Les grands courants psychothérapeutiques contemporains Maëlle Thill – Ramlot 20
Les grands courants psychothérapeutiques contemporains Maëlle Thill – Ramlot 2021-2022 PARTIE ISABELLE DURET – SYSTÉMIQUE (6 cours) Prochain cours le 7 mars Plus besoin de venir en cours – synthèse + podcasts. Il n’y a pas une seule façon d’utiliser la systémique mais il y a une cohabitation des différents courants. Lorsqu’on prend son modèle théorique comme une vérité, on devient mauvais ; il faut rester ouvert aux multiples façons de penser la thérapie. À l’origine de la formation de cette approche, il y a 5 différentes sources. Apparaît d’abord aux USA dans les années 50. Cependant, il y a une évolution en plusieurs vagues avec des notions qui seront reprises par différentes personnes et modifiées. 1. Psychanalystes d’enfants : Dans les années 30, premier mouvement de psychanalystes, s’occupant d’enfants et formés à la psychodynamique freudienne. Ils constatent que l’enfant évolue mais, quand l’enfant dont ils se sont occupés va mieux, un autre membre de la famille va moins bien. Ce qui se passe au niveau individuel a des répercussions à un autre niveau ; sur le groupe. Le repérage du négatif est plus simple que le repérage du positif. Ces phénomènes inattendus, comme le déplacement de symptôme ou l’amélioration en chaine, provoquent une réflexion chez les psychanalyses. Il y a donc un mouvement à l’intérieur du groupe, de la famille. Ils ont alors cherché une meilleure manière de travailler ; en faisant assister les parents lors des séances avec l’enfant (échec) ; en voyant chaque personne de la famille en individuel (échec) ; inclure l’idée d’inviter le groupe familiale lors de la séance (révolution). Dr. Nathan Ackerman (psychiatre psychanalyste américain) : transmet à ses équipes qu’il faille faire des séances familiales. Travail à partir des parents et des relations avec la fratrie, qu’il soit bébé ou plus âgé. Centrés sur les mères au début, ils vont se détacher de la notion de pathogénéisation des parents pour les prendre plutôt comme ressource d’amélioration. « Parents dysfonctionnels, mauvaise mère » sont des termes contre lesquels il faut se battre. La famille peut constituer une grande ressource. Ackerman crée le premier institution de thérapie familiale à N-Y, avec l’idée de voir la famille comme une unité plutôt que comme responsables du problème. Dans les années 60, la première revue de systémique mis en place par Ackerman. Est-ce que les parents sont d’office des ressources ? On va essayer qu’ils le deviennent en changeant la dynamique ou le fonctionnement si c’est possible (cas de maltraitance). 2. Child guidance ou guidance parentale : Consiste à aider les parents, les guider et transmettre des savoir-faire pour qu’ils s’ajustent mieux et acquérir des compétences éducatives. Les parents sont à éduquer. Apporter de l’aide aux parents en détresse et travail sur les relations, en incluant les parents et les enfants. Terry Brazelton : spécialiste des bébés et relations précoces parents-bébés. + Frieda Fromm-Reichmann 1 D’abord autours des mères, ils vont ensuite s’intéresser aux pères et voir que d’autres personnes influencent l’enfant et le relationnel et les inviter à participer aux séances. La guidance infantile est un mouvement presque actuel car dans des familles précarisées, il faut avoir des interventions éducatives afin de conseiller des parents n’ayant pas eu la chance d’avoir les modèles éducatifs nécessaires. Contrairement à Ackerman, ils vont continuer à voir les parents comme responsables du problème de l’enfant. 3. Thérapeutes de groupe : Mouvement dans les années 50 (ou un truc comme ça). Les thérapies de groupe ont influencés l’idée des thérapies de familles. John Bell et Bowlby (théorie de l’attachement) : Bowlby s’inspire des travaux de Spitz sur l’autisme et sur le besoin d’attachement en comparant avec les singes rhésus, ainsi que des travaux d’Harlow sur l’empreinte montrant que les hypothèses freudiennes ne tiennent pas la route concernant la mère nourricière. Puis il rencontre Bell et ils font des thérapies de groupe. L’approche systémique, influencée par les thérapies de groupe, permet donc de travailler le groupe institutionnel, amoureux, familial, les équipes, les groupes de parole et le travail en réseaux. Ce n’est pas réservé qu’à ceux s’intéressant à la clinique infantile. 