BEIHEFTE ZUR ZEITSCHRIFT FR ROMANISCHE PHILOLOGIE BEGRNDET VON GUSTAV GRBER
BEIHEFTE ZUR ZEITSCHRIFT FR ROMANISCHE PHILOLOGIE BEGRNDET VON GUSTAV GRBER HERAUSGEGEBEN VON GNTER HOLTUS Band 354 NICOLAS MAZZIOTTA Ponctuation et syntaxe franÅaise mdival tude dun corpus de chartes originales crites Lige entre 1236 et 1291 n MAX NIEMEYER VERLAG TBINGEN 2009 dans la langue e Bibliografische Information der Deutschen Nationalbibliothek Die Deutsche Nationalbibliothek verzeichnet diese Publikation in der Deutschen National- bibliografie; detaillierte bibliografische Daten sind im Internet ber http://dnb.ddb.de abrufbar. ISBN 978-3-11-023105-2 ISSN 0084-5396 Max Niemeyer Verlag, Tbingen Ein Imprint der Walter de Gruyter GmbH & Co. KG http://www.niemeyer.de Das Werk einschließlich aller seiner Teile ist urheberrechtlich geschtzt. Jede Verwertung außerhalb der engen Grenzen des Urheberrechtsgesetzes ist ohne Zustimmung des Verlages unzulssig und strafbar. Das gilt insbesondere fr Vervielfltigungen, bersetzungen, Mikro- verfilmungen und die Einspeicherung und Verarbeitung in elektronischen Systemen. Printed in Germany. Gedruckt auf alterungsbestndigem Papier. Gesamtherstellung: Hubert & Co., Gçttingen 2009 Les matériaux utilisés dans le cadre de la présente étude sont accessibles à l’adresse suivante: http://hdl.handle.net/2268/25773. Préface L’ouvrage de Nicolas Mazziotta est un travail profondément original et nouveau. L’au- teur s’est en effet fixé pour tâche de répondre à la question suivante: «Comment, d’après ce qu’on peut observer dans les chartes écrites en français à Liège avant 1292, la ponctuation originale interagit-elle avec la syntaxe dans la langue française médié- vale?» Il s’agit là en effet d’un champ d’analyse presque totalement neuf, de deux points de vue. D’une part, les études sur la ponctuation sont assez rares, et celles sur la ponctuation des textes français médiévaux le sont encore davantage. D’autre part, la plupart de ces analyses ont recherché les critères d’emploi des signes de ponctuation aux divers niveaux de représentation et de performance du texte; or N. M. a opéré un choix très différent, et très ambitieux: celui de placer son enquête au seul plan de la syntaxe. En cela, il reprend l’hypothèse de M.-G. Boutier selon laquelle la structura- tion syntaxique du texte suffit à rendre compte de l’essentiel de la ponctuation. Cette proposition, très forte, demandait à être validée sur un corpus important: grâce à cet ouvrage, c’est désormais réalisé. Certes, nous y reviendrons, valider cette hypothèse ne revient pas à poser qu’elle est la seule possible; une telle analyse, même réussie, n’invalide pas d’autres approches, d’autres hypothèses, en particulier des explications plus complexes croisant syntaxe et intonation, par exemple. Mais après ce travail on peut considérer comme acquis que syntaxe et ponctuation ont partie liée. Pour mener à bien son enquête, l’auteur a travaillé sur un corpus quantitative- ment important (148 chartes, plus de 60 000 mots), et il s’est attaché à fournir de chaque énoncé et de chaque élément de ce corpus, ponctué ou non, une analyse syn- taxique intégrée permettant ensuite d’intervenir avec les outils de calcul statistique et de traitement informatique. Ce faisant, N. M. n’a pas choisi la facilité: il aurait pu, de façon plus traditionnelle, se contenter de sélectionner uniquement les cas d’usage de marques de ponctuation, et d’en décrire le contexte. Le candidat a préféré partir de la «population» globale des constituants linguistiques, pour voir lesquels, dans quelles fonctions et positions, «attiraient» une ponctuation, lesquels au contraire y étaient rétifs. L’organisation de l’ouvrage est claire et progressive. Après une brève mais dense Introduction qui souligne les difficultés et les nouveautés (dont l’hypothèse testée ici) de sa recherche, et une spécification des concepts requis, l’auteur donne un excellent chapitre →2, qui retient le meilleur des travaux fondateurs de Catach et d’Anis, et propose une organisation conceptualisée de la spatialité de l’écrit qui, par étapes, per- met de définir les ponctogrammes comme des unités spécifiées par un trait, la non- paraphrasabilité. On a là l’un des aspects qui font l’originalité de ce travail: il ne s’agit plus de considérer les marques de ponctuation comme des unités chacune prise dans V son contexte; mais bien au contraire, c’est leur organisation d’ensemble qui fait sens, c’est la façon dont elles structurent le tissu – ici posé comme tissu syntaxique. Une telle approche nécessitait l’adoption d’une conception linguistique qui per- mette de structurer le texte en éléments. N. M. a choisi de se situer dans le cadre de la linguistique argumentale (Tesnière, Lazard, Lemaréchal), et il a construit un modèle proposant une structuration des constituants par relations et hiérarchisée. Une fois les fondements posés, l’analyse des données constitue la seconde partie de l’ouvrage. Les résultats sont clairement exposés, en particulier en tableaux et figures. La spécificité