Depuis que l'Ethique a êtê publiée, en 1677 ,les idées de Spinoza ont suscité,

Depuis que l'Ethique a êtê publiée, en 1677 ,les idées de Spinoza ont suscité, selon les orientations les plus diverses, un intérêt qui ne s'est jamais relâché. Mais ces idées, le plus souvent, ont été considérées pour elles-mêmes, indépendamment du contexte démons- tratif qui soutient leur exposition, en raison flu carac- tère extrêmement technique et de I'aridité de celui-ci. Dans le présent ouwage, qui dewait servir d'outil de travail à ceux qui cherchent à avoir un accès plus direct au texte, sont proposées les explications indis- pensables à une lecture suivie de la cinquième partie àe I'ouwage de Spinoza, où sont .*po.ès les aipects proprement éthiques de sa démarche. En appendice, on trouvera une çarte détaillée qui permet de prendre une vue d'ensemble sur les cinq parties del'Ethique, Pierre Macherey, après avoir enseigné à l'Université de Paris-I,.est actuel- lement professeur à I'Université de Ulle-IIL II a notamment publiê Hegel ou Spinoza (1979) et Aaec Spinoza (1992). sophie .\o \ ç I o A) E Introducdon à l'Ethique de SPinoza La cinquième Partle o o l- (') ,Ô les voies de la libération Pierre MachereY - -l&J :* Ër -L' :t^ -\ \ : -(Y) illlilil|ilIililllil ilIiltilr 9"782130"466703" 128 FF 22410475110194 o? 8 3îry tuîr *? /qç{ 5 LES GRANDS LIVRES DE LA PHILOSOPHIE Collection dirigée par Piene Macherey et Francis Wollf Introduction à I'Ethique de Spinoza . Lr cinquième parcie Les voies de la libération Pierre Macherey PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE ISDN 2 13 0,15670 2 Dépôt légal - 1'édition : 1994, ætobre @ Presses Univenitaires de France, 1994 108, boulmd Saint-Gqmin, 75006 Pâris Sommaire Lfuel'Ethique de Spinoza, 1 Spinoza dans le texte (Eléments de bibliographie), 10 Les cinq parties de L'Ethique, 17 Sujet et composition du ile Libenate,29 Les axiomes, 45 Chapitre 1 / I-es remèdes eux effects (propositions L à 20), 49 1. Le traitement psychophysiologique de I'affectivité, 51 Proposition 1,51; hopositions 2, j et 4,54; Propositions 5, 6,7, 8, 9 et 10,66. 2. L'amour envers Dieu, 83 hopositbns 71, 12 et 73, 84; hoposition 14,87 ; Ptopositions 15 et 76,88; Propositions 17, 18 et 79,93; Proposition 20, 107; Scolie ile h proposition 20, lO3. Chapitre 2 / Lelibération de l'âme et la béatitude (propositions 27 à 42), 717 1. Ia science intuitive et le point de vue de l'éternité, 118 hopositions 21, 22 et 2j,179; Propositions 24 et 25,134; Propo- sitions 26 et 27,137 ; hopositions 28, 29, 30 et 31,147. ,Y \* \ L1 \ \ Introduction à /€thique : les r.,oies de la libération 2. L'amour intellectuel de Dieu, 151 Proposition 32, 753; Propositions 33, 34 et 37, t56; Propositions 35 et 36, 162. 3. Lallbêrttion de l'àrne,177 Propositions 38, 39 et 40, I77. 4. L'êthique au quotidien, 192 Propositions 41 et 42,192. Appendice. IJne carte de l' Ethique, 205 Partie I (de Deo),205; Parae II (de Mente),209; Parrie III (de Alfeaibus), 217 ; Partie IY (d, Servitute), 222; Pa*ie Y (d, Libertate), 227. Présentation Lke l'Ethique de Spinoza L'Ethique de Spinoza appelle, comme tous les livres de philosophie importants, une étude attentive et détaillée, poursuivie dans un objec- tif d'exactitude et de compréhension, qui restitue à son texte la pléni- tude de sa ou de ses signification(s). Toutefois certaines particularités de la composition de cet ouvrage, sur lesquelles le titre retenu par Spi- noza, Ethica ordine geometrico demonstrata, Ethique démontrée selon I'ordre géométrique, attire d'emblée I'attention, conGrent à ce travail de lecture une allure assez particulière. A première vue, la disposition systémati- quement ordonnée des matières qui en rêpartit le contenu à travers une succession d'énoncés préalables non démontrés (les définitions, axiomes et postulats), puis d'énoncés assortis de leur ou de leurs démonstration(s) (les propositions, corollaires et lemmes), accompa- gnés de commentaires plus ou moins développés exposés au fur et à mesure que progresse I'argumentation (les scolies, introductions et appendices), le tout êtant réparti en cinq ( parties >1 nettement difTé- renciées, âcilite cette lecture, en décomposant les difficultés de telle manière qu'elles puissent être surrnontées l'une après I'autre, en sui- 1. Dans toute la suite de cette présentation de I'Ethique, cette division en cinq parties sera indiquée en ré{êrence aux intitulés de ces parties présentés, lonqu'il le faut, de manière abrégée : de Deo (partie I), de Mente (partie II), de Afectibus (partie III), de Seruitute (partie IV), de Libertate (partie V). Introduction à lT,thique : les uoies de la libération vant méthodiquement le fil d'un raisonnernent qui se déroule de manière continue de son début (la définition de la causa sui placêe en tête du de Deo) à sa fin (la thèse de I'autosuffisance de la pratique de la vertu exposée dans la dernière proposition du de Libertate). ll n'y a donc, semble-t-il, qu'à reprendre ou à accompagner ce mouvement du texte, en prenant le temps nécessaire pour maîtriser peu à peu les problèmes particuliers posés par ses di{Iérents énoncés, en replaçant chacun d'entre eux dans 1'ordre global qu'ils constituent tous ensemble, selon la perspective adoptée par Spinoza qui est davantage synthétique qu'analytique : c'est d'ailleurs, en gros, ce qui va être fait dans la présentation de 1'Ethique ici proposée. Toutefois tous ceux qui se sont confrontés à ce texte, dont I'aride rigueur fascine et rebute à la fois, ont fait I'expérience des difhcultés considérables soulevées par cette opération, dont les implications ne sont pas simplement techniques : on pourrait même aller jusqu'à dire qu'il y a une éthique de la lecture de |'Ethique, tant cette lecture requiert une disposition d'esprit, et même des conditions pratiques appropriées, inclinant dans le sens de la parfaite maîtrise d'une forme de pensée dont les enjeux ne sont pas seulement spêculatifs, cette maî- trise pouvant peut-être même ne jamais être définitivement atteinte. Et si on se laisse impressionner par ces difficultés, au point de les esti- mer insurmontables, on peut être tenté de renoncer à une lecture méthodique du texte pour substituer à celle-ci un type d'explication ou d'interprétation qui privilégie par-dessus tout certaines grandes < idées >> imputées à Spinoza (son < monisme ), son < nécessitarisme >, son < immanentisme )), son < panthéisme ), son < utilitarisme ), son < athéisme ), son < rationalisme >, etc.), détachées de leur support argumentatif textuel et réinscrites dans le cadre élargi d'une vision théorique du monde, < la philosophie de Spinoza >, dont la rigueur serait subordonnée à l'adoption d'un point de vue sur la réalité plus ou moins relatif et arbitraire. Or il n'est pas du tout certain qu'il y ait une < philosophie de Spinoza ù, at) sens d'une théorie généra1e de la réalité, ou, comme on dit, d'une vision du monde tirant sa validité de sa plus ou moins grande cohérence intrinsèque, et relevant d'une mise en Présentation perspective singulière qui dépendrait en dernière instance des choix subjectifs de son auteur: du moins n'est-il pas certain que ce soit ce qu'il y aurait de plus intéressant à retirer d'une lecture de l'Ethiquel . De fait, il n'y a d'autre voie d'accès à cette pensée que celle passant par une connaissance et une compréhension exhaustives des textes dans lesquelles s'est inscrite l'expérience de pensée dont elle témoigne, connaissance et compréhension qui doivent d'abord être littérales : avant de prendre position sur ce que Spinoza a voulu dire, au sens d'un projet philosophique orienté dans une certaine direction, qui en exclut d'autres, il faut chercher à savoir ce que réellement il a dit, c'est-à-dire d'abord ce qu'il a êcrit en toutes lettres. lJne lecture de I'Ethique doit obéir à un certain nombre de règles élémentaires qui sans doute ne valent pas seulement pour cet ouvrage de Spinoza, mais s'imposent particulièrement à son égard. D'abord cette lecture doit être intégrale, c'est-à-dire qu'en premier lieu elle doit reprendre en totalité et dans son détail I'appareil démonstratif qui ne constitue nullement une forme d'exposition extérieure et indilIérente au contenu des thèses développées dans ce cadre : car la signification de ces thèses n'apparaît justement qu'à travers le réseau argumentatif à l'intérieur duquel elles sont formulées, énoncées, expliquées, justifiées, et surtout exploitées par le jeu des reprises qui. toujours en situation, leur âit rendre au maximum la puissance spéculative dont elles sont porteuses. Les idées, au point de vue de Spinoza, ne sont pas de nature statique, comme les images ou les reflets de contenus spéculatifs qui subsisteraient réellement en dehors d'elles, et dont, ainsi que le feraient 1. C'est ainsi qu'on peut interpréter la fameuse ibrmule utilisée par Spinoza dans sa lettre 76 à A. Burgh : <Je n'ai pas la présomption d'avoir inventé la meilleure phi- losophie, mais je sais que, moi, je comprends la vraie philosophie ,> (non praesumo me optimafti inpenisse philosophiam, sed ueram me intelligere scio), que l'on peut interpréter ainsi : m.oi, je suis sûr de comprendre ce que c'est vraiment que la philosophie, et en conséquencej'ai la certitude que ce queje fais, c'est de la vraie philosophie, en un sens qui dépasse largement une prise de position doctrinale fermée, propre à un système limité de pensée, la < philosophie de Spinoza uploads/Philosophie/ macherey-pierre-introduction-a-l-x27-ethique-de-spinoza-5-la-cinquieme-partie-les-voies-de-la-liberation-puf-1997-pdf.pdf

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