GRATUIT ! le premier culturel BD JODOROWSKY / OTOMO / GUÉDIGUIAN / KINKY & COSY
GRATUIT ! le premier culturel BD JODOROWSKY / OTOMO / GUÉDIGUIAN / KINKY & COSY ... N°2 SEPTEMBRE-OCTOBRE 2005 GRATUIT ! ous cette boutade, une interrogation : un jeune Français aujourd’hui ne se sent-il pas plus proche d’un japonais du même âge plutôt que d’un Hollandais ou d’un Slovène ? Le manga explose en France, après des années d’ostracisme on découvre enfin son vrai visage. Le Boom Manga L’essentiel des séries parues ici jusqu’alors était le prolonge- ment des dessins animés desti- nés aux otaku (ados japonais fans de techno, de mangas...). Fabrice Dunis1 : «Aujourd’hui les éditeurs osent davantage et on voit apparaître une variété impressionnante de genres et de graphisme. Dragon Ball n’en est plus l’archétype comme Tintin ne représente pas à lui seul la BD européenne. Les inspirations graphiques des Japonais sont très diverses et le manga a un public de lectrices très important, alors que la BD semble être un milieu plus masculin. De même, les Japonais vont plus loin, s’inspirent beaucoup de la vie quotidienne, mêlent sans problème du fan- tastique à leurs histoires et assument leurs délires.» Selon Frédéric Boilet2, «la bande dessi- née japonaise a toujours privilégié le quotidien alors que la BD franco-belge jusqu’aux années 90 était essentiellement une BD de genre, destinée aux fans. De cette différence de thèmes abordés résulte une différence dans la largesse du lectorat (au Japon, toutes les classes sociales et tous les âges sont consommateurs de BD). Le quotidien est le thème privilégié du cinéma français mais il a bizarrement été longtemps absent de la produc- tion BD.» Les chiffres sont impressionnants : plus de 40% de croissance de 2003 à 2004, le manga représente déjà plus du quart des ventes de BD en volume ! Selon Sébastien Moricard3 «il n’est pas nécessai- re de comparer BD européenne et manga qui s’ap- précient différemment. Au-delà de la différence visuelle, la bande dessinée n’utilise pas les mêmes procédés narratifs que le manga. En BD, les personnages servent souvent le développe- ment d’une intrigue complexe, aux nombreux pivots. Le procédé narratif utilisé en manga privi- légie quant à lui la dimension psychologique des personnages et les tensions émotionnelles d’une situation donnée. Ici, c’est le scénario qui sert la psychologie des personnages et non l’inverse.» Manga «à la française» Avec un tel engouement, il est naturel de penser que la BD française va être de plus en plus influen- cée par le manga. Sébastien Moricard : «J’ai pu constater chez certains auteurs une influence japonaise, notamment dans l’utilisation de cer- taines techniques comme le trait de vitesse… Aurore, auteur de Pixie ou Patrick Sobral auteur des Légendaires tous deux édités chez Delcourt sont représentatifs d’une nouvelle génération d’auteurs qui ont grandi semble-t-il dans l’univers des mangas et donc parfaitement assimilé ses codes. Ainsi je pense que sans vouloir “faire du manga“ ils intègrent tout naturellement à leurs œuvres certaines techniques japonaises.» Vanyda, jeune auteure très prometteuse de l’Immeuble d’en face, reconnaît ces influences, autant dans le graphisme, le format (noir et blanc, pagination plus importante) que dans la psychologie des per- sonnages et l’art du découpage. On parle déjà de «manga à la française», bien que jusqu’ici les pas- serelles ne soient pas évidentes. Mangas et BD se distinguent en effet encore très clairement. La France manga Manga signifie bande dessinée en japo- nais. Historiquement, lors de la période Nara (710-784), les artistes japonais asso- ciaient des calligraphies à des peintures sur des rouleaux de papier. Au XXe siècle, le manga devient un art majeur au Japon, notamment avec des auteurs comme Tezuka. C’est aujourd’hui un média de masse dont le foisonnement éditorial est encore peu représenté en Europe. M comme Manga DOSSIER S ZOO est édité par Médiabandes sarl 17, rue Beaumarchais 93100 Montreuil Tél : 01 48 58 39 41 email : zoo1@ libertysurf.fr Directeur de la publication, Rédacteur en Chef : Éric Borg. Rédaction : Jérémy Fraise, Thierry Lemaire, Clarisse Bouillet, Olivier Pisella, Stéphane Urth, Alice David, Louisa Amara, Julien Foussereau, Boris Jeanne, Alexandre Mangin, Fanche, Jessica Milleville. Illustrations : Vanyda, Wilizecat, Yvang, Stéphane Urth. Couverture : Vanyda. Bandes Dessinées : Wilizecat, Yack, Boilet, Joan, Nix, Blanquet. Direction artistique et maquette : Éric Borg. Publicité : MÉDIABANDES (BD, édition, cinéma, DVD) 01 45 26 78 42 PUB.L.I.C ( hors captif) 05 56 52 09 95 éCLAT (jeux vidéo) 01 49 98 03 75 Dépôt légal à parution. Imprimé en France par SIEP. Les documents reçus ne pourront être retournés. Tous