Dossiers pédagogiques - Collections du Musée Histoire de la collection LES NOU
Dossiers pédagogiques - Collections du Musée Histoire de la collection LES NOUVEAUX MÉDIAS Bill Viola, Five Angels for the Millennium, 2001 Installation audiovisuelle Un nouveau territoire pour la création Les Nouveaux médias : définition Histoire de la vidéo et du numérique dans les arts plastiques La télévision La bande magnétique Le numérique L’expansion des outils de diffusion et de lecture de la vidéo La vidéo, support autonome Performance enregistrée La vidéo, outil de création Repenser la télévision L’installation multimédia L’espace Le poste de télévision Le circuit fermé et l'interactivité Multi-projections et nouvelles narrations Le cédérom et le site internet Le cédérom Le site internet La collection Nouveaux médias, son actualité, son histoire Entretien avec Christine Van Assche, responsable de la collection Bibliographie UN NOUVEAU TERRITOIRE POUR LA CRÉATION La notion de nouveaux médias qualifie des œuvres faisant appel à des technologies de l’information dans leur processus de réalisation ou comme supports de création (vidéo, informatique, etc.). « Transmettre des données » étant le propre de toute œuvre d’art, c’est logiquement que ces nouvelles technologies ont pu devenir un territoire à investir pour les artistes. Elles ont deux caractéristiques qui intéressent particulièrement le domaine artistique, la capacité à enregistrer le réel dans la durée et la capacité à le modifier. La vidéo, notamment, couvre les tendances esthétiques des principaux mouvements de l’art contemporain. Que ce soit Fluxus, le minimalisme ou encore l’art conceptuel, ces mouvements existent aussi grâce à ces supports, qui ont engendré des typologies d’œuvres différentes. La constitution de la collection Nouveaux médias au sein du Centre Pompidou débute dès 1976, peu avant son ouverture, intégrant peu à peu les cimaises. Depuis la réouverture du Centre en 2000, cette collection dispose même d’un espace entier dans le Musée. Les œuvres, consultables sur des moniteurs, y sont proposées en libre accès au public. Ce dossier propose une introduction à l’histoire de l’usage de ces nouvelles technologies dans le domaine artistique à travers un choix d’œuvres de la collection Nouveaux médias, notamment des œuvres vidéo et des installations multimédia qui en constituent la majeure partie, ainsi que quelques exemples de cédéroms et de sites internet d’artiste. En complément, Christine Van Assche, responsable des Nouveaux médias au Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, parle de l’actualité de cette collection, de sa diffusion tant au Centre Pompidou qu’à l‘étranger, tout en évoquant son histoire. Qu’entendons-nous par l’expression « nouveaux médias » ? Quel champ recouvre-t-elle ? Selon le théoricien Lev Manovitch, dans l’ouvrage The Language of New Media, les nouveaux médias sont certes les œuvres réalisées sur support digital (bandes vidéo et sonores, CD-Rom, disques durs, sites Internet), mais aussi celles issues de médias anciens comme le cinéma, converties aux supports numériques pour les besoins de la diffusion. Deux catégories d’œuvres, distinctes jusqu’au début des années 1990, plus confuses par la suite, se partagent la collection Nouveaux Médias du Centre Pompidou. En premier lieu, les installations multimédia constituées d’un ou plusieurs moniteurs, d’une ou plusieurs projections, d’un circuit fermé (caméra vidéo + moniteur), de projections de diapositives gérées par un programme informatique, ou encore de moniteurs ou de projecteurs liés à des ordinateurs. Ces installations existent en exemplaire unique ou en exemplaires limités. L’autre grand secteur de la collection comporte les multiples, en nombre illimité, et regroupe à la fois les bandes vidéo (de l’U-Matic au Bétacam digital), les bandes sonores (de la bande magnétique au CD), les CD-Rom et DVD-Rom, les disques durs, et les sites Internet Collection Nouveaux Médias - Installations, éditions Centre Pompidou, 2006. Christine Van Assche, Aspects historiques et muséologiques des œuvres nouveaux médias. Extrait, p.15. HISTOIRE DE LA VIDÉO ET DU NUMÉRIQUE DANS LES ARTS PLASTIQUES La technologie liée à l’image vidéo s’est considérablement développée depuis la fin des années 1950. Si, au départ, elle ne concerne que la transmission télévisée, elle va par la suite s‘émanciper et s’autonomiser grâce au caméscope et à la bande magnétique. Mais, en quelques années, la bande magnétique elle-même va être mise de côté au profit du numérique dont la souplesse de diffusion, allant du visionnage sur un ordinateur à la projection sur toutes surfaces en passant par toutes sortes de supports électroniques, va faire de la vidéo l’image la plus populaire. LA TÉLÉVISION Dès ses origines, la vidéo est liée à la télévision dont les postes entrent dans les foyers à partir des années 1950-60 et vont s’imposer rapidement comme un nouvel outil de communication de masse. Les directeurs de chaînes, comme la R.T.F. en France, offrent