HISTOIRE DES GRAFFITIS / CPD Arts Visuels 16 1 _____________________LE GRAFFITI

HISTOIRE DES GRAFFITIS / CPD Arts Visuels 16 1 _____________________LE GRAFFITI __________________ Le graffiti est une inscription ou un dessin tracé, peint ou gravé sur un support qui n'est normalement pas prévu à cet effet. Le mot italien graffiti dérive du latin graphium (éraflure) qui tire son étymologie du grec graphein qui signifie indifféremment écrire, dessiner ou peindre. Graffiti (ou Tag) est le nom donné aux dessins ou inscriptions calligraphiées, peintes, ou tracées de diverses manières sur une propriété. Certains considèrent le graffiti comme une forme d'art qui mérite d'être exposée dans des galeries tandis que d'autres le perçoivent comme indésirable. Dans ses formes les plus élaborées, le graffiti est également une forme d'art graphique. Le graffiti existe depuis l’Antiquité et est le plus souvent des messages politiques et sociaux, des annonces ou des messages personnels. On les trouve sur des façades, murs, églises, meubles en bois, bureaux d’écolier, tours, etc…. Le graffiti urbain se développe souvent dans un contexte de tensions politiques : pendant les révolutions, sous l'occupation, (le Reichstag à Berlin couvert de graffiti par les troupes russes), pendant la guerre d'Algérie, en mai 1968, sur le Mur de Berlin ou dans les régions où se posent des problèmes d'autonomie (Bretagne des années 1970, Irlande du Nord, etc.). Vers la fin des années 1960 et dans plusieurs pays des deux côtés de l'Atlantique, du fait notamment de la disponibilité d'aérosols de peintures « émaillées », une partie des graffitis a gagné une vocation esthétique. Graffiti russe au Reichstag Banksy Graffitis sur le Mur de Berlin HISTOIRE DES GRAFFITIS / CPD Arts Visuels 16 2 A New York, le mouvement a été très spectaculaire dans le métro de New York dont les rames se sont subitement couvertes de noms. En quelques années, ces « tags » (signatures) se sont sophistiqués et sont devenus de véritables typographies; leurs auteurs ayant déclinés l'écriture de leurs message (plus souvent leurs noms) afin d'en augmenter la visibilité ou d'en développer le style pour marquer ou s'affirmer par leur personnalité et; pour faire partie de la mémoire collective ne serait- ce que dans leurs milieu, parfois au moins comme simple précurseur d'un style. Le but du Graffiti étant au départ d'obtenir la célébrité, la reconnaissance des autres graffers leur signifiant par là qu'ils existent. Tous les moyens seront bons pour cela. La simple affirmation d'une identité s'est doublé d'ambitions plastiques, qui se sont révélées être un autre moyen de se faire remarquer : ce n'est plus seulement le graffeur le plus actif ou celui qui prend le plus de risques qui obtient une forme de reconnaissance, mais aussi celui qui produit les œuvres les plus belles. Très rapidement, des styles standardisés et des pratiques se cristallisent. Des groupes comme la ville de New York en a toujours connus, se forment et permettent aux graffeurs de s'unir pour exécuter des actions spectaculaires (peindre plusieurs rames d'un train par exemple), pour ajouter un nom collectif à leur nom individuel mais aussi pour s'affronter entre groupes, de manière pacifique ou non. Graffitis dans le métro de New York Vers 1970, le milieu de l'art se penche sérieusement sur le sujet. Des peintres qui ne sont pas spécialement issus des quartiers défavorisés de New York et qui ont généralement suivi un cursus classique en Arts, intéressés par l'idée d'un art urbain ou d'un art clandestin, s'associent aux graffiteurs ou s'approprient leurs pratiques.(Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, Rammellzee). K.Haring J.M.Basquiat Rammellzee HISTOIRE DES GRAFFITIS / CPD Arts Visuels 16 3 L’histoire du Graffiti de New York à Paris________________ Le graffiti souvent considéré comme un art primaire et vandale a toutefois réussi à trouver sa place dans les galeries et musées. Art catalogué, il est souvent associé aux tags des débutants. Il y a toutefois de vrais artistes dans cette faune « underground ». Le graffiti, appelé plus communément graff, est né à New York et à Philadelphie dans le début des années 60. Très vite, son but est de faire voyager son nom à travers la ville ; le métro New-yorkais fut le support le plus sollicité, la concurrence entre les artistes fait rage, le mouvement se développe et le courant artistique se précise. Des artistes comme Futura 2000 ou Blade apparaissent au début des années 70 bercés dans la culture graffiti, ils innovent en complexifiant leurs lettrages. Le style de chacun se dessine, la bombe est mieux maîtrisée. Dans