RB É. Nodet – Rec. K. Berthelot 2017 1 In search of the Promised Land? The Hasm
RB É. Nodet – Rec. K. Berthelot 2017 1 In search of the Promised Land? The Hasmonean Dynasty Be- tween Biblical Models and Hellenistic Diplomacy (Journal of Ancient Judaism, Sup. 24), par Katell BERTHELOT, trad. du fran- çais par Margaret RIGAUD. 15 x 24 ; 494 p., cartes. Göttingen / Bristol (CT), Vandenhoeck & Ruprecht, 2017. — Rel. 100 € (ISBN 978-3-525-55252-0 ; ISSN 2198-1361). Les premiers Asmonéens, du grand prêtre Jonathan (152-143) au roi Alexandre Jannée (103-76), ont mené une politique de conquête autour de la pe- tite Judée de Judas Maccabée, qui ne s’étendait que d’Emmaüs à Jéricho. Le ré- sultat fut une extension territoriale considérable, très semblable aux domaines bibliques conquis par Moïse en Transjordanie, puis par Josué en Canaan. Le rapprochement a été fait, mais les sources connues, surtout 1-2 Maccabées et Josèphe, ne parlent pas clairement de reconquête du Pays d’Israël. L’A. reprend le dossier, en offrant un inventaire très complet des allusions possibles dans la littérature ancienne. Introduction. The Historiography of the Hasmonean Period. The Influence of Biblical Models and of Modern Debates on the Creation of a Jewish State. Mal- gré quelques voix dissidentes, le paradigme de la reconquête de Canaan par les asmonéens est resté dominant, bien que Josèphe, la principale source sur toute la période, n’y fasse jamais allusion. De plus, il est notable que les frontières bi- bliques sont assez mal définies, et surtout qu’après l’exil il n’y a jamais eu au- cun précepte explicite de reconquête à la manière de Josué. Une autre singulari- té est la circoncision forcée des Iduméens par Jean Hyrcan, ce qui est expressé- ment contraire à la perspective d’Esdras et Néhémie, car ceux-ci s’en tiennent strictement à la généalogie pour définir Israël. Part I – Did the Hasmoneans Seek to reconquer the Promised Land or Re- store Juda ? The Accound of the Hasmonean Wars in 1 Maccabees. Il est admis que ce livre fut écrit en hébreu, mais sa date est discutée, car il s’achève par une courte notice sur les exploits de Jean Hyrcan (135-104), fils et successeur de Simon. On suppose donc souvent qu’il fut rédigé après la mort de Jean, vers - 100 ; l’A. suggère un terminus ad quem de 112-111, avant les principales con- quêtes de Jean. Le récit parallèle de 2 Maccabées, qui se présente comme un ré- sumé de l’œuvre d’un certain Jason de Cyrène, est en fait très différent, puisqu’il commence bien avant la crise de 167-164 et qu’il s’achève avant la mort de Judas Maccabée, en -160 ; de plus, les brèves allusions à Jonathan et Simon frères de Judas et futurs grands prêtres, sont peu flatteuses. Autrement dit, les Asmonéens sont entièrement ignorés. Quant à Josèphe, il offre deux ré- cits : d’abord, un bref survol est donné en G 1:32-56, où il ignore la fête de la Dédicace, mais où il ajoute une rivalité à Jérusalem entre Oniades pro-égyptiens et Tobiades pro-syriens ; plus tard, AJ 12:237-13:235 donne un récit détaillé très parallèle à 1 Maccabées, sauf au début et à la fin. Simon conquit des territoires jusqu’à la mer (Jaffa) et y installa des Juifs, mais c’était pour contrer les inva- sions syriennes, et non pour suivre les traces de Josué. Lors d’une protestation d’Antiochus VII de Syrie contre les conquêtes de Simon, celui-ci invoque le RB É. Nodet – Rec. K. Berthelot 2017 2 droit de reprendre « l’héritage de nos pères » (1 M 15,33), mais il s’agit surtout d’un langage diplomatique hellénistique, bien davantage que des propriétés de l’ancien territoire de Juda, reprises par des rapatriés d’exil (cf. Ne 11,20-24). Cependant, 1 Maccabées a souvent une phraséologie deutéronomiste, et il offre des allusions bibliques manifestes, puisque le testament de Mattathias men- tionne comme exemples une série de personnages bibliques (d’Abraham à Da- niel, 1 M 2,52-60). Pourtant, il s’agit là d’une légitimation de la dynastie asmo- néenne, et non d’un programme de reconquête. Part II – The Era of the Conquest. Rise and Fall of the Hasmonean State. Jo- sèphe est la principale source, mais il y en a d’autres, qui permettent de situer sa perspective. Strabon (de -63 à +24) explique qu’après de brillants débuts avec Moïse, la Judée tomba dans la tyrannie à partir du roi Alexandre Jannée, avec maraudages tout autour. Il dépendait pour une part de Posidonius (env. 130-46), qui admirait le monothéisme de Moïse. De même, Trogue-Pompée, au temps d’Auguste, loue aussi Moïse, mais signale des pillages de Judéens au temps de Pompée. Tacite (env. 56-120) mentionne brièvement la violence du régime as- monéen. Enfin, la plus importante source aurait dû être les Histoires de Nicolas de Damas (env. 64-1), puisqu’il fut secrétaire d’Hérode, et comme