Distribution aux libr~ires: Éditions OUSIA, Société coopérative Avenue Maurice,

Distribution aux libr~ires: Éditions OUSIA, Société coopérative Avenue Maurice, 23 B - 1050 Bruxelles (Belgique) Tél. (02) 647 01 84 Diffusion NORD-SUD Rue Lesbroussart, 7 4 B-1050 Bruxelles (Belgique) Tél. (02) 6477667 Éditions PEETERS Bondgenotenlaan, 153 B - 3000 Leuven (Belgique) Tél. (016) 23 51 84 Librairie Philosophique J. VRIN 6, Place de la Sorbonne F - 7 5005 Paris (France) Tél. (1) 354 03 47 Librairie de !'Horloge 31, Place de !'Horloge F - 84200 Carpentras (France) Tél. 90/63 18 32 Dokumente-Verlag Postfach 1340 Poststrasse 14 D - 7600 Offenburg (R.F.A.) Tél. 781 /39142 © Éditions OUSIA. 1983 Imprimé en Grèce par K. MIHALAS S.A. Dépôt légal 2.954 /83 /3 ISBN 2 - 87060-009-7 MARC RICHIR RECHERCHES PHÉNOMÉNOLOGIQUES (IV, V) , , , DU SCHEMATISME PHENOMENOLOGIQUE TRANSCENDANTAL Publié avec l'aide du Ministère de la Communauté française de Belgique "Mais j'avais beau rester devant les aubépines à respirer, à por- ter devant ma pensée qui ne savait ce qu'elle divait en faire, à perdre, à retrouver leur invisible et fixe odeur, à m'unir au rythme qui jetait leurs fleurs, ici et là, avec une allégresse juvénile et à des intervalles inattendus comme certains intervalles musicaux, elles m'offraient in- définiment le même charme avec une profusion inépuisable, mais sans me laisser approfondir davantage, comme ces mélodies qu'on re;oue cent fois de suite sans descendre plus avant dans leur secret". Proust PRÉFACE Avec les IV• et V0 Recherches présentées ici s'achève pro- visoirement la publication de nos Recherches phénoménologiques consacrées à une fondation nouvelle pour la phénoménolo- Iogie transcendantale. Dans le prolongement de la III• Re- cherche déjà parue en 1981, nous nous y efforçons d'explorer, par la problématique du schématisme transcendantal de la phénoménalisation, la structuration du champ phénomé- nologique transcendantal. La IV 0 Recherche vise à dégager la signification phénoménologique du schématisme de la quantité à partir des apories traversant le célèbre essai de Dedekind sur les nombres. La cinquième s'attache à élaborer une "doctrine" cohérente, proprement phénoménologique transcendantale, du schématisme - dont nous reprenons l'idée à Kant et à Fichte-, et à montrer comment, par la diversification de ses formes, le champ phénoménologique; a priori chaotique, peut en venir à s'organiser en fragments de mondes et de corps, à l'intérieur desquels, par un rapport nouveau à ce que la psychanalyse a mis en œuvre, peuvent s'envisager une anthropologie et une cosmologie spécifique- ment phénoménologiques. Sur la nécessité des deux études que nous publions aujourd' hui, nous devons quelques mots d'explication. Nous termi- nions notre IIIe Recherche en posant, de manière encore pro- grammatique, deux problèmes: celui de l'articulation trans- cendantale entre le continu et le discontinu, et celui des ca- tégories. Or il y avait, dans l'approche que nous en ébau- chions, le risque d'une précipitation d'où pouvait résulter un certain flou, dû principalement à l'absence d'une média- tion tout à fait cruciale, celle par laquelle est susceptible de s'engendrer une multiplicité de phénomènes dans le schéma- tisme de la phénoménalisation. II nous fallait par conséquent lO RECHERCHES PHÉNOMÉNOLOGIQUES (IV, V) envisager au moins la possibilité d'un schématisme ?e la quantité, ou plus précisément, pour parler comm~ Fichte, de la quantitabilité, en régime de phénoménologie trans- cendantale. C'est ce que nous avons entrepris, en quelque sorte à rebours, en étudiant, d'un point de vue critique-trans- cendantal, la fondation de l'arithmétique par Frege 1 et De- dekind: comme on le verra, cette tentative, qui n'est pas sans avoir des aboutissants épistémologiques que nous lais- sons pour l'instant en suspens, aboutit à une conception plus fine et plus rigoureuse de ce que nous nommions, dans notre III• Recherche, l'individuation quantitative. Il en ressort, avec une netteté accrue, que cette dernière est à strictement parler indissociable de l'individuation qualitative, et donc que ce n'est pas en un sens absolu que l'on peut parler d'in- dividu phénoménal puisque celui-ci ne constitue justem':nt jamais un phénomène indivisible, mais toujours, au moins virtuellement, un phénomène susceptible de quantitabilité - s'il y a phénomènes indivisibles, ils ne font, précisément, que paraître comme tels, dans l'illusion (transcendantale) qui leur est intrinsèquement liée. Sur cette nouvelle base, nous étions désormais capable de reprendre plus systématiquement la question de l'individua- tion transcendantale des phénomènes (V• Rech., § 1), et de proposer une doctrine phénoménologique du schématisme transcendantal en laquelle peut se dégager un statut nouveau pour ce qu'il faut entendre par catégories phénoménologiques transcendantales (Ve Rech., § 2). Mais, comme on le verra, cela ne va pas