4. École de Palo Alto Mouvement des années 60 ; des personnes qui travaillent dans le champ de la santé mentale en hôpital psychiatrique avec des patients schizophrènes avec qui ils ne savent pas quoi faire. Ensuite, des chercheurs vont s’intéresser à la communication et à l’interdisciplinarité ; ils partagent des informations avec des personnes des sciences exactes (biologiste, chimiste, ingénieur). Paul Watzlawick : « une logique de la communication ». Gregory Bateson : a amené à repenser les théories de l’esprit et à décloisonner les branchements disciplinaires classiques. Il a observé des groupes d’animaux et d’humains afin de mettre en lumière les méthodes de communication. La pensée de la communication devient plus circulaire que linéaire ; la cause est peut-être l’effet. De plus, il se pose la question de le relation des uns avec les autres, entre espèces et différentes espèces. S’intéresse aux Iatmul (Nouvelle Guinée) et reprend les travaux de sa femme (M. Mead) ; il y a deux types de relations égalitaires/symétriques mais aussi des relations hiérarchiques. Donc, soit des relations symétriques ou des relations complémentaires. Il s’intéresse alors aux types de conflits ; les conflits sont différents selon le type de relation. Il peut aussi y avoir des escalades symétriques lorsque l’égalitaire veut devenir complémentaire. Cela se trouve dans le chapitre « les axiomatiques de la communication ». + Margaret Mead : s’intéresse aux tribus des Nouvelles Calédonie pour la communication, et en Nouvelle Guinée. 2 Ils vont repenser le dualisme cartésien et vont dire qu’il est impossible de vouloir séparer le corps de l’esprit. Introduisent une pensée radicalement circulaire où l’on confond trop la cause et l’effet. Le patient désigné, le patient portant le symptôme ne représente que celui qui porte tout le groupe qui est malade. Est-ce que le symptôme n’est pas la solution à un problème plutôt qu’un problème, dans le groupe ? Et si le symptôme n’était qu’une solution inhérente à un groupe qui a du mal à fonctionner et permettant de maintenir une forme d’équilibre dans un groupe. De plus, la compréhension d’un phénomène est indissociable du contexte dans lequel le phénomène émerge. La communication est intrinsèque à la manière dont la relation est mise en place. Ils se sont intéressé à la question de la normalité. Avec plein de spécialistes, ils ont étudié les phénomènes dans le M.R.I et s’intéresseront aux systèmes complexes (thermostat et températures constantes à boucle rétroactive circulaire – systèmes permettant de rétablir un équilibre). Un système ne recouvre pas seulement le vivant. Von Bertalanffy et « la théorie générale des systèmes » (1951) : tout groupe humain peut fonctionner comme des systèmes ouverts avec des boucles circulaires rétroactives afin de garder un certain équilibre. + slide. Double bind ou double contrainte : la mère d’un schizophrène apporte des réponses complètement contradictoires à son fils. Elle disait qu’elle était contente de le voir et demandait un câlin puis se reculait pour éviter d’être touchée par son enfant. Il y a donc une différence dans le message communiqué entre les paroles et les mouvements du corps (analogique et digital). Ensuite, la mère va l’engueuler s’il ne vient pas et s’il vient, va le rejeter encore plus. Message contradictoire procurant un malaise certain. Pour pouvoir parler de Double bind (Palo Alto, 1956), il faut que les critères suivants soient réunis ; - Une relation affective entre deux personnes ou plus - Une injonction primaire - Une injonction secondaire qui contredit la première à un niveau plus abstrait - Une injonction négative tertiaire qui interdit à la victime d’échapper à la situation Conclusion : quoique fasse un individu pris dans cette situation, il ne peut être que perdant. Il y a le plus de ce type de situations dans les familles où y a des psychoses. On ne peut pas y échapper si on ne peut pas méta-communiquer (avoir du recul pour expliciter ce qu’il s’est passé). Or, les enfants ne sont pas encore capables de méta-communiquer et sont pris dans les jeux transactionnels et dans les patterns dysfonctionnels. La solution pour fonctionner dans ce type de situation, c’est de se mettre à délirer ; forme d’adaptation du schizophrène à une situation inadaptée. Le comportement du patient désigné est un comportement adaptatif qui ne répond pas bizarrement mais s’arrange seulement à échapper à la double contrainte ; le symptôme comme une réponse adaptative. Le destinataire va ensuite aussi émettre des messages paradoxaux ou double contraintes en réaction. Ces messages sont fréquents et peuvent s’échanger entre différents membres d’une famille. Le schizophrène s’adapte donc très bien à son environnement. Les symptômes sont des tentatives de solution à des problèmes et il faut réfléchir de façon circulaire (plutôt que linéaire) et à partir de l’analyse de Bateson, on décodera un comportement du 3 schizophrène comme un comportement adaptatif approprié à une situation sociale donnée. Un symptôme ; tout ce qui est désigné comme une difficulté ; est une manière de répondre à une uploads/Sante/ les-grands-courants-psychotherapeutiques-contemporains.pdf
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- Publié le Nov 15, 2022
- Catégorie Health / Santé
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