[1] Isaac ASIMOV Les Océans de Vénus David Starr LEFFRANCQ Littérature (Transpo

[1] Isaac ASIMOV Les Océans de Vénus David Starr LEFFRANCQ Littérature (Transposé pour Ebooks-gratuit.com) [2] PRÉFACE La première publication de cet ouvrage date de 1954, et la description de la surface de Vénus était conforme aux connaissances astronomiques de l'époque. Cependant, depuis 1954, l'étude astronomique du système solaire intérieur a fait d'énormes progrès grâce à l'utilisation des fusées et des ondes radar. A la fin des années 50, l'analyse des ondes radio reçues de Venus détermina que la surface de la planète était beaucoup plus chaude que ce que l'on croyait. Le 27 août 1962, la sonde MARINER II fut lancée en direction de Vénus. Le 14 décembre 1962, la sonde frôla la surface de la planète à une altitude de 21.000 miles. L'analyse des ondes radio émises par Vénus permit de constater que la surface totale de la planète était, effectivement, de loin supérieure à la température d'ébullition de l'eau. Cela signifie, évidemment, que l'on est loin du gigantesque océan recouvrant la surface de la planète, tel qu'il est décrit dans le roman, Vénus ne possède aucun océan. Toute l'eau de la planète ne se retrouve que sous la [3] forme de vapeur dans l'atmosphère et la surface est extrêmement chaude et sèche. De plus, l'atmosphère de Vénus est très dense et est composée, quasi dans sa totalité, de dioxyde de carbone. En 1954, le temps de rotation de la planète sur son axe, n'était pas connu. En 1964, grâce aux rayons radar envoyés sur la surface de la planète, on put déterminer précisément son temps de rotation, soit 243 jours (18 jours de plus que l'année Vénusienne) et dans la direction inverse des autres planètes. J'espère que le lecteur prendra plaisir à la lecture de ce roman, mais je souhaite qu'il ne prenne pas comme faits les connaissances scientifiques de 1954, largement dépassées aujourd’hui. Isaac Asimov Novembre 1970 [4] CHAPITRE I A travers les nuages de Vénus Lucky Starr et John Bigman Jones s'élevèrent dans l'atmosphère dépourvue de champ gravitationnel de la Station Orbitale n° 2, et dérivèrent en direction du caboteur planétaire qui les attendait, le sas d'accès ouvert. Malgré la combinaison spatiale conférant à leurs corps une apparence lourde et grotesque, les deux amis, habitués aux évolutions en apesanteur, se déplaçaient avec grâce. . Bigman cambra les reins et renversa la tête en arrière pour contempler une fois encore Vénus. Sa voix résonna avec force dans le casque de Lucky. « Par l'Espace ! Vise-moi ce roc ! » Les cinq pieds deux pouces de Bigman frémissaient d'émerveillement. Le petit homme, originaire de Mars, était accoutumé aux planètes rougeoyantes et aux astéroïdes rocailleux. Il avait même visité la Terre, astre vert et bleu. Mais jamais il n'avait eu l'occasion de voir Vénus d'aussi près. Ici tout était d'un gris et d'un blanc purs. Vénus occupait la moitié du ciel. Elle n'était plus guère qu'à deux mille miles de la Station Orbitale n° 2, qui possédait un jumeau de l'autre côté de la planète. Ces deux satellites servaient de relais aux vaisseaux à destination de [5] Vénus ; leur période de révolution était de trois heures. Ils suivaient tous les deux la même orbite, semblables à des chiots courant inlassablement après la queue l'un de l'autre. Pourtant, malgré sa proximité, la surface de Vénus ne révélait rien de son apparence au visiteur de ces deux stations. Pas de continents, pas d'océans, pas de déserts ou de montagnes, pas de vertes vallées. Rien qu'une blancheur infinie, éclatante, troublée par des bandes grisées déferlantes. La blancheur était celle de la turbulente couche de nuages gravitant de toute éternité autour de Vénus ; les bandes grises correspondaient aux lignes de choc de masses nuageuses de mouvement opposé. Dans ces régions, la vapeur était refoulée vers le bas et sous les lignes grises, à la surface invisible de la planète, il pleuvait. «Inutile de regarder Vénus, Bigman, dit Lucky Starr. Tu auras tout loisir de la contempler de près, et pendant un bon moment. Tu devrais plutôt faire tes adieux au Soleil.» Bigman renifla. À ses yeux de Martien, le Soleil, de la Terre, était déjà enflé et brillant à l'excès. Or, vu de l'orbite de Vénus, c'était un monstre boursouflé, deux fois plus brillant que vu de la Terre, quatre fois plus que vu de Mars. Bigman avait donc tendance à se réjouir à l'idée que cet astre aveuglant serait bientôt masqué par les nuages vénusiens. Il appréciait que la station orbitale déployât toujours