978-2-200-24951-9 © Armand Colin, 2011 Jean-Daniel Boyer est docteur en science
978-2-200-24951-9 © Armand Colin, 2011 Jean-Daniel Boyer est docteur en sciences économiques, professeur agrégé de sciences économiques et sociales à l’UFR des Sciences sociales – Université de Strasbourg Photographie de couverture : Adam Smith, © Bettmann/Corbis Maquette de couverture : Atelier Didier Thimonier Maquette intérieure : Dominique Guillaumin www.armand-colin.co Collection Lire et comprendre JacquesCoenen-Huther, Comprendre Durkheim Denis COLLIN, Comprendre Machiavel LoïcDepecker, Comprendre Saussure AlexandreDupeyrix, Comprendre Habermas GérardGuillerault, Comprendre Dolto JeanLefranc, Comprendre Nietzsche SabineParmentier, Comprendre Melanie Klein Hadi RIZK, Comprendre Spinoza, 2 e édition Jacques SÉDAT, Comprendre Freud Table des matières Introduction : La contemporaine canonisation néolibérale d’Adam Smith 7 PARTIE I LES CARACTÈRES DU RAISONNEMENT SCIENTIFIQUE Introduction : Lois de la nature, lois de la science : une tension 13 Chapitre 1 : Les caractères supposés des lois de la Nature 15 La composition de la Nature 15 La Nature comme création d’un grand Législateur 16 Les caractères de la Divinité 19 Chapitre 2 : Caractères des lois scientifiques 22 1. À l’origine des sciences : les facultés de l’esprit 22 2. À l’origine de la réflexion scientifique : l’écart entre la réalité et nos schèmes de pensée 24 3. La réflexion et la science au secours des désarrois de l’esprit 28 4. Les principes de Newton comme modèle 32 Conclusion 33 PARTIE II LA PHILOSOPHIE MORALE Introduction : Problématique et ambition de la philosophie morale 37 La canalisation des passions comme problématique 37 L’ambition d’Adam Smith : un système synthétique de philosophie morale 39 Articulation générale de la Théorie des sentiments moraux 40 Chapitre 1 : La sympathie, critère de la convenance de l’action 42 1. Les caractères de la sympathie 42 2. La sympathie comme critère de la convenance de l’action : premier niveau du jugement moral 45 3. Les insuffisances d’une morale situationnelle fondée sur la sympathie 54 Chapitre 2 : Les différents niveaux du jugement moral des actions d’autrui 58 1. Mérite et sens du mérite : le deuxième niveau du jugement des actions d’autrui 58 2. Le troisième niveau du jugement moral : la récompense du mérite et du démérite d’une action – l’examen de la convenance des motifs de l’action 61 3. Les limites de nos jugements des actions d’autrui 66 4. Quatrième niveau de notre jugement moral : la référence au spectateur impartial – symbole de l’universel – et la prise en considération de la participation de l’action au dessein de la Divinité 69 Chapitre 3 : Le jugement de la moralité de nos actions 73 1. Le jugement de nos propres actions 73 2. Le désir d’être digne de l’éloge (the love of praise-worthiness) et la crainte d’être digne du blâme (the dread of blame-worthiness) 75 3. La possible corruption de nos sentiments moraux et la nécessité de nous en remettre au spectateur impartial 76 Chapitre 4 : La supériorité du système d’Adam Smith 81 1. Les vertus 81 2. L’origine de nos sentiments moraux 85 Conclusion : Architecture de nos sentiments moraux et des règles morales 89 1. Nos sentiments moraux comme approximation des sentiments du spectateur impartial 89 2. La gravitation en matière de morales : règles générales et justice naturelle 91 PARTIE III L’ENQUÊTE SUR LA NATURE ET LES CAUSES DE LA RICHESSE DES NATIONS Chapitre 1 : Les déterminants de la richesse des nations 97 Introduction : nature et origine des richesses 97 1. Les déterminants de la puissance productive du travail 99 2. Les déterminants de la quantité de travail utile déployée dans la nation : le stock de capital fixe 108 3. Les progrès naturels de l’opulence 124 Chapitre 2 : Valeur et prix dans l’analyse smithienne 136 1. La valeur d’échange d’une marchandise matérielle (commodity) 137 2. Prix naturel et gravitation des prix de marché 146 3. La détermination des taux naturels et la répartition des richesses entre classes sociales 152 4. L’explication des différences de rémunération des facteurs 158 Conclusion : La gravitation et le problème des taux naturels considérés parfois comme taux moyens 160 Chapitre 3 : La critique des systèmes économiques 163 1. Le système mercantile et sa critique 163 2. La critique des systèmes agriculturaux 183 Conclusion : la supériorité du système de Smith 185 PARTIE IV : LA PUISSANCE PUBLIQUE Chapitre 1 : Les trois devoirs du souverain 189 1. La défense comme premier devoir du souverain 189 2. L’administration de la justice comme deuxième devoir du souverain 191 3. La dépense des travaux et des institutions publics comme troisième devoir du souverain 192 4. La nécessaire dépense de soutien de la dignité du souverain 203 Chapitre 2 : Les ressources de la puissance publique 205 1. Les sources du revenu provenant d’un