René Guénon, métaphysicien de la connaissance et René Guénon, métaphysicien de
René Guénon, métaphysicien de la connaissance et René Guénon, métaphysicien de la connaissance et René Guénon, métaphysicien de la connaissance et René Guénon, métaphysicien de la connaissance et témoin de la Tradition témoin de la Tradition témoin de la Tradition témoin de la Tradition Par CEAPT Symbole copyright, vendredi 28 septembre 2007 à 11:32 - René Guénon - #124 - rss par Gérard de Sorval René Guénon est un des plus singuliers penseurs du XXe siècle. Son œuvre échappe aussi bien à la “création littéraire” qu’à la recherche universitaire. Celui qui, plus que tout autre sans doute, combattit les erreurs et les conformismes de son époque et condamna impitoyablement le monde moderne, ne revendiquait pourtant aucune originalité ni génie propre. René Guénon (1886-1951) au Caire. En effet, cet auteur a constamment affirmé que ce qu’il écrivait ne concernait en aucun cas le «personnage René Guénon» et que son individualité n’avait aucune espèce d’intérêt au regard de ce qu’il concevait comme l’exposition de doctrines universelles qu’il ne faisait que transmettre, transcrire et réaffirmer selon les besoins propres de son époque et du milieu dans lequel il vivait. On aurait donc tort de chercher en lui un fondateur d’école de pensée, l’élaborateur d’un système philosophique, ou même un maître instituant une lignée spirituelle. En suivant sa préoccupation constante souvent réaffirmée, il ne saurait y avoir en toute rigueur ni “guénoniens” ni “guénonisme” après lui. C’est en effet une des singularités marquantes de cet auteur de s’être toujours défié de toute recherche de popularité, d’avoir entouré de la plus extrême discrétion ce qui concernait son identité “profane” et d’avoir adopté dans tous ses écrits publics un ton impersonnel. Ce qui donne d’ailleurs un tour très particulier à son style, dénué de toute émotion, où chaque mot a une valeur exacte et precise, dans une langue sobre et limpide aux articulations rigoureuses. Si l’on veut bien considérer l’abondance de sa production, qui s’étend sur cinquante ans, la diversité des sujets traités, son point de vue “unique”, et la manière de les aborder, il apparaît que son œuvre est à la fois d’une puissance peu commune et inclassable dans les catégories courantes des “genres littéraires”. On peut dire que le point de départ de son travail a été l’observation des méfaits du monde moderne. Dans les deux ouvrages intitulés La Crise du monde moderne (1927) et Le Règne de la quantitê et les Signes des temps (1945), Guénon développe une critique implacable et radicale des fondements de la civilisation occidentale moderne issue de la Renaissance et de la Philosophie des Lumières. De ce point de vue les idées de Guénon se situent dans la lignée des prises de position d’un Joseph de Maistre, d’un Léon Bloy, d’un William Blake, et se rapprochent des thèmes développés par Julius Evola dans Rivolta contra il mondo moderno (1951), par Gabriel Marcel dans Les Hommes contre l’humain (1951), ou par Aldous Huxley dans The Perennial Philosopher (1945). Cependant, c’est vraisemblablement le premier auteur à avoir condamné globalement l’ensemble des aspects de la civilisation moderne au terme d’une analyse intellectuelle rigoureuse fondée sur des principes métaphysiques. Tout découle en effet d’une vision anthropologique rappelant le statut ontologique de l’homme et sa place dans l’échelle des êtres constituant la création, ou plutôt —pour employer son vocabulaire —, la «Manifestalion Universelle». Contrairement à l’euphorie évolutionniste voyant dans le cours de l’humanité une suite de progrès conduisant à un monde meilleur, Guénon réaffirme les doctrines cyclologiques antiques, qui, dans toutes les traditions révélées, placent le Paradis et l’Age d’Or au début de ce monde et non à la fin. A partir de la théorie hindoue des Manvantaras, il rappelle que l’humanité contemporaine se situe dans l’âge de fer, ou âge sombre (Kali yuga), et même à la période finale la plus chaotique de cette quatrième ère du monde qui conduit à la “fin des temps”, c’est-à-dire à la fin de ce cycle. Le monde moderne naît alors et peut être défini comme cette «volonté de tout réduire à des proportions purement humaines, de faire abstraction de tout principe d’ordre supérieur, et pourrait-on dire symboliquement, de se détourner du ciel sous prétexte de conquérir la terre». (1) Cette décadence et cet obscurcissement ont particulièrement affecté le monde occidental, tandis que, pour lui, l’Orient a su préserver les principes de la sagesse traditionnelle. Cette réduction des perspectives propre au matérialisme se constate notamment dans deux domaines caractéristiques d’un amoindrissement de la connaissance : celui de la science moderne, dont il dénonce la «myopie», et celui de la spiritualité où il stigmatise les faux-semblants du spiritualisme contemporain. "L’enseignement concernant l’inexprimable ne peut évidemment que le suggérer à l’aide d’images appropriées qui seront comme les