de chacun des ponctogrammes apparaît clairement: sans surprise, le punctum révèle son écrasante domination et sa polyvalence. On ne peut qu’être impressionné par tout à la fois l’ampleur de cette démarche et l’exigence de rigueur qu’elle révèle: on trouvera là à bien des égards un modèle, reproductible car non impressionniste et explicite, pour des études comparables. Grâce à une telle démarche, l’étude de la ponctuation gagne définitivement son domaine propre et révèle son importance. De notre point de vue, il s’agit là d’une étape importante, peut-être fondatrice; mais ce ne peut être qu’une étape. En effet, l’hypothèse «syntaxique» demandait à être vérifiée; et cette analyse vérifie que toute marque de ponctuation peut s’expliquer par l’existence d’une frontière syntaxique. Trois chapitres décrivent les corrélations entre chaque type d’unités syntaxiques et chacun des «ponctogrammes»; ce travail a le mérite de révéler des régularités: la fréquence du marquage ponctué n’est pas la même suivant la nature des structures argumentales; et une quinzaine de tableaux permettent d’ailleurs de voir si l’attraction (ou la répulsion) de telle unité avec tel signe se fait «vers la gauche» ou «vers la droite». Mais le fait que cette relation ne soit pas systématique, qu’il n’y ait pas ponctuation dès lors qu’il y a frontière syn- taxique, montre qu’il subsiste un «reste» à analyser. Divers travaux antérieurs avaient mis l’accent sur la valeur pragmatique, intonative peut-être, du marquage ponctué. Peut-être une prochaine étape pourrait-elle consister à réexaminer ces hypothèses, au moins en ce qui concerne certains pongtogrammes, et à mettre au jour d’autres régu- larités, telles que par exemple celle qu’on a pu mettre en évidence pour l’emploi du comma dans un manuscrit de la Queste del saint graal: certes, son emploi coïncide avec certaines frontières syntaxiques, de deux types: après Ha ou Hé en début de prise de parole, et à la jonction de deux éléments de phrase corrélés («Car ausi com Cayns ocist Abel au vendredi · ’ ausi ocist Judas son creator au vendredi.», ms. K de Lyon, f. 211c, corresp. p. 217 de l’éd. Pauphilet). C’est l’hétérogénéité de ces deux types d’emploi qui nous a conduite à rechercher le trait qu’ils ont en commun: la volonté du copiste d’indiquer une montée de la voix (Marchello-Nizia 2007). Or on constate que par exemple un emploi du comma analysé par l’auteur uniquement du point de vue syntaxique (→0.1.1.2, p. 4 et s.), et qui se trouve dans une charte dont la référence est: Document 1236–05, 6, ressortirait clairement à une autre analyse, intonative et corré- lative: ce comma accompagne la reprise-répétition du que, c’est à dire qu’il marque, plus qu’une frontière syntaxique, une indication de continuité à prévoir, tant dans l’in- tonation (élévation de la voix?) que dans la corrélation qui est à établir entre les deux que de même fonction. Ce premier ouvrage du jeune chercheur qu’est encore Nicolas Mazziotta marque à notre avis un moment capital dans le renouveau des études sur l’évolution de la ponctuation: ce travail remarquable et novateur dans ses exigences et sa méthodolo- VI gie apporte des résultats incontournables, toute autre étape devra d’abord prendre en compte ces acquis. Christiane Marchello-Nizia Remerciements Qu’il me soit permis de remercier les personnes suivantes pour l’aide qu’elles m’ont apportée, que ce soit sur le plan scientifique que sur le plan émotionnel. Je remer- cie tout d’abord mes professeurs et collègues de l’Université de Liège: Marie-Guy Boutier (qui a dirigé cette étude), Pierre Swiggers, Jean-Marie Klinkenberg, Étienne Évrard, Gérald Purnelle, Philippe Lambert, ainsi qu’Esther Baiwir, Pascale Renders et France Gabriel. Ma gratitude va également à mes collègues de l’École Normale Supérieure – Lettres et sciences humaines de Lyon: Céline Guillot, Serge Heiden et Alexei Lavrentiev. Je remercie également les membres du jury extérieurs à l’Univer- sité de Liège, qui ont évalué la thèse qui a engendré ce livre: Christiane Marchello- Nizia et Günter Holtus. Mes amis et la famille ont également permis à ce travail d’aboutir; merci à Laurent Bozard, à Brigitte Antoine et à Jean-Christophe Vanhalle, à Lionel Lardinois, à Pierre Doyen et à « Rémy », mais aussi à Laetitia Godfroid et à Christophe Lejeune ainsi qu’à Véronique Voisin. Merci également à mes frères Julien, Pierre-François et Thomas (pour sa protection), à ma sœur Olivia et à mes pa- rents Bernadette et François. Les membres de ma belle-famille méritent également ma gratitude: Annette de Martin, Anne Lochet et Kévin Jeanfils. Merci enfin à Catherine pour son indéfectible confiance et son amour sans limite, ainsi qu’à Jeanne pour la joie qu’elle nous procure chaque jour. Nicolas Mazziotta VII Table des matières Table des figures XVII Liste des tableaux uploads/s3/ ponctuation-et-syntaxe-dans-la-langue-francaise-medievale 1 .pdf
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- Publié le Fev 13, 2021
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