UNIVERSITE RENE DESCARTES – PARIS V FACULTE DE CHIRURGIE DENTAIRE Année 2000 TH
UNIVERSITE RENE DESCARTES – PARIS V FACULTE DE CHIRURGIE DENTAIRE Année 2000 THESE POUR LE DIPLOME D’ETAT EN CHIRURGIE DENTAIRE présentée et soutenue publiquement le 20 mai 1998 Par Henri SCHNEIDER La prothèse dentaire dans l’Antiquité JURY Monsieur le Professeur BERENHOLC Président Monsieur le Professeur J. NEJAR Assesseur Monsieur le Docteur J.-C. TAVERNIER Assesseur Monsieur le Docteur M. ACHE Assesseur A Monsieur Charles BERENHOLC Docteur en chirurgie dentaire Docteur en sciences odontologiques Docteur es sciences Professeur émérite des universités Expert auprès de L’OMS Président de l’Académie nationale de chirurgie dentaire Officier de l’Ordre national de la Légion d’Honneur Chevalier de l’Ordre national du Mérite Commandeur dans l’ordre des Palmes Académiques, Qui nous a fait l’honneur de présider cette thèse et à qui nous exprimons toute notre reconnaissance A Monsieur Jules NEJAR, Professeur du premier grade en chirurgie dentaire Docteur en sciences odontologiques Docteur d’Etat en odontologie, Qui nous a fait l’honneur de participer au jury de cette thèse Et à qui nous exprimons toute notre reconnaissance. A Monsieur Jean-Claude Tavernier, Maître de conférence des Universités Docteur en chirurgie dentaire Docteur d’Université Docteur en sciences odontologiques. Pour avoir accepté de diriger cette thèse, Nous exprimons notre gratitude. A Monsieur Michel ACHE, Docteur en chirurgie dentaire Ancien assistant hospitalier et universitaire. Pour avoir accepté de participer au jury de cette thèse et pour le soutien qu’il a su nous apporter pendant nos études, Nous exprimons notre reconnaissance. A ma famille qui m’a soutenue pendant mes études. A ma Grand-mère qui n’a pu en voir l’aboutissement. A Marion, à Augustin et à Diane mes neveux. Introduction Le rôle des dents ne se limite pas à leurs seules fonctions masticatoire (section, dilacération et broiement) ni phonatoire. Elles interviennent dans l’esthétique de la face de différentes façons : par leur « blancheur », par le soutien qu’elles apportent aux muscles de l’étage inférieur de la face, aux lèvres. Leur présence est donc capitale pour l’image qu’une femme ou qu’un homme veut donner à ses semblables dans une civilisation policée, et c’est un des enjeux de la prothèse dentaire. Il est très important chez les anciens habitants des rivages de la Méditerranée si l’on juge par la forte proportion des modèles retrouvés qui remplaçaient des dents antérieures, incisives maxillaires surtout, mais aussi mandibulaires. L’objet de cette thèse n’est pas de décrire ni de faire des recherches de terrain afin de découvrir de nouveaux spécimens, mais d’analyser les problèmes rencontrés par les anciens praticiens, en étudiant, grâce aux données de l’odontologie moderne, les différents modèles disponibles dans la littérature. Une telle démarche peut comporter un certain nombre de biais et nous nous garderons de confondre les pratiques contemporaines et antiques. Cependant nous sommes surs que les problèmes rencontrés de nos jours et ceux de ces temps plus anciens sont identiques. Nous avons l’avantage de disposer d’études systématiques et rigoureuses dans un certain nombre de domaines, car si l’odontologie est un art, il s’appuie sur des bases scientifiques. Cela nous permettra aussi de séparer les modèles que nous ne jugerons pas conformes aux règles les plus élémentaires ou qui ne peuvent pas s’intégrer dans un contexte clinique, de ceux qui sont indiscutablement des travaux de prothèse. Au cours de cette thèse nous utiliserons le mot « prothèse » dans son sens le plus large. Cela signifie que nous ne nous limiterons pas aux seuls exemples qui remplacent des dents mais nous étendrons les recherches à tous les témoignages de travaux dentaires, y compris les contentions. En effet le but de la prothèse est de rétablir l’esthétique et la fonction or une ou plusieurs dents mobiles peuvent ne pas assurer la leur. Par ailleurs nous étudierons aussi les couronnes, considérées de nos jours comme faisant partie de la prothèse dentaire, bien que leur but soit de rétablir la morphologie d’une dent abîmée et non de la remplacer. Certains modèles évoqués n’ont pas des références bibliographiques importantes et ne sont que décrits parfois sommairement, et rarement accompagnés d’une photographie ou d’un schéma dans la littérature. Nous avons cités tous les exemples découverts et documentés dont nous avons pu trouver la trace, en signalant le cas échéant nos doutes ou ceux des auteurs qui se sont exprimés avant nous. Certains d’entre eux, surtout au début du vingtième siècle et à la fin du dix-neuvième, décrivent des spécimens qu’ils n’ont jamais vus ou rapportent, pas toujours fidèlement, des descriptions de tierces personnes. D’autres se sont amusés à faire des faux