les années 80, certains writers sortent du lot notamment un trio composé de Basquiat, Futura 2000 et Keith Haring. Ces writers devenus de réels artistes reconnus troquent les murs pour les toiles. En 1981, une exposition intitulée « Graffiti et société » prend résidence au Centre Georges Pompidou. Le graffiti s’ouvre enfin au public qui ne connaissait que l’aspect brouillon des tags envahissant le métro. L’émission H.I.P H.O.P va également médiatiser ce phénomène. Cette démocratisation du graffiti va permettre à une nouvelle vague d’artistes de s’exprimer dans de meilleures conditions. Le terrain vague de la station de métro Stalingrad sera également l’école de la plupart des taggueurs. Il y a deux styles de graffiti qui se distinguent : certains mettent en avant la forme globale et la couleur du graffiti, le lettrage est quasiment illisible et les autres mettent en avant les lettres. Les pères fondateurs du graffiti sont enfin reconnues : Bando, Mode 2, Boxer, JonOne... De nombreux groupes de rap sont d’anciens crew de writers, c’est le cas du groupe Assassin et 93 NTM la célèbre chanson « Paris sous les bombes » traite de l’invasion du graffiti à Paris. Les supports et les certains graffiteurs sont enfin reconnus comme artistes, c’est le cas d’André et de Zeus. Alors que d’autres préfèrent rester dans l’underground comme le très célèbre O’clock surtout connus pour la variété des styles dans ses tags. Ils appartiennent tous trois au crew 156 respecté aussi bien des galeries que des writers. La créatrice Agnès B. fit appel à eux pour créer une collection de vêtements, chapeaux en cuir et t-shirt fut leur nouveau terrain de jeux plus tard ; André créa la Black Box du Palais de Tokyo, temple de l’art contemporain. Ces légendes du graffiti ont permis de redorer l’image souvent ternit du graffiti. Futura 2000 Blade BANDO HISTOIRE DES GRAFFITIS / CPD Arts Visuels 16 4 Artistes…reconnus… JonOne Mode 2 Boxer Bleck le rat André Ash Autres artistes : Crash, Daze, Henry Chalfant, Ikon, Jamel Shabazz, Lee Quiñones, Martha Cooper, Nunca, Plateus, Quick, Sharp, Silvio Magaglio et Sozyone. HISTOIRE DES GRAFFITIS / CPD Arts Visuels 16 5 Petite histoire marante……Zevs / Graphiste et humoriste L’art graffiti peut avoir fait son entrée au Grand palais ou à la fondation Cartier à Paris, ça reste une transgression : Zevs (prononcez Zeus, comme le dieu grec, mais aussi comme le RER A en région parisienne), l’un des plus connus des adeptes de l’art urbain français, s’est ainsi retrouvé au commissariat à Hong Kong, pour s’être attaqué en pleine nuit à l’une de ses cibles favorites, le logo d’une boutique Chanel de la métropole chinoise. L’ironie de cette situation est que Zevs avait une expo qui s’ouvrait le surlendemain dans une galerie hongkongaise ! A-t-il été libéré à temps par la police pour être présent au vernissage… Depuis 2006, Zevs a lancé une série de performances appelées « Liquidated logos », dans laquelle il « liquide » les logos des grandes marques dans les centres urbains, celui de Chanel, les deux « C » entrecroisés étant l’un de ses favoris. Il fait ainsi « baver » le logo à la peinture, qui perd de son prestige et de son éclat. ZEVS ZEVS Il s’était surtout fait connaître en 2002 en « kidnappant » une image découpée sur une affiche de publicité du café Lavazza à Berlin et en réclamant une rançon. L’annonceur avait finalement accepté de « payer », sous forme d’un mécénat auprès du Palais de Tokyo, à Paris, où Zevs montra son travail ! Hong Kong est évidemment un endroit rêvé pour l’ennemi des logos, la métropole chinoise abritant un nombre record de boutiques de luxe. Et un sens de l’humour limité face aux performances des artistes contemporains. HISTOIRE DES GRAFFITIS / CPD Arts Visuels 16 6 Histoire du Graffiti en France_________________________________ En France, en 1960, Brassaï publie le livre Graffiti, fruit de trente ans de recherches, régulièrement réédité, qui propose le graffiti comme une forme d'Art brut, primitif, éphémère. Picasso y participe. C'est sans doute la première fois que l'on évoque le graffiti comme un art. Dans la foulée de mai 1968, les messages politiques de la rue parisienne gagnent en poésie et en qualité graphique. Ils sont notamment le fait d'étudiants en philosophie, en littérature, en sciences politiques ou en art et font souvent preuve d'humour absurde ou d'un sens de la formule plutôt étudié : « Cache-toi, objet ! », « Une révolution qui demande que l'on se sacrifie pour elle est une révolution à la papa. », « Le bonheur est une idée neuve. », « La poésie est dans uploads/s3/ graffiti.pdf

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