Capes Lettres Histoire de la littérature – Le théâtre Test autocorrectif Sylvai

Capes Lettres Histoire de la littérature – Le théâtre Test autocorrectif Sylvain Ledda 1-1045-TC-WB-03-15 MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE Théâtre Test autocorrectif d’approfondissement des connaissances Les questions et réponses qui suivent s’appuient sur le cours. Elles vous invitent à approfondir votre connaissance de l’histoire du théâtre, du texte à la représentation : au-delà du cours proprement dit, elles vous incitent à faire quelques recherches qui viendront éclairer et compléter les éléments fournis par le cours. Ces questions sont conçues dans la perspective des épreuves écrites et orales. Le cas échéant, nous proposons un complément bibliographique. Histoire du théâtre 1. Commentez l’étymologie du terme « théâtre ». (p. 3) Le terme « théâtre » est issu du grec theatron, qui signifie « lieu de représentation « , lui- même issu du verbe grec theaomai qui signifie « regarder, contempler ». Par extension, « théâtre » signifie donc lieu où l’on voit. Cette étymologie rappelle que le théâtre est d’abord un art visuel lié à un espace déterminé. La prédominance du sens de la vue renvoie d’ailleurs aux origines de l’art dramatique, destiné au plus grand nombre, dans un espace pouvant accueillir un large auditoire. Ainsi, l’amphithéâtre, qu’il soit inscrit dans un cadre naturel ou édifié de la main de l’homme, permet à tous de voir l’action qui se déroule sur la scène. 2. A quelles occasions étaient représentées des tragédies en Grèce ? (p. 5) A l’origine, les tragédies étaient des spectacles religieux. L’origine du terme le confirme : tragédie signifie « cri du bouc », cette étymologie renvoyant à l’idée d’un sacrifice propitiatoire. La dimension religieuse du théâtre antique est confirmée par les dates annuelles des représentations ainsi que par les rituels qui les entourent. Ceux-ci correspondent aux temps forts de la vie spirituelle, morale et politique de la Cité. Placées sous le signe de 2 Dionysos, les dionysies se déroulaient à Athènes, au printemps (vers avril) ; concouraient alors des participants sous la forme d’« agôn » tragiques ; Eschyle et Sophocle ont remporté les Dionysies à plusieurs reprises.  Jacqueline de Romilly, La Tragédie grecque, , « uadrige », 2006, 8e éd. (1re éd. 1970) 3. Citez les pièces de Sophocle qui se fondent sur l’un des plus célèbres mythes grecs (p. 6) Sophocle s’est emparé du mythe des Labdacides et a consacré plusieurs tragédies à cette famille. Labdacos, roi de Thèbes, a eu pour fils Laïus. Le même Laïus a épousé Jocaste ; leur fils, Œdipe, promis à un destin funeste, a été abandonné par ses parents sur le mont Cythéron. Recueilli par des bergers, Œdipe accomplit son destin, revient à Thèbes, tue son père par accident, déjoue l’énigme de la sphynge, épouse sa mère Jocaste, union qui donne naissance à Antigone et Ismène, Etéocle et olynice. uand lumière est faite sur l’horreur des actes, Jocaste se pend avec son écharpe et Œdipe se crève les yeux avec la broche de sa mère. Sophocle a consacré trois tragédies aux Labdacides : Œdipe roi, Œdipe à Colone, Antigone. 4. Quelle est la définition de la catharsis ? (p. 7) La catharsis est une notion complexe qui traverse les siècles. Sa définition est problématique, souvent débattue car elle fait intervenir plusieurs éléments de la représentation tragique : la situation dramatique, le jeu de l’acteur, l’entente entre la scène et le public. résente dans la Poétique d’Aristote, elle a été commentée à toutes les périodes de l’histoire du théâtre, notamment au XVIIe siècle, dans le cadre du débat sur la tragédie. Le Trésor de la langue française propose la définition suivante : « urification de l’âme du spectateur par le spectacle du châtiment du coupable. » Dès lors, la catharsis ferait intervenir éléments moraux et effets de la représentation sur le spectateur. On comprend bien pourquoi la notion est ductile, et évolue selon les différentes sociétés et modalités de la représentation. Si l’on s’en tient à la signification que propose Aristote dans la Poétique, la catharsis désignerait une purification de l’âme grâce au spectacle de la terreur et de la pitié. ar exemple, Œdipe, découvrant l’horreur de sa destinée, se lamente et se crève les yeux : telle action provoque chez le public un état émotionnel intense, mélange d’horreur et de compassion. Mais la catharsis désigne aussi plus largement une forme de ravissement esthétique produit par le spectacle. Il s’agit donc tout ensemble d’une réaction sensorielle et morale. La psychanalyse s’est d’ailleurs 3 emparée du terme, qui désigne alors un moyen pour se libérer des douleurs ou traumatismes refoulés. 