en imitant des prothèses anciennes (en particulier les constructions étrusques). Heureusement aucun de ces modèles n’apparaissent dans la littérature scientifique et on ne retrouve leur trace que dans les récits de voyages privés. Nombre des rapporteurs de ces découvertes ne possèdent pas de notions en odontologie, il en résulte des descriptions vagues, des confusions dans le choix des mots utilisés mais aussi des conclusions trop soumises à l’excitation de la découverte où il manque le recul nécessairement requis pour une analyse selon des critères scientifiques. L’Egypte Le modèle de Junker Historique de la découverte Figure 1 : d’après Junker 1929 Cette découverte apparaît, pour la première fois, dans un rapport publié en 1914 par Junker : « Une autre découverte curieuse plaide en faveur des tentatives à maintenir le corps aussi intact que possible. Dans un tombeau prés de la réserve de la tête en boue du Nil ont été trouvées deux dents, ingénieusement reliées entre elles par un fil d’or. Cela a probablement été réalisé dans l’intention de donner un soutien à une dent mobile grâce à une dent voisine bien implantée, ou bien l’homme portait-il (vraiment) cette fixation durant sa vie ? »(26, 27, 29). Junker date sa trouvaille de la fin de la quatrième dynastie ou du début de la cinquième (2500-2400 avant Jésus-Christ) En 1928 ce même auteur publie un second rapport où il joint l’avis de Euler alors directeur de l’Institut dentaire de l’université de Breslau (Allemagne). Celui-ci décrit une deuxième et une troisième molaire, note la présence de tartre sur le collet de la troisième molaire mais pas sur le fil d ‘or, il note également que la couronne de la deuxième molaire est très abrasée (27) et que ses racines sont très résorbées. Il conclut que la ligature a été faite in-vivo. D’autres auteurs vont conclure dans le même sens : Weinberger, qui remarque du tartre sur les deux dents, et Ghaliounghi. Figure 2 : d’après Walter Hoffman Axthelm 1972 Euler est un des seuls à avoir eu la chance de pouvoir observer le fil intact car Leek le trouva rompu en 1972 et remplacé par un autre, neuf, le spécimen entier coulé dans du plastique en 1974 (26). Cet auteur avance, en 1972, l’idée selon laquelle la résorption radiculaire de la petite dent aurait été causée par la nécrose de la pulpe, conséquence de la très forte abrasion. Il note aussi à la même époque que la molaire antérieure (la petite) est bleutée (ce que Euler n’avait pas mentionné) tandis que la grande est normalement jaune(27, 32). Il tire de son étude les conclusions suivantes : • il n’y a pas de dépôt sur le fil d’or, on ne pourra donc jamais savoir s’ils étaient d’origine organique (salivaire)ou minérale, c’est à dire la conséquences de plusieurs siècles d’inhumation. • la « troisième molaire » est impossible à identifier à cause de son usure et de la résorption complète de ses racines. • la couleur grise est due à une irritation pulpaire qui a provoqué une nécrose. Ce type d’affection est souvent associé à une douleur qui, accompagnée de l’inconfort de la mobilité, aurait fait de cette dent une parfaite candidate à l ‘extraction. • autour des anneaux de métal, le fil d’or a été torsadé plusieurs fois ce qui est, selon cet auteur, impossible à réaliser au cours de la vie du patient. C’est à la rigueur envisageable pour des dents antérieures (32). D’autres auteurs ont exprimé leur avis afin de valider ou de refuser cette découverte comme thérapeutique dentaire ;citons A.P.Leca dans La médecine dentaire au temps des Pharaons qui conclut que ce n’est pas une prothèse, F.Sallou qui tente de démontrer que c’est un exemple de ligature de contention (41),Quenouille qui, ne tranche pas mais conçoit qu’il a pu être utilisé pendant la vie du patient(37), M J Becker qui considère que cela n’a rien a voir avec un quelconque travail thérapeutique (serait- ce une amulette ?)(8),enfin J A.Trillou qui défend la thèse de la pose après la mort afin d’améliorer l’apparence et de rétablir l’intégrité corporelle du défunt qui, selon la religion égyptienne, « s’entretient avec les dieux »(43). Malheureusement les références de cet auteur sont fausses tant sur le plan de la date de la découverte que sur l’identité du découvreur ;seul le lieu est correct. Il est important de noter qu’aucun texte d’époque ne parle de prothèses dentaires ou de leur réalisation, aucun ne rapporte l’existence de tels traitements alors même qu’il existait des traités de médecine dentaire (papyrus Ebers)(4). Ce spécimen a été retrouvé en dehors de tout uploads/Sante/ la-prothese-dentaire-dans-l-x27-antiquite.pdf
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Licence et utilisation
Gratuit pour un usage personnel Attribution requise- Détails
- Publié le Jan 19, 2021
- Catégorie Health / Santé
- Langue French
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