COLLECTION DE VIES DE SAINTS ____________ UN SAINT pour chaque jour du mois JUI

COLLECTION DE VIES DE SAINTS ____________ UN SAINT pour chaque jour du mois JUILLET 1 SAINT DOMITIEN Fondateur de l'abbaye de Saint-Rambert-en-Bugey (t 440) Fête le 1er juillet. Dès le temps des persécutions, et surtout après la conversion de Constantin, beaucoup de chrétiens se retirèrent en des lieux déserts, afin d'y servir Dieu plus librement. Telle fut l’origine de la vie monastique, qui jaillit de l'essence même du christianisme. Les premiers solitaires vivaient séparés, mais bientôt, ils commencèrent à se réunir sous la conduite d'un seul supérieur ou abbé. Premières années. – Etudes. Saint Domitien fut en Occident l'un des ouvriers de la première heure. C'est un titre que lui reconnaît le martyrologe romain, lorsqu'il annonce sa fête à la date du 1er juillet. De cet éloge concis, quoique déjà bien long, si on le compare à la brièveté ordinaire du Martyrologe, nous possédons un commentaire précieux dans le texte du Bréviaire de l'ancienne abbaye de Saint Rambert-en-Bugey, manuscrit publié au XVII siècle, par l'érudit et savant Samuel Guichenon, historiographe de la Savoie et de la France, et de nouveau, en 1900, par l'abbé Seignerin. Domitien naquit à Rome, au début du Ve siècle, sous le règne de l'empereur Constance III (361). Ses parents, nobles et chrétiens, surent conserver leur foi intacte, nous dit le chroniqueur, au milieu des scandales de l'arianisme. Dès que leur fils fut en âge d'étudier, ils le confièrent à des maîtres catholiques qui, secondés par les dispositions naturelles de l'enfant, lui communiquèrent un grand amour de la Sainte Ecriture. Lorsqu'il atteignit sa douzième année, il obtint de ses parents qu'ils vendissent une partie de leur patrimoine familial, pour lui permettre d'entreprendre des études plus élevées, en vue de se rendre un jour utile à la défense de la foi. Trois années s'étaient à peine écoulées que son père, nommé Philippe, fut mis à mort par les ariens et, quelque temps après, sa mère, Marcianille, fermait à son tour les yeux à la lumière de ce monde. La vraie liberté. Resté seul, le pieux adolescent fut d'abord en proie à la plus vive douleur, et il eût souhaité suivre au tombeau ses bien-aimés parents. Pendant deux mois il se demanda quel usage il allait faire de ses biens. Resterait-il dans le monde ou embrasserait-il la vie monastique ? Tandis qu'il était ainsi dans l'incertitude et ne savait à quel parti se résoudre, il s'adressa un jour à un de ses serviteurs : « Écoute, Sisinius, lui dit-il. Penses-tu qu'un homme libre et pouvant conserver sa 2 liberté doive se soumettre à une infinité de servitudes pour jouir des biens périssables ? » Sisinius répondit : « J'estime que toutes les fois qu'on le peut, il vaut mieux être libre qu'esclave. » « Tu as bien répondu, reprit Domitien. C'est ce que nous enseigne l'Apôtre, ainsi qu'on me l'a appris à l'école : Si tu peux être libre, préfère la liberté à l'esclavage. J'ai résolu de me conformer à cette règle, et c'est pourquoi je donne la liberté à tous mes serviteurs. Quant à mes biens je vais les vendre et les distribuer aux pauvres. » Il mit aussitôt son projet à exécution. Au bout de deux semaines, ayant vendu et distribué tous ses biens, il se retira du monde pour embrasser la vie monastique. Nous ignorons quel fut le lieu de sa retraite, mais ce que nous savons, c'est qu'il n'y jouit pas longtemps du calme et de la paix. Obligé de fuir, il partit pour la Gaule, visita le célèbre monastère de Lérins et vint se réfugier auprès de saint Hilaire d'Arles, dont la vertu brillait alors du plus vif éclat. Le premier monastère de saint Domitien. Saint Hilaire, touché de la piété de son hôte, voulut lui conférer la dignité sacerdotale. Domitien reconnut la volonté de Dieu dans ce désir et il consentit à recevoir les saints ordres ; mais, refusant toute charge et tout honneur dans l'Eglise, il ne pensait qu'à regagner la solitude. L'île de Lérins exerçait sur son âme une douce attraction. Il se disposait à y retourner lorsqu'il entendit parler de la vie merveilleuse de saint Eucher, évêque de Lyon. Changeant aussitôt de direction, il remonta la vallée du Rhône jusqu'à la capitale des Gaules. Eucher le reçut avec une bonté paternelle, écouta l'histoire de sa vie et de ses pérégrinations et approuva son projet de vie solitaire. Il lui donna une pierre d'autel avec des reliques des saints Chrysante et Darius pour la célébration du saint sacrifice. Domitien se retira dans un lieu isolé, où il construisit un petit