SEMAINE DU 22 JUIN 2020 – REPRISE DES COURS – 4ème Épidémies, une longue histoi
SEMAINE DU 22 JUIN 2020 – REPRISE DES COURS – 4ème Épidémies, une longue histoire - Le Dessous des cartes | ARTE : https://www.youtube.com/watch?v=EyL4BIrSVlk EXERCICE 1 = TEMPS DE LECTURE= : LES GRANDES EPIDEMIES DANS L’HISTOIRE (10-15 minutes max) Les épidémies n'ont pas attendu la mondialisation ni la crise du coronavirus pour s'étendre à l'ensemble du globe. Dès l'Antiquité, les maladies ont décimé des populations entières en l'espace de quelques mois voire quelques jours, déclenchant la terreur des habitants face à un mal inconnu. Version globalisée de l'épidémie, la pandémie se caractérise par une propagation rapide et un taux de mortalité élevé. Transmises par des virus ou bactéries inconnus à leur époque, ces pandémies ont tué des millions de personnes et marqué l'histoire de l'humanité. La peste d’Athènes (-430 à -426 avant J.C) Première pandémie documentée de l'histoire, la peste d'Athènes est en réalité probablement due à une fièvre thyphoïde. Décrite par l'historien Thucydide, lui-même touché par la maladie, la maladie se manifeste par des fièvres intenses, des diarrhées, des rougeurs et des convulsions. Venue d'Éthiopie, elle frappe ensuite l'Égypte et la Libye, puis arrive à Athènes au moment de siège de ville de Sparte, lors de la guerre du Péloponnèse. On estime qu'un tiers de la ville, soit 200.000 habitants, vont périr lors de cette épidémie qui marquera le début du déclin d'Athènes. Pericles donnant l’oraison funèbre / Philipp von Foltz © Wikipedia La peste Antonine (165-166) Là encore, cette pandémie n'est pas due à la peste mais à la variole. Elle tient son nom de la dynastie des Antonins, dont est issu l'empereur Marc-Aurèle, qui régnait alors sur l'empire romain. La pandémie débute à la fin de l'année 165 en Mésopotamie, durant la guerre contre les Parthes et atteint Rome en moins d'un an. Selon les estimations, elle aurait causé 10 millions de morts entre 166 et 189, affaiblissant considérablement la population romaine. La variole, causée par un virus et caractérisée par des croûtes rougeâtres, des diarrhées et vomissements, a été déclarée éradiquée en 1980. La peste noire (1347-1352) Après avoir sévi en Chine, la pandémie de peste noire arrive en 1346 en Asie centrale, parmi les troupes mongoles assiégeant le port de Caffa, sur la mer Noire, tenu par des marchands génois. La maladie, se manifestant par d'horrible bubons, se propage ensuite à l'Afrique du Nord puis à l'Italie et à la France, où elle arrive par le port de Marseille via des navires génois. On estime que cette épidémie, aussi surnommée «la grande peste», a fait entre 25 et 40 millions de morts en Europe, soit entre un tiers et la moitié de sa population de l'époque. L’expansion de la pandémie de peste noire en Europe au 14e siècle. © Wikipedia La grippe espagnole (1918-1919) Causée par un virus de type A H1N1 particulièrement virulent, la grippe espagnole est en réalité d'origine asiatique. Elle arrive ensuite aux États-Unis, puis traverse l'Atlantique par les soldats venus aider la France. Si elle est qualifiée de grippe espagnole, c'est parce que le pays, non soumis à la censure et à la guerre, fait état des premières nouvelles alarmantes. Lorsqu'elle s'éteint, en avril 1919, le bilan est effroyable. La grippe espagnole a tué 20 à 30 millions de personnes en Europe et jusqu'à jusqu'à 50 millions à l'échelle mondiale, n'épargnant pratiquement aucune région du globe. On estime qu'un tiers de la pollution mondiale a été infecté. Le choléra (1826-1832) Endémique depuis plusieurs siècles dans le delta du Gange en Inde, le choléra gagne la Russie en 1930, puis la Pologne et Berlin. Il débarque en France en mars 1832 via le port de Calais, puis arrive à Paris. Se manifestant par des diarrhées brutales et des vomissements, le choléra (dont on ne connait alors pas la cause, la bactérie Vibrio choleræ) entraîne une déshydratation rapide, aboutissant parfois à la mort en quelques heures. L'épidémie causera près de 100.000 morts en moins de six mois en France, dont 20.000 à Paris. Elle va ensuite gagner le Québec via les immigrants irlandais, où elle fera également des ravages. Le duc d'Orléans visitant les malades de l'Hôtel-Dieu pendant l'épidémie de choléra en 1832/ Alfred Johannot © Musée Carnavalet, Histoire de Paris La grippe asiatique (1956-1957) Liée au virus influenza H2N2, la grippe de 1956 est la deuxième pandémie grippale la plus mortelle après celle de 1918. Elle causera deux à trois millions de morts dans le monde, dont 100.000 dans l'Hexagone, soit 20 fois plus qu'une grippe saisonnière classique. Partie de Chine (d'où son nom), le virus gagne Hong Kong, Singapour et Bornéo, puis l'Australie et l'Amérique du Nord avant de frapper l'Europe et l'Afrique. Il