ses ailettes de manière à faire obstacle à la lumière solaire. La voix de Lucky Starr l'arracha à sa rêverie. [6] « Alors, stupide Martien, est-ce que tu vas entrer ? » Bigman, fasciné par Vénus, avait arrêté son mouvement, en agrippant distraitement la porte du sas. La moitié visible de la planète était baignée par le Soleil, mais à l'est, l'ombre de la nuit gagnait rapidement, à mesure que la station orbitale progressait sur son orbite. Lucky, s'élevant toujours, empoigna le montant de la porte du sas d'accès et plaqua sa main libre contre les fesses de Bigman. Dans l'absence de pesanteur ambiante, il lui suffit d'une légère poussée pour envoyer le petit homme virevolter à l'intérieur du sas, tandis que la contre- poussée lui imprimait un mouvement de recul. Lucky contracta les muscles de son bras et, d'un mouvement souple, se propulsa à son tour à l'intérieur du caboteur. Il n'avait pas le cœur à rire, pourtant il ne put réprimer une grimace amusée en découvrant Bigman qui agitait les bras et les jambes entre le plafond et le plancher du sas. La porte extérieure se referma derrière Lucky. « Écoute-moi bien, petit rigolo, un jour je vais te filer une de ces raclées, et tu pourras te chercher un autre... » Bigman fut interrompu par le sifflement de l'air emplissant le sas, puis par l'ouverture de la porte intérieure. Deux hommes s'avancèrent, évitant de justesse les pieds remuants de Bigman. Celui qui ouvrait la marche, un petit trapu aux cheveux sombres et à la moustache abondante, demanda : « Vous avez des ennuis, messieurs ? » [7] Le second, plus grand, plus mince, aux cheveux blonds mais à la moustache aussi abondante, ajouta : « Pouvons- nous vous aider ? » Bigman répondit avec humeur : « Vous nous aideriez beaucoup en nous faisant un peu de place et en nous permettant d'ôter nos combinaisons. » Il avait repris pied sur le sol et luttait avec son équipement. Lucky s'était déjà débarrassé du sien. Le groupe franchit la porte intérieure du sas, qui se referma aussitôt. Au contact de l'atmosphère chaude de la pièce, les combinaisons se couvrirent de givre après le froid intense de l'espace. Bigman posa la sienne sur un crochet, où l'humidité s'écoulerait dans un baquet prévu à cet effet. « Voyons, dit l'homme aux cheveux sombres, vous êtes William Williams et John Jones, c'est bien ça ? - Williams, c'est moi », précisa Lucky, ayant pris l'habitude d'utiliser ce pseudonyme par mesure de sécurité. Les membres du Conseil Scientifique avaient tendance à éviter toute forme de publicité. L'anonymat était plus que jamais de rigueur dans la situation confuse et incertaine que connaissait Vénus. « Nos papiers sont en règle, je crois, poursuivit Lucky, et nos bagages ont été chargés. - Tout est en ordre, confirma l'homme aux cheveux noirs. Je m'appelle George Reval, je suis pilote ; voici mon copilote, Tor Johnson. Nous partons dans quelques minutes. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, faites-le- nous savoir. » [8] Les deux passagers furent conduits à leur cabine et Lucky réprima avec peine un soupir. Il n'était tout à fait à l'aise dans l'espace que lorsqu'il se trouvait aux commandes de son astronef personnel, le Shooting Starr, garé pour le moment dans un hangar de la station orbitale. Tor Johnson dit d'une voix profonde : « Ah, il faut que je vous prévienne, dès que nous aurons quitté l'orbite de la station, nous ne serons plus en état d'apesanteur - nous serons soumis à un champ de gravitation. Si vous avez le mal de l'espace... Le mal de l'espace ! s'écria Bigman. Qu'est-ce que vous vous imaginez ? Bébé, je supportais déjà des changements de gravitation qui vous rendraient malade aujourd'hui. Du bout d'un doigt, il envoya une chiquenaude à la paroi, fit un saut périlleux arrière au ralenti, toucha à nouveau la paroi et arrêta son mouvement à un demi-pouce du sol. Essayez ça, le jour où vous aurez l'impression d'être un homme, un vrai. Dites donc, ricana le copilote, vous déplacez beaucoup d'air pour une demi-portion, pas vrai ? Demi-portion ! Explosa Bigman. Espèce de grand dépendeur d'andouilles... . Mais la main de Lucky, se posant sur son épaule, interrompit sa diatribe. On se reverra sur 'venus, grommela le petit Martien, sombre. Tor, ricanant toujours, suivit son supérieur dans le poste de pilotage à l'avant du vaisseau. Bigman, dont la colère était aussitôt retombée, se tourna vers Lucky : Eh, t'as vu ces moustaches ? [9] uploads/Ingenierie_Lourd/ asimov-les-oceans-de-venus.pdf

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