentation a elle aussi son importance : graphie claire, alinéas et découpage visuellement évidents facilitent la compréhension du texte par son lecteur. 3 – Remarques de correction Le texte ne présentait a priori pas de difficultés majeures : la langue en paraissait claire, le propos assez net. Seule la subtilité de sa progression argumentative pouvait laisser craindre une difficulté, chez certains candidats, à repérer les articulations du propos et à ne pas réduire le texte à une succession décousue et répétitive d’affirmations plus ou moins proches de la source. Comme chaque année, les copies ont réservé quelques surprises, tout en confirmant certaines craintes. Les paragraphes 1 à 4 ont ainsi été globalement bien restitués, mais ont aussi permis de repérer des candidats en difficulté face à un raisonnement par l’absurde (« Si l’enseignement était affaire de monologues alors on pourrait remplacer les professeurs par des livres ou des enregistrements. Or on n’a jamais sérieusement envisagé cette possibilité, aussi séduisante fût-elle aux yeux des gestionnaires. Cela prouve bien que l’enseignement ne saurait se réduire au monologue et à l’inculcation de savoirs. ») et à l’ironie de l’auteur. Les paragraphes 5 à 9 revenaient sur la première expérience scolaire pour en dégager l’essence de toute relation pédagogique, relation marquée, selon l’auteur, par la rencontre, le risque, le dépassement de soi. Paradoxalement, notait Gusdorf, cette expérience fondatrice échappe à notre conscience et doit donc être retracée en détail pour livrer ses caractéristiques fondamentales, qui perdurent à travers le cursus scolaire moyennant des modifications marginales. Les candidats ont souvent bien compris l’enjeu global de ces paragraphes mais ont peiné à restituer finement les modifications notées par Gusdorf (à propos de l’évolution de la figure du professeur selon le niveau notamment). 3 Les paragraphes 10 à 13 essayaient de décrire le premier contact d’une classe avec son professeur. Gusdorf soulignait surtout l’importance de la rencontre et du drame qu’elle suppose ; importance négligée par les théories qui se concentrent sur les abstractions au détriment des protagonistes concrets de la relation. Il faut noter que Gusdorf ne fait pas tout reposer sur la personne du professeur (ou de l’officier dans l’anecdote militaire qu’il convoque), puisqu’il tient compte de la dimension institutionnelle de la relation. Les paragraphes 14 à 20 ont été les moins bien restitués, probablement parce qu’ils essayaient de dépasser la notion d’épreuve de force qui semblait découler des paragraphes précédents. Ces paragraphes permettaient de vérifier assez facilement la capacité du candidat à restituer la finesse d’une réflexion et à éviter de la caricaturer. Ainsi certains candidats, confondant sans doute autorité et autoritarisme, affirmaient que le professeur était une sorte de tyran bienveillant alors même que le texte refusait de le réduire à une telle figure. Les paragraphes 21 à 23 revenaient à la dimension dialogique de l’enseignement et à l’aventure personnelle qu’elle permettait. Tout ce qui relevait de l’administration ou de l’institution n’ayant pour but que la possibilité de cette rencontre fondamentale. Lors de cette session, peut-être davantage que les précédentes, les candidats ont parfois eu des difficulté à distinguer les thèses de l’auteur de celles qu’il dénonçait. Les confusions engendrées pouvaient conduire à des contresens rédhibitoires. Le style de Gusdorf a engendré comme souvent une fascination dont il fallait se défendre : les calques ont été très nombreux et donnaient souvent l’impression que les candidats restaient au ras du texte et de ses formulations au lieu de restituer sa logique d’ensemble. Enfin, la progression subtile du propos de Gusdorf a conduit à deux défauts fréquents : certains candidats estimant que l’auteur se répétait ont supprimé certains développements, pourtant essentiels, et ont proposé des résumés tronqués et parfois même trop brefs. A l’inverse, d’autres ne percevant pas la progressivité du propos de Gusdorf pensaient devoir se répéter et proposaient un montage décousu d’affirmations redondantes. Si un candidat éprouve le sentiment que le texte se répète, il devrait alors redoubler d’attention afin de repérer les étapes du propos et de sa progression argumentative. 4 – Conseils aux futurs candidats On ne peut que conseiller aux futurs candidats de travailler leurs capacités de lecture (identification des idées et surtout de leurs enchaînements dans le cadre d’un propos articulé). Bien lire un texte suppose aussi de ne pas projeter ses propres réflexions sur l’objet dont il est question : on a trop souvent eu le sentiment en corrigeant les copies de cette session que les candidats ne parvenaient pas à se détacher de leurs propres expériences scolaires. Face au texte de Gusdorf, il convenait d’éviter tout anachronisme : évoquer les « solutions pédagogiques du numérique » pour résumer un texte datant de 1963 était évidemment risqué : les futurs candidats prendront donc bien connaissance de uploads/Philosophie/ 303-2021-contraction-de-texte-hec-paris.pdf
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- Publié le Apv 12, 2022
- Catégorie Philosophy / Philo...
- Langue French
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