va muter quelques années plus tard en H3N2 pour provoquer une nouvelle pandémie en 1968-1969, surnommée «grippe de Hong-Kong». Cette dernière marquera les débuts des premiers vaccins antigrippaux efficaces. Le sida (1981-aujourd’hui) Originaire de Kinshasa (République démocratique du Congo), le virus du sida apparaît au grand jour en 1981, lorsque l'agence épidémiologique d'Atlanta, aux États-Unis, alerte sur des cas inhabituels de pneumocystose (une pneumonie rare présente chez les patients immuno-déprimés). Le VIH n'est identifié que deux ans plus tard, en 1983, par une équipe de chercheurs de l'Institut Pasteur dirigée par Luc Montagnier. Au plus fort de l'épidémie, dans les années 2000, deux millions de personnes succombent chaque année du virus. 36,9 millions de patients vivent aujourd'hui avec le VIH , mais les traitements antirétroviraux ont permis de réduire considérablement la mortalité Analyser des documents 1. Présentez chaque grande épidémie dans l’histoire et retrouvez la période historique de chacune Nom Dates Période Continent/ région d’apparition 2. Quelles épidémies fait le plus de victimes en Europe ? Et laquelle a fait le plus de victime au niveau mondial ? 3. Quelle épidémie a duré le plus longtemps ? 4. Dans tous ces exemples, quels sont les principaux vecteurs des maladies ? Comment ont-elles touché plusieurs continents ? 5. Parmi ces pandémies, lesquelles sont causées par des virus et des bactéries ? 6. Quels points communes / différences avec la pandémie actuelle ? (voir infographie) EXERCICE 2 : « Quand les Européens importaient les maladies » (Courrier International 17/06/2020, d’après un article du New-Yorker, par Elizabeth Koche) Au XVe siècle, la variole est endémique en Europe et en Asie, c’est-à-dire que la majorité de la population y est vraisemblablement exposée au cours de sa vie. En moyenne, le taux de mortalité atteint le seuil terrifiant de 30 %, mais il est beaucoup plus élevé chez les jeunes enfants – plus de 90 % dans certaines régions. Joshua Loomis, professeur de biologie à l’East Stroudsburg University, écrit qu’en raison de la gravité du danger il n’était “pas rare que les parents ne donnent pas de nom à leurs enfants tant qu’ils n’avaient pas survécu à la variole”. Quiconque ne succombait pas était ensuite immunisé à vie (même si beaucoup finissaient aveugles ou balafrés d’affreuses cicatrices). En raison de cette dynamique, il fallait compter une grande épidémie environ une fois tous les vingt ans, à mesure qu’augmentait le nombre de personnes n’ayant pas été contaminées dans l’enfance. Les Européens ont ainsi eu un avantage notable à l’époque où ils ont “commencé à explorer des terres lointaines, où ils sont entrés en contact avec les populations locales”. L’historien Alfred W. Crosby est à l’origine de l’expression « échange colombien, qui désigne les nombreux échanges qui ont eu lieu après la découverte de l’Amérique : échanges de biens, de bétail, mais aussi de micro-organismes. Il parle aussi « d’épidémie en terre vierge”, celle qui d’après lui se produit quand “les populations à risque n’ont eu aucun contact antérieur avec les maladies qui les frappent et se trouvent quasi impuissantes sur le plan immunologique”. Ainsi, la “première pandémie du Nouveau Monde” – commence à la fin de 1518. Cette année-là, quelqu’un – probablement venu d’Espagne – importe la variole à Hispaniola, île des Caraïbes où se trouvent actuellement Haïti et la République dominicaine. Christophe Colomb avait débarqué sur l’île vingt-cinq ans plus tôt, et les Indiens Taïnos autochtones avaient déjà beaucoup souffert. La petite vérole fait alors des ravages parmi ceux qui sont encore là. Deux frères jésuites racontent, dans un courrier adressé au roi d’Espagne, Charles Ier, début 1519, qu’un tiers des habitants de l’île sont frappés : “Il sied à Notre Seigneur d’impartir une épidémie de variole chez lesdits Indiens, et elle ne cesse pas.” De Hispaniola, la maladie se propage jusqu’à Porto Rico. En deux ans, les premiers cas se déclarent à la capitale aztèque de Tenochtitlán, à l’emplacement actuel de la ville de Mexico : c’est en partie ce qui permet à Hernán Cortés de conquérir la capitale en 1521. “En de nombreux endroits, écrit un prêtre espagnol, il arrivait que tous les membres d’un foyer meurent, et, comme il était impossible d’inhumer le très grand nombre de défunts, on démolissait la maison sur leurs dépouilles.” La variole serait parvenue dans l’Empire inca avant les Espagnols. Les contaminations partent d’un village à l’autre plus rapidement que les conquistadors ne se uploads/Geographie/ les-pande-mies-dans-l-histoire.pdf
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- Publié le Fev 06, 2021
- Catégorie Geography / Geogra...
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