Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l'Univ

Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l'Université de Montréal, l'Université Laval et l'Université du Québec à Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. Érudit offre des services d'édition numérique de documents scientifiques depuis 1998. Pour communiquer avec les responsables d'Érudit : erudit@umontreal.ca Compte rendu par Raymond Blain Québec français, n° 101, 1996, p. 40-44. Pour citer ce compte rendu, utiliser l'adresse suivante : http://id.erudit.org/iderudit/58656ac Note : les règles d'écriture des références bibliographiques peuvent varier selon les différents domaines du savoir. Ce document est protégé par la loi sur le droit d'auteur. L'utilisation des services d'Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politique d'utilisation que vous pouvez consulter à l'URI http://www.erudit.org/apropos/utilisation.html Document téléchargé le 12 March 2013 05:54 « Une nouvelle grammaire de référence » Ouvrage recensé : Riegel, Martin, Pellat, Jean-Christophe, Rioul, René (1994). Grammaire méthodique du français. Paris, PUF, 647 pages analyse de m a t é r i e l GRAMMAIRE METHODIQUE DU FRANÇAIS Une nouvelle grammaire de référence par Raymond Blain La Grammaire méthodique du français est en fait un livre bilan. Un ouvrage d'une très grande qua- lité, soigneuse- ment conçu, qui devrait rester longtemps un livre de référence. Il est en même temps clair et ambitieux, car il reprend les grammaires des siècles classiques, les englobe et les dépasse de toute la richesse des publi- cations des trente dernières années. A vant d'analyser quelques aspects de la Grammaire méthodique du français, un ouvrage qui vient d'être publié et qui donne un éclairage tout neuf sur ce que devrait être la grammaire, nous présenterons d'abord l'état de la situation concernant la gram- maire et son enseignement. La grammaire dans tous états Depuis quelques années, les médias écrits n'ont pas été avares de ces propos alar- mistes « Les élèves du secondaire ne sa- vent pas lire », « Les élèves du secondaire, du cégep et de l'université ne savent pas écrire correctement », « On ne fait de la grammaire qu'à l'occasion ». Soyons plus réalistes. Les enseignants passent beaucoup d'heures à faire de la gram- maire dans les classes de français du Qué- bec. En fait, malgré les programmes, les enseignants ont-ils vraiment cessé d'en- seigner la grammaire ? Ce qui est boule- versant, c'est qu'après avoir mis tant de temps à donner des règles et des exercices, on arrive au constat que beaucoup trop d'élèves ont une piètre maîtrise de l'orthographe et de la syntaxe. Pourtant l'ensemble des élèves ont des connaissances en grammaire mais, quand arrive le temps d'écrire un texte, ils y laissent plusieurs erreurs d'orthographe et de syntaxe. La psychologie cognitive est très claire sur ce point : ces élèves n'ont pas intégré de straté- gies rigoureuses de révision pour remettre un texte sans fautes. Deux orientations s'offrent aux enseignants. Pour certains, le retour à l'enseignement tradition- nel devrait rétablir la situation. Mais, en fait, que fait-on depuis quinze ans sinon de l'enseignement traditionnel ? On a fait mémoriser aux élèves des règles qu'ils ne sont pas capables d'appliquer dans leur texte, on leur a proposé des définitions qui ne sont pas opératoires (on en verra un exemple, entre bien d'autres, un peu plus loin), on a conti- nué à multiplier les exercices répétitifs qui ont fait que les résultats concrets dans le domaine de l'expression écrite et de la compréhension de- meurent extrêmement minces. Eh oui, dans notre temps, on était bon en or- thographe et en syntaxe ; et les élèves d'au- jourd'hui alors ? Il faut trouver un coupable. « C'est la faute du programme », diront certains. « Les élèves n'étudient pas », affirmeront d'autres. Nous n'y croyons pas. Depuis les dix dernières années, on enseigne autant de grammaire que dans notre temps, mais les résultats sont bien dif- férents. Serait-il possible que les élèves d'aujourd'hui ne pensent pas tous, n'apprennent pas tous comme ceux de notre temps ? Serait-il possible que l'on doive changer notre façon de voir la langue, de la décrire, de l'enseigner pour per- mettre à l'ensemble des élèves de se l'approprier autant en expression écrite et orale qu'en com- préhension ? Pour les autres, il faut transformer l'enseigne- ment de la grammaire « en poursuivant deux objectifs différents mais solidaires : l'un est cen- tré sur le savoir-faire de l'élève, son habileté à s'exprimer oralement et par écrit ; l'autre vise la connaissance que l'élève peut et doit avoir du système de la langue et de son fonctionnement pour en accroître la