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http://chouquette-et-le-crpe.eklablog.com Les modèles d’enseignement-apprentissage Didactique Une fois les objectifs et les pré-requis d’une séquence d’enseignement définis, il faut engager une réflexion sur la manière de permettre aux élèves d’atteindre les objectifs fixés. Deux questions se posent alors : Comment les élèves apprennent-ils ? (renvoie à l’apprentissage) Qu’est-ce qui favorise l’apprentissage ? (renvoie à l’enseignement) Les réponses peuvent être rattachées à trois courants principaux, que l’on peut caractériser ainsi : 1er courant : Enseigner, c’est transmettre le savoir. 2ème courant : Enseigner, c’est faire découvrir le savoir. Les modèles de ce type d’enseignement font en sorte que les élèves découvrent le savoir par eux-mêmes, en leur évitant de faire des erreurs grâce à un guidage très fort de l’enseignant (ce dernier ne leur communique toutefois pas directement le savoir).1 3ème courant : Enseigner, c’est aider l’élève à construire le savoir. Les modèles de ce type d’enseignement ont pour but de faire élaborer des éléments du savoir par les élèves en les confrontant dès le début de l’apprentissage à des problèmes (la résolution de ces problèmes passe par la construction des connaissances que l’on souhaite enseigner).2 Il existe plusieurs modèles d’enseignement-apprentissage. Cinq d’entre eux appartiennent aux trois grands types d’enseignement mentionnés ci-dessus. Enseigner, c’est transmettre le savoir. 1. Le modèle transmissif. Enseigner, c’est faire découvrir le savoir. 2. Le modèle « maïeutique scolaire ». 3. Le modèle behavioriste / induction guidée (modèle privilégié dans l’analyse de dossier). Enseigner, c’est aider l’élève à construire le savoir. 4. Le modèle socio-constructiviste (modèle privilégié dans l’analyse de dossier). 5. Le modèle de l’« apprentissage abstraction ». 1 Conception idéaliste du savoir défendue entre autres par Platon, pour qui le savoir existe indépendamment de la réalité. 2 Conception constructiviste défendue entre autres par Aristote, pour qui le savoir est une construction du chercheur qui n’existe pas avant cette construction. http://chouquette-et-le-crpe.eklablog.com I- Le modèle transmissif. 1. Caractéristiques. La tête de l’élève est « vide » de connaissance. Ce modèle s’appuie sur l’hypothèse que l’apprenant ne sait rien du contenu enseigné, ou ne le connaît que de façon incomplète. L’enseignant cherche alors à remplir cette « tête vide » en expliquant ou en montrant le savoir, le savoir-faire. Cette approche paraît très naturelle à toute personne qui a la charge d’enseigner un savoir ou un savoir-faire. On peut la schématiser ainsi : C’est sur ce modèle que s’appuie la pratique du cours magistral. C’est également à ce modèle que l’on se réfère lorsque, face à une erreur d’élève, la bonne réponse est immédiatement apportée par l’enseignant, éventuellement assortie d’explications (on donne la correction de suite, sans laisser le temps à l’élève de chercher). Le rôle du professeur est de communiquer le savoir le plus clairement possible (l’enseignant met l’accent sur la clarté de ses explications, sur le fait qu’elles sont adaptées aux élèves concernés, sur la façon de poser sa voix… Le rôle de l’élève est alors d’écouter attentivement ce qui est dit ou d’observer ce qui est fait. Le but est d’éviter les erreurs au maximum tout au long de ce processus). 2. Avantages et inconvénients du modèle transmissif. a) Avantages. La pratique pédagogique qui s’appuie sur ce modèle d’apprentissage-enseignement permet d’acquérir des connaissances (pour beaucoup d’entre nous, c’est la pratique sur laquelle se sont appuyés certains de nos enseignants avec succès). Ce modèle permet parfois de gagner du temps car on peut enseigner à de nombreuses personnes simultanément (cours magistral). http://chouquette-et-le-crpe.eklablog.com b) Inconvénients. Cette pratique suppose que les apprenants sont attentifs et qu’ils ont les pré-requis nécessaires à la compréhension du discours de l’enseignant. Ces deux conditions ne sont pas toujours réunies, surtout dans l’enseignement primaire ! Mais, même si ces deux conditions sont réunies et que les élèves semblent avoir compris, cela n’empêche pas les erreurs. En effet, contrairement à l’hypothèse sur laquelle s’appuie cette conception, la tête de l’élève n’est pas vide et une connaissance n’en remplace pas facilement une autre (car l’élève possède, de manière plus ou moins consciente, des conceptions). II- Le modèle « maïeutique scolaire ». 