Discussion du texte de Robert MAEBE « Compte tenu, Compte rendu » Samedi 9 mai
Discussion du texte de Robert MAEBE « Compte tenu, Compte rendu » Samedi 9 mai 2009 Séminaire du CEP Louvain-la-neuve MAX AURIERES Avant d’ouvrir la discussion sur cette contribution de R..Maebe, je voudrais tout d’abord faire quelques remarques introductives. 1. Le titre de l’exposé, renvoie comme explicité page 5 à la notice de 1963 de J.Schotte, Schotte parlant d’un Szondi conteur et compteur, et de La Rechenschaft, d’avoir à rendre compte, tenir compte ,voire demander des comptes. 2. L’exposé commence (et se termine) avec un aphorisme d’Einstein qui dit en quelques mots l’essentiel : il y a des choses qui se calculent mais d’autres (Un sourire comme le dit J.Oury).sont inestimables . L’aphorisme est étymologiquement une délimitation, d’où ensuite une définition. Cet exposé est donc bien délimité, balisé. Mais il faut ajouter que l’aphorisménos grec est celui qui est ‘mis à part’ et on en trouve mention dans le journal de Kierkegaard, où il évoque cette dimension pathique de souffrance profonde, radicale qui l’isole, le sépare des autres ou plutôt le met à part. Je cite « Paul parle d’être un aphorisménos-c’est à-dire un mis à part- eh bien j’en ai été un dès ma plus tendre enfance.Mon supplice fut d’abord la souffrance même que je sentais, puis encore le fait qu’autour de moi on devait tenir pour orgueil ce qui n’était que souffrance et misère » 3. R.Maebe revient sur les différentes acceptions et l’horizon sémantique large du com- putare, allant de compter, calculer, jusqu’à penser, croire, et juger. On pourrait ajouter en cette période entre Pâques et l’Ascension le comput, du latin computus, et qui désigne le calcul des dates des fêtes mobiles dans la religion chrétienne, qui sont liées à la fête de Pâques, l’Ascension succédant à J +39, après Pâques, Le Lundi de pentecôte à J+ 50 etc. A compter, et compteur, on peut ajouter comptoir, mais aussi les comptines enfantines. (A propos de comptoir Brochner raconte dans ses souvenirs que Kierkegaard travaillait vers 23 ans chez un marchand de tissus, le mètre à la main, derrière un comptoir). A propos de "ratio" c’est le " rationem cum aliquo putare", apurer un compte avec quelqu’un qui m’a retenu un peu, car ratio au delà du calcul nous entraîne vers ration, rationner, voire ratiociner et ouvre par là à la psychopathologie (de la névrose obsessionnelle notamment). Ratio c’est aussi la raison, le rationnel. Ratio vient de ratus, ce qui est compté, calculé, ce qui compte d’où ce qui est valable, approuvé (du verbe reri, compter, calculer) .Son antonyme est irritus, ce qui ne compte pas. (voir plus loin irritant ) . On trouve encore ce ratus au féminin rata, dans pro-rata soit à proportion déterminée, mais sous forme substantivée le prorata est une quote-part. Il ne faut pas nier que les méthodes de calcul des différent indices,quotients,proportions, tropismes,du nombre des positions puissent être utiles cependant elles ont pour certains un coté des plus irritant. Irritant vient du latin irritare, au sens commun exciter, stimuler, provoquer Mais ce terme d’irritant a eu aussi le sens de "qui annule". En latin juridique " irritus "veut dire qui ne compte pas, au sens de non ratifié, annulé.On a longtemps parlé dans le droit français de condition ou de clause irritante, en ce sens qu’il s’agit d’une condition essentielle à la validité d’un acte, qui sans elle est annulé, cassé (sens de "irritare"). Il me semble que cette condition juridique peut éclairer aussi le mode de penser obsessionnel de l’annulation rétroactive. Les différents calculs seraient-ils, tels une condition irritante, essentiels à pour l’interprétation du test ? C’est la question fondamentale abordée dans ce texte. 1. Les méthodes de calcul Ce texte aborde les différentes méthodes de calcul mises en place après celles de Szondi ,et surtout de mettre en valeur celles qui ont été élaborées au sein de l’école de Louvain-Liège par ceux qui à sa suite se sont mis à compter J.Mélon, Jean-Marc Poellaer, Bob Maebe lui- même,ceci ayant abouti à la mise au point de logiciels permettant des calculs automatiques par J.Mélon, avec Karl Louvet, revus en 2004 par Etienne Favraux ) et par Bob Maebe lui- même (Disponible sur le Site du CEP ). Cela texte est une référence pour tous ceux qui souhaitent s’intéresser de plus près à ces méthodes .J’en retiens un certain nombre de points cruciaux. 