Le problème du PUER AETERNUS 1ière conférence Extrait du Espace d'échanges du s

Le problème du PUER AETERNUS 1ière conférence Extrait du Espace d'échanges du site IDRES sur la systémique http://www.systemique.be/spip/article.php3?id_article=130 Le problème du PUER AETERNUS 1ière conférence - SAVOIR THÉORIQUE - Échanges à partir de livres et des notes de lecture - Échanges à partir de livres - Date de mise en ligne : mardi 30 mai 2006 Espace d'échanges du site IDRES sur la systémique Copyright © Espace d'échanges du site IDRES sur la systémique Page 1/19 Le problème du PUER AETERNUS 1ière conférence MARIE LOUISE VON FRANZ « LE PROBLEME DU PUER AETERNUS » Traduction de la 3ème édition : « The Problem of the Puer Aeternus » (2000 ). Inner City Books. Toronto (1ère édition : 1970). (Traduction par C Poelmans) 1ère Conférence Puer Aeternus est le nom d'un dieu de l'Antiquité. Ces mots eux-mêmes sont cités par Ovide dans les Métamorphoses et s'appliquent dans ce cas au dieu-enfant des mystères d'Eleusis. Ovide parle du dieu-enfant Iacchus, comme d'un puer aeternus et fait l'éloge de son rôle dans ces mystères. Plus tard, le dieu-enfant fut identifié à Dionysos ainsi qu'à Éros. Il représente la jeunesse divine née dans la nuit dans le mystère d'Eleusis, mystère typique du culte de la mère dans lequel il est une sorte de rédempteur. Il est un dieu de la végétation et de la résurrection, le dieu de la jeunesse divine, correspondant chez les dieux des traditions orientales à Tammuz, Attis et Adonis. L'expression puer aeternus signifie donc jeunesse éternelle, mais nous l'utilisons aussi parfois pour nommer un certain type de jeune homme qui a un extraordinaire complexe maternel et qui par conséquent se comporte de manière très typée et que j'aimerais décrire comme suit. En général, l'homme identifié à cet archétype du puer aeternus reste trop longtemps dans la psychologie de l'adolescence ; c'est-à-dire que toutes les caractéristiques qui sont normales chez un jeune de 17 ou 18 ans restent présentes plus tard dans la vie, associées dans la plupart des cas à une trop grande dépendance à la mère. Les deux troubles typiques d'un homme qui a un complexe maternel exacerbé sont, comme Jung le fait remarquer, l'homosexualité et le Don Juanisme. Dans le premier cas, la libido hétérosexuelle reste attachée à la mère, qui reste réellement le seul objet aimé, ceci ayant comme conséquence que la sexualité ne peut être vécue avec une autre femme. Cela ferait de celle-ci une rivale de la mère. En conséquence les besoins sexuels ne sont satisfaits qu'avec une personne du même sexe. Généralement ces hommes manquent de masculinité et la recherchent chez leur partenaire. Copyright © Espace d'échanges du site IDRES sur la systémique Page 2/19 Le problème du PUER AETERNUS 1ière conférence Poussin Nicolas Écho et Narcisse XVII siècle Dans le Don Juanisme on trouve une autre forme typique de ce même trouble du complexe maternel. Dans ce cas-ci, l'image de la mère - l'image de la mère parfaite, sans failles, prête à tout donner à un homme - est recherchée auprès de chaque femme. Le puer aeternus est à la recherche d'une déesse mère, de telle sorte qu'à chaque fois qu'il est fasciné par une femme il en vient, plus tard, à découvrir qu'elle est un être humain ordinaire. Une fois établie une relation intime avec elle, la fascination s'évanouit. L'homme s'éloigne, déçu, et la projection de cette image idéalisée se renouvellera de femme en femme. Il attend éternellement l'arrivée de la femme maternante qui l'enveloppera de ses bras et satisfera chacun de ses besoins. Ceci s'accompagne souvent de l'attitude romantique de l'adolescent. Il existe généralement une grande difficulté à s'adapter aux situations sociales et, dans certains cas, une sorte de faux individualisme, à savoir le sentiment d'être quelque chose de spécial, de ne pas avoir à s'adapter car, quand on possède un tel génie caché, on ne doit pas y être contraint, etc... Il s'y ajoute une attitude arrogante envers les autres, due à un complexe d'infériorité autant qu'à un faux sentiment de supériorité. De tels êtres ont le plus souvent beaucoup de difficultés à trouver le type de travail qui leur convienne, car, quoi qu'ils fassent, ce n'est jamais assez bon ou tout à fait conforme à ce qu'ils voulaient. Il y a toujours « un cheveu dans la soupe ». La femme n'est jamais tout à fait la bonne ; elle est agréable comme copine mais -. Il y a toujours un « mais... » qui empêche le mariage ou quelque engagement ferme que ce soit. Tout cela conduit à une forme de névrose que H.G. Baynes a décrite