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A G L A E I E H E L O H A A D O N A Y A U R I E L A A 9HSMJLH*aeaaeb+ ¹!LAIN4ROCMÏ%DITEUR Histoire Philosophique Histoire Philosophique du Genre Humain du Genre Humain Antoine Fabre d'Olivet )3".    Tome 2 DE L’ÉTAT SOCIAL DE L’HOMME. SECONDE PARTIE. LIVRE QUATRIÈME. Le troisième Livre a signalé les causes qui amenèrent le déclin du dernier Empire universel. J’ai fait voir comment ce déclin, d’abord insensible, s’était accéléré peu à peu, et avait fi ni par une chute de plus en plus rapide. Je dirai dans ce Livre le résultat des dernières luttes qui s’établirent alors entre l’Asie et l’Europe, et montrerai que ce fut sous les débris de l’Empire romain que vint expirer l’Empire universel de Ram. Comme le Soleil, parvenu au solstice d’hiver, laisse le pôle boréal plongé quelque temps dans les ténèbres, ainsi l’obscurité morale roulant avec les fl ots des barbares qui inondèrent l’Europe à cette époque, envahit pendant quelques siècles l’esprit humain, et fi t reculer la civilisation. Mais enfi n le mouvement ascendant recommença, et les lumières disparues ou affaiblies se montrèrent de nouveau, et acquirent un éclat de plus en plus croissant. CHAPITRE PREMIER. Onzième révolution dans l’État social. Les Cultes dégénèrent ; les idées intellectuelles se matérialisent. Admission de deux doctrines, l’une secrète, l’autre publique. L a situation du Monde à l’époque où parurent les grands hommes dont j’ai parlé en fi nissant ce dernier Livre, était remarquable au dernier point. La fatalité du Destin dominant sur l’Asie et y créant le despotisme des rois, était en présence de la Volonté de l’homme qui consacrait en Europe la souveraineté des peuples. La Providence méconnue, quoique invoquée par les deux partis, n’était dans aucun que pour la forme seulement. Les cultes divers dégénéraient partout en frivoles cérémonies, ou en superstitions lugubres, quand elles n’étaient pas ridicules. A l’exception de quelques sanctuaires secrets où la Vérité réfugiée ne trouvait d’asile que sous les voiles les plus épais, l’Égypte même n’offrait plus dans sa mythologie sacrée qu’un inextricable chaos où la raison égarée se perdait. Le dragon des Atlantes, confondu avec le crocodile, recevait les adorations d’un peuple imbécile. Le bélier de Ram usurpait les autels du Soleil, et le taureau des Celtes était adoré en place de la Lune. Comme chaque astre du ciel était désigné par un animal, une foule d’animaux divinisés envahissait les temples. Cette fatale épidémie, passant d’Égypte en Arabie, avait porté son venin jusqu’aux Indes, et même jusqu’en Perse. Mais comme la Lune, au lieu d’être considérée ici possédant la faculté mâle, y était regardée, au contraire, comme représentant la faculté femelle de l’Univers, ce n’était plus un taureau qui lui servait de symbole, mais une vache ; et la vache devenait pour les Hindous dégénérés l’objet d’une stupide vénération. Le chien attribué à Mercure, appelé le Prophète ou le Ministre divin, rappelait l’idée de tous les envoyés providentiels, et, selon la contrée, recevait le nom de Boudh, de Nabo, de Job, d’Anubis, etc. En sorte que le peuple s’accoutumant à voir son prophète représenté sous la fi gure d’un chien, ou seulement avec la tête de cet animal, transportait sur le chien le respect qu’il avait pour le prophète. Il en était de même de la colombe blanche ou rouge qui désignait Vénus ; de la tortue qui appartenait à la terre ; du loup, de l’ours, du sanglier qui était le symbole de Mars ; de la grue, de l’épervier, de l’aigle qui caractérisait Jupiter ; etc. D’abord l’Égypte, et ensuite toute la terre fut couverte de pratiques religieuses aussi fantasques que puérile. Des animaux symboliques, divinisés par la superstition, on passa aux plantes ; et l’on vit, comme dit plaisamment Juvénal, les Dieux Lares de quelques nations croître parmi les légumes de leurs jardins. Alors se vérifi a cette prédiction d’un ancien Prêtre égyptien, qui, voyant cette déviation du culte, avait dit à sa patrie, que la postérité, en considérant son idolâtrie, mettrait au rang des mensonges et des fables tout ce qu’on pourrait dire de son antique sagesse, de ses lumières et de ses vertus. Mon intention n’est point de m’appesantir sur des détails que l’on trouve partout. Il était nécessaire seulement, pour l’objet que je traite, de montrer que cette situation de la terre, telle qu’elle existait, environ six siècles avant notre ère, n’était point du tout habituelle, comme quelques écrivains ont voulu le faire croire ; mais qu’elle était le résultat presque inévitable des divisions qui avaient eu lieu dans l’Empire universel, et de la dégénérescence qui les avait suivies dans toutes les institutions morales et politiques. Les grands hommes qui parurent