sans faire rebondir le problème des catégories - et sans restreindre considérablement, du même coup, la portée de ce que nous semblions risquer dans notre III• Re- cherche. Des catégories spécifiquement phénoménologiques 1. Notre étude de la fondation frégéenne est parue séparément dans La liberté del'esprit, n° 4, Balland, Paris, 1983, pp. 77 - 137, sous le titre: L'hérédité et les nombres. PRÉFACE 11 aux catégories au sens kantien, il y a un hiatus apparemment infranchissable (V• Rech., § 3), qui nécessite une nouvelle médiation, celle du langage - d'un schématisme de lan- gage et d'un schématisme "logique" dans le langage. Or cette question ne peut à son tour être traitée que dans le champ plus vaste (et plus complexe) de l'anthropologie phé- noménologique. Le champ propre de la phénoménologie transcendantale in specie est en effet d'une telle pauvreté formelle - contre-partie nécessaire d'une richesse phénomé- nale in-finie et a priori inépuisable - qu'il faut envisager, du sein de la matrice transcendantale en quoi il consiste pour nous, l'organisation de ces ordres ou de ces mondes de phé- nomènes ( dont le langage) en lesquels nous en venons à ap- paraître en tant qu'hommes, comme en un champ phénomé- nologique concret qui constitue, selon le mot de Merleau- Ponty, notre "principe barbare". De cette anthropologie phénoménologique, nous n'avons pu, ici, que proposer quelques prolégomènes, plus particu- lièrement dans l'extension qu'il faut donner à notre "doc- trine" du schématisme phénoménologique transcendantal (V" Rech., §§ 4 et 5). Il n'est qu'une question que nous n'avons pu aborder, faute de place, et qui est tout autant nécessaire à l'élaboration de l'anthropologie que nous visons: c'est celle de ce que devient, en phénoménologie transcendantale, l'analyse éidétique indispensable à toute phénoménologie. Nous avons eu l'occasion d'en ébaucher ailleurs le traitement, en reprenant l'œuvre du dernier Merleau-Ponty- qui reste, pour nous, un guide incomparable - et nous ne pouvons qu'y renvoyer le lecteur intéressé 2• Quant à la mise au point de l'anthropologie phénoménologique proprement dite, elle constitue l'une des lignes directrices de nos travaux futurs. avril 1983 2. Essences et "intuition" des essences chez le dernier Merleau-Ponty. IV' RECHERCHE DU SCHÉMATISME TRANSCENDANTAL DE LA QUANTITÉ DE LA FONDATION DEDEKINDIENNE DE L'ARITHMÉTIQUE A SA FONDATION TRANSCENDANTALE § 1. Introduction. La théorie des ensembles de Dedekind et ses pré- supposés. Ainsi qu'on le sait, Dedekind expose sa fondation de l'arith- métique dans son célèbre essai sur les nombres, Was sind und was sollen die Zahlen, paru en 1887, donc postérieur de trois ans aux Fondements de Frege. Sur la genèse et l'intention de son essai, Dedekind s'explique de façon remarquablement claire dans sa lettre à Kejerstein du 27 février 1890 1. Il y ex- plique tout d'abord que son écrit est une synthèse "qui s'ap- puie sur une analyse préalable de la suite des entiers natu- rels telle qu'elle s'offre à notre considération, pour ainsi dire dans l'expérience" 2• Et il poursuit: "Quelles sont les proprié- tés fondamentales ( Grundeigenschaften), indépendantes les unes des autres, de cette suite N, i.e. ces propriétés qui ne se laissent 1. Publiée d'abord en anglais dans le recueil de J. Van Heijenhoort, From Frege to GOdel. A source book in mathematical logic, 1879 - 1931, Har- vard University Press, Cambridge, Massachusetts, 1971, pp. 99 - 103. Publiée ensuite en allemand et en français par M. A. Sinaceu.r in L'in- fini et les nombres, Rev. Hist. Sei., 1974, XXVII/3, pp. 271-279. Hao Wang en avait déjà publié un extrait et proposé un commentaire dans le Jour- nal of Symbolic logic, 22, 1957, pp. 145 - 157. 2. Sinaceur, art. cit., 271 -272 (trad. légèrement modifiée); Van Heijenhoort, 99. Nous citerons désormais dans le corps du texte: S. 271 - 272; VH, 99. THÉORIE DES ENSEMBLES DE DEDEKIND 13 pas déduire les unes des autres, mais à partir desquelles dé- coule1_1t toutes les autres? Et comment faut-il dépouiller ces propnétés de_leur ca'.actère spécifiquement arithmétique, de telle sorte quelles s01ent subordonnées à des concepts géne- raux et à ces activités de l'entendement sans lesquelles aucune pen~ée, n'~st tout simplement pas possible, mais avec lesquelles aussi 1 assise ( Grundlage) est donnée pour sûreté ( Sicherheit) e~ la ?o~plétude des preuves, tout comme pour l'édification d exphcauons conceptuelles ( Begrijfserklii.runuen) exemptes de contradiction?" (S. 272; VH, 99 - 100). ~ On a vu dans ce texte la manifestation d'un projet axio- matique. Il ~e fait pas de doute que ce fut le cas historique- ment, que c est en ce sens que les mathématiciens l'ont in- terprété, du moins après coup. Mais si l'on pense que dans uploads/Philosophie/ richir-marc-1983-recherches-phenomenologiques-iv-v-du-schematisme-phenomenologique-transcendantal-pdf.pdf

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