Ernst Kris hanalyse de l'art Traduit de Paméricain par Beatrix Beck et Marthe d
Ernst Kris hanalyse de l'art Traduit de Paméricain par Beatrix Beck et Marthe de Venoge avec la collaboration de Claude Monod GER 70 G KRIS 78 IA-UIA-UIA-UIA-UI UIA-BIBLIOTHEEK 0 3 0 3 0 0 7 7 4 7 6 4 Presses Universitaires de France ^ 8 Remerciements Ce livre n'aurait pu être publié sans l'autorisation des éditeurs des publications suivantes : The British Journal of Medical Psychology, The International Journal of Psycho-Analysis, The Psychoanalytic Quarterly, Philosophy and Phenomenological Research, Imago et l'Internationale Zeitschrift fur Psychoanalyse und Imago. Je tiens également à remercier le D r S. Lorand, rédacteur en chef de Psycho- analysis Today, ainsi que les International Universities Press Inc., qui m'ont autorisé à reprendre certaines parties d'un essai déjà paru. Ernst K R I S Le présent onvrage est la traduction française de PS YCHOANALYTIC EXPLORATIONS IN ART by Ernst K R I S © 1952, International Universities Press, Inc. Dépôt légal. — 1 " édition : 1 e r trimestre 1978 © 1978, Presses Universitaires de France Tous droits réservés Sommaire P R É F A C E , 7 Première Partie INTRODUCTION C H A P I T R E P R E M I E R . — Approches de l'art, 13 1. L a contribution de la psychanalyse et ses limites, 13 2. Rêve diurne et fiction, 36 3. L'illusion esthétique, 46 4. Magie, communication et identification, 56 5. Création et re-création, 69 C H A P I T R E II. — L'image de l'artiste, étude psychologique du rôle de la tradition dans les anciennes biographies, 78 Deuxième Partie L ' A R T D E S FOUS C H A P I T R E m . — Commentaires sur les créations artistiques spontanées des psychotiques, 107 1. Introduction, 107 2. Activités créatrices des psychotiques et des sujets normaux sans formation, 109 3. Le changement de style dans l'œuvre des artistes psycho- tiques, 116 4. Le processus primaire dans l'art psychotique, 122 5. Rendu de la contenance humaine dans l'art psychotique, 132 6. Conclusion, 142 Appendice : Un artiste psychotique du Moyen Age, 145 C H A P I T R E I V . — Un sculpteur psychotique du dix-huitième siècle, 156 C H A P I T R E v. — Rôle des dessins et signification de « l'impulsion créa- trice » chez un artiste schizophrène, 185 (en collaboration avec Eisa P A P P E N H E I M ) TROISIÈME PARTIE Le comique C H A P I T R E V I Psychologie de la caricature i Les contributions de Freud à la psychologie du comique ont pour origine deux phases différentes dans l'évolution de sa pensée : la première phase comporte des textes consacrés essentiellement à la compréhension des relations économiques et topographiques, rassemblées dans Le mot d'esprit et ses rapports avec Vinconscient (1905 a). Ils furent les jalons sur une voie qui, à travers les connaissances glanées à partir des phénomènes pathologiques, devait ouvrir de nouvelles perspectives psychologiques générales. Les contributions de la seconde phase s'appuient sur près de vingt-cinq ans d'études et traitent surtout de problèmes structuraux et dynamiques. Freud les a formulées dans son article sur L'humour (1928 a) et elles s'intègrent à ses efforts visant à définir plus clairement la position du moi dans la structure mentale. U n certain nombre de chercheurs ont pris beaucoup de peine pour mettre en corrélation ces deux points de vue et les différencier (Reik, 1929, 1933 ; Alexander, 1933 ; W i n - terstein, 1934 ; Dooley, 1934). Mo n propos dans cet article étant à peu près le même, je serai souvent amené à répéter des choses déjà connues 1. Je choisirai, comme point de départ, 1. C'est pourquoi il me paraît inutile d'y faire référence chaque fois que je suivrai les conclusions de Freud. Lorsque je me suis servi des idées avancées par d'autres auteurs, je crois l'avoir toujours indiqué mais, bien entendu, uniquement lorsqu'elles devançaient la position prise par Freud. 212 | L E COMIQUE un aspect du comique qui, semble-t-il, n'a pas été apprécié selon ses mérites dans la littérature analytique aussi bien qu'extra-analytique, je veux dire la caricature 1. Le matériel dont je me servirai est de trois sortes : données sociologiques tirées de l'histoire de la caricature, matériel clinique et observations faites sur les enfants. Dans le contexte présent, je ne pourrai évidemment pas rendre compte du matériel lui-même mais, par contre, je tenterai, à partir de mon point de départ, de formuler quelques réflexions et de proposer quelques hypothèses d'intérêt général pour une théorie psychanalytique du comique. 