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DES SCIENCES OCCULTES 011 ., ta=An ~!La WilœtWIQ UQ IP!l\<DtDilCitiQ tiV !LU Wilil\ilCilLliQ l ' PAR EUSEBE SALVERTE. • Non igitUr oportet no& magicis iUu&ionibus • uti, cum potestas pliilosophica doeeat operari • quod suffieit. • :RoQ. B.u:o!f, De Sur. cper. aTt. ejnat.c. 1. TOME $ECOND. SEDILLOT,LIBRAIRE-EDITEUR, RUE D'ENFER SAINT·MICIIEL, N. 1S. MDCCCXXIX. DES SCIENCES OCCULTES uv ESSAI SUR LA MAGIE, LES PRODIGES E1' LES 1\lll\ACLES. CHAPITRE XVIII. Action des odeurs sur le moral de l'homme. Action des linimens : l'onction magique opérait souvent, dans des rêves, ce que la prévention et le désir pre- naient facilement pour des réalités. De pareils rêves donnent l'explication de l'histoire entière des sorciers. L'emploi de quelques connaissances mystérieuses, les crimes aux quels de prétendus sortiléges ont sou- vent servi de voile, la rigueur des lois dirigées contre le crime absurde de sorcellerie; telles sont les princi- 11. f 2 DES SCU.:NCES OCCULTES. pales causes qui ont multiplié le nombre des sorcier~. Importance de cette discussion , prouvée par des faits I'écens. Le merveilleux croît pour nous en raison de la distance qui paraît séparer la cause de l'effet.. Les boissons et les drogues ne peu- vent s'administrer absolument à l'insu de celui qui les accepte : on s'enivrait des parfums prodigués autour des autels et dans les céré- monies magiques , sans le vouloir, sans en soupçonner la puissance ; quels avantages n'offraient-ils pas au Thaumaturge, surtout quand il lui importait de produire des extases et dés visions. Leur composition et leur choix étaient l'objet d'une attention scrupuleuse. On se rappelle que, pour préparer les en- fans aux révélations qu'ils devaient recevoir dans des songes, Porphyre recommandait l'em- ploi de fumigations faites avec des ingrédiens particuliers(1). Proclus,qui souvent, ainsi que les philosophes ses contemporains , n'a fait que rapporter, avec une interprétation allé- < 1' Cid-essus. totne 1. pag. dj!} Dt:S SCIENCES OC CUI. TES. 3 gorique, des prescriptions physiques dont le sens propre était perdu ; Proclus ( 1) nous montre les instituteurs du sacerdoce ancien rassemblant diverses odeurs et les unissant par les procédés d'un art divir:, pour en com- poser un parfum unique, doué de vertus nom- breuses, dont l'énergie, portée au comble par leur réunion, serait affaiblie par leur sé- paration. Dans les Hymnes attribués à Orphée , Hymnes qui sûrement tirent leur origine du rituel d'un culte très-ancien, un parfum par- ticulier est assigné à l'invocation de chaque divinité : cette variété dans les pratiques reli- gieuses ne présentait pas toujours à la science sacrée une application actuelle ; mais on l'é- tablissait d'une manière générale, pour s'en prévaloir dans les occasions particulières ; le prêtre restant toujours le maître d'annoncer à quelle divinité il fallait de préférence avoir '. recours. L'action physique et morale des odeurs n'a pas été peut-être étudiée sous ce point de vue par les sa vans modernes, autant que par \ 1) 11r·oclu.r.. De sacrificiis ft tna.gùi. 4 DES SCIENCES OCCULTES, les Thaumaturges de l'antiquité. Cependant, si Hérodote nous apprend que les Scythes s'enivraient en respirant la vapeur des graines d'une espèce de chanvre, jetées sur des pierres rougies au feu ( 1), la médecine moderne a observé que l'odeur seule des graines de la ,jusquiame , surtout quand la chaleur exalte son énergie, produit, chez ceux qui la res- pirent, une disposition à la colère et aux que- relles. Le Dictionnaire de Médecine ( 2) de l' Enqclopédie méthodique, cite trois exem- ples qui le prouvent : le plus saillant est celui de deux époux qui, parfaitement unis partout ailleurs, ne pouvaient, sans en venir à des dé- bats sanglans, rester quelques heures dans la chambre où ils travaillaient. On ne manqua point de croire la chambre ensorcelée ; jusqu'à ce que l'on découvrît, dans un paquet consi- dérable de graines de jusquiame, placé près d'un poële, la cause de ces querelles journa- lières, dont les deux époux étaient les Jlre- miers à gémir, et.que la disparition de la sub- , ' f' stance veneneuse 1t cesser sans retour . . r) Herodot. lib. rv. C<ljL 7·'~· .:li) Tom. ,.Ji. art. Jusquiame. DES SCIENCES OCCULTES • 5 • Le Thaumaturge dut employer cette sorte d'agens avec d'autant plus de succès, que l'œil ne met point en garde contre eux , et qu'ils n'affectent point l'odorat d'une manière pro- portionnée à la violence de leurs effets. Il est des substances plus énergiques encore que les parfums, et qui , pour modifier notre existence, semblent n'avoir besoin que d'agir à· l' exi.erieur. L'extrait ou le suc de bella- done