5. uelle tragédie de Shakespeare, qui se déroule à l’époque romaine, s’inspire de la violence du théâtre sénéquéen ? (p. 9) Il s’agit de Titus Andronicus, ou la très lamentable tragédie romaine de Titus Andronicus, dont l’intrigue relate un épisode de la vie de Titus, un général romain inventé par Shakespeare. Cette pièce est sans doute la première composée par Shakespeare (vers 1590), mais aussi la plus cruelle et la plus sanglante. Les crimes de sang se succèdent, dans une atmosphère de destruction et de conspiration, qui oppose Titus à sa redoutable ennemie, la reine des Goths, Tamora. La pièce correspond aux goûts du temps : dans les années 1580, le théâtre violent est à l’honneur, dans lequel se devine l’influence sénéquéenne : viols, démembrement, dilacérations, égorgements, infanticides, scènes de folie furieuse et cannibalisme. L’influence des tragédies de Sénèque sur la conception de la tragédie de Shakespeare est sensible. En France, à une époque légèrement ultérieure (dans le premier tiers du XVIIe siècle), les tragédies d’Alexandre Hardy n’hésitent pas à représenter les pires exactions sur scène. 6. Quelles sont les spécificités esthétiques des mystères ? (p. 10) Le mystère est un genre dramatique qui apparaît pour la première fois en France au XVe siècle. Si son épicentre est bien souvent la passion du Christ, le mystère met en scène des vies de saints, des légendes, mêlant sacré et profane dans un spectacle qui peut nécessiter la présence de centaines d’acteurs : Le Mystère de la passion d’Arnould Gréban comptait, par exemple, près de quatre cents participants. Le mystère se décompose en tableaux, en journées, qui peuvent donner lieu à des représentations fragmentées, étant donné la longueur de certaines œuvres (jusqu’à 60 000 vers). Les acteurs de ces mystères sont répartis en confréries, chacune d’entre elle occupant tel ou tel rôle. On distingue en général trois types de mystères : les mystères sacrés, qui mettent en scène la vie des saints ; les mystères bibliques, qui relatent un épisode de l’Ancien et/ou du Nouveau Testament ; les mystères profanes qui représentent un fait légendaire. 4  H. REY-FLAUD, Le Cercle magique. Essai sur le théâtre en rond à la fin du Moyen Âge, Gallimard, Paris, 1973. 7. Pourquoi Le Cid a-t-il donné lieu à une fameuse querelle ? (p. 11) La célèbre « querelle du Cid » trouve son origine dans la création de la pièce par Corneille en 1637. Mairet et Scudéry reprochent à Corneille de ne pas respecter les règles classiques et de bafouer les bienséances. Corneille est accusé de ne pas avoir su choisir un genre net, sa pièce présentant des passages de comédie romanesque et de tragédie. Les unités sont quelque peu malmenées ; l’intrigue comporte, par exemple, trois espaces différents (la maison de Chimène, la place publique, le Palais royal). Maintes péripéties sont jugées invraisemblables, ou non conformes aux bienséances : le fait que Chimène pardonne à l’assassin de son père a été jugé choquant par les contemporains. Au-delà des reproches d’ordre dramaturgique, Le Cid est jugé politiquement inconvenant, puisque la tragédie met en scène l’Espagne, à une période où la France est en conflit avec ce royaume. Face à cette querelle, Richelieu demande l’arbitrage de l’Académie, récemment créée. Les Sentiments de l’Académie sur la tragi- comédie du Cid de Chapelain confirment que la pièce ne suit pas les règles, mais reconnaît son « agrément inexplicable ». Corneille ne ploiera point et c’est l’arbitrage de Richelieu, favorable à l’auteur du Cid, qui mettra fin à la « querelle ».  Jean-Marc Civardi, La Querelle du Cid (1637-1638), Honoré Champion, 2004. 8. Quels sont les deux principaux théoriciens du théâtre classique ? (p. 14) Le théâtre classique n’a pas seulement été théorisé par deux penseurs, mais deux d’entre eux se distinguent par l’écho de leur œuvre et de leur pensée. Il s’agit de l’abbé d’Aubignac (1604-1676), dont la Pratique du théâtre a servi de fondation à la dramaturgie classique (1657), et de Nicolas Boileau qui, dans son Art Poétique (1674), déploie en vers les grands principes de l’écriture classique au théâtre. Elaborée à la demande de Richelieu à partir de 1640, La Pratique du théâtre a pour fonction de fixer les règles dramaturgiques du théâtre classique. Dans cette perspective, la vraisemblance fait l’objet d’une analyse minutieuse et constitue l’une des notions théoriques les plus décisives de la réflexion de d’Aubignac. La question de la vraisemblance est en effet étroitement liée à celles des bienséances et plus généralement à celle de l’esthétique uploads/Litterature/ 1045-histoiredelalitteratureletheatretestautocorrectif 1 .pdf

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