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See discussions, stats, and author profiles for this publication at: https://www.researchgate.net/publication/346442687 « Incises et introducteurs dans le discours rapporté », dans J. Chuquet (éd.), Verbes de parole, de pensée, de perception, Rennes, PUR, 2004, 13-31 Chapter · November 2004 CITATION 1 READS 22 1 author: Some of the authors of this publication are also working on these related projects: Patterns of syntactic change View project Regularity View project Mario Barra Jover Université de Vincennes - Paris 8 53 PUBLICATIONS 211 CITATIONS SEE PROFILE All content following this page was uploaded by Mario Barra Jover on 28 November 2020. The user has requested enhancement of the downloaded file. M. Barra-Jover, « Incises et introducteurs dans le discours rapporté », dans J. Chuquet (éd.), Verbes de parole, de pensée, de perception, Rennes, PUR, 2004, 13-31 1 Incises et introducteurs dans le discours rapporté1 Mario Barra Jover 0. Introduction La syntaxe des citations et, notamment, de l'inversion qui se produit dans les énoncés introduisant ces citations a été pendant longtemps exclue de la littérature générativiste. Cependant, des travaux récents (Collins & Branigan 1997, Collins 1997 et Suñer 2000) ont introduit le présupposé que les propriétés de ces constructions étaient dérivables des principes généraux de la grammaire universelle. Collins et Branigan (1997) signalent à juste titre que la syntaxe particulière des citations doit refléter des propriétés de notre connaissance innée de la grammaire, plutôt que des connaissances acquises ad hoc. Je pars de ce même présupposé, bien que l'hypothèse proposée ici s'écarte sensiblement des solutions retenues dans les articles cités, et ceci dans deux sens : a) Les trois énoncés suivants ne sont pas traités de la même façon : (1) a. Le policier dit : “Les enfants ne peuvent pas entrer ici” b. “Les enfants ne peuvent pas entrer ici”, dit le policier c. “Les enfants”, dit le policier, “ne peuvent pas entrer ici”, Superficiellement, on peut distinguer les deux mêmes composantes dans chaque exemple : l'énoncé rapporté et l'énoncé rapporteur. Comme nous allons le voir dans 2, l'énoncé rapporteur en position initiale (“introducteur”, dorénavant) dans (1a) affiche un comportement bien différent de celui de l'énoncé rapporteur en position non initiale (“incise”, dorénavant) dans (1bc). Il est donc nécessaire de leur attribuer une syntaxe différente (ce que Collins & Branigan 1997, Collins 1997 et Suñer 2000 ne font pas). b) Les analyses des auteurs cités postulent l'existence ad hoc d'un trait [citation] qui déclenche les opérations syntaxiques menant à l'inversion du sujet dans l'énoncé rapporteur. Ce ne sont que les contraintes agissant sur l'inversion qui découlent d'autres caractéristiques générales de la syntaxe. Dans mon approche, il n'y a pas besoin d'un trait spécial dont l'existence ne peut pas être démontrée indépendamment. Je pars plutôt de l'idée que les opérations syntaxiques à l'oeuvre dans les énoncés rapporteurs (aussi bien que les contraintes agissant sur elles) sont déclenchées par la syntaxe du trait 1 Toute ma reconnaissance à Paul Wass pour son aide dans la préparation de cette article. Je remercie aussi les participants au colloque The Syntax of Time and Aspect (Paris, November 16th, 2000) et aux membres du Cerlitep de l'Université de Poitiers pour leur remarques et leurs critiques. M. Barra-Jover, « Incises et introducteurs dans le discours rapporté », dans J. Chuquet (éd.), Verbes de parole, de pensée, de perception, Rennes, PUR, 2004, 13-31 2 [Temps], comme il arrive dans d'autres constructions mettant en rapport deux propositions. Dans 1, on examinera les données permettant d'établir les différences entre introducteurs et incises, ainsi que les différences entre le français et l'anglais. Dans 2, on passe en revue les analyses antérieurs. Dans 3, est proposée une analyse de la subordination fondée sur la spécification de trait [Temps], analyse qui est extensible sans trop de mal à la syntaxe des citations. 