maîtrise (Chartrand et Paret, 1989). Seule l'atteinte de ces deux objectifs per- mettra aux élèves d'accéder à une maîtrise suffi- sante de la langue écrite, nécessaire pour faire d'eux des personnes responsables de la Cité, à la fois critiques et créatrices 2. » Comme pour tout enseignement, on se doit d'avoir des outils de référence rigoureux. Le Bon usage * de Maurice Grevisse et son abrégé Le précis de Grammaire française sont parmi les ouvrages décrivant la langue dans un cadre tra- ditionnel des plus connus à travers la franco- phonie. Mais voilà qu'en 1994, trois linguistes français, Martin Riegel, Jean-Christophe Pellat et René Rioul, nous proposent un nouvel ouvrage de référence : la Grammaire méthodi- que du français. 40 QUÉBECFRANÇAIS PRINTEMPS 1996 NUMÉRO 101 L'arrivée d'un nouveau livre de référence La Grammaire méthodique du français est en fait un livre bilan. Un ouvrage d'une très grande qualité, soigneusement conçu, qui devrait rester longtemps un livre de référence. Il est en même temps clair et ambitieux, car il reprend les gram- maires des siècles classiques, les englobe et les dépasse de toute la richesse des publications des trente dernières années. Somme toute, la Gram- maire méthodique du français (GMF) consti- tue un effort de synthèse réussi et une leçon de méthode. La GMF possède deux qualités majeu- res : la cohérence d'une démarche structurale maîtrisée et approfondie ainsi que la richesse d'une information des plus complètes et des plus récentes. Les concepts descriptifs de l'ouvrage proviennent de plus d'un cadre théorique. Sans renier les apports de la longue tradition gramma- ticale, les auteurs se sont inspirés des acquis de la linguistique. « On a toutefois suivi par prin- cipe (nous soulignons) la terminologie gramma- ticale officielle (en France) telle qu'elle a été fixée par la Nomenclature grammaticale pour l'en- seignement du français dans le second degré et les indications complémentaires fournies par les programmes d'enseignement du français dans le second cycle de l'enseignement secondaire » rap- pellent les auteurs dans ['« Avant-propos ». Mais ils mentionnent d'emblée que cette terminolo- gie n'est pas exempte d'inconséquences, et qu'il leur a fallu changer des appellations et modifier les définitions de certaines catégories tradition- nelles afin de les rendre opératoires. Les autres choix terminologiques sont bien expliqués et jus- tifiés. Enfin, les auteurs ont introduit dans l'ouvrage les concepts linguistiques les plus fon- damentaux, ceux qui, depuis une dizaine d'an- nées, ont profondément modifié leur façon de voir et de décrire la langue. Riegel, Pellat et Rioul proposent, à la fin de chaque développement, une bibliographie de base, empruntée aux tra- vaux en français qui permettront aux lecteurs de comprendre les fondements des concepts étu- diés ou de les approfondir. Le propos de cet article n'étant pas de dé- crire en détail tous les aspects de l'ouvrage, nous nous sommes arrêté plus longuement sur les aspects qui étaient susceptibles d'intéresser le lecteur. Comment est organisé le corps même de l'ouvrage ? Un plan plutôt classique dans sa forme, mais novateur dans son contenu. L'ouvrage débute par une distinction entre le code oral et le code écrit ; on passe ensuite des sons à la grammaire de la phrase et on termine par la grammaire du texte, ce dernier aspect étant relativement nouveau dans ce type d'ouvrage. Les formes de l'écrit et de l'oral En « Première partie », les auteurs proposent un exposé sur les formes de l'écrit et de l'oral, sur la phonétique et sur l'orthographe. Au premier chapitre, les auteurs analysent contrastivement la morphosyntaxe de l'écrit et de l'oral. Claude Simard, dans le n" 99 de Québec français, écri- vait à propos de cette façon d'aborder l'oral et l'écrit : « En plus de mettre en évidence les parti- cularités du français écrit, cette méthode pour- rait contribuer à corriger certaines images erro- nées que les francophones entretiennent vis-à-vis de leur langue orale. Ils apprendraient par exem- ple que le français oral possède une grammaire au même titre que le français écrit *. » Le troi- sième chapitre portant sur la ponctuation est par- ticulièrement intéressant. La syntaxe de la phrase La « Deuxième partie » traite de la « Syntaxe de la phrase simple ». En termes généraux, les auteurs de la GMF présentent un modèle de description de la langue qui permet de dégager les régulari- tés de la langue et les mécanismes de base qui président à son fonctionnement. De la grammaire traditionnelle, les auteurs héritent du dispositif fondé sur les parties du dis- cours (nom, uploads/Litterature/ 58656ac-pdf 1 .pdf

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