2 Pour commencer, nous examinerons certaines questions préliminaires, la première concernant le plaisir que nous tirons de la caricature. Nous savons déjà à quoi nous devons nous attendre, une partie de ce plaisir provient d'une écono- mie de l'énergie mentale, une autre de sa relation avec la vie infantile. E n tentant de nous situer par rapport à notre thème, nous pourrions très bien prendre comme point de départ la dési- gnation verbale elle-même. L'italien caricare et le français charger (charge — caricature) expriment la même idée : charger ou surcharger, ajouterons-nous, par des traits distinctifs. C'est ainsi que, dans la contenance d'un individu, u n seul trait peut être mis en relief, si bien que sa représentation s'en trouve « surchargée » 2. Ce qui se passe alors dans notre imagination a été décrit maintes fois, mais nul ne l'a fait aussi clairement que Bergson. Dans nos pensées, pour ainsi dire, nous déformons les traits de notre modèle qui deviennent grimace. Une distinction entre la forme simple et la forme complexe 1. Dans cet essai (publié pour la première fois en 1935), le terme caricature est utilisé dans un sens trop large, car aucune distinction n'est faite entre la « caricature » et le « dessin humoristique ». Voir l'utilité de cette distinc- tion chez G O M B R I C H et K R T S , 1940, et au chapitre v u de ce livre. 2. Voir à ce sujet J U Y N B O L L (1934, p. 148) et le chapitre v u de ce livre. PSYCHOLOGIE D E L A CARICATURE | 213 de la caricature s'impose. L a première se rapporte à des cari- catures comiques 1, au sens strict et étroit du terme, que Freud a définies avec tant de pénétration dans son livre sur Le mot d'esprit. Ces caricatures nous touchent tout comme nous touche u n clown de cirque. Freud nous apprend que notre plaisir vient d'une comparaison ; dans la caricature, i l vient d'une comparaison entre la réalité et sa reproduction déformée. Il est facile, une fois de plus, de voir dans ce cas, comme dans les phénomènes du comique au sens (limité) de la définition de Freud, qu'il s'agit en réalité d'économiser la pensée et on peut considérer que notre plaisir naît dans le préconscient. Mais ce point de vue n'est pas très satisfaisant ; les cari- catures « comiques » de ce type sont, pour dire le moins, extrêmement rares. Nous avons certainement raison d'attri- buer à son caractère tendancieux un des attributs essentiels de la caricature ; en fait, dans une écrasante proportion, toutes les caricatures sont au service d'une tendance : elles visent soit u n individu, soit un type, dont elles tracent le portrait en exagérant les traits qui leur sont propres. L'har- monie naturelle de l'apparence est détruite, ce qui, dans de nombreux cas, révèle u n contraste dans la personnalité entre le caractère et la mine. Mais ce procédé n'est pas particuliè- rement spécifique à la représentation graphique. L a disso- lution de l'unité à des fins agressives est une technique qui nous est familière, car c'est précisément ce manque d'harmonie entre la forme et le contenu qui est si souvent mis en évidence ; c'est ainsi que la parodie déprécie le contenu et travestit la forme. Les définitions les plus anciennes, récemment mises au jour, font état de la nature agressive de toute caricature, ce qui semble en conditionner les mécanismes. Selon l'une d'elles qui prit naissance, au x v n e siècle, dans le cercle du grand sculpteur Le Bernin, la caricature cherche à découvrir une ressemblance dans la difformité; c'est ainsi, selon la théorie de l'époque, qu'elle est plus près de la vérité que ne l'est la réalité. L a nature de son accomplissement est établie ; elle 1. Etant donné que nous nous proposons de traiter les diverses parti- cularités communes aux phénomènes que le langage appelle « comiques », je ne peux éviter de lui donner deux sens différents : un sens général suivant le discours et l'autre limité à la définition de Freud. 214 | L E COMIQUE sert à démasquer une autre personne, technique de dégradation qui nous est familière. Revenons à notre point de départ : l'éco- nomie d'énergie mentale qui accompagne la caricature (d'es- pèce tendancieuse) doit évidemment être uploads/s3/ ernst-kris-psychanalyse-de-l-x27-art-1978.pdf
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- Publié le Apv 06, 2022
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