1.1. La comparaison des profils et des choix bruts R.Maebe insiste tout d’abord sur l’intérêt de comparer les profils obtenus aux choix bruts car de nombreuses erreurs peuvent se glisser ; il y de nombreuses erreurs dans les cas présentés par Szondi, et donc un danger d’interpréter à partir de notations conventionnelles erronées. Dans le cas de la Triebpathologie on trouve de nombreuses erreurs. (Ex : Cas 15 ingénieur pages 224-225, deux erreurs à l’EKP ; dans un autre cas un syndrome de meurtre correspond à une erreur !) Cela rejoint ce que Susan Deri affirme comme principes d’interprétation : « La première chose à faire lorsqu’on interprète un profil est de déterminer la force dynamique relative des 8 facteurs » en comptant le nombre de choix dans chaque facteur (Nombre absolu sans considérer la différence entre + et -) cela permet de distinguer les facteurs chargés et les facteurs déchargés ou nuls. (Cela sera repris comme tropisme factoriel) S.Deri note1 qu’ « on ne devrait jamais se fier à l’interprétation des tendances structurales à partir du seul protocole abrégé (symbolisé) » S.Deri parle de carrés isolés de balancement (présent ou absent), dans un ou les deux facteurs. Le clivage vectoriel + - peut signifier 2/1 et 1/2 il y a alors balancement Mais il peut aussi référer à 3/0 et 0/3 il n’y a alors pas de balancement ! D’où une différence d’interprétation. 1.2. La transformation des choix bruts en réactions A partir de 28 combinaisons différentes de choix bruts positifs et négatifs on obtient par réduction et traduction 12 réactions différentes : o, +, -, ± avec des accentuations ( !) On pourrait considérer qu’il y a une perte d’information, une perte « fatale » selon J.Borg , qui l’amènera à proposer un nouveau « scoring ». 1 S.Deri, Introduction au test de Szondi, De Boeck,1991, p.40. Mais pour Szondi,2 il faut rappeler que le départage (Aufteilung) des réactions est mis en rapport, selon une double perspective avec : -d’une part la théorie génétique : la quantité est mise en relation avec la manifestation pulsionnelle du champ héréditaire de ce facteur (réactions nulles) et avec un facteur génotropique pour les réactions pleines ; -d’autre part avec la théorie du moi :la direction du choix, positive,négative ou ambivalente est liée à l’action du Moi : « un signe manifeste de la prise de position du moi vis-à-vis de la tendance concernée » (page 59 ). Cela nécessite de revenir brièvement sur les aspects historiques de la création du test et les différentes tentatives successives faites pour en arriver au choix du matériel.Deux points méritent une attention particulière : Le premier est que le choix des photos a initialement été fait, conformément à la théorie du génotropisme, et les photos étaient celle de conducteurs latents ,(porteurs de gènes pulsionnels récessifs latents.) Comme le note Claude Van Reeth3 « un premier test construit à partir de photos de sujets supposés être porteurs latents, resta inefficace ». Et Szondi sans explication, procéda à l’élaboration d’un instrument composé de photos de visages de conducteurs manifestes. Qu’est-ce à dire ? Si ce n’est qu’on est passé d’une théorie de l’attirance à une théorie du choix, lequel est immédiatement déterminé par les photos, selon un principe de sympathie et d’antipathie. Le test permet dès lors d’envisager les antipathies, les répulsions. Ce que M.Legrand qualifiait d’excès du test sur la doctrine", est aussi l’introduction de la négativité. Le second point à souligner est le fait que Szondi a fait varier les photos jusqu’à ce qu’il obtienne un profil théorique qui soit S ++ P - + ou + - Sch - - et C 0+ pour l « ’Alltagsmensch « à partir des test des ouvriers de la voirie de Budapest. Cela montre tout le travail de va et vient entre la théorie et la construction du test .La théorie du génotropisme se voit ainsi contestée par la mise au point du test mais Szondi ne l’abandonne pas, au contraire il met au point différents indices en rapport avec elle : le degré de tension de tendance, le quotient de tension de tendances, la formule pulsionnelle, les proportions de latence, les classes pulsionnelles.les index proportionnels .Leur valeur est de ce fait discutable. La pratique du test n’est donc pas l’application de la théorie, elle la dépasse, et c’est une pratique ouverte à tous les développements théoriques ultérieurs qui enrichissent la praxis, et permettent d’éviter ce qu’énonce un autre aphorisme de Einstein : « La théorie c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.La pratique, c’est quant tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.Ici, nous avons réuni théorie et pratique : rien ne uploads/Philosophie/ aurieres-max-discussion-du-texte-de-robert-maebe.pdf
Documents similaires










-
32
-
0
-
0
Licence et utilisation
Gratuit pour un usage personnel Attribution requise- Détails
- Publié le Aoû 22, 2021
- Catégorie Philosophy / Philo...
- Langue French
- Taille du fichier 0.1234MB