LA PLANTE PRIMORDIALE DE GOETHE ET LE RÈGNE VÉGÉTAL DU MÊME AUTEUR Plante et co

LA PLANTE PRIMORDIALE DE GOETHE ET LE RÈGNE VÉGÉTAL DU MÊME AUTEUR Plante et cosmos Fondements d’une botanique cosmologique, Triades 2004 Métamorphoses physionomiques Du Crocus au Tournesol, Triades 2005 L’enfant en devenir Fondements de la pédagogie Steiner-Waldorf, Triades 2006 L’animal Approche d’une zoologie goethéenne, Triades 2006 L’homme et son corps Anatomie, physiologie, psychologie, Triades 2006 ERNST-MICHAEL KRANICH LA PLANTE PRIMORDIALE DE GOETHE ET LE RÈGNE VÉGÉTAL Des lichens aux plantes supérieures Traduction de René Wisser TRIADES, 2010 Titre original : Urpflanze und Pflanzenreich © 2007 by Verlag Freies Geistesleben, Stuttgart Pour la traduction française © 2010 by Éditions Triades www.editions-triades.com ISBN : 978-2-85248-319-4 5 sommaire Avant-propos ..................................................................................... 7 1. Une botanique dans l’esprit de Goethe : une alternative pour la science ? .................................................................................... 10 2. Le goethéanisme : sa méthode et sa portée ................................. 15 3. Le règne végétal : une manifestation de la plante primordiale .. 30 Remarques préliminaires sur la méthode ........................................ 30 Les Gymnospermes ......................................................................... 31 les Cycadales ................................................................................. 33 les Conifères .................................................................................. 36 le Ginkgo ..................................................................................... 44 la Welwitschia .............................................................................. 46 Les Ptéridophytes ........................................................................... 48 les Fougères ................................................................................... 50 les Prêles ....................................................................................... 57 les Lycopodiales ............................................................................. 60 les Psilotales ................................................................................. 63 Les Mousses ................................................................................... 64 Les Algues ...................................................................................... 71 les Algues brunes ........................................................................... 72 les Algues vertes ............................................................................. 75 les Algues rouges ............................................................................ 79 le Phytoplancton .......................................................................... 82 Les Champignons .......................................................................... 85 Les Lichens .................................................................................... 96 Vue d’ensemble et nouvelles questions ............................................ 99 4. Le développement du règne végétal ............................................ 102 Remarques préliminaires sur la méthode ........................................ 102 L’ère des Algues et des Ptéridophytes .............................................. 103 La transition vers l'ère des Gymnospermes ..................................... 114 Le monde végétal à l'ère des Gymnospermes .................................. 119 Regard sur l’ère des Angiospermes .................................................. 123 5. Rétrospective et perspective ........................................................ 125 La botanique selon Goethe : quelles conséquences en tirer pour la pédagogie ? ................................................................................. 130 Appendices ........................................................................................ 133 Notes .................................................................................................. 140 Bibliographie ..................................................................................... 145 6 Et c’est toujours l’éternel qui de façon multiple se manifeste ; Grand est le petit, petit est le grand, Chaque chose selon sa propre nature. Johann Wolfgang von Goethe 7 Avant-propos Lorsque, à une époque où la biologie moderne jouit d’une si haute considération qu’elle parvient à se hausser au premier rang des sciences de la nature, on veut se référer à un auteur de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle, et qui plus est connu seulement de la majorité comme poète, on a toutes les raisons d’en présenter l’intention et d’en justifier l’entreprise. C’est ce que je vais faire en guise d’introduction. La biologie, en tant que science du vivant, a emprunté une voie, surtout depuis le milieu du siècle dernier, qui a eu des conséquences considérables pour nos idées sur la conception du monde. Pour le constater, il suffit de se remémorer quelques étapes importantes. En 1953, à la suite de travaux préliminaires d’autres chercheurs, Watson et Crick découvrent la structure en double chaîne spiralée de la substance supportant l’hérédité. Il s’ensuit, surtout grâce à Nirenberg et Ochoa, le décryptage du code génétique, c’est-à-dire le mécanisme permettant de synthétiser, à partir de l’ADN, la protéine qui est la base du vivant. Au début de notre siècle, on découvre ensuite le séquençage du génome humain, c’est-à-dire l’ensemble de la substance héréditaire de l’homme, dont l’étude détaillée atteint un certain sommet d’un développement qui avait commencé juste avant le milieu du XIXe siècle. À ce moment, en 1842, M.J. Schleiden fonda, grâce à son ouvrage Fondements d’une botanique scientifique, la conception selon laquelle, pour comprendre un organisme