droits de reproduction réservés. www.zoolemag.com édito N°2 sept-oct 2005 3 PIXIE © Aurore / Delcourt Faut-il voir un rapport entre le non du 29 mai et l’explosion du manga en France ? Cette «France manga», comme on la surnomme déjà, ne fomente-t-elle pas une alternative franco-japonaise à une Union Européenne brinquebalante ? la différence du Banga, boisson à l’eau colorée qui nous faisait le singe dans les années 80, il y a bien des bulles dans manga, et des pétil- lantes, qui redonnent un coup de fouet à une BD à peine sortie de sa torpeur... Cette arrivée massive dans les bacs des libraires d’un patrimoi- ne japonais de 50 années (et nous n’en sommes qu’au début) a de quoi déboussoler le lecteur non averti. Car en manga, comme en tout, il y a du déchet... Mais il y a surtout des perles ! Nous vous en présentons quelques-unes dans ce numéro. Également un entretien avec Mon- sieur Otomo, papa d’Akira, premier manga publié en France. Les Japonais sont souvent peu bavards en interviews, eh bien ce fut le cas ici et Alice a failli se faire «Seppuku» avant la fin... Résultat en page 26. Pour Monsieur Jodorowsky, c’est l’inverse : il faudrait 10 numéros de ZOO pour étancher la soif de l’im- mense Alejandro. Les délires ver- baux de ce «provoc-auteur» sont la démonstration d’une liberté intacte, fondatrice de son magnifique et pro- lifique génie (cf page 20). Et plein d’autres choses encore dans ce numéro 2... Le 3 ce sera pour le 1er novembre. ÉRIC BORG À Manga is money DOSSIER Longtemps vilipendé par la critique, le manga est aujourd’hui un business courtisé par tous les éditeurs de BD. Les enjeux sont tels qu’une école de mangakas ouvre à Paris en octobre. Sébastien Moricard parle d’«identité produit» ; «le manga possède ses carac- téristiques : noir et blanc, format, sens de lecture original, et enfin, la fameuse jaquette qui est normalement l’apanage des œuvres luxueuses. La bande dessi- née européenne possède également ses codes : couleurs, grand format et cou- vertures cartonnées.» S’il est admis que le manga instille, peu à peu, ses spécificités dans la BD, en quoi, en retour, cette dernière pourrait- elle influencer la production de mangas au Japon ? «Je ne pense pas que les Japonais aient besoin de nous pour trouver l’inspiration», estime Fabrice Dunis, «ils s’inspirent de notre culture bien souvent, mais graphiquement leur manière de travailler est incompatible». Et puis force est de constater qu’au Japon, la BD «de chez nous» ne soulève pas les foules : «globale- ment, l’intérêt des japonais pour nos BD se limite à un cercle d’ama- teurs éclairés, et bien entendu au monde artistique (mangakas, illustrateurs...)», précise Sébastien Moricard. Nouvelle Manga Il existe pourtant une convergence potentielle entre les deux univers, un axe franco-japonais que Frédéric Boilet s’est employé à définir dans son «Manifeste de la Nouvelle Manga»4 rédigé en 2001. Boilet, rare auteur français à s’être imposé au Japon, relève l’émergence d’une nouvelle bande dessinée française depuis les années 90, impulsée par des éditeurs tels que l’Association ou Ego comme X, une BD d’auteurs dont les caractéristiques (thèmes abordés, modes narratifs, fin du règne de la couleur) se rapprochent de celles du manga… ou tout au moins du manga adulte que les éditeurs français ont fini par promouvoir, d’avantage orienté sur le quotidien, l’auto- biographie ou le documentaire. «Il y a des préjugés très forts vissés au mot manga au masculin» note Frédéric Boilet. Ainsi, pour mieux se départir de l’image stéréotypée du manga pour ados, il propose dans son manifeste une féminisation du terme : «en m’appuyant sur e manga ne dégoûte plus. Bien au contraire, il aiguise les ambitions. Sur une initiative d’instances japonaises, de la Chambre de Commerce et d’éditeurs de BD français, une école de mangakas va voir le jour à Paris à la rentrée prochai- ne. Entretien avec Lionel Panafit, directeur pédagogique de ce nouveau cursus. Quel est le poids du manga en France ? Le manga représente plus de 30% des ventes de BD pour environ 150 millions d’euros de CA. C’est un marché en augmentation de 20% par an depuis cinq ans. Il est beaucoup plus lissé dans l’année que celui de la BD franco-belge et permet une meilleure gestion. Il est d’ailleurs beaucoup plus rentable. Un manga vendu 5 euros ne coûte que 60 cen- times. Il crée ainsi des mannes financières énormes. Tous les éditeurs français s’intéressent au manga. Delcourt en vit avec Dragonball. L les racines historiques et sociologiques de uploads/Litterature/ zoo-2.pdf
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- Publié le Jul 02, 2022
- Catégorie Literature / Litté...
- Langue French
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