ŒUVRES COMPLÈTES DE JEAN BAPTISTE ACBRY DOCTEUR EN THÉOLOGIE PUBLIÉES PAR SON K
ŒUVRES COMPLÈTES DE JEAN BAPTISTE ACBRY DOCTEUR EN THÉOLOGIE PUBLIÉES PAR SON KRKKE, PRÊTRE DU WOCÈSK D 1 C JïHAUVAIS TOME VIII COURS D'HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE ET THÉOLOGIE DE L'HISTOIRE DE L'ÉGLISE II PARIS DESCI.ÉE, .DE BROUWER & Cic | VICTOR RETAl \ ; LIBR. ÉDITEUR 39, RUE SAïNT-SULPICK, 30 i ^ 2 , KUK KUNAPA K'I K, 82 Tous droits rcseivc*- Biblio!èque Saint Libère http://www.liberius.net © Bibliothèque Saint Libère 2007. Toute reproduction à but non lucratif est autorisée. ŒUVRES COMPLÈTES DE JEAN-BflPTISTE AUBRY COURS D'HISTOIRE ECCLESIASTIQUE ET THEOLOGIE DE L'HISTOIRE DE L'ÉGLISE CEuvre* complet** <(* J.-H' Auhry. VIII DES MÊMES AUTEURS J.-B. Aubry, Missionnaire, Théologien, i v in 12 3 fr. 50 Les Chinois chez eux, 1 vol. in-8, illustré . . . 4 fr. 00 La Méthode des Études sacrées en France, 1 vol. in-8 4 fr. 00 Les Grands-Séminaires, 1 vol. grand in-8, 700 p. 8 fr. 00 Mélanges philosophiques, 1 vol. in-8. . . . 6 fr 00 Théorie catholique des Sciences, 1 vol. in-8. . 6 fr. 00 Le Christianisme, la Foi, les Missions, 1 v. in-8. 6 fr. 00 L'Église, le Pape, le Surnaturel, 1 vol. in-8. . 6 fr. 00 Méditations sacerdotales, 1 vol. in-8 . . . . 6 fr. 00 Études sur l'Écriture sainte, 1 vol. in-8, 768 p. 7 fr. 50 Le Radicalisme du Sacrifice, 2" ÉDITION, I vol. in-32 0 fr. 30 \ QUATRIÈME ÉPOQUE DEPUIS LA PREMIÈRE CROISADE JUSQU'AU PROTESTANTISME 1095 A 1517 LA RENAISSANCE CHRETIENNE CHAPITRE PREMIER Situation générale de PÉ?lise après le pontificat de S. Grégoire VII et caractère particulier de l'époque où nous entrons Nous retrouvons ici l'Église telle que nous la laisse S. Gré- goire VII, et nous conduisons son histoire jusqu'au seuil du protestantisme, c'est-à-dire jusqu'à la Réforme de Luther. A cette période, nous donnons le titre de Renaissance clivé- tienne % parce qu'elle a été pour l'Eglise une époque de gloire et de prospérité, une époque ou sa puissante fécondité s'est montrée de la manière la plus éclatante. I SITUATION ACQUISE A L'ÉGLISE PAR LÉ PASSE. . L'Eglise, à la mort de S. Grégoire VII, est, tout à la fois, bien différente de ce qu'elle était avant Charlemagne, et bien la même en toutes choses ; c'est-à-dire que rien n'a changé chez elle, dans Vordre des principes : doctrine, consti- tution, hiérarchie > fécondité, moyens d'action, apostolat, sacre- ments t tout cela est identique, parce que tout cela vient de Jésus-Christ et ne peut changer. Mais, tout a changé dans sa position extérieure, c'est-à-dire que, si les principes sont les mêmes, leur application est toute différente : extension, puissance, état de V enseignement^ fruits de sainteté. ~ s — Du reste, sur tonte la ligne elle est en progrès, et nous voici arrivé à la période non la plus glorieuse, — car toutes le sont, et on ne voit pas comment toutes ne le seraient pas également, — mais la plus prospère de sa puissance, celle où le principe chrétien est appliqué à l'ordre social dans sa rigueur avec le plus de fidélité, et où le développe- ment doctrinal est le plus beau. I. Modification apportée à Vextension du règne de VEglise par la chute de VEmpire d* Orient et la propagation de la foi. L'Eglise est catholique, d'abord en principe, en ce sens qu'elle est destinée à tous, qu'elle doit porter l'Evangile par- tout, et qu'elle est obligatoire pour tous ; même en fait, il faut qu'elle le soit, en ce sens qu'elle ne peut manquer à sa mission, et que, par conséquent, il faut que sa prédication aboutisse toujours à lui faire occuper dans le.monde une grande place, la plus grande place, et à étendre son règne sur la plus grande partie des nations. La catholicité numé- rique ne lui est pas essentielle, bien moins encore la catho- licité absolue ; maïs la catholicité morale relative lui est nécessaire, et ne lui a jamais manqué. L'Eglise peut donc cesser de régner sur un peuple, même considérable, sans perdre sa catholicité ; et c'est une attention providentielle qu'elle ne perd jamais une nation, sans en conquérir une autre ou plusieurs autres. C'est ce qui est remarquable dans l'époque où nous entrons. i° \J Orient se sépare de l'Eglise, au IX e siècle, par le schisme de Photitis, que consomme Michel Cérulaire au XI e siècle. C'est donc une branche considérable et précieuse qui se détache. La catholicité de l'Eglise en serait-elie per-• due, même quand cette défection ne serait pas compensée? Nullement, car la branche reste moins grande que l'arbre, ne forme pas un tout, et enfin ne conserve même