1. Les données Comme il a été dit dans l'introduction, je pars de l'idée qu'il existe deux constructions différentes : celle où il y un introducteur et celle où il apparaît un incise, soit au milieu de la citation, soit à la fin. Les données du français et de l'anglais nous permettent de justifier le bien fondé de ce point de départ et de poser convenablement le problème : il y a, d'un côté, un point crucial où les deux langues convergent et, d'un autre, des points où l'une des langues peut marquer une différence entre introducteur et incise, tandis que l'autre peut la neutraliser. a) L'introducteur peut être, aussi bien en français (cf. Blanche-Benveniste 1989, Cappeau 1999) qu'en anglais, une phrase interrogative ou négative, tandis que l'incise semble “bloqué” par rapport à la modalité2. Par exemple : (2) a. Qui dit: “Les enfants ne peuvent pas entrer ici”? b. *“Les enfants ne peuvent pas entrer ici”, qui dit? (3) a. Who did say: “Children can't go in there”? b. *“Children can't go in there”, who did say? (4) a. Le policier ne dit pas: “Les enfants ne peuvent pas entrer ici” b. *“Les enfants ne peuvent pas entrer ici”, ne dit pas le policier (5) a. The policeman didn't say: “Children can't go in there” b. *“Children can't go in there”, didn't say the policeman Cependant, les choses ne sont pas aussi simples. Comme Cappeau (1999) l'a remarqué, une négative en incise est possible lorsque la négation est lexicalement asociée à un 2 Suñer (2000) affirme qu'en espagnol les incises peuvent accepter une négation. Elle en donne l'exemple suivant (qui correspond à son (47b) et à sa traduction) : (i) “Comamos”, no dijo Juan una sola vez Let's eat, didn't John say just once Pourtant, pour n'importe quel locuteur natif de l'espagnol (l'auteur de cet article parmi d'autres) (i) est sans aucune doute inacceptable. D'ailleurs, je ne ferai ici pas trop de remarques sur l'espagnol car il me semble que la syntaxe des citations dans cette langue ne présente pas de contraste rélevant avec le français. M. Barra-Jover, « Incises et introducteurs dans le discours rapporté », dans J. Chuquet (éd.), Verbes de parole, de pensée, de perception, Rennes, PUR, 2004, 13-31 3 auxiliaire aspectuel. Dans ce cas, il ne s'agit pas de la négation d'une assertion corrélée, étant donné que celle-ci n'est pas interprétable. Par exemple : (6) a. Les enfants ne peuvent pas entrer ici - n'a pas manqué de dire le policier b. *Les enfants ne peuvent pas entrer ici - a manqué de dire le policier Ceci revient à dire que les restrictions sur la négation ou sur l'interrogation ne sont pas explicables en termes strictement configurationnels selon lesquels la position du verbe lui empêche de monter jusqu'à une tête Négation. b) En français, la position du verbe est déterminée de façon rigide par le type de construction. En introducteur, le verbe ne peut pas s'antéposer, tandis qu'il doit le faire de façon obligatoire en incise3 : (7) a. *Les enfants ne peuvent pas entrer ici - le policier dit. b. ??Dit le policier : “Les enfants ne peuvent pas entrer ici” En revanche, il semblerait qu'en anglais la position du verbe est optionnelle dans les deux cas. Par exemple (Collins & Branigan 1997) : (8) Reported the Evening Telegram : “Fish stocks are still declining” (9) “Who the hell”, Joe demanded, “is supposed to be coaching the base runner” D'ailleurs, l'inversion est interdite en incise lorsqu'il s'agit d'une construction à double objet : (10) a. “What's on”, John asked Mary. b. *“What's on”, asked John Mary. c) En anglais, il existe des contraintes agissant sur le temps et l'aspect dans l'incise qui ne touchent pas à l'introducteur. Ces contraintes n'existent pas en français. Par exemple : (11) a. *“Children”, had said the policeman three days before, “can't go in there” b. “Les enfants”, avait dit le policier trois jours avant, “ne peuvent pas entrer ici” (12) a. *“Children”, started to say the policeman, “can't go in there” b. “Les enfants”, commença à dire le policier, “ne peuvent pas entrer ici” Pourtant, la contrainte disparaît en anglais lorsque l'incise ne met pas en place une inversion. Par exemple : (13) “Children”, the policeman had said three days before, “can't go in there” (14) “Children”, the policeman started to say, “can't go in there” 3 Des exemples du français parlé comme le suivant : (i) “Ne viens pas”, il dit, ne sauraient être un contre-exemple, étant donné que il doit être traité comme un morphème de personne (cf. Zribi-Hertz 1994 ). D'ailleurs, cette disposition n'est pas acceptable avec un sujet lexical. Par exemple : (ii) *“Ne viens pas”, Pierre dit. Il existe aussi des cas comme la suivant : (iii) “Ne viens pas”, qu'il dit. Mais je n'aborderai pas ici ce problème (cf. Barra-Jover, à paraître). M. Barra-Jover, « Incises et introducteurs dans le discours rapporté », dans J. Chuquet (éd.), Verbes de parole, de pensée, de perception, Rennes, PUR, 2004, 13-31 4 d) Le même type de contraste se produit en ce qui concerne le verbe sélectionné dans l'énoncé rapporteur. Le français permet un large choix de verbes aussi bien dans l'introducteur que dans l'incise. Il est en effet uploads/Litterature/ barra-incisescitations.pdf

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