comme « vie provisoire », c'est-à-dire cette attitude et ce sentiment étrange que l'on ne serait pas encore dans la vraie vie. Pour l'instant, on fait ceci ou cela, mais qu'il soit question d'une femme ou d'un travail, ce n'est pas encore ce que l'on veut vraiment, le fantasme demeure toujours qu'à un moment, dans le futur, le « vrai truc » (« The real thing ») se présentera. Si cette attitude se prolonge, cela signifie un refus intérieur constant de s'engager dans le présent. Souvent, dans ce contexte, on retrouve de façon plus ou moins marquée, un complexe du sauveur, ou un complexe du Messie, accompagné de la pensée secrète qu'un jour on sera à même de sauver le monde : qu'on trouvera le fin mot en philosophie , en religion, en politique, en art ou dans quelqu'autre matière que ce soit. Parfois, cela peut aller jusqu'à une mégalomanie pathologique typique. D'autres fois, on peut en retrouver des traces mineures dans l'idée que « son heure n'est pas encore arrivée ».La crainte permanente de ce genre d'hommes est de se sentir lié à quoi que ce soit. Il y a une peur terrible d'être « épinglé »( ndt : « pinned down » : épinglé comme un papillon), d'entrer complètement dans le temps et l'espace, et de devenir l'être humain singulier que l'on est. La peur d'être pris dans une situation de Copyright © Espace d'échanges du site IDRES sur la systémique Page 3/19 Le problème du PUER AETERNUS 1ière conférence laquelle il serait impossible de s'échapper à nouveau est toujours présente. De telles situations sont pour eux l'enfer. En même temps, ils sont pris dans une fascination hautement symbolique pour les sports dangereux - particulièrement les sport aériens et l'alpinisme - comme s'ils voulaient aller le plus haut possible. Le symbolisme est de fuir la réalité, la terre, la vie ordinaire. Si ce genre de complexe est très prononcé, de tels hommes meurent jeunes dans des accidents d'avion ou d'alpinisme. Ils détestent généralement les sports qui requièrent de la patience et un long entraînement, car le puer aeternus, dans le sens négatif du terme, est habituellement impatient de nature, de telle sorte que ces sports ne l'attirent pas. Je connais un jeune homme, l'exemple classique du puer aeternus, qui faisait énormément d'alpinisme mais détestait tant porter un sac à dos qu'il préférait s'entraîner à dormir dans la pluie ou la neige et se couvrir d'un vêtement de pluie de soie. A l'aide d'une respiration de Yoga, il arrivait à dormir à l'extérieur. Il s'était entraîné aussi à se débrouiller pratiquement sans nourriture, simplement pour n'avoir à porter aucun poids. Il erra pendant des années à travers toutes les montagnes d'Europe et des autres continents, dormant sous les arbres ou dans la neige. Il vécut, d'une certaine manière, une existence héroïque, uniquement afin de ne pas être obligé à aller dans une cabane ou à porter un sac à dos. On pourrait dire que ce comportement avait une dimension symbolique car ce genre de jeune homme, dans la réalité, ne veut se charger d'aucun poids. Ce qu'il refuse absolument c'est toute prise de responsabilité quelle qu'elle soit, ou d'avoir à porter le poids d'une situation. En général, la qualité positive de tels jeunes c'est qu'ils présentent une certaine forme de spiritualité qui leur vient de leur relative proximité avec l'inconscient. Nombre d'entre eux ont le charme de la jeunesse et les qualités pétillantes du champagne. Les pueri aeterni sont des personnes avec qui il est généralement très agréable de parler. Ils ont d'habitude des sujets fort intéressants à aborder et ont un effet stimulant sur leur entourage. Ils n'aiment pas les situations conventionnelles : ils posent des questions profondes et vont droit à la vérité. Habituellement, ils sont à la recherche d'une religion pure, une quête typique des jeunes gens à la fin de leur adolescence. Généralement, le charme de la jeunesse du puer aeternus se prolonge à travers les étapes plus tardives de la vie. Mais il y a un autre type de puer qui ne présente pas le charme de la jeunesse éternelle, et duquel l'archétype de la jeunesse divine ne rayonne pas. Celui-ci vit au contraire dans un brouillard paresseux permanent, ce qui est aussi typique des traits de l'adolescent : le jeune encombré de longues jambes, endormi, indiscipliné, son esprit vagabondant au hasard, sur la tête duquel on a parfois envie de verser un seau d'eau uploads/Religion/ article-a130.pdf

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  • Publié le Dec 20, 2022
  • Catégorie Religion
  • Langue French
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