alors, quoique assistés par la Providence, et possesseurs des plus puissants génies, ne purent pas changer l’état des choses ; parce que cet état avait son principe dans la volonté même de l’homme, qui, comme je l’ai assez répété, est irréfragable. Tout ce qu’ils purent faire, ce fut de conserver au milieu du torrent désorganisateur, des Centres immobiles, où la Vérité se conservât. On doit observer, si l’on ne l’a déjà fait, que depuis Orphée, Moïse et Foë, aucune religion nouvelle ne s’établit plus sur la terre. Les derniers Boudhas, Sin-mou, Lao-tzée et Kong-tzée, le dernier Zoroastre, Esdras, Lycurgue, Numa et Pythagore, se soumirent tous au culte établi, se conformèrent même à ses rites extérieurs, et se contentèrent de fonder des sectes théosophiques ou philosophiques plus ou moins étendues. Ce fut alors que s’établirent par leurs soins, et presque partout, deux doctrines parfaitement distinctes, l’une vulgaire, conforme aux idées de la multitude, l’autre secrète, destinée seulement donner au petit nombre la connaissance de la Vérité, et l’explication des pensées des sages. Plusieurs initiations nouvelles s’ouvrirent ; les anciennes prirent un caractère nouveau. On mêla aux traditions cosmogoniques des anciens mystères, des connaissances positives sur les principes des choses, sur les sciences, sur les arts mêmes, sur la morale, et jusque sur la politique. Pour la première fois, il y eut des sociétés secrètes, dont les membres, unis par les mêmes principes, se juraient une fi délité inviolable, et se reconnaissaient, même parmi les autres initiés, à de certains signes. La société Pythagoricienne fut la plus étendue et la plus féconde en grands hommes. On connut aussi les Orphiques les Mithriaques, les Esséniens, les Nazaréens, les Isiaques, les Samanéens, les Tao-tzées, et une infi nité d’autres qu’il est inutile de nommer. Le but de toutes ces sociétés était d’arrêter la corruption de quelque côté qu’elle se présentât, d’offrir des asiles ou des secours à la vertu, et de donner, autant qu’il était possible, un frein aux écarts du despotisme royal, aristocratique ou populaire. Et ce qui est très remarquable, c’est que ces sociétés se multiplièrent principalement en Europe, ou sur le littoral de l’Asie et de l’Afrique, où se manifestait plus fortement la domination de la multitude. Car quoiqu’il soit très vrai que tout despotisme est pernicieux quelle que soit sa forme, et j’entends ici par despotisme toute puissance qui se fonde sur la volonté arbitraire et non limitée de ceux qui l’exercent sans l’intervention de la Divinité qui en règle l’emploi, il n’en est pourtant pas moins vrai que la violence ou le danger du despotisme augmentent à mesure qu’il descend des premières classes de la société dans les dernières, et qu’il se répand dans un plus grand nombre de bras. C’est même toujours sur la multitude armée que se fonde en dernière analyse un despotisme quelconque, impérial ou républicain, soit que cette multitude reçoive la loi d’un seul, ou de plusieurs, ou qu’elle se la fasse elle-même. Seulement les révolutions sont là plus rapides et moins profondes ; ici, plus tenaces et plus haineuses. Au reste, quoiqu’à l’époque où je me transporte, le mal commençât à être grand, il n’était pourtant point parvenu à ce point extrême de briser toutes les formes, et de paraître au dehors dans sa hideuse nudité. Les monarques d’Asie, quoiqu’ils eussent réellement secoué l’autorité théocratique des souverains Pontifes, n’en conservaient pas moins un respect extérieur pour la Divinité. Ils entretenaient toujours des prêtres, pour faire les sacrifi ces et les cérémonies d’usage, et maintenaient ainsi les peuples dans une sorte d’assoupissement religieux favorable à leurs desseins ; mais cet assoupissement, manquant de principe de Vérité, dégénérait nécessairement en stupidité ou en folle superstition. Et, ce qui est très remarquable, c’est qu’en même temps que le despotisme asiatique conservait quelques formes extérieures de la théocratie qu’il avait étouffée, l’anarchie européenne se croyait obligée de conserver certaines formes de la royauté qu’elle avait abolie. Il y avait dans Athènes, comme dans Rome, et dans tous les autres états républicains, un Roi des sacrifi ces, afi n que le peuple pût communiquer légitimement avec le fantôme sacerdotal qui existait encore. Il semblait que, d’un côté, le Destin craignant la force de la Volonté, essayât de l’endormir ; et que, de l’autre, cette force entièrement déployée, redoutant l’abandon absolu de la Providence, essayât de la tromper. uploads/Histoire/ etat-social-de-l-x27-homme-tome-2.pdf

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  • Publié le Aoû 22, 2022
  • Catégorie History / Histoire
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