1 Jean MOURGUES LA PENSÉE MACONNIQUE UNE SAGESSE POUR L’OCCIDENT Edité par les

1 Jean MOURGUES LA PENSÉE MACONNIQUE UNE SAGESSE POUR L’OCCIDENT Edité par les P.U.F. (actuellement épuisé) 2 PRESENTATION. Les francs-maçons liront ces pages avec gourmandise ; et ceux qui ne le sont pas corrigeront, grâce à elles, nombre d’idées reçues. Même un regard de l’intérieur peut ne pas tout apercevoir car le temps est d’abord nécessaire pour ne rien laisser dans l’ombre ; et le volonté aussi : celle de connaître comme celle de vivre un tel programme ; tant il enrichit, à chaque moment, de la réflexion de chacun Aussi quelles que soient les obédiences, chaque franc-maçon se retrouvera dans ce livre : L’universalité de la Pensée maçonnique n’ayant jamais été un vain mot, quelles que soient les différences, voire les divergences toujours formelles d’ailleurs, qui ont pu, dans le Temps et dans l’Espace, nuancer les applications. Mais il ne s’agit pas seulement d’ »apporter la lumière » à ceux qui l’aperçoivent déjà puisque la deuxième intention de ce texte veut être une « mise au point » vis à vis de toutes les erreurs du jugement formulées à l’encontre de l’Ordre maçonnique, c’est à dire de sa raison d’être, de ses modalités de fonctionnement comme de ses objectifs. L’ « air de la calomnie » comme la pratique du bouc émissaire devraient cesser devant la « prise en compte » d’une durée qui, à travers plus de deux siècles et sur tous les continents, a maintenu vivant ce mode de réflexion, malgré toutes les attaques, tous les interdits, toutes les persécutions dont il a été ou dont il est l’objet dans tous les pays sans liberté. Grâce aux développements de Jean Mourgues on pourra d’abord savoir ce que n’est pas la franc-maçonnerie. C’est ainsi qu’historiquement toutes les origines relevant d’une interprétation abusive ou sans fondements ont été écartées au profit d’une datation objective et, donc contrôlable : les romans à prestige y perdront sans doute (les origines templières ou même bibliques de la franc-maçonnerie) mais l’exigence historique y gagnera. Autre sujet de critique, de méfiance voire de crainte ou de dérision : le secret maçonnique qui, en fait, n’a jamais eu le dessein de préserver quelque objectif inavouable, mais qui relève seulement d’une morale aux termes de laquelle : « nul n’a droit qu’à la vérité qu’il a su découvrir » par lui-même et pour lui-même. L’effort personnel état toujours exigé dans ce domaine comme dans tous ceux que cet engagement implique. Quant à cette fraternité qui, pour beaucoup de malveillants, constitue une exigence d’assistance, quelles que soient les qualités de ceux qui doivent en bénéficier… la vérité est encore une fois très éloignée de ce préjugé puisqu’il s’agit, doctrinalement, d’un impératif de solidarité qui doit naître de la confiance devant être accordée à ses semblables, confiance générale, certes, mais reposant sur les « Devoirs de droiture et de loyauté » qui sont d’obligation en maçonnerie. Cette déclaration débarrassant ainsi de toutes les impuretés de la calomnie un aspect difficile de la vie maçonnique relevant d’une morale mais aussi d’une affectivité maîtrisée autant que lucide. Autre chapitre que l’auteur ne pouvait pas ne pas aborder sous peine de décevoir l’attente de son lecteur : les rapports entre franc-maçonnerie et religions, ou plus exactement entre l’2glise catholique et la franc-maçonnerie française, et l’on pénètre là 3 dans une forêt d’ambiguïtés et d’épisodes successifs autant que contradictoires que seul l’Esprit de finesse permet de dénombrer autant que d’évaluer pour déboucher quand même sur une conclusion. Et il faut d’abord faire table rase d’une soi-disant laïcité accompagnée d’un anticléricalisme militant qui n’ont jamais été l’un des caractères distinctifs de la franc- maçonnerie puisqu’ils n’étaient le fait que de francs-maçons exprimant des opinions davantage « profanes » que maçonniques. Cependant, il ne faut pas oublier (à travers les chapitres relatifs à la « Loge maçonnique » à « l’initiation » au « travail maçonnique » à la « morale maçonnique etc.) que cette philosophie accepte toutes les voies pouvant conduire à la Vérité en n’en privilégie, par conséquent, aucune comme c’est le cas pour tel ou tel dogme enseigné par telle ou telle 2glise : « Hors de moi point de salut » constitue l’affirmation toujours catégoriquement refusée par le franc-maçon, c’est là sans doute la seule raison des bulles d’excommunication du Vatican depuis 1738 (Clément XII). Mais les obédiences maçonniques n’ont jamais fait état (et pour cause) d’une quelconque révélation pour justifier leur existence, n’ont jamais constitué d’Eglise, ni administré des sacrements. Il ne pouvait donc y avoir de concurrence dans ce domaine. Un