l’opportunité à des réalisateurs d’explorer les possibilités offertes par cette nouvelle technologie. Toute une génération, aujourd’hui considérée comme pionnière, va mettre au point une écriture spécifique, dans le cadre de ces studios télé. L’hommage à Alfred Jarry de Jean-Christophe Averty, Ubu Roi, réalisé en 1965, est un bel exemple d’une utilisation libre et créative des possibilités des productions télévisuelles. En mettant en scène cette pièce parodique de Jarry, Averty inaugure un nouvel espace filmique où les éléments graphiques et les personnages se croisent dans l’écran. Jean- Luc Godard & Anne-Marie Miéville, France tour détour deux enfants, 1980 Secam, son, couleur 12 fois 26’ Voir un court extrait de France tour détour deux enfants dans l’Encyclopédie Nouveaux médias En 1978, Antenne 2 passe une commande à Jean-Luc Godard, qui produira avec Anne-Marie Miéville et l'aide de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel), France tour détours deux enfants, une série de douze émissions de télévision. Pendant 30 minutes, le cinéaste parle à tour de rôle avec un garçon et une fille. Dans ces échanges intimes, la parole est hachée, de longs plans séquences nous laissent voir les hésitations et les bafouillages. Parfois même l'enfant refuse de répondre, et c'est ce silence obstiné que le réalisateur nous montre, le regard énervé de l'enfant importuné par l'insistance des questions. La liberté de ton et la finesse de Godard font de cette série une émission de télévision hors normes, où la longueur des plans permet un moment d'écoute et donc une possibilité de voir et comprendre l'enfance. LA BANDE MAGNÉTIQUE Lorsque Sony commercialise le portapak (première unité portable d’enregistrement vidéo, ancêtre de notre caméscope) en 1963 aux États-Unis, les artistes découvrent les moyens techniques d’enregistrer de l’image en mouvement de façon beaucoup moins contraignante que le cinéma ou le plateau de télévision. La bande magnétique a un faible coût, une durée d’enregistrement beaucoup plus longue que la pellicule et des besoins en lumière beaucoup moins importants, permettant des prises de vues dans des lieux très divers et sans préparation. Cette souplesse d’utilisation apporte une proximité avec le sujet et transforme le rapport entre la caméra et ce qui est filmé. Dès lors, les artistes vont entretenir un nouveau rapport à l’image en mouvement, qui devient tout d’un coup un rapport à l’intime et à la spontanéité. Gordon Matta-Clark, Sauna View, 1973 Vidéo Betacam SP, PAL, noir et blanc, son Durée : 61'30" En savoir plus sur Gordon Matta- Clark dans l’Encyclopédie Nouveaux médias L’artiste Gordon Matta-Clark, pour qui art et vie doivent se rejoindre, filme dans le sauna installé chez lui des amis qu’il a invités. Pendant les 45 minutes du déroulement de la bande magnétique, la caméra capte un moment de convivialité dans la pièce surchauffée. Posée sur pied, elle s’est fait très vite oublier permettant d’être dans l’intimité de ce groupe d’amis. Au fur et à mesure, la pièce se vide, laissant voir des bouts de corps qui vont et viennent dans le cadre. Sans montage, ce plan restitue une tranche de vie, en créant un point de vue sans artifice et mise en scène. LE NUMÉRIQUE À partir des années 1990, la technologie connaît sa révolution. Que ce soit le son, la photographie ou la vidéo, la technique d’enregistrement passe de l'analogique au numérique, reléguant les autres supports au passé et, de fait, entraînant un rapport nostalgique aux craquements du diamant de la platine sur le disque, ou encore à la trame de la bande magnétique, support d’origine du caméscope. Caractérisée par la trame linéaire du support analogique, la cassette, type VHS, ou même le format professionnel betacam ont une longévité extrêmement courte puisque, dans des conditions optimales de conservation, celle-ci ne peut excéder quarante ans. Pour cette raison, ce support a rapidement été supplanté par le numérique, jugé plus stable. La capacité technique du format numérique, caractérisé par une image formée par des pixels (picture elements), est en évolution exponentielle depuis les années 1990. Si, au départ, la vidéo garde un aspect amateur dans la qualité de l’image, dès le début des années 2000, elle entre en compétition avec le cinéma et s’introduit dans les salles de spectacle avec une image qui concurrence la qualité cinématographique, malgré les attaques des puristes de la pellicule. En investissant le numérique, l’image vidéo envahit les ordinateurs, les logiciels de travail d’image se développent. Les effets graphiques et le trucage ne sont plus l’apanage de studios expérimentés. Les effets spéciaux se développent. Laurent Grasso, Polair, 2007 Installation vidéo : 1 écran 366x224, 1 projecteur, 2 haut-parleurs, 1 ordinateur, 1 fichier uploads/s3/ les-nouveaux-me-dias-centre-pompidou.pdf
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- Publié le Aoû 30, 2021
- Catégorie Creative Arts / Ar...
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