Revue des Études Grecques Le Compendium Timaei de Galien André-Jean Festugière,
Revue des Études Grecques Le Compendium Timaei de Galien André-Jean Festugière, R. M. Tonneau Citer ce document / Cite this document : Festugière André-Jean, Tonneau R. M. Le Compendium Timaei de Galien. In: Revue des Études Grecques, tome 65, fascicule 304-305, Janvier-juin 1952. pp. 97-118; doi : https://doi.org/10.3406/reg.1952.3262 https://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_1952_num_65_304_3262 Fichier pdf généré le 17/04/2018 39- LE COMPENDIUM ΤΙΜΑΕΙ DE GALIEN Galien a consacré au Timée deux ouvrages : des υπομνήματα,, en quatre livres, sur les parties médicales du Timée (environ Tim. 41 d 4 ou 42 e 5 à 92 b/c).(i) et une Synopse où Epitomé de ce dialogue (2). Le Commentaire (Υπομνήματα) n'est connu que par un assez loag fragment grec et. quelques extraits d'auteurs arabes et juifs. Du fragment grec parut d'abord une traduction latine de Gadaldinus chez les Juntes (3). Le texte grec fut publié pour la première fois en 1848 par Ch. Daremberg (4), qui semble avoir redécouvert à la Bibliothèque Nationale (aujourd'hui Β. N. 2383) le manuscrit même dont s'était servi Gadaldinus (S). Ce même texte, joint à quelques extraits de Rhazi et de Maimonide, a été réédité en 1934 par H. 0. Schroder (i) Cf. Libr. Propr. 13, p. 122.9 (Script. Min. II Mûller) : icspl των έ*ν τφ Πλάτωνος Τιμαίω ιατρικώς ιίρημένων υπομνήματα τέτταρα, de plac. H. et ΡΙ.Ύ ρ. 708.2 Μ. ταΰτα μέν ίκανα· περί χυμών εΐρηται. .., βΐμέλλομεν ...ίξηγεΐσθαι τα χατα τον Τίμαιον ΐατριχώς β!ρημίνα, de tremore, VII 632.1 Kûhn περί μέν ouv τής Πλάτωνος δόξης κατά την έξήγησιν των εν τφ Τιμα(φ γ (γραμμένων ΐατριχώς έπισχι- ψόμεθα. La discussion de Schroder (ν. infra), pp. χ s., sur le point de savoir si ce Commentaire médical s'inspire du Commentaire hypothétique de Posidonios paraît entièrement vaine. Aussi bien l'auteur avoue (p. xi) : Praeterea Galtno, ulpote medico sua arte dignissimo, opus non fuit aliorum commenlaria de rebus medicinalibus consulere. • (2) Cf. Libr. Propr. 13, p. 122.9 Πλατωνικών διαλόγων συνόψιως οχτώ. (3) Deuxième édition latine de Galien, Venise^ 1550. Traduction corrigée dans la ?e édition. Cf. B. 0. Schroder, Galeni in Platonis Timaeum Cemmentarii Fragmenta, CMG, Suppl. I (Teubner, 1934), pp. xviu s. (4) Fragments du Commentaire de Galien sur le Timée de Platon, Paris, Masson, 1848. , (5) Sur Taccord de la traduction latine et du texte grec, cf. Schroder, l. c, p. xix. REG, LXV, 195Î, n· 304-305. 7 98 A. J. FESTUGIÈRE (cf. p. 97, n. 3), avec un utile commentaire et un essai de reconstruction des quatre livres de Galien (/. c, pp. 34 s.). Le fragment parisien concerne Tim.