appliqué sur une plaie cause un délire accompagné de visions ; une faible goutte de ce suc, si elle touche l'œil, jette aussi dans le · délire; mais elle produit d'abord l'ambliopie ou duplicité des images ( 1 ). L'homme ainsi atteint, à son insu, verrait les objets sc dou- blci'·autour de lui, ct, en proie à la vengeance des Thaumaturges, s'écrierait, nouveau Pen- thée, qu'il aperçoit deux soleils et deux Thè- bes (2). L'expérience a récemment prouvé qu'ad- ministrés en linimens et aspirés par le système ( 1) Cette dernière observation appartient au docteur Hymli. Voyez aussi Pinel, Nosographie philosophique ( 5 édition:, tom. m. pag. qfi. et Giranùy. Sur le délire causé parla Bel-· ladone, etc. Thèse sontenne en 1818. :,:Virgil . .J.eneid. lib. 1v.vers \(1J. 6 DES SCIENCES OCCULTES. absorbant , plusiéurs médicamens agissent comme s'ils avaient été introduits directement dans l'estomac. Cette propriété n'a point été ignorée des anciens. Dansle roman d'A- chilles Tatius , un médecin égyptien, pour guérir Leucippe attaquée de frénésie , lui applique sur le haut de la tête un liniment composé d'huile dans laquelle il a fait dis- soudre un médicament particulier : peu de temps après l'onctio:n , la malade s'endort profondément. Ce que savait le médecin, le Thaumaturge ne l'ignorait pas; et cette con- naissance a pu lui servir à opérer plus d'un · miracle bienfaisant ou funeste. On ne contes- tera point que les onctions , si fréquentes dans les cérémonies anciennes, ne lui offrissent chaque jour la facilité de la mettre à profit. Avant de consulter l'oracle de Trophonius, ou était frotté d'huile 'sur tout le corps ( 1) ; cette préparation concourait sûrement à pro- duire la vision désirée. Avant d'être admis aux mystères des Sages indiens, Apollonius et son compagnon furent frottés d'une huile 1 \ Pausania.<. !ih, rx. cap. 39 . DES SCIE!'Ict:ll OCCllLTES. 7 si active? qu'illeur semblait qu'on les lavait avec du fou ( 1 ). Les disciples des hommes qui naturalisè- rent, au centre de l'Amérique , des idées et des pratiques religieuses empruntées à l'Asie, les prêtres de Mexico? oignaient leurs corps d'une pommade fétide, quand ils voulaient, disaient-ils, converser avec la divinité. La base en était le tabac et une semence moulue qu'ils appelaient ololuchqui, semence dont l'effet était de priver l'hommé de son hon sens, comme celui du tabac d'engourdir la sensibi- lité. Ils se sentaient alors très-intrépides et très-cruels ( 2) ; et sans doute aussi très-dispo- sés à avoir des visions? puisque cette pratique avait pour but de les mettre en rapport avec les objets de leur culte fantastique. Abandonnons un moment les temples : :r) Philostrat. De vit. Apoll. lib. m. cap. 5. ("A) Acosta. Histoire des Indes occidentales.liv. v. cha p. <oli. traduction r.·ançaise. (8°. t6I6) feuillets 256-257. Les prêtres mexicains faisaient entrer dans cette pommade les cendres ou les corps d'insectes réputés venimeux; c'était sans doute pour trompe,· sur la nat1u·e des drogues physiquement efli- caces. . 8 DES SCIENCES OCCULTES. suivons au dehors cesecretdivulgué,et tombé entre les mains des magiciens vulgaires. Tout est-il imposture dans ce que rappor- tent les poëtes et les romanciers de l'effet des onctions magiques? Il est difficile de le pen- ser. Les ingrédiens dont elles se composaient ·avaient sûrement une efficacité quelconque. Nous avons supposé qu'au sommeil qu'elles déterminaient, sc mèlaient des songes lubri- ques; supposition d'autant plus probable que c'était surtout l'amour contrarié ou l'amour trahi qui employait leurs secours. En proie à sa passion , qu'une femme en fit usage : préoccupée de ses désirs et de l'espoir de les voir satisfaire , elle s'endormait ; il était na- turel que leur unique objet occupât ses .son- ges ' ct que bientôt elle attribuât aux caresses de l'être adoré, les émotions voluptueuses que lui prodiguait le sommeil magique. A son réveil, pouvait-elle douter qu'un charme aussi puissant que délicieux ne l'eût transpor- tée dans les bras de son amant, ou n'eût rendu à ses vœux un infidele ? Ce que demandait aux enchantemens la passion ou la curiosité , l'onction magique le faisait ainsi obtenir· en rêve; mais d'une ma- DES SCIENCES OCCULTES. 9 ni ère si prononcée, qu'il était impossible de ne pas prendre l'illusion pour une réalité : voilà ce que prouve l'histoire des procès de sorcel- lerie ; procès dont le nombre surpasse l'ima- gination. C'est la nuit, au milieu de leur som- meil, que les sorciers sont enlevés et trans- portés au Sabbat. 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  • Publié le Jan 04, 2022
  • Catégorie Religion
  • Langue French
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