Article original À propos de 243 plasties mammaires verticales pour hypertrophi

Article original À propos de 243 plasties mammaires verticales pour hypertrophie et/ou ptôse importantes. Étude rétrospective, analyse des résultats et description des modifications techniques Report of 243 vertical mammaplasties for very large, heavy breasts and/or severe ptosis. Analysis of the results and technical modifications C. Deconinck *, C. de Greef, C. Walravens, N. Calteux CHL Service de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique, 4, rue Barblé, 1210 Luxembourg Reçu le 18 mars 2002; accepté le 18 septembre 2002 Résumé Nous avons revu et analysé 243 plasties mammaires verticales pour hypertrophie et/ou ptôse importantes (soit un poids de résection ≥ 700 g et/ou une ptôse ≥30 cm), réalisées dans notre service entre septembre 1993 et juin 2001. Nous décrivons les principales modifications techniques par rapport à la technique initialement décrite par M. Lejour. L’étude rétrospective portait sur 124 patientes. Pour 119 d’entre elles, il s’agissait d’une plastie mammaire de diminution, et pour 5 d’entre elles, d’une symétrisation après reconstruction controlatérale. L’âge moyen était de 36 ans (13–62 ans). Pour les seins hypertrophiques (179 seins), le poids de résection moyen était de 905 g (710–1750 g), la ptôse moyenne de 33,5 cm (30–42 cm). Les complications suivantes ont été notées : 3 hématomes dont un seul a du être évacué chirurgicalement, 0 sérome, 4 infections contrôlées par un traitement local, 44 déhiscences cicatricielles ou retards de cicatrisation (> 30 j), 8 nécroses partielles, 12 corrections secondaires sous anesthésie locale, 1 cicatrice chéloïde de l’aréole. Pour les ptôses sévères (64 seins), la ptôse moyenne était mesurée à 31,8 cm (30–39 cm). Les complications suivantes sont survenues : 2 hématomes, 0 sérum, 2 infections, 16 retards de cicatrisation, 3 nécroses aréolaires partielles, 6 corrections secondaires sous anesthésie locale. La durée moyenne de l’intervention était de 94 mn. Les patientes sont restées hospitalisées en moyenne 2,8 jours, ce qui correspond à la durée de maintien des redons. Nous pensons que la technique de plastie mammaire verticale est rapide et donne de bons résultats. Les cicatrices sont réduites, les seins sont bien projetés, la forme est bonne et reste stable dans le temps. Nous pensons que cette technique est adaptée aux hypertrophies et/ou ptôses importantes. © 2002 E ´ditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés. Abstract Vertical mammaplasties for very large breasts and/or severe ptosis were evaluated in 124 patients who underwent operation in our unit between Septembre 1993 and June 2001. In 119 cases it was reduction mammaplasty and in 5 cases unilateral symetrisation after contralateral reconstruction. The mean age was 36 years (13–62 years). Among inclusion criteriae, we choose the resection weight ≥700 g and/or a ptosis ≥30 cm. We report a few technical modifications of the initial Lejour vertical technique. About hypertrophic breasts (179 breasts): mean resection weight was 905 g (710 – 1750 g), mean ptosis was 33.5 cm (30–42 cm). The following complications were noted: 3 haematomas with only one evacuation on the same day, no seroma, 4 infections controlled by local treatment, 44 wound dehiscence or delayed skin healing (> 30 d), 8 partial necrosis, 12 secondary correction under local anaesthesia, 1 cheloïd scar of the areolar complex. About breasts with severe ptosis (64 breasts): the mean value was 31.8 cm (30 cm). Complications were as follow: 2 haematoma, 0 seroma, 16 healing delay, 3 partial necrosis, 6 secondary correction under local anaesthesia. The mean procedure time was 94 mn. The mean stay * Auteur correspondant. Adresse e-mail : cdeconinck@hotmail.com (C. Deconinck). Annales de Chirurgie Plastique Esthétique 47 (2002) 623–632 © 2002 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés. PII: S 0 2 9 4 - 1 2 6 0 ( 0 2 ) 0 0 1 5 4 - 1 in hospital was 2.8 days, same as the suction drains. The vertical mammaplasty is a fast technique, giving good results. Scarring amount is reduced. Breasts are well projected, well shaped and remain stable in time. Their base can be modified. We think this technique can safely be applied to large breasts and/or severe ptosis. © 2002 E ´ditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. All rights reserved. Mots clés: Hypertrophie importante; Plastie mammaire verticale; Ptôse sévère; Seins Keywords: Heavy and large breast; Vertical mammaplasty; Severe ptosis; Breast 1. Introduction La plastie mammaire de diminution selon la technique verticale devient communément acceptée. Plusieurs auteurs ont déjà largement exposé les intérêts de cette technique [1-4]. Comme Lassus [5] et Pitanguy [6] l’ont bien exprimé, nous pensons que le but du chirurgien qui souhaite corriger des seins hypertrophiques et/ou ptôsés est d’obtenir la