- 76 d 3 - 80 c 8, soit la formation des ongles, l'origine des végétaux, surtout le rôle et la distribution des vaisseaux, en particulier des vaisseaux respiratoires : Galien propose sur ce point une explication des « nasses » (κυρτοί) de Tim. 78 b 4, et cette exégèse a donné lieu elle-même à bien des discussions chez les modernes (1). De la Synopse nous' ne possédons qu'une version arabe (par H u nain Ibn Ishaq, ixe s.) qui vient d'être publiée par M. R. Walzer (2). Laissant à un spécialiste tout ce qui concerne le. texte arabe (v. infra), je voudrais marquer l'intérêt de ce travail, non pas tant pour l'intelligence du Timée que pour la connaissance du platonisme du n° siècle. Il est clair en effet que la Synopse de Galien appartient au même genre de littérature scolaire que les manuels d'Albinos (Dîdaskalikos, en part, ch. 8 ss., 162.21 ss. H.), d'Apulée {de Platone I, ch. 5 ss., p. 86.9 ss. Th.), et la partie relative aux doctrines platoniciennes dans la Vie de Platon de Dïogène Laerce (ÏII '40 ss. τ& δε άρέσκοντα αυτφ κτλ., en part* 40-41). De la Synopse de Galien, en huit livres, des dialogues platoniciens, Hunain, au ix° siècle, ne connaissait plus que quatre livres (3). Le premier résumait Craiyle, Sophiste^ Politique^ Parménide, Euthydème ; le second, Rép. Ï-IV ; le troisième, Rép. V-X et Timée ; le «quatrième, LowI-XII. Gomme le marque M. W. . (p. i), ce classement de Galien ne correspond ni aux trilogies d'Aristophane de Byzance, ni aux tetralogies de Thra- (1) Cf. Λ. Ε. Taylor, A Commentary etc., pp. 548 ss. (2) (raient Compendium Timaei Platonis, edid. Paulus Kraus et Ricardus Walzer (Corpus Platonicum Medii Aevi,' Plato Arabus, vol. I). Londres, The \Varburg Institute, 1951. In-4«, xn-HS p. (index grec-arabe, pp. 103-H8) -+- 67 p. de texte arabe avec index arabe-grec. La première partie, qui seule m'intéresse ici, comporte l'Introduction (l De Galeni paraphrati pp. 1-17 [II De Interprète pp. 18-21, III De ratione vertendi pp. 21-29, IV Descriplio Codicutn pp. 29-30 : vide infra]) et la Version Latine (pp. 33-96) avec des notes au bas de la page. (3) W., p. 97 = Schr., p. xiv. LE « COMPENDIUM ΤΙΜΑΕΙ » DE GALIEN 99 syllos ou Derkyllidès (Alb. Isag.i, p. 149.5 ss. H.) (1), ni à l'ordre adopté par Albinos [Isag. 3, p. 148.30 ss. H.). De ces quatre livres de la Synopse, Hunain dit avoir traduit les trois premiers. Il ne subsiste apparemment que la version de la paraphrase du Timée. Sans analyser ici tout l'ouvrage de Galien, j'insisterai sur certains passages controversés dans l'exégèse du Timée. Les chiffres initiaux indiquent page et ligne de l'édition Walzer. A. — Génération du monde, ch. l-lli (36.24 - η.Π). Après un prologue où il indique le sujet du Timée (33.1-4), en résume très brièvement (34.5-11) l'affabulation, en caractérise le style (sermo... brevissimus est 34.14 s.) et observe que, pour bien comprendre cet ouvrage, il faut être instruit dans la science physique (qui in hac disciplina se exercitaverit 35.22 s.) et s'être familiarisé avec les dialogues de Platon (qui in ceteris Piatonis libris se exercitaverit 36.26 s.), Galien aborde directement le problème de la genèse du monde par la citation (36.24) de Tim. 27 d 6 - 28 a 1 τι το δν άεί..., δν δε ουδέποτε. Galien semble avoir le second άεί (το γιγνό^ενον j*èv άεί = quod continue gignitur) avec A, P, Eusèbe et Philopon, cf. W. p. 6.14 s. et ad 36.25 (2). Lisant ce second άεί, Galien a évidemment το γιγνόρενον et non το γενόμενον que donnent Proclus (I, 227.5 lemma : mais γιγνο'μενον dans le commentaire et dans la citation 275.13) et Athénagore (19, p.' 135.6 Geffcken). 