1 LA BENEDICTION DITE « DES LEVITES » ( Nombres Ch 6 versets 22 à 27) PRÉ - FAC

1 LA BENEDICTION DITE « DES LEVITES » ( Nombres Ch 6 versets 22 à 27) PRÉ - FACE Cette bénédiction « labellisée » par la Torah et dite des Lévites ou des Cohanim ( officiants d’époque) mérite d’être analysée en son message : « L’Eternel parla à Moïse en ces termes : « Parle ainsi à Aaron et ses enfants : Ainsi bénirez vous les enfants d’Israël : Dis leur : » Et la bénédiction qui suivra va alors comporter QUATRE PARTIES que le grand prêtre devra prononcer Celle –ci comporte en réalité: Trois phrases de souhaits suivies d’une phrase conditionnant la réalisation de ces souhaits LA VOIE DE LA BENEDICTION DIVINE , PAR CELLE DES LEVITES, N’EST POINT LA VOIE EXCLUSIVE : Car rappelons ce que nous avait dit le rouleau ( Exode Ch 20 v 19) : Békol a makom acher azkir éth chémi, avo élékh’a ou vérakh’tikh’a « En tous lieux ou sera évoqué mon concept (*) je viendrai à toi et te bénirai » (*) litter : où mon NOM sera évoqué) I - LA TOUTE PREMIERE PHRASE DE SOUHAIT ו׳שמרך יברכך ה׳ Yivarékh’ékh’a Adonaï Vé ychmérékh’a Invocation par le grand prêtre de la fécondité et de la prospérité matérielle : ו׳שמרך = יברכך ה׳ Que l’Eternel te bénisse et te préserve (c’est la traduction officielle choisie) Ou bien, en autre sens implicite : C’est bien ( seulement) l’ Eternel qui te bénira et te préservera Essayons d’analyser quel(s) sens a, en réalité, en hébreu ancien, le vocable « BENIR » pour le Pentateuque ? En français, le mot bénir, lui, a un sens tout restrictif et simple qui nous a conditionnés en notre mode de pensée. Bénédiction vient du latin Bene dicere « dire du bien de… ».ou de Bene dictus « bien dit ». En hébreu biblique Le mot bénir a en réalité des significations bien plus larges, et doit donc être bien différencié selon trois situations exégétiques différentes, et donc en trois sens différents selon chacune de ces situations : Celle où c’est l’homme qui « bénit » Dieu , avec son premier sens Celle où, c’est l’homme qui « bénit » l’homme, avec un deuxième sens Et enfin celle où c’est Dieu qui « bénit » l’homme en troisième sens ( de ce texte) 2 Î1er cas : C’est l’homme qui « bénit » Dieu Dieu n’a strictement nul besoin de la bénédiction du microbe humain. Le sens est autre : Bénir vient du mot Bérékh ברךqui veut dire genou. C’est alors une action de grâce et de remerciement qui implique éthymologiquement une génu - flexion , et, par déclinaison le dérivé Baroukh ata ברוך אתהsignifiera « Que l’on s’agenouille devant TOI… » [ NB : Cette génuflexion est à distinguer de la prosternation ( léichtakh’avé) où , là alors, le personnage se plaque sternum à terre ( se pro-STERN-e ) et donc se met à plat ventre. De fait , dans la bible l’expression la plus utilisée en ce dernier cas est vayipol al panav « tomber sur sa face » (et non pas « tomber sur la tête ») ] Î2ème cas : C’est l’homme qui « bénit » individuellement son congénère La bible nous démontre qu’il ne peut y avoir alors ici qu’un seul sens, celui de souhaiter que du bien arrive à quelqu’un que l’on apprécie et qu’on ne dise que du bien de lui. ET RIEN DE PLUS. Comme dans le sens latin ou français courant de notre époque. En aucun cas un humain , quel qu’il soit, ne peut se permettre de se substituer à Dieu pour aller au-delà et définir quel sera l’ avenir individuel d’autrui Les seules prédictions admises en cette voie ne sont que collectives et bien encadrées et que seulement dans le cadre de cette bénédiction publique qui est celle de souhait des Lévites et des conditions qui y sont posées. Rarement aussi de prophéties. C’est ainsi que la bénédiction d’Isaac à Jacob, qui a outrepassé cette règle, ( Isaac n’étant en rien Dieu) nous enseigne que tout ce qui arrivera à Jacob sera justement l’exact contraire des éléments de bonheur que lui prédisait illusoirement son père Isaac qui n’en avait en rien le pouvoir. Ainsi, quant au sort de Jacob le « béni »: Î Jacob subira deux famines en disette au lieu de l’opulence de prospérité annoncée, Î C’est lui qui devra d’agenouiller sept fois devant son frère (et non l’inverse annoncé), Î IL aura deux fois moins de descendants directs que son jumeau Esau, Î Sa bien aimée de toute passion Rachel mourra