certain nombre d’ecclésiastiques (appartenant au clergé régulier surtout) s’élevèrent contre les condamnations proférées par leur Eglise à l’encontre de l’Ordre maçonnique, et ce fut sans doute (avec la compréhension de bien des prêtres séculiers) l’une des raisons qui ont fait supprimer, dans le texte actuel du droit canon, l’excommunication envers le franc-maçon. Enfin, lorsque Jean Mourgues écrit : L’ordre religieux déplace les passions, neutralise les accès de violence, apaise les peurs 4, il ne pense certainement pas aux fanatismes bien connus du monde moderne, mais à la grandeur du sentiment religieux vrai. Ou encore lorsque ce même auteur fait allusion « à la nostalgie des cérémonies catholiques » qu’il a cru détecter parfois en maçonnerie, ou enfin lorsqu’il affirme que « la religiosité et l’esprit scientifique sont non seulement des attitudes complémentaires, comme on le dit parfois, mais plus proches encore l’une de l’autre : par la foi commune qu’elles impliques, foi dans un ordre universel accordé à l’ordre humain accessible à l’esprit » 5 Alors on peut y voir de plus en plus clair et l’on ne peut que comprendre la fin d’une hostilité que l’œcuménisme a commencé de modérer et terminera par des convergences de sagesse. Voilà donc quelques aperçus sur ce que n’est pas la franc-maçonnerie – à travers les analyse de l’auteur. Mais quels sont les apports de cette philosophie ? Il n’est pas évidemment pas question, dans les limites de cette présentation d’annoncer tous les chapitres traitant de cet apport, mais il semble tout de même possible d’éclairer successivement quelques aspects fondamentaux de la vie maçonnique tels que : L’initiation, « cette démarche qui conduit à la compréhension progressive de la condition humaine », et voilà expliquée, parce que transcendée, une « cérémonie » (puisque cérémonie il y a) que l’hostilité partisane avait tournée en dérision en oubliant la permanence de ce rite à travers la plupart des civilisations. 4 La Loge maçonnique…réponse occidentale aux exigences qui ont produit aux Indes et en Chine les Ashrams et les monastères 7, et cette courte définition est gonflée d’une signification dont chacun prendra conscience. La morale maçonnique : à considérer globalement comme « une approche de nouvelles formes religieuses possibles…non pas qu’elle vise à les définir mais plutôt à en exprimer la nécessité »8. C’est ainsi que le franc-maçon doit, dès son initiation, se préparer à une « lente conquête de lui-même par lui-même », c’est à dire à une maîtrise de ses passions pour gagner sa libération, afin d’assumer son destin sans pour autant sortir de sa condition. « Être du monde et au-delà du monde jusqu’à l’ascèse »afin de marcher vers sa vérité et de répondre aux exigences de sa propre finalité… Que voilà une morale personnelle qui fait penser à une authentique vie mystique, pur celui qui veut l’assumer afin de répondre à sa vocation. Ce grand dessein personnel n’exclut pas pour autant la croyance en la possibilité d’établir un ordre social ou de contribuer à l’établir, sans jamais pour autant se préoccuper de l’événement à court terme. Il faut aussi, à ce propos, différencier les engagements individuels du franc-maçon, qui sont toujours très dispersés, de l’engagement institutionnel qui, lui, n’appuie jamais telle ou telle formation déterminée. Il ne s’agit donc pas d’un réseau organisé destiné à contrôler le Pouvoir (encore une idée reçue), mais seulement du rayonnement personnel de tel ou tel franc-maçon, comme il peut s’agir aussi de la prise en considération (par un pays ou un ensemble de pays) des études conduites par une obédience maçonnique : c’est ainsi que des acquis aussi différents que la reconnaissance des « droits de l’homme » ou « l’organisation des nations Unies » peuvent être considérés comme les fruits de cette réflexion. Apports résultats du Travail maçonnique « constamment inspiré par un sens profond de la relativité (vis à vis de toutes les croyances et de toutes les opinions établies) tout en précisant « qu’il ne s’agit pas de syncrétisme, bien au contraire, mais d’une compréhension respectueuse des apports divers dans leur multiplicité, leur originalité, dans leur concurrence et en définitive dans l’élaboration d’une convergence supérieure »9 qui n’est autre que la Foi maçonnique. Est-ce à dire que toutes ces « mises au point » successives (qui peuvent être considérées par certains comme des plaidoyers) ont été motivées par un souci de prosélytisme ? Assurément non, et d’abord parce que l’élitisme a toujours guidé les pas de la franc- maçonnerie, et parce qu’elle accepte dans ses rangs que des hommes de uploads/Philosophie/ la-pense-e-mac-onnique.pdf

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