supports de la contemplation". (R. Guénon, in Le Symbolisme de la Croix).. Les deux piliers de l’ignorance : scientisme et spiritualisme A cet égard, pour Guénon comme pour Rabelais, «Science sans conscience n’est que ruine de l’âme» ; et il dénie aux savants modernes, attachés exclusivement à l’expérience sensible, limitée aux facultes individuelles du chercheur, fragmentaire et extérieure, toute prétention à affirmer autre chose que des hypothèses. Il n’y a en efffet de connaissance vraie et certaine qu’universelle, c’est-à-dire fondée sur ce qui transcende l’individu et ressortit du domaine de l’esprit pur. Le matérialisme pragmatiste de la science moderne traduit à cet égard le mélange de la recherche des pouvoirs dans une optique prométhéenne ou faustienne, et de l’ignorance dangereuse de «l’apprenti sorcier». Cette science, qui repose sur «la négation de l’intuition intellectuelle, en tant que celle-ci est essentiellement une faculté supra-individuelle, et de l’ordre de connaissance qui est le domaine propre de cette intuition, c’est-à-dire la métaphysique entendue dans son véritable sens» (2), n’est qu’un «savoir d’ordre inférieur qui se tient tout entier au niveau de la plus basse réalité, et savoir ignorant de tout ce qui le dépasse, ignorant de toute fin supérieure à lui-même comme de tout principe qui pourrait lui assurer une place légitime, si humble soit-elle parmi les divers ordres de la connaissance intégrale.» (3) Parallèlement à cette dégradation de l’intellectualité profane, René Guénon n’a cessé de dénoncer dans ses œuvres la décadence de la religion en Occident. Cela d’un double point de vue. D’une part la religion, qui normalement doit informer et imprégner tous les actes de la vie à laquelle elle confère la dimension sacrée et la signification spirituelle propre à toute action humaine, tend à se rétrécir et à devenir une sorte d’activité séparée de la vie quotidienne. D’autre part, cette désacralisation générale de la vie sociale, avec la laïcisation de tous les cadres de l’existence, s’accompagne d’une dégradation du contenu même de la religion. Celle-ci, depuis les débuts de l’ère moderne, s’est imprégnée de moralisme et de religiosité sentimentale subjective, abandonnant progressivement le point de vue de la métaphysique pure qui était notamment celui de la scolastique médiévale. Le mysticisme dévotionnel affectif apparaît ainsi comme une déformation grave de l’authentique démarche spirituelle qui consiste à pénétrer les mystères pour les comprendre. Les mystères eux-mêmes ne sont plus conçus alors comme des objets de connaissance, mais comme des notions qui en appellent à un assentiment vague et aveugle de la conscience subjective de chacun. Pour Guénon «entre l’esprit religieux au vrai sens de ce mot et l’esprit moderne, il ne peut y avoir qu’antagonisme.» Par ailleurs, les mouvements de pensée spiritualistes contemporains qui prétendent restituer une perspective sacrée à l’existence, outre le fait qu’ils sont des systèmes humains dépourvus de principe traditionnel, voire de pures et simples sectes, sont le plus souvent imprégnés eux- mêmes du matérialisme ambiant. Les signes caractéristiques de cette «spiritualité au rebours» occultiste sont d’une part la recherche effrénée des “pouvoirs” magiques, du «para-normal», et de la production de phénomènes sensibles ; d’autre part, l’application aux réalités métaphysiques des notions naturalistes d’énergies, de vibrations, de forces, transposant en fait la mécanique physique dans le domaine surnaturel, qui par essence est au-delà des formes corporelles. Ce qui est ainsi appréhendé à travers ces pratiques manipulatoires des systèmes spiritualistes est le champ erratique des forces psychiques vitales, c’est-à-dire le domaine de l’illusion cosmique et des états inférieurs. «Le tort de la plupart de ces doctrines soi disant spiritualistes, écrit Guénon, c’est de n’être que du matérialisme transposé sur un autre plan, et de vouloir appliquer au domaine de l’esprit les méthodes que la science ordinaire emploie pour étudier le monde hylique. Ces méthodes expérimentales ne feront jamais connaître autre chose que de simples phénomènes... D’ailleurs la prétention d’acquérir la connaissance du monde spirituel par des moyens matériels est évidemment absurde ; cette connaissance, c’est en nous-mêmes seulement que nous pourrons en trouver les principes, et non pas dans les objets extérieurs.» (4) "La métaphysique pure étant par essence en dehors et au-delà de toutes les formes et de toutes les contingences, n’est ni orientale ni occidentale, elle est universelle." (R. Guénon, in La Métaphysique orientale). Les clefs de la connaissance Le retour à la connaissance intégrale n’est possible qu’en revenant aux sources universelles de la métaphysique. Tout redressement n’est en effet possible uploads/Philosophie/ rene-guenon-metaphysicien-de-la-connaissance-et-temoin-de-la-tradition.pdf
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- Publié le Apv 05, 2022
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