pas de vie ; tandis que l'Eglise continue son chemin, et n'en conserve pas moins de vigueur. Là où est Pierre, là est l'Eglise ; là où sont la tête et le cœur, là est la vie ; là où est le tronc, là sont les fruits. L'Orient est, au contraire, condamné à l'im- mobilité. — 0 — 2° La propagation de la foi dans le Nord-Est de l'Europe remplace cette branche par une plus grande et plus féconde. Et, en effet, cette propagation commence à la fin du VIII e siècle, sous Charlemagne, juste avant le schisme; sans doute parce que Dieu, prévoyant la chute de l'Orient, préparait d'autres nations, sur lesquelles il pourrait reverser les grâces qu'il allait enlever aux autres, et qui pussent leur être substituées dans le plan du catholicisme. C'est peut-être une nouvelle raison du retard apporté à la propagation de la foi dans le Nord ; Dieu le tenait en réserve. L'Histoire de l'Eglise se déplace donc un peu ; on ne s'oc- cupera plus de l'Orient que comme d'un pays étranger à l'Eglise ; elle ne sera plus responsable de ce qui s'y passera ; nous n'aurons plus à étudier, parmi les faits de l'histoire des peuples de l'Orient, que les persécutions qu'ils feront endurer à l'Eglise, et les essais de conversion et de réunion qu'elle tentera auprès de ces peuples. Au contraire, de nouvelles nations sont entrées dans l'Histoire, pleines de jeunesse, de vie et d'énergie ; l'Eglise trouvera chez elles toutes sortes de bons éléments à utiliser ; et déjà nous l'avons vue produire, parmi ces nations, des fruits bien remarquables de sainteté. II. Accroissement de la puissance de VEglise. Il en est de même de la puissance de l'Eglise : la puis- sance qu'elle a aujourd'hui est celle que lui a donnée Jésus- Christ, et celle-ci ne peut pas s'augmenter. Ce que pourrait y ajouter le droit humain n'est pas, relativement à ce que lui donne le droit divin, plus que n'est une goutte d'eau ajoutée à l'Océan. Mais Jésus-Christ a donné à l'Eglise la puissance in aciu primo ; c'est à l'Eglise d'appliquer cette puissance in actu secundo ^ la puissance radicale ne s'accroît pas, l'application change. Je n'ai pas ici à refaire l'exposé de la théorie des rapports entre l'Eglise et l'Etat ; j'ai à constater son résultat. Or, son résultat, c'est qu'on a donné à l'Eglise la place qui lui con- vient, la première, le trône ; elle règne par la législation, par les rois, par l'esprit chrétien qui préside à l'éducation du — 10 — peuple. Et voici les conséquences de cette théorie dans le détail : 1° U indépendance de VÉglise dans sa hiérarchie qui, dans l'ordre spirituel, ne peut être asservie à aucune autre puis- sance. C'est la querelle des Investitures qui est l'occasion de cette manifestation. Cette guerre des Investitures est com- me une hérésie pratique qui consisterait à attribuer aux princes temporels l'autorité d'élire les membres de la hié- rarchie et de leur donner la juridiction. Nous avons vu l'Église, sous Grégoire VII, revendiquer, au nom de l'Évan- gile, Y autorité exclusive dans cet ordre de choses. Cette indépendance s'affirme aussi par l'accroissement, l'exal- tation et les privilèges du clergé, par la diffusion de l'état monastique, la création des cardinaux, l'attribution au clergé d'une puissance même séculière. 2° La subordination de la fin temporelle à la fin spirituelle: Les faits de cette période nous ont prouvé non seulement que l'Église ne dépend pas des princes, mais que ceux-ci dépendent d'elle ; que non seulement ils ne la gouvernent pas, mais qu'ils lui obéissent dans l'ordre spirituel. Ce prin- cipe nous apparaissait déjà avant Charlemagne, mais dans des faits moins suivis, et d'une manière moins éclatante ; tandis qu'aujourd'hui c'est le grand fait de l'époque dont nous sortons. 3° La primauté du pape était évidente, d'après la simple théologie ; de plus, elle était déjà en vigueur sur toute la ligne ; mais elle s'affirme ici sur toute la ligne aussi, avec bien plus d'évidence et aux applaudissements du monde catholique, qui aurait dû réclamer, si elle eût été le fruit d'une usurpation. Voici les points principaux sur lesquels la primauté du pape s'affirme surtout : i) Comme chef de toute l'Église, — La manifestation de cette qualité du pape a été si éclatante à cette époque, que Fébronius attribue à la période qui précède uploads/Religion/ cours-d-histoire-ecclesiastique-et-theologie-de-l-histoire-de-l-eglise-tome-2-000000091-pdf.pdf
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- Publié le Fev 15, 2022
- Catégorie Religion
- Langue French
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