1. Caractéristiques. Ce modèle a été à l’origine développé par le philosophe Socrate. Il est fondé sur l’hypothèse que toute personne a en elle-même la connaissance car son âme a traversé le monde de la connaissance. Le rôle de l’enseignant consiste à aider l’apprenant à « accoucher » de cette connaissance3 par un questionnement (dans son livre Le Ménon, Platon met en scène Socrate qui permet à un esclave de résoudre le problème de la duplication du carré grâce à un questionnement « serré » Socrate trace un carré sur le sable et pose cette question : « comment construire un carré d’aire double ? »). L’enseignant procède par questionnement pour amener l’élève à donner les bonnes réponses et/ou pour l’aider à rectifier une erreur qu’il a faite. Cette pratique se retrouve fréquemment dans le cadre de situations de remédiation, mais également lorsque l’enseignant – pour introduire une nouvelle connaissance – pose des questions à la classe pour faire dire aux élèves cette connaissance (l’enseignant ne tient pas compte des réponses fausses, dès qu’un élève a trouvé la bonne il passe à la question suivante). Dans ce modèle, les réponses erronées sont évitées, voire ignorées. L’enseignant évite les erreurs en posant des questions très fermées et, si des propositions incorrectes sont formulées, il les ignore. 2. Avantages et inconvénients du modèle « maïeutique scolaire ». a) Avantages. Ce modèle permet une certaine participation des élèves, au moins de certains d’entre eux. Penser que les élèves ont la connaissance en eux est une preuve de confiance de l’enseignant qui a une répercussion sur la confiance que les élèves ont en eux-mêmes. 3 Le terme « maïeutique » vient du grec « maieutiké », qui signifie « art de faire accoucher ». http://chouquette-et-le-crpe.eklablog.com b) Inconvénients. Ce n’est pas parce que l’élève a donné la réponse attendue par l’enseignant qu’il a compris. C’est un inconvénient majeur. Si l’enseignant n’arrive pas rapidement à faire dire à l’élève ou la classe la bonne réponse, il va avoir tendance à recourir à des effets de contrat : c'est-à-dire revoir à la baisse les conditions d’obtention de la bonne réponse (comme donner la première syllabe du mot attendu par exemple). On parle de l’effet Topaze pour évoquer cette « négociation à la baisse ». Cela renvoie à la pièce de Marcel Pagnol, Topaze, au cours de laquelle un instituteur fait faire une dictée à un élève en difficulté. L’enseignant dicte « les moutons étaient dans le pré… ». Comme l’élève ne met pas de « s » à « moutons » mais qu’il ne peut pas lui dire explicitement d’ajouter ce « s », l’enseignant insiste alors sur la liaison (les moutons « zétaient »). Comme l’élève n’ajoute toujours pas la marque du pluriel, il décide de dire « les moutonssss » (insistance sur le son « sse »). L’élève ajoute alors le « s » mais cela n’est en rien lié à sa compréhension de la règle du pluriel pour certains noms. Un autre inconvénient du modèle « maïeutique scolaire » : souvent, l’élève ne répond pas à la question mais à une autre question, puis finalement formule des hypothèses sur la réponse attendue. Dans ce modèle d’enseignement-apprentissage, la réponse est induite non pas par les connaissances conceptuelles de l’élève (connaissances mathématiques), mais par ses connaissances contextuelles : « Qu’est-ce que l’enseignant veut me faire dire ? Qu’attend-il de moi ? » Les réponses à ces questions définissent les règles qui régissent les relations maîtres/élèves : les didacticiens parlent de « règles du contrat didactique ». Ce modèle présente également des inconvénients au niveau de la gestion de la classe. Tous les élèves ne cherchent pas à répondre aux questions posées par l’enseignant, notamment les élèves en difficulté, ceux ayant du mal à s’exprimer, les élèves timides… Et ceux qui cherchent à donner la bonne réponse le font souvent sans attendre que l’enseignant leur donne la parole (peur qu’un autre camarade donne la bonne réponse avant et donc, peur de ne pas pouvoir faire savoir qu’ils avaient la réponse juste). Tout ceci engendre du bruit dans la classe. III- Le modèle behavioriste / induction guidée. 1. Caractéristiques. Ce modèle s’appuie sur un courant de recherche en psychologie s’étant développé au début du XXe siècle : le behaviorisme. Il ne tient pas compte des états mentaux des individus, il s’intéresse uniquement aux comportements observables. Pour les tenants de cette théorie, il n’y a pas de comportement inné : apprendre c’est acquérir un comportement nouveau. Ce comportement est acquis uniquement par l’expérience de l’apprenant à partir de stimuli qui se reproduisent et de renforcements. Ce processus d’apprentissage correspond au conditionnement. http://chouquette-et-le-crpe.eklablog.com Ce modèle a donné lieu à une théorie de l’enseignement qui consiste à créer des stimuli et des renforcements (positifs ou négatifs) adéquats pour obtenir les comportements (ou modifications des comportements) souhaités. On peut le schématiser ainsi : C’est ce modèle qui est derrière la « pédagogie par objectifs ». Cette conception de l’apprentissage est uploads/Philosophie/ les-modeles-d-enseignement-apprentissage-didactique.pdf
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- Publié le Jan 26, 2022
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