LES LIVRETS DE LA LAÏCITÉ Grand Orient de France CHAPITRE I : Comprendre ce qu’
LES LIVRETS DE LA LAÏCITÉ Grand Orient de France CHAPITRE I : Comprendre ce qu’est la LAÏCITÉ Fiche I - A / 1 - La pensée d’Alain L’esprit laïque Fiche I - A / 2 - Henri Pena Ruiz Laïcité, Laïc, Laïque... Définitions Fiche I - A / 3 - Henri Pena Ruiz Le mot et le principe Fiche I - A / 4 - J. Michel Ducomte La Laïcité, un contenu discuté Fiche I - A / 5 - Bernard Stasi La Laïcité Fiche I - A / 6 - Ligue de l’Enseignement Modèle français de Laïcité Fiche I - A / 7 - Albert Jacquard Nouvelle petite philosophie Fiche I - A / 8 - Laurent Fabius Défense de la Laïcité Fiche I - A / 9 - Guy Coq Un principe universel Fiche I - A / 10 - Gérard Delfau Étonnante Laïcité si jeune encore Fiche I - A / 11 - Henri Pena Ruiz Définition raisonnée de la Laïcité Fiche I - A / 12 - Catherine Kintzler Laïcité par une philosophie Fiche I - A / 13 - Catherine Kintzler Tolérance restreinte et élargie A - Définitions et explications données par divers auteurs et organismes Cerner la notion de Laïcité Table des matières N° I - A / 1 L’esprit d’ALAIN L’esprit laïque « Un bon radical me contait qu’il avait entendu une conférence sur l’Esprit Laïque, faite par un philosophe assez connu et sans aucun préjugé religieux. « Il a, disait- il, très bien parlé ; mais il m’a semblé que la fin détruisait le commencement ; car, après avoir fort bien défini notre idéal et notre action, il a montré que l’idéal religieux ne différait pas essentiellement du nôtre, et qu’ainsi tout se conciliait dans une région supérieure, dès que l’on dominait les petites passions. Cela a plu à tout le monde ; car les braves gens chez nous, n’aiment pas trop les disputes. Mais moi je suis sans doute moins pacifique, car je n’aime pas trop ces réconciliations dans les nuages. Enfin je demande : est-ce qu’il y a dispute et sur quoi ? Ou bien seulement un énorme malentendu ? » J’ai souvent dit et je vois très clairement que dans toute religion il y a une revendication d’ordre moral, une protestation de cœur contre l’injustice, contre la guerre, contre tout le désordre humain. Sans quoi la religion n’aurait jamais intéressé personne. C’est vrai, en tout cas, des religions de notre temps. Je ne chicanerais point non plus sur les rites et cérémonies, qui ont certainement pour effet de fortifier les sentiments supérieurs, naturellement si faibles devant les intérêts pressants. Je dirai même là-dessus que l’esprit laïque n’a pas assez de fêtes solennelles où l’on médite sérieusement en commun sur l’avenir humain. Dans le fait, le culte de la patrie a des fêtes et des emblèmes qui agissent vivement ; et il faut regretter que l’Humanité soit adorée solitairement. Ce qui gâte la religion, c’est la croyance en Dieu et l’idée d’une vie future auprès de laquelle celle-ci n’est qu’une épreuve et une préparation. Ces croyances conduisent à tout accepter et à ne rien faire. Le moine est le seul qui suive cette logique. Mais il y a bien plus de moines qu’on ne croit. L’idée laïque, c’est qu’il y a des désordres humains qu’on n’a pas le droit d’accepter, ni pour soi, ni pour les autres. Il ne faut point dire aux fils de la terre qu’il y a une justice toute-puissante, qui rétablira l’ordre. Il ne faut point le dire, parce qu’on n’en sait rien ; bien mieux, parce qu’il n’y a pas d’exemple de justice réalisée, sinon par des hommes qui croyaient en eux-mêmes, et qui agissaient selon leur conscience, tout de suite, dans ce bas monde, malgré vents et marées, comme on dit. Pour moi, la foi qui va à Dieu se trompe d’objet ; elle veut que ce qui doit être soit déjà et soit déjà et soit par lui-même. Comme disent naïvement les théologiens, elle croit que le plus parfait existe le plus. Au contraire, pour l’esprit laïque, ce qui existe si on laisse aller, c’est le mal ; au lieu que le bien n’existe qu’autant qu’on le réalise, par volonté, j’entends par action des mains. Bref, il y a conflit entre l’action et la prière. » Propos 2524 - 16 février 1903 Extrait de « Propos impertinents » (1906- 1914) Alain Collection Mille et Une Nuits - Septembre 2002 CHAPITRE I : Comprendre ce qu’est la LAÏCITÉ Cerner la notion de Laïcité - A : Définitions et explications .. LES LIVRETS DE LA LAÏCITÉ Grand Orient de France N° I - A / 1 LES LIVRETS DE LA LAÏCITÉ Grand Orient de France (Adjectif ou substantif) : simple fidèle qui n’exerce aucune fonction officielle dans l’institution religieuse. Opposé à « clerc » au sein du vocabulaire religieux, selon une étymologie qui rappelle que l’homme du peuple, que rien d’abord ne distingue d’un