COMMERCE INTERNATIONAL, MONDIALISATION ET DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE INTRODUCTI

COMMERCE INTERNATIONAL, MONDIALISATION ET DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE INTRODUCTION Mesdames et messieurs les séminaristes, Permettez-moi de saisir cette occasion pour remercier les organisateurs de ce séminaire pour l’opportunité qu’ils m’offrent de partager avec vous quelques réflexions sur la problématique de la libéralisation des échanges internationaux en vue d’une meilleure intégration des économies africaines dans le processus de la mondialisation ou globalisation des marchés. L’accord de partenariat économique entre l’Union Européenne et les Etats ACP qui fait l’objet de la rencontre de Kinshasa rentre précisément dans cette logique de libéralisation. Cette problématique de libéralisation est donc d’actualité. Pour revenir à la question du commerce, il faut préciser préalablement que l’environnement du commerce international est marqué par la présence d’institutions à vocation universelle chargées respectivement des questions commerciales (OMC, CNUCED, ONUDI notamment) et également financières (Banque Mondiale, FMI), et d’autres à vocation régionale ou interrégionale, institutions ayant pour but de favoriser le commerce entre nations et le développement économique par l’octroi des prêts et dons aux Etats en difficulté. Ceci étant rappelé, il nous faut revenir à la thématique que nous avons arrêtée avec les organisateurs de ce séminaire « COMMERCE INTERNATIONAL, MONDIALISATION ET DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE ». A cet effet je dois vous signaler d’emblée que je reviens d’une conférence internationale du réseau parlementaire sur la Banque Mondiale qui a traité entre autres des questions liées au commerce et au développement dans la perspective de la prochaine réunion de l’OMC prévue en décembre prochain à Tokyo. A cette réunion ont participés notamment le Président de la Banque mondiale et le directeur Général de l’OMC Comme vous le savez, le système des échanges internationaux mise en place, notamment avec le concours actif de l’organisation de Nations unies ne semble pas devoir répondre aux nombreux défis du développement principalement dans les pays en développement où sévit la pauvreté, car au lieu de résoudre la problématique de l’inégalité croissante entre les économies qui divise le monde et alimentent les conflits entre les nations, ce système des échanges internationaux n’a pas permis de la réduire. Il se pose donc la question de savoir si le commerce international peut contribuer au développement des Etats en général et ceux de l’Afrique en particulier. On s’accorde à reconnaître que l’Afrique doit être mieux intégrée dans l’économie mondiale pour améliorer sa base de ressources extérieures et accélérer sa croissance et son développement. Toutefois, elle est de plus en plus en marge de l’économie mondiale et ne bénéficie que de façon intermittente des flux internationaux d’échanges et d’investissements. 1 Dès lors, il faut partir des données chiffrées pour s’assurer d’une part de la participation de l’Afrique dans le commerce mondial (I) et d’autre part des stratégies a adoptées face à la mondialisation des marchés. I. LA PARTICIPATION DE L’AFRIQUE DANS LE COMMERCE MONDIAL Selon un rapport de Nations Unies (Conseil économique et social) publié en mai 2004, il est précisé que la part de l’Afrique dans les exportations mondiales a nettement baissé au cours des 20 dernières années, étant passé de 4,6% en 1980 à 1,8% en 2000. En comparaison, les pays en développement en général ont vu leur part des exportations passer de 28,6% à 31,5% pendant la même période. La part de l’Afrique dans les exportations mondiales de produits manufacturés est, demeuré stable à 0,8%, a lors que les pays en développement dans leur ensemble ont vu leur part passer 10,6% en 1980 à 27,2% en 2000. La baisse de la part de l’Afrique dans les exportations mondiales totales et les exportations de produits manufacturés se traduit par une augmentation des déficits de la balance commerciale, une baisse de la capacité d’absorption et un ralentissement des taux de croissance réelle du PIB. A. LA NECESSITE D’UNE HARMONISATION DES POLITIQUES ETATIQUES Etant donné l’importance des questions commerciales pour le programme de développement de la région, le Rapport économique sur l’Afrique de 2004 analyse en détail les possibilités qui s’offrent au continent et les défis qu’il doit relever pour s’intégrer avec succès dans l’économie mondiale. D’après les auteurs du Rapport, l’Afrique sera mieux placée pour bénéficier des avantages découlant de marchés plus étendus et de l’accès à la technologie grâce à l’intégration régionale et mondiale. L’ouverture des marchés des produits d’un pays au commerce extérieur a des effets très divers, tout au moins à court ou moyen terme. Ces différences tiennent parfois à la situation géographique, comme on a pu le constaté au