, < IIIIP"- -- DU MÊME AUTEUR À LA MÊME LIBRAIRIE L 'œuvre de Kant. La philosop
, < IIIIP"- -- DU MÊME AUTEUR À LA MÊME LIBRAIRIE L 'œuvre de Kant. La philosophie critique. Tome 1: La philosophie pré-critique et la critique de la raison pure, 1969, 6 e éd. 1993. Tome 2 : Morale et politique. 1972, 5 e éd. 1993. L 'œuvre de Fichte, 1984. L'école de Marbourg. Cohen - Naforp - Cassirer, 1989. Essais de philosophie de la guerre. 1976, 2 e éd. 1988. Études kantiennes, 1982. La liberté humaine dans la philosophie de Fichte, 1966, 3 e éd. 2000. Théorie et praxis dans la pensée morale et politique de Kant et de Fichte, 1968, 3 e éd. 1988. Schopenhauer. Une philosophie de la tragédie, 1980. Jean-Jacques Rousseau et la pensée du malheur, (3 volumes), 1984. La théorie kantienne de l'histoire, 1986. La jeunesse deFeuerbach (1828-1841). Introduction a ses positions fonda- mentales. (2 volumes), 1990. Qu'est ce que la philosophie? Kant et Fichte, 1991. Lecture de la phénoménologie de Hegel, Préface, Introduction, 1994. Métaphysique et politique chez Kant et Fichte, 1997. La philosophie du malheur - 1. Chestov et les problèmes de la philosophie existentielle, 1998. La philosophie du malheur - 2. Concepts et idée, 1999. Commentaire de la phénoménologie de Hegel. De la certitude sensible au savoir absolu, 2001. Traductions KANT (E.) Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée ?, traduction, commentaire et notes, préface de F. Alquié. KANT (E.) Critique de la faculté de juger. KANT (E.) Réflexions sur l'éducation, traduction, commentaire et notes. KANT (E.) Lettre à Marcus Herz du 21 février 1772 dans La Dissertation de 1770, traduction, introduction et notes. KANT (E.) Métaphysique des mœurs. Première partie: Doctrine du droit, introduction et traduction. Préface de M. Villey. KANT (E.) Métaphysique des mœurs. Deuxième partie: Doctrine de la vertu, introduction et traduction. HEGEL (G.W.F.) Foi et savoit: Kant, Jacobi, Fichte, introduction et traduction. FICHTE (J.G.) Œuvres choisies de philosophie première: Doctrine de la Science, 1794-1797. FICHTE (J.G.) Ecrits de philosophie première: Doctrine de la Science, 1801- 1802, et textes annexes, traduction, commentaire et notes. 1 '71 1'" '1 1 (00 .... '·1(-. ! 1 Q I"'\ ) ~.':;1' ; C7'.,·~Wf;.: BIBLIOTHÈQUE D'HISTOIRE DE LA PHILOSOPHI~I Fondateur: Henri GOUHIER Directeur: Jean-François COURTINE ' LA DESTINATION DU JEUNE FICHTE par Alexis PHILONENKO PARIS LIBRAIRIE PHILOSOPHIQUE J. VRIN 6, Place de la Sorbonne, ye 2008 a -,",""". "~""' ____ n,.'_"" .~_., 1 En application du Code de la Propriété Intellectuelle et notamment de ses articles L. 122-4, L. 122-5 et L. 335-2, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Une telle représentation ou reproduction constituerait un délit de contre- façon, puni de deux ans d'emprisonnement et de 150000 euros d'amende. Ne sont autorisées que les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, ainsi que les analyses et courtes citations, sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l'auteur et la source. © Librairie Philosophique J VRIN, 2008 Imprimé en France ISSN 0249-7972 ISBN 978-2-7116-1871-2 www. vrinfr INTRODUCTION § 1. Comme beaucoup de jeunes philosophes destinés à devenir d'importants personnages, Fichte, comme Hegel, ne roulait pas, comme on dit, sur l'or. Il était même originaire d'une famille paysanne assez pauvre et son destin 1 ne consistait pas à professer ex cathedra la Doctrine de la science dont il était l'auteur. Au domaine des fées un jeune comte passa, fort ennuyé: il avait raté le sermon du pasteur dont on vantait les hautes qualités. Il s'arrêta dans une auberge et buvant du schnapps parut si dépourvu que l'aubergiste s'arrêta et lui demanda s'il allait bien. Gêné d'être consolé par un aubergiste, il se laissa aller et raconta toute sa malheu- reuse histoire. L'aubergiste ne sembla pas étonné. Si on retrouvait Johann et s'il avait été à la messe au lieu de chasser les canards, on pouvait espérer tout arranger. Il sortit et cria «Johann - allez me cherchez Johann! ». Je passe ici sur des détails qui ne retiendront pas l'attention du lecteur. Toutefois après un bon quart d'heure Johann arriva. Il se tenait vif sur ses jambes, l'œil clair, la tignasse en bataille. Quelques amabilités et le comte demanda à Johann s'il se souvenait du plan du sermon, ou de quelque détail frappant. Johann commenca par rechigner, mais pour consoler ce pauvre comte il se décida; les poings sur les hanches il débuta ainsi: « Chers frères et sœurs ... » et Johann récita tout le sermon du pasteur, sans oublier ni les variations, ni les gestes du prédicateur. Le comte était sidéré. Comment un gamin de huit ans pouvait-il