autre, constitue la référence première. La laïcisation consistera à considérer que le simple laïc, ainsi promu à l’égalité avec tous les autres, est sujet de droit, et qu’il doit disposer librement de sa conscience, soit qu’il s’engage dans la foi religieuse de son choix, soit qu’il fasse sienne une conviction athée. Le terme s’affranchit ainsi de son acception intra‐religieuse qui le définissait par opposition au clerc ou à l’ecclésiastique, pour devenir la désignation de l’individu libre, qui dispose de sa conscience et jouit des mêmes droits que tous les autres. N° I - A / 2 Henri PENA RUIZ: Laïcité, Laïc, Laïque.. Définitions Extrait de H. PENA-RUIZ « La Laïcité » Textes choisis Flammarion Corpus 2003 Substantif relativement récent pour désigner le caractère propre d’institutions étatiques et publiques dévolues à l’ensemble du peuple (en grec, le laos) grâce à leur affranchissement par rapport à toute tutelle religieuse. Le mot figure dans le Dictionnaire de pédagogie et d’instruction de Ferdinand Buisson paru en 1887. L’auteur y souligne la nécessité du substantif pour désigner l’aboutissement idéal d’un processus de laïcisation qui affranchit l’État de l’Église et l’Église de l’État. Le mot recouvre à la fois le caractère non confessionnel de la puissance publique et son orientation de principe vers ce qui est commun à tous les hommes, par‐delà leurs « différences » d’options spirituelles ou philosophiques. Il signifie donc l’universalité de principe de la loi commune, et de la sphère publique qu’elle organise. Il recouvre les principes de liberté de conscience, étayée sur l’autonomie de jugement, ainsi que la stricte Égalité de tous les hommes, quelles que soient leurs options spirituelles respectives. Sur le plan juridique, la Laïcité implique le principe de Séparation des Églises et de l’État, condition et garantie de son impartialité, de sa neutralité confessionnelle, et de son affectation au seul bien com‐ mun à tous, qui intègre justement les trois valeurs mentionnées : Liberté, Égalité, Universalité de la loi commune à tous. (Adjectif ou substantif) : terme différencié du terme « laïc » pour caractériser les institutions ou plus généralement les réalités sociales soustraites au contrôle religieux qui s’exerçait traditionnellement sur elle. On parle ainsi de l’école laïque, de l’enseignement laïque. Cet affranchissement signifie que la vie civile et le droit qui la régit s’universalisent du fait que n’y prévaut plus un marquage confessionnel discriminatoire. Mais laïque en ce sens ne signifie nullement hostile à la religion. L’option religieuse comme option libre appartient au registre privé de la personne ou d’un groupe de personnes librement associées. La vie civile, laïcisée, réalise ainsi l’universalisation de son cadre d’accueil, en se défaisant de tout marquage confessionnel ou religieux. Laïcité Laïc Laïque Notion polémique tournée contre la Laïcité dont elle suggère qu’appliquée rigoureusement elle serait un principe de fermeture. Or c’est le contraire qui est vrai, puisque la Laïcité sans épithète délivre la sphère publique de toute tutelle et de toute fermeture dogmatique, en l’affranchissant de la mainmise d’une option spirituelle particulière, qu’elle soit celle de la religion ou celle de l’athéisme. Dans la bouche de certains détracteurs de la Laïcité, « ouvrir la Laïcité » signifie restaurer des emprises publiques pour les religions. Une confusion est faite entre l’expression des religions dans l’espace public et l’emprise des religions sur l’espace public. La première est compatible avec la Laïcité, comme l’est aussi l’expression des humanismes athée dans l’espace public. La seconde ne l’est pas, car elle consacre un privilège, bafoue la distinction juridique privé‐public, et compromet l’universalité de la sphère publique. Il faut donc démystifier cette notion, et saisir le rejet inavoué de la laïcité qu’elle a pour charge de travestir en « rénovation » de celle‐ ci. Parle‐t‐on de « droits de l’homme ouverts », de « justice ouverte » ? Laïcité ouverte Henri Pena-Ruiz : Professeur de philosophie en Khâgne au lycée Fénelon (Paris) et maître de conférences à l’Institut d’Études Politiques de Paris, Henri Pena-Ruiz a écrit divers ouvrages sur la laïcité notamment « Dieu et Marianne », « La laïcité Textes choisis », « La laïcité pour l’égalité uploads/Religion/ livrets-laicite-godf-c1.pdf
Documents similaires










-
33
-
0
-
0
Licence et utilisation
Gratuit pour un usage personnel Attribution requise- Détails
- Publié le Nov 16, 2022
- Catégorie Religion
- Langue French
- Taille du fichier 11.5639MB