oratoire en l'honneur de saint Christophe. C'est là que devait s'élever plus tard le village de Bourg- Saint-Christophe. Pendant que le serviteur de Dieu vivait en ce lieu, tout entier à l'oraison, aux veilles, aux jeûnes, à la célébration quotidienne des saints mystères, il vit bientôt accourir à lui de nombreux disciples, qui désiraient partager son genre de vie. Les gens du monde eux mêmes apprirent le chemin de sa retraite, et leur affluence devint telle que le religieux résolut de fuir dans un endroit plus retiré et d'y établir son monastère. Selon son habitude, il consulta saint Eucher, le guide de son Ame : « Père vénérable, lui dit-il, le lieu que j'habite est maintenant si connu et si plein de tumulte mondain, qu'il n'est plus convenable que des moines l'habitent, d'autant plus qu'il est aride et privé d'eau bonne à boire. » Saint Eucher lui répondit : « Va, et cherche où tu voudras une solitude comme tu la désires. » Puis il le bénit et le congédia. A la recherche d'une solitude. Le lendemain matin, après la célébration de la sainte messe, Domitien se mit en route avec un de ses disciples, du nom de Modeste, et se dirigea vers le Levant. Après une longue marche, ils s'engagèrent dans les gorges d'une montagne et atteignirent un vaste espace entouré d'une forêt profonde et qui avait été jadis un repaire de faux monnayeurs. L'endroit était délicieux, et, en l'exa- minant bien, les deux moines trouvèrent plusieurs sources. Vers le milieu de la nuit, Domitien eut une vision. Notre-Seigneur lui apparut, le considéra avec bienveillance et lui dit : « Domitien, athlète plein de prudence, montre-toi courageux, car je serai ton appui dans toutes tes entreprises. Tu recevras en ce lieu des fils nombreux qui viendront se former à tes exemples. Mets donc à exé- cution le projet que tu as imaginé dans la journée d'hier. » 3 Domitien avait en effet, la veille, conçu tout un plan de monastère. Sur la colline où se trouvait la principale source, il s'était proposé de construire un grand corps de bâtiment pour les religieux, et plus bas, près du chemin, une hôtellerie et une chapelle pour les voyageurs. A son réveil, il rendit grâces à Dieu, et, retournant sans retard auprès de ses Frères, il leur fit part de son heureuse découverte et des bénédictions que Dieu leur promettait. Confiant aux soins d'un prêtre vénérable la chapelle de Saint-Christophe, leurs cellules et leur jardin, ils se rendirent tous à la nouvelle solitude, dans le voisinage de laquelle s'élevaient seulement quelques maisons. Outre le couvent et l'hôtellerie, ils construisirent deux chapelles, l'une en l'honneur de la Très Sainte Vierge, et une nouvelle chapelle en l'honneur de saint Christophe. Saint Eucher lui-même vint de Lyon pour les consacrer. On s'occupa en même temps de défricher une partie du terrain et de l'ensemencer. Un jour d'été, après un travail pénible, Domitien descendit avec quelques Frères pour se baigner jusqu'à une rivière qu'on appelait alors Alberonna et qui n'est autre que l'Albérine, affluent de l'Ain. Tandis qu'ils étaient dans l'eau, un renard survint et se mit à ronger et à déchirer les chaussures du serviteur de Dieu. Domitien s'en aperçut et fit cette prière : « Seigneur, créateur de tous les êtres, je vous demande comme une faveur, qu'à l'avenir cet animal et tous ceux de son espèce ne puissent plus faire aucun mal, ni à nous ni à nos successeurs. » Il avait à peine achevé ces mots que le renard tomba mort à sa vue. Dans la suite, le couvent n’eut jamais à souffrir de ceux de son espèce. Le manuscrit ajoute, et nous avons peine à le croire : « Non seulement les renards n'ont jamais fait de mal à leurs poules, mais encore on 1es a vus parfois jouer avec elles. » Don des miracles. – Affluence des foules. Dieu accorda, vers cette époque, à son serviteur, le pouvoir de chasser les démons des corps des possédés ; aussi les foules connurent bientôt le chemin du nouveau monastère. Domitien, pour échapper aux marques de vénération dont on l'entourait, fuyait en quelque retraite éloignée et ne revenait qu'au bout de la semaine, pour revoir ses Frères et prendre un peu de nourriture, car dans l'intervalle, il s'abstenait de tout aliment. Ses disciples, désolés de ces longues absences, lui représentèrent qu'ils avaient un besoin incessant de ses conseils et ils obtinrent la promesse uploads/Religion/ 1-juillet-i.pdf

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  • Publié le Jan 11, 2022
  • Catégorie Religion
  • Langue French
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