fonds appartenant au souverain ou à la collectivité 205 2. Les impôts 207 3. Les dettes 216 PARTIE V LE DEVENIR DES SOCIÉTÉS HUMAINES Chapitre 1 : La reconstruction du devenir passé des sociétés humaines 225 1. L’histoire conjecturale 225 2. La théorie des quatre stades 227 Chapitre 2 : Les principes essentiels de la dynamique des sociétés : abstraction, rationalisation et systématisation 233 1. Le devenir du langage entre abstraction, rationalisation et systématisation 233 2. Le devenir des arts entre abstraction, rationalisation et systématisation 237 3. Le devenir des systèmes de jurisprudence et du droit entre abstraction, rationalisation et systématisation 240 Conclusion 241 Conclusion générale 243 Références 245 Introduction La contemporaine canonisation néolibérale d’Adam Smith Adam Smith est aujourd’hui présenté comme l’apologue du marché, comme le penseur qui aurait révélé au monde moderne le fait que la poursuite des intérêts égoïstes permettrait de générer le plus grand bonheur du plus grand nombre. Il est mobilisé dès qu’il s’agit de défendre le fonctionnement libre du marché contre l’ingérence des institutions publiques dans l’économie, dès qu’il s’agit de suggérer que le marché est une institution naturelle au fonctionnement autonome et parfait à laquelle nous devrions naturellement et en toute confiance nous soumettre pour le bien commun. Rien d’étonnant à ce qu’Adam Smith soit de nos jours le héros des politiques et des instituts néolibéraux. Les idéologies comme les sociétés ont besoin de mythes fondateurs. Une telle perspective n’est pas véritablement la nôtre. Mais rien ne sert d’emblée de passionner un texte avant son examen. Nous souhaiterions davantage questionner la constitution de ce qu’il faut bien appeler une œuvre en essayant d’en retracer les logiques, les cohérences et les articulations. Adam Smith n’était pas seulement un penseur de l’économie. Il était – et se définissait – bien davantage comme un philosophe moral au sens du XVIII e siècle, c’est-à-dire comme un spécialiste des sciences humaines, s’intéressant à la fois à la philosophie des sciences et à son histoire, à l’origine et à la nature de nos sentiments moraux, mais aussi à la philosophie et à l’histoire du droit dans laquelle l’économie était encore encastrée. C’est sans doute la raison pour laquelle Adam Smith a fait problème notamment au regard des déterminations supposées de l’action humaine, tiraillée, d’après la lecture qu’en faisaient les tenants du Adam Smith Problem, entre la bienveillance dans la Théorie des sentiments moraux et l’intérêt égoïste dans LaRichesse des nations. Pour tenter de dissiper ces incohérences apparentes, nous avons souhaité articuler le présent ouvrage en essayant de rendre compte des dimensions de la pensée smithienne telle qu’elle se présente dans ses divers ouvrages. Avant de nous intéresser aux recherches smithiennes en matière morale et économique, nous avons souhaité revenir sur sa conception des lois scientifiques et des lois de la Nature en nous fondant sur ses Essais philosophiques. Nous avons ensuite choisi d’examiner les principes exposés dans sa Théorie des sentiments moraux pour montrer que celle-ci appelait une autre enquête relative à la jurisprudence dans laquelle prenait d’ailleurs place l’Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations. La Théorie des sentiments moraux avait pour ambition de préciser les caractères de l’action morale et juste et de mettre au jour les règles de justice ou de jurisprudence naturelles qui devaient permettre d’inspirer les lois positives et de régir les institutions sociales et économiques. Sous cet angle, l’œuvre d’Adam Smith se présente finalement comme une théorie de la justice. Nous avons choisi de nous fonder sur les écrits de l’auteur en les citant largement et en essayant de les exposer selon un déroulement relativement linéaire pour comprendre leurs articulations, mais aussi pour permettre à tout lecteur de se référer aux textes originaux. Nous avons essentiellement fait référence aux ouvrages publiés par Smith ou à ceux qu’il n’avait pas souhaité savoir brûlés, après sa mort, par ses exécuteurs testamentaires. Adam Smith (1723-1790) – Repères biographiques Adam Smith naquit le 5 juin 1723 à Kirkcaldy, petit village de pêche de 1 500 habitants à l’époque, situé sur l’estuaire du Forth (Firth of Forth) faisant face à Édimbourg. Son père étant décédé avant sa naissance il y fut élevé par sa mère – Margaret Douglas – dont il fut l’unique enfant. Hormis l’enlèvement de quelques heures par des vagabonds dont il fut la victime vers l’âge de trois ans, sa jeunesse se déroula de manière ordinaire et uploads/Philosophie/ comprendre-adam-smith-by-jean-daniel-boyer.pdf
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- Publié le Jui 07, 2021
- Catégorie Philosophy / Philo...
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