Mexique après la libéralisation de son économie à la fin des années 1980. Ceci démontre l’importance des interactions entre les marchés nationaux des produits intérieurs et le réseau des équipements d’infrastructure. Souvent aussi, il y a des interactions étroites avec les compétences offertes sur le marché du travail. Dans beaucoup de pays, l’ouverture aux échanges qui s’accompagne généralement d’une ouverture aux investissements étrangers se traduit par une plus grande inégalité des rémunérations. Ce qui a été le cas au cours des dernières décennies. C’est particulièrement le cas dans les pays à revenu intermédiaire et notamment en Amérique latine. L’ouverture aux échanges pousse souvent à la hausse la prime aux qualifications dans la mesure où les entreprises modernisent leurs méthodes de production (ce que les économistes appellent dans leur jargon le biais du progrès technique en faveur de la main d’œuvre qualifié si le contexte institutionnel réduit la capacité des travailleurs à changer d’emploi – ou limite l’accès des cohortes futures à la formation. B. Les performances de l’Afrique dans le système commercial mondial L’analyse révèle des tendances alarmantes qui montre que le continent a perdu des parts de marché en ce qui concerne les exportations de produits de base et, par ailleurs, qu’il n’a pas pu se diversifier en exportant des produits manufacturés. Il s’agira de s’organiser pour savoir comment inverser cette situation. 2 Bien que le commerce soit un élément important du Produit intérieur brut (PIB) pour les pays africains, le continent n’a pas tiré les mêmes avantages de l’intégration mondiale que les autres régions en développement. En termes de valeur, la part de l’Afrique dans les exportations mondiales de marchandises est passée de 6,3% en 1980 à 2,5% en 2000. Elle a enregistré une croissance annuelle moyenne d’à peine 1,1% au cours de la période de 1980 – 2000, par rapport à 5,9% pour l’Amérique latine et 7,1% pour l’Asie (CNUCED 2003a). La structure des exportations des pays en développement a évolué d’une manière significative au cours des deux dernières décennies. Les produits les plus dynamiques sur les marchés du commerce mondial au cours de la période n 1980 – 2000 ont été des produits manufacturés. Comme on le sait les produits manufacturés sont le principal moteur du développement et de l’innovation technologique. La part des exportations de produits manufacturés dans le total des exportations est un indicateur important de croissance et de développement économiques. Les économies qui ont une proportion élevée de produits manufacturés dans leur PIB et leur exportations sont moins exposées aux chocs extérieurs, à la volatilité des prix et aux fluctuations climatiques. Dans ce cas, le commerce peut contribuer au développement et à la croissance économique. Selon un rapport des Nations unies intitulé Intégrer la politique commerciale dans les stratégies nationales de développement, il est indiqué qu’environ 70% des exportations des pays en développement sont des produits manufacturés, mais l’Afrique a très peu bénéficié de l’expansion des exportations de ces produits. Dix-sept des 20 premiers produits d’exportation non pétroliers de l’Afrique sont des matières premières traditionnelles et des produits semi- manufacturés à partir de ressources naturelles. Partout dans le continent, et surtout en Afrique subsaharienne, les progrès en matière de diversification des exportations ont été lents. La part des exportations de produits manufacturés dans le total des exportations de marchandises de la région a augmenté d’à peine 10% en 20 ans – passant de 20% en 1980 à 30% en 2000. La valeur des produits manufacturés a augmenté à un taux annuel moyen de 6,3% au cours de la période 1980 – 2000. Cela ne représente qu’environ la moitié des taux de croissance enregistrés en Amérique latine (11,5%) et en Asie (13,6%) au cours de la même période (CNUCED 2003b). Au cours de ces deux décennies, la part de l’Afrique dans les exportations mondiales de produits manufacturés est restée au même niveau, soit 0,8%, alors que la part de l’Amérique latine est passée de 1,9% en 1980 à 4,6% en 2000. Les performances de l’Asie ont été encore meilleures puisque sa part du commerce mondial de produits manufacturés est passée de 7,1% en 1980 à 21,5% en 2000 (CNUCED 2003b). II. L’AFRIQUE FACE A LA MONDIALISATION DES MARCHES A l’ère de la mondialisation des échanges et des marchés, d’aucuns s’interrogent sur ce que peuvent tirer comme profit les pays en développement en général et de l’Afrique en particulier dans ce phénomène qui, loin s’en faut, n’est pas nouveau. En effet, la globalisation des marchés est le fruit d’un long processus dont les mécanismes ont été peaufinés au fil des années, à travers la mise en place systématique et planifiée des institutions et uploads/Geographie/ texte-de-l-x27-expose-de-monsieur-gregoire-bakandeja-wa-mpungu.pdf

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