jeune à son grand désespoir d’inconsolable, Î Il se fera berner par son oncle et beau-père Laban, Î Son fils Ruben le cocufiera avec sa propre épouse Bilha,. Î De même son fils Levi, aidé de Siméon le « mettra en mauvaise odeur » et déshonneur prés les populations environnantes, par le massacre perpétré en génocide et rapines Î Il croira de même son fils Joseph mort pendant bien des années etc….etc… Et Jacob aura eu ainsi, après cette « béné -malé- diction » de son père Isaac, une vie décrite par lui auprès de Pharaon comme n’ayant été que très malheureuse et peu enviable ( Genèse 47, 9) La leçon ainsi donnée par la bible est la suivante : Si vraiment vous voulez de ce genre de « bénédiction » humaine pseudo - prophétique, alors soit, mais à vos risques et périls…. Mais un homme peut parfaitement supplier Dieu d’intervenir pour autrui. Ainsi ( dans II Samuel 6,18) David souhaite au peuple d’être béni, mais en invoquant , pour cette réalisation, le Nom de l’Eternel -Tsebaoth , Remarquons que David n’est pas lévite. Nous verrons que même en ce cas, la réalisation de la bénédiction reste conditionnelle . Î3ème cas : C’est Dieu qui « bénit » l’homme ( C’est ici le cas de notre étude sur la bénédiction des officiants cohanim prêtres d’époque) ET LUI SEUL PEUT LE FAIRE A l’origine, là aussi, le mot « bénir » vient du même mot Bérékh ברךqui veut dire genou. Mais cette fois-ci pris dans un sens très différent, celui de la reproduction et de la fertilité . 3 Car « l’entre – genoux » est le lieu de la fertilité et de l’accouchement soit direct , soit indirect, par mère porteuse interposée. Ainsi Rachel fait accoucher sa servante Bilha en mère porteuse et dit à Jacob que celle-ci accouchera Al barkéy « sur mes genoux » ( Genèse Ch 30, v 20) . Mais encore faut-il que ces enfants , ainsi nés, soient préservés des malheurs (et surtout à l’époque ‘ c’étaient les garçons qui assuraient « la retraite des vieux », comme on le voit fort bien avec le patriarche Isaac qui, devenu aveugle, devient totalement dépendant de ses fils pour survivre.) D’où l’ajout de la précision : « QU’IL TE PRESERVE » physiquement, toi, Israël, et ce qui t’est octroyé ( Vayichmérékh’a ) וישמרך De là, et par extension, la bénédiction divine s’appliquera plus largement à toute prospérité matérielle , à tout ce qui permettra ainsi à la nombreuse progéniture souhaitée et accordée de bien vivre en satiété. C’est ce qui est surabondamment rappelé dans le rouleau en de maints endroits ou dans le début du 2ème paragraphe du Chéma . en version traditionnelle. Mais si le respect des commandements autorise et génère cette opulence gratifiée, ( par un bien être qui satisfaisait les instincts premiers , tant de préservation de la reproduction que de ceux de la vitalité du peuple,) l’inverse nous est rappelé comme étant tout aussi vrai Aussi le texte ne cesse de nous rappeler en exergues de prendre très au sérieux ces mises en gardes itératives et dramatiques en un message parfois si terrible que d’aucuns préfèrent l’occulter et ignorer cette partie du rouleau et faire l’autruche . En effet, n’oublions pas que le peuple du Sinaï a pris un engagement inter- générationnel de toujours devoir porter haut le concept du Divin unique, abstrait et absolu et de diffuser aux nations une image de morale que le peuple Juif , génération après génération, s’est tenu de donner en exemplarité universelle. Aussi, l’irrespect des commandements est condamnable et vaut, au minimum une sanction de disette.( cf : 2ème paragraphe du Chéma , le crédo juif ) et au pis , [ en cas de passage à la chronicité dans les judéo - paganismes, ou si l’on veut être plus précis, en cas de destruction du concept, du Chém , du Nom, de la re-NOM-mée donnée en faux aux nations sur l’image du Divin abstrait et absolu ] , alors les sanctions peuvent pleuvoir dru dans les générations à venir, face à cette trahison de Valeurs, et aller jusqu’à l’insoutenable collectif (voir le testament de Moïse dans Haazinou – cf aussi : notre article la dessus dans les études ajlt -ou bien voir le Pacte de Moab. Deutér. 28, 69) Car , que cela nous déplaise ou non ne change rien uploads/Philosophie/ benediction-des-levites.pdf

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