vivant, il faut partir de ses cellules. On y trouve notam- ment cette phrase : « Chaque hypothèse, chaque induction, qui ne se fixe pas comme but d’explorer les processus se déroulant dans la plante comme étant le résultat de changements au niveau des différentes cellules est à rejeter sans réserve. » Le programme de recherche énoncé dans cette formulation a conduit à la conception selon laquelle chaque organisme vivant possède les bases de son développement dans la substance héréditaire conte- nue dans les cellules. H. Penzlin* s’en fait l’écho lorsqu’il affirme : « L’état du vivant représente une “organisation” qui se maintient à tout moment de façon ininterrompue à travers les générations. La base de * Biologie als autonome Wissenschaft, p. 476 Avant-propos 8 l’activité autoproductive de cette organisation est livrée par l’informa- tion ancrée et consultable dans le génome. » Ce n’est pas seulement l’organisme de la plante, de l’animal ou de l’homme qui, de plus en plus, est ramené à l’information génétique contenue dans les cellules, mais aussi les propriétés fondamentales du comportement humain. Cela réduit à un minimum à peine imaginable l’image que l’homme se fait de lui-même et sa conception de la nature. Celui qui prend conscience de cela et des conséquences qui en découlent peut se sentir incité à confronter cette conception apparem- ment si évidente aux manifestations de la vie elle-même. C’est ce que réalise par exemple Hans Jonas, avec une haute compétence philoso- phique et une grande connaissance factuelle, dans son livre Le phéno- mène de la vie. On peut aussi procéder à cette vérification en emprun- tant une autre voie. Ce tournant pris au milieu du XIXe siècle en direction d’une interprétation essentiellement matérialiste du vivant a condamné des conceptions plus anciennes à sombrer plus ou moins dans l’oubli. À côté de la philosophie idéaliste de la nature, dont le représentant le plus important fut F.W. Schelling, il faut évoquer l’ap- proche particulière du vivant inaugurée par Goethe. Au cours des considérations qui vont suivre, nous allons reprendre ces conceptions goethéennes. On constatera qu’ainsi une compréhen- sion moins réductive et plus vivante devient possible, en particulier celle d’un monde végétal, et que celui-ci nous amène à douter de l’in- terprétation simpliste de l’organisme vivant qui vient d’être évoquée. La manière de voir les choses inaugurée par Goethe peut montrer toute sa signification à l’arrière-plan, justement, de l’orientation prise par la récente biologie moléculaire. Il est vrai que cela n’apparaît que lorsqu’on poursuit l’investigation au-delà du domaine que Goethe a lui-même exploré. Ce qu’il a présenté dans son traité sur La méta- morphose des plantes constitue seulement le fondement et le commen- cement d’une science nouvelle, d’une botanique goethéenne. Goethe lui-même n’a fourni que des remarques brèves indiquant cette voie. Il existe cependant toute une série de travaux que l’on peut qualifier de goethéens, mais la plupart ont continué de prospecter le domaine de la métamorphose, et quelques-uns seulement ont élargi l’horizon de cette botanique goethéenne. Je suis d’avis qu’il est urgent de continuer la construction d’une véritable science botanique en s’appuyant sur le socle élaboré par Goethe, et de l’élargir dans différentes directions, afin que puisse apparaître, progressivement, une image du vivant conforme à la réalité. Afin d’appréhender celle-ci selon un autre point de vue, on peut s’inspirer pour beaucoup de ce qui a déjà été accompli dans ce Avant-propos 9 domaine : c’est le mérite de Rudolf Steiner d’avoir présenté en détail, dans son petit livre Une théorie de la connaissance chez Goethe la méthode d’une botanique goethéenne. Dans le même ouvrage, de même que dans l’introduction au premier volume des textes scien- tifiques de Goethe, Steiner a aussi précisé certaines missions théma- tiques de cette nouvelle approche de la science botanique goethéenne. Après les explications préliminaires qui seront données au chapitre 1, nous essayerons, au chapitre 2, de présenter le plus objec- tivement possible cette méthode d’une botanique goethéenne, de montrer les différences avec la botanique classique et avec celle d’une approche phénoménologique, puis d’en examiner toute la portée. Sur cette base, le chapitre 3 traitera des groupes principaux du règne végétal. Le chapitre 4 conduira aux perspectives d’une évolution du monde des plantes. Le 5e chapitre évoquera enfin la contribution que la botanique goethéenne peut apporter à une conception moderne du monde, ainsi que sa signification en pédagogie. Stuttgart, printemps 2007 Ernst Michael Kranich 10 1. Une botanique dans l’esprit de Goethe: une alternative pour la science ? Au cours des dernières décennies, un large public s’est rendu compte que les sciences officielles, en tant qu’institutions chargées d’un avancement général du savoir, ne remplissent que partiellement leur mission. À travers leur questionnement et leurs méthodes, elles occultent parfois une partie de la réalité, objet de leurs études. En général, le chercheur pondéré connaît la valeur limitée de ses décla- rations, mais il est fortement engagé par les intérêts actuels de la recherche et par les paradigmes qui ont cours. C’est surtout dans le domaine des sciences de la nature que la prise de conscience de cette situation a conduit à se poser des questions sur d’autres accès vers la réalité, sur des alternatives pour la science. La méthode d’étude parti- culière de Goethe fait partie de ces alternatives. Cette étude de la nature dans le sens de Goethe serait-elle complé- mentaire à la recherche classique ? Est-ce une méthode fondamentale- ment différente ? Contribue-t-elle à développer une science spirituelle expliquant les phénomènes naturels ? Pour répondre à ces questions, nous prendrons la uploads/Ingenierie_Lourd/ goethe-plante.pdf

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