36.27 Distinguit enim a sitbstantia quae intellectu apprehen- ditur ... substantiam sensibilem (3). Ce distinguit traduit (1) Noter pourtant que la suite Rép. Tim. Lois est celle aussi des tétralogie» VIH-IX. (2) Ajouter Albinos, cf. infra, p. 101. (3) Substantiel sennibilis a sans doute un cachet aristotélicien (W. ad loç.), mais a été préparé par Tim. 35 a i τής αμέριστου ...ουσίας χαΐ της αδ περί τα σώματα γιγνομέντ,ς μ*ρ(«της, cf. Albin. Did. M, p. 169.20 H. λέγων ούν είναι τίνα νοητήν ούσίαν αμέριστον, χαΐ ίλλην π»ρΙ τα σώματα μιρκττήν ύπεβ- τήσατο έμφαίνων, δτι Ικατέραςτών ουσιών ίνάπτεσθαι δύναται τ^ νοήσει (se. -^ 400 A. J. FESTUGIÈRE τέον 27 c 5, et Galien le comprend clairement comme une distinction des deux substances, non au sens alambiqué deProclus (I 258.16) διοριστέον τας υποθέσεις. ; 37.31. Necessario igitur (se. d'après la doctrine de Rép.) hoc loco quidquid sensu percipitur 'id quod continue gignitur* nun- cupavit, atque quidquid intellectu tantum apprehenditur 'id quod in aetérnurn esï nuncupavit. Cf. Tim. 28 a 1 Το μεν δή νοήσει... περιληπτον αεί κατά ταύτα δν, το δ' αύ δόξτ^ (χετ' αίσθήσεως αλόγου δοξαστόν γιγνόμενον..., δντως δε ουδέποτε δν. En quidquid etc. Galien répond à la question quid est etc., comme en το μεν δή κτλ. Platon répond à τι το δν αεί κτλ. L'être éternel est l'être intelligible, l'être toujours en devenir et jamais existant est l'être sensible. Le témoignage de Galien confirme ici l'interprétation de Proclus (I 240.17 ss.) et de Cornford (Plato's Cosmology, p. 22, n. 4). Autrement dit το μεν δή νοήσει... περι- ληπτόν et το δ' αύ ...δοξαστόν sont les définitions cherchées, άεί κατά ταύτα δν et γιγνόαενον... ουδέποτε δν sont les termes à définir (reprenant à la lettre les termes de la question τι το ον αεί et τι το γιγνόμενον ...δν δε ουδέποτε), et il ne faut donc pas dé virgule après περιληπτόν et δοξαστόν. Sans quoi, comme le note Proclus, on introduit les termes à définir (το αεί δν, το γιγνόμενον.ν. ουδέ ποτέ δν) dans la définition elle-même. Cicéron, comme les. modernes (Burnet, Rivaud), fait de άεί κατά ταύτα δν une inci·^ dente, mais traduit bien la suite : alterum quod adfert <ae?> opinionem.,., id gignitur... nec unquam essè verepotesi. 38.4 ss. L'argumentation Tim. 27 d 5-29 d 5 est la suivante (cf. Procl., I, 258.12 ss., 264.45 ss.) : Définitions : τί το δν άεί, τί το γιγνόμενον 27 d 6 - 28 a 4. 1er axiome : παν το γιγνόμενον υπ' αιτίου τίνος εξ ανάγκης γίγνεσθαι 28 a 4-6 = Cause efficiente. ), Apul. de Plat. I 6, p. 88.1 Tb. ουσίας ...duas esse ait, per quas cuncta gignantur mundusque ipse ; quorum una cogitatione sola concipitur, altéra sen· sibus subici potest, p. 88.9 ss. uploads/Litterature/ festugie-re-le-compendium-timaei-de-galien.pdf
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- Publié le Jan 27, 2021
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