posséder une si fabuleuse mémoire? Ainsi qu'on le dit à Varsovie, « les cloches lui tintaient ». De plus l'enfant n'était pas un perroquet. Comme l'indiquaient ses gestes, sa mimique, il comprenait ce qu'il disait. Doux Jésus! Ce fils de métayer méritait autre chose que ce qui l'attendait comme ouvrier agricole. L'enfant suivit le 1. Je dirais son étoile. ] 10 INTRODUCTION Quoi qu'il en soit, on observera qu'ontologiquement l'effort, la volonté, le désir sont premiers par rapport à l'être et à l'existence comme calme satisfaction de l'essence. Faut-il penser avec Koyré que le fichtéanisme dérive en ceci des sombres rêveries du «philosophus teutonicus» comme Hegel nomme Jakob Boehme dans ses Leçons d'histoire de la philo- sophie 1? Nous pencherions volontiers pour ces choses vers Leibniz! Mais il est manifeste que dans le positionnement de la vérité, Hegel et Fichte convergent vers Jakob Boehme. Le souffle de la pensée cartésienne de la vérité est dépassé. Ce qui est recherché est moins la clarté de l'idée que la présence du signifiant comme absolute, la Schiidelstiitte. La bataille chez Hegel et Fichte n'est plus représentée par les peintres suivant le dessin verni des régiments multicolores sagement ordonnés (de manière à ne pas se tirer dessus) mais par l'épouvantable Dos de Mayo où dans la lumière des torches cliquent les fusils enfin chargés 2. Dans ce désir de la genèse du signifiant, Fichte suit avec attention la Révolution américaine: Que les temps sont changés - dans ce climat vital, la vérité n'est pas la chose, mais l'homme dans son surgissement pour la mort. La plus haute pensée du christianisme est, sui vant Feuerbach, Gott ist die Liebe - Dieu est l'Amour. « Amour» est le prédicat et «Dieu» est «substance ». Puisque selon la parole sacrée Amor triumphat de Deo (l'amour triomphe de Dieu), le prédicat l'emporte sur la substance, il faut dire que l'amour l'emporte sur Dieu, que la substance cède la place au prédicat comme fonction synthé- tique qui fonde et fond les esprits en eux-mêmes. «Dieu n'est pas une chose, ni l' homme non plus et ce qui les relie est la mort, révélation que seul l'effort personnel et le désir peuvent saisir (begreifen) ». Dès lors des éléments fondamentaux et pourtant personnels qualifient la source spiri- tuelle de l'esprit fichtéen, qui ne se bornera pas à ramasser les miettes, exception faite de celles qui tombent de la table sacrée où les grands esprits partagent le pain des anges 3. Les relations avec le comte n' allaient d' ailleurs pas en s'améliorant. Le comte aurait voulu qu'avec ses aptitudes remarquables et sa rapidité d'esprit, Fichte s'engageât au moins dans la carrière théologique acadé- mique où il atteindrait les plus grands honneurs et les relations les plus puissantes. Toutefois il y avait des difficultés. D'abord Fichte ne voulait pas être pasteur et entendait demeurer un admirateur de la Révolution 1. Hegel, SW (Glockner), Bd. XIX, 297. 2. Feuerbach, SW(Saas) Bd. VI, 60 sq. 3. Dante, Convivio. INTRODUCTION Il française. C'est un choix très intime et qu'aucun argument extérieur ne pouvait déterminer. Fichte avait d'autant moins envie d'être pasteur qu'il voulait avant tout se marier et avoir des enfants. Il connaissait une certaine Jeanne Rahn à Zürich et après des années traversées par des événements tristes ou burlesques, il l'épousa et lui donna un fils. Respirer, c'est agir. Pasteur non ! Avocat, plus sûrement. Quand le comte, averti de tous ces exploits, comprit que décidément J .G. Fichte n'embrasserait pas la carrière écclésiastique, grandes furent sa fureur et sa déception; comme il n'avait aucun moyen de pression sur le jeune homme, il jugea que le plus expédient était de lui couper les vivres et Johann traversa une crise psychologique aïgue. On dit même - c'est son propre fils [Immanuel Fichte] 1 qui le mentionne - qu'il fit une tentative de suicide 2 : «Le monde se refusait à lui, il refusa le monde ». Sans doute il ne s'agissait pas d'une tentative très sérieuse - je veux dire d'une tentative dont on est sûr de réchapper avec le secours d'autrui et qui n'affectera pas le principe ou la maxime des actions. Elle nous montre cependant un profond souci chez Fichte de réagir très secrètement et très vivement en lIIême temps qu'une tendance à dissimuler. Nous pouvons par cela seul csquisser la caractéristique propre de Fichte. C'est un « affectif uploads/Philosophie/ alexis-philonenko-la-destination-du-jeune-fichte-vrin-2008-pdf.pdf
Documents similaires










-
32
-
0
-
0
Licence et utilisation
Gratuit pour un usage personnel Attribution requise- Détails
- Publié le Jan 21, 2022
- Catégorie Philosophy / Philo...
- Langue French
- Taille du fichier 4.6790MB