forme la plus belle et la plus naturelle possible avec le minimum de cicatrices. Il doit y avoir le moins de complications possibles et notamment éviter celles qui risquent de com- promettre l’apparence du sein. Le gain cicatriciel ne peut en aucun cas se faire aux dépens de l’aspect morphologique. Or un beau sein est un sein projeté et, grâce à la résection glandulaire inférieure et centrale et à la création de deux piliers latéroglandulaires, la technique verticale permet d’obtenir une très bonne projection. Par ailleurs, dans les plasties mammaires à trois cicatrices, nous avons constaté à plusieurs reprises que les cicatrices hypertrophiques étaient plus fréquentes dans la portion horizontale que dans la portion verticale [7]. Ce fait a été également largement rapporté par Lacotte lors d’un Congrès [5]. D’après Hall- Findlay [2], la moins belle cicatrice à un an postopératoire dans les techniques à trois cicatrices est la portion horizon- tale ; la péri-aréolaire est variable et la verticale est en fait la meilleure des trois. Il nous semble donc particulièrement utile de tenter de limiter la rançon cicatricielle à deux cicatrices, et ce certainement sur les peaux noires qui sont plus à risque de faire des cicatrices chéloïdes (Figs. 1A, B). Jusqu’à présent, beaucoup de chirurgiens réservent en- core cette technique à des seins de volume modéré ou peu ptôsés [1-2-8]. Comme d’autres auteurs, nous pratiquons de plus en plus souvent cette technique verticale quelle que soit la taille initiale du sein [9-11]. Afin de faire le point, nous avons réalisé une étude rétrospective dans laquelle nous analysons les résultats et les complications. Nous souhaitons démontrer l’adéquation de la technique verticale pour les cas d’hypertrophie ou de ptôse importante. 2. Sujets étudiés et méthode L’étude a porté sur 243 plasties mammaires verticales réalisées dans notre service entre septembre 1993 et juin 2001 pour une hypertrophie et/ou une ptôse importantes. Pour 119 d’entre elles, il s’agissait d’une plastie mammaire de diminution, tandis que pour 5 d’entre elles il s’agissait d’une symétrisation après reconstruction controlatérale. Deux groupes sont distingués : le premier concerne les interventions réalisées entre septembre 1993 et novembre 1997 et le second entre décembre 1997 et juin 2001, date à partir de laquelle nous avons introduit les modifications techniques qui seront décrites ci-après. L’âge moyen des patientes était de 36 ans, avec des extrêmes entre 13 et 62 ans. Les critères d’inclusion choisis pour l’étude sont un poids de résection supérieur ou égal à Fig. 1. A. Jeune fille cap-verdienne de 16 ans (cas 1). Résection de 760 g de chaque côté ; B : résultat à 3 mois. La cicatrice horizontale est avantageusement évitée chez une patiente de peau noire. A B 624 C. Deconinck et al. / Annales de Chirurgie Plastique Esthétique 47 (2002) 623–632 700 g et/ou une ptôse (mesurée par la distance manubrio- mamelonaire) supérieure ou égale à 30 cm. Les poids de résection et la distance manubriomamelo- naire en préopératoire ont été étudiés. Les complications en postopératoire immédiat ont été étudiées, c’est-à-dire les hématomes, séromes, infections et nécroses partielles, les délais de cicatrisation et les éventuelles reprises chirurgica- les. La durée moyenne de maintien des drains de Redon et d’hospitalisation ont été observées. 3. Résultats 3.1. Modifications techniques Quelques modifications ont été apportées par rapport à la technique initialement décrite par Madeleine Lejour en 1990 [3] et publiée en détail en 1994 [12]. 3.1.1. Les dessins Les dessins sont réalisés sur la patiente assise. Le pôle supérieur de la future aréole (point A) est situé sur l’axe vertical du sein entre 19 et 21 cm du repère claviculaire, lui même situé à une distance de 5 à 8 cm de la fourchette sternale. Ces distances dépendent de la morphologie géné- rale de la patiente, de l’importance de la résection glandu- laire prévue et de la qualité élastique de la peau. Le dôme de mosquée est d’autant plus large (de 9 à 11 cm) que le sein est volumineux et ptôsé. Le dessin revient bien en dedans. Les repères latéraux sont largement ouverts en dehors et forment avec un angle d’environ 45°. Nous n’hésitons pas à hypercorriger la pince cutanée. Le bord inférieur du fuseau s’arrondit et reste toujours au moins à deux travers de doigt au dessus du sillon [5]. Le trait inférieur est franchement horizontal, emportant ainsi une importante portion cutanée au niveau du pôle inférieur (Fig. 2A). 3.1.2. L’intervention L’intervention est réalisée en position semi-assise. Après avoir désépidermisé le lambeau porte-mamelon à pédicule supérieur, la peau et uploads/Sante/ a-propos-de-243-plasties-mammaires-verticales-pour-hypertrophie.pdf

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  • Publié le Dec 09, 2021
  • Catégorie Health / Santé
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