tel suspect d’être défavorable aux asmonéens que celui-ci avait supplantés ; ses œuvres, que Josèphe cite, sont largement perdues, mais on peut conclure des extraits conservés qu’il n’était pas défavorable. Quant à Josèphe lui-même, il ne cache pas les oppositions internes aux asmonéens, mais il apprécie leur politique d’expansion territoriale de la Judée, quoique sans allusion à une politique de re- conquête de la Terre promise. Après quelques difficultés à la suite de l’assassinat de Simon, son fils Jean Hyrcan se rétablit et se lança dans des conquêtes après la mort d’Antiochus VII Sidétès (-129), car la suzeraineté syrienne sombrait dans des querelles dynas- tiques. Ainsi, sa richesse s’accrut, et la population juive put s’étendre et prospé- rer. Après lui, son fils Aristobule (104-103) consolida une conquête de la Gali- lée, ce qu’on sait surtout par l’archéologie, et la prolongea vers une partie de l’Iturée, au Liban. Ensuite, Alexandre Jannée (103-76), un autre fils de Hyrcan, s’assura le contrôle de la côte et de la vallée du Jourdain, puis il s’attaqua aux Arabes de Moab et de Galaad, mais il se heurta aux forces syriennes et aux rois nabatéens ; après quelques défaites, il finit par récupérer les territoires perdus. Il n’avait pas d’autre motif que d’accroître sa richesse. Après sa mort, sa femme Alexandra (76-67) se borna à stabiliser quelques conquêtes, puis le royaume se désintégra par la rivalité de ses deux fils, Aristobule II et Hyrcan. En effet, Pompée vint en -63 arbitrer le conflit et réduisit pratiquement la Judée à ce qu’elle était au temps de Judas Maccabée. Pourtant, il restait des Juifs dissémi- nés dans tout le pays, et en -56, le gouverneur Gabinius, voulant pour assurer la paix éviter des intrusions romaines dans les affaires juives, établit cinq sanhé- drins provinciaux, à Jérusalem, Gadara, Amathonte, Jéricho et Séphoris. Quant à l’installation de populations juives dans les territoires conquis, on voit d’abord Simon chasser les étrangers des places fortes conquises, mais à partir de son fils Jean Hyrcan une nouvelle politique apparaît : les conversions forcées. Selon AJ 13:257-258, Jean contraignit les Iduméens, qui occupaient leur terre ancestrale au sud de la Judée, à adopter les coutumes juives, dont la RB É. Nodet – Rec. K. Berthelot 2017 3 circoncision, ou à s’exiler. Cependant, l’archéologie a montré que les Iduméens avaient déjà des coutumes de purification et de circoncision, et l’A. conjecture qu’ils ont obtenu un statut analogue aux « étrangers résidents » bibliques (ge- rim), la circoncision n’étant obligatoire que pour la Pâque. Ensuite, selon AJ 13:318-319, Aristobule fils de Jean fit de même avec une partie des Ituréens, pour des raisons analogues. Une telle politique d’absorption de nations étran- gères reflète une influence hellénistique, éloignée de la perspective des premiers grands prêtre asmonéens. Un aspect annexe de cette tendance fut le recrutement de mercenaires, inauguré par Jean Hyrcan. Les détails ne sont guère fournis, mais cela implique la présence de cultes étrangers au sein de l’armée nationale ; il est cependant probable que leur loyauté était plus ferme, du fait de graves dis- sensions au sein du peuple. En tout cas, les Asmonéens avaient les moyens de se payer une armée. Part III – Polemic, Memory, Forgetting. D’autres documents juifs anciens non historiques évoquent incidemment les Asmonéens. Les textes de Qumrân ignorent Mattathias et Judas Maccabée, et l’identification de Jonathan avec le « prêtre impie », adversaire du Maître de Justice de 1QpHab, reste douteuse. En 4Q379, reproduit en 4Q175, un commentaire de Jos 6,26 (malédiction contre quiconque rebâtira Jéricho), avec diverses allusions bibliques (surtout Jr), men- tionne un « homme de Bélial » qui pourrait être identifié avec Jean Hyrcan. 4Q339 donne une liste de faux prophètes bibliques, et une restitution conjectu- rale y introduit Jean Hyrcan. Dans le Rouleau du Temple, col. 57-58, la guerre doit être faite par le peuple, ce qui implicitement exclut les mercenaires, d’où une possible critique des Asmonéens. D’autres textes peuvent être interprétés comme critiquant Alexandre Jannée, en particulier 4Q448, qui le mentionne comme roi. La littérature rabbinique présente une certaine ambivalence. Le document Megilat Ta‘anit est une liste de 35 jours festifs commémorant des événements heureux. Au moins sept d’entre eux se rattachent aux libérations obtenues par les fils de Mattathias (non nommés) contre des adversaires, et le plus tardif mentionne Hadrien ; uploads/Litterature/ in-search-of-the-promised-land-pdf.pdf
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- Publié le Apv 25, 2022
- Catégorie Literature / Litté...
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