revue internationale de théories et de pratiques sémiotiques volume 36 numéro 1

revue internationale de théories et de pratiques sémiotiques volume 36 numéro 1 • printemps 2008 Le symbole. Réflexions théoriques et enjeux contemporains Guillaume Asselin Fabienne Claire Caland Andrea Catellani Émilie Granjon Paola Pacifici Bertrand Rouby Corinne Streicher ICONOGRAPHIE Dominic Besner HORS DOSSIER Alexandra Saemmer 2 PROTÉE paraît trois fois l’an. Sa publication est parrainée par le Département des arts et lettres de l’Université du Québec à Chicoutimi. Ce département regroupe des professeurs et chercheurs en littérature, en arts visuels, en linguistique, en théâtre, en cinéma, en langues modernes, en philosophie, en enseignement du français et en communication. PROTÉE est subventionnée par le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture, le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, la Fondation de l’Université du Québec à Chicoutimi, le Programme d’aide institutionnelle à la recherche, le gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide aux publications, l’Institut de recherches technolittéraires et hypertextuelles et le Département des arts et lettres de l’Université du Québec à Chicoutimi. Administration : PROTÉE, 555, boul. de l’Université, Chicoutimi, Québec, Canada - G7H 2B1, téléphone : (418) 545-5011, poste 5396, télécopieur : (418) 545-5012. Adresse électronique: protee@uqac.ca. Site Web: www.uqac.ca/protee. Distribution: Presses de l’Université du Québec, 2875, boul. Laurier, Sainte-Foy, Québec - G1V 2M2, téléphone : (418) 657-4399. PROTÉE est membre de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP). Les textes et illustrations publiés dans cette revue engagent la responsabilité de leurs seuls auteurs. Les documents reçus ne sont pas rendus et leur envoi implique l’accord de l’auteur pour leur libre publication. PROTÉE est diffusée sur Érudit, portail des revues savantes (www.erudit.org) et indexée dans Argus, Klapp, Ulrich’s International Periodicals Directory, OXPLUS et dans le Répertoire de la vie française en Amérique. L’impression de PROTÉE a été confiée à l’Imprimerie ICLT inc. Nous reconnaissons l'aide financière du gouvernement du Canada par l'entremise du Programme d'aide aux publications pour nos dépenses d'envoi postal . Directeur : Nicolas Xanthos. Adjointe à la rédaction : Michelle Côté. Conseiller à l'informatique: Jacques-B. Bouchard. Secrétaire : Christiane Perron. Responsable du présent dossier : Émilie Granjon, Bertrand Rouby, Corinne Streicher. Page couverture : Dominic Besner, L’Envol du cortège dansant. Techniques mixtes sur toile, 122 x 122cm, 2000-2004. Envoi de Poste-publications – Enregistrement no 07979 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Canada, Bibliothèque et Archives nationales du Québec Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction réservés © PROTÉE 2008 ISSN-0300-3523 Comité de lecture * : Jacques BACHAND, Université du Québec Robert DION, Université du Québec à Montréal Mustapha FAHMI, Université du Québec à Chicoutimi Gillian LANE-MERCIER, Université McGill François LATRAVERSE, Université du Québec à Montréal Jocelyne LUPIEN, Université du Québec à Montréal Anne Martine PARENT, Université du Québec à Chicoutimi Paul PERRON, Université de Toronto Fernand ROY, Université du Québec à Chicoutimi Lucie ROY, Université Laval Paul SAINT-PIERRE, Université de Montréal Gilles THÉRIEN, Université du Québec à Montréal Christian VANDENDORPE, Université d’Ottawa * La revue fait aussi appel à des lecteurs spécialistes selon les contenus des dossiers thématiques et des articles reçus. Comité de rédaction : Frances FORTIER, Université du Québec à Rimouski Bertrand GERVAIS, Université du Québec à Montréal Marie-Pascale HUGLO, Université de Montréal Joanne LALONDE, Université du Québec à Montréal Josias SEMUJANGA, Université de Montréal Johanne VILLENEUVE, Université du Québec à Montréal Nicolas XANTHOS, Université du Québec à Chicoutimi Comité Conseil international : Anne BEYAERT-GESLIN, Université de Limoges François JOST, Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris III) Eric LANDOWSKI, Centre national de la recherche scientifique Louise MILOT, Université du Québec 3 revue internationale de théories et de pratiques sémiotiques volume 36, numéro 1 • printemps 2008 RÉSUMÉS / ABSTRACTS 92 NOTICES BIOGRAPHIQUES 94 Le symbole. Réflexions théoriques et enjeux contemporains Présentation / Émilie Granjon, Bertrand Rouby, Corinne Streicher 5 DU (DÉ)BRIS SYMBOLIQUE / Guillaume Asselin 7 LE SYMBOLE: une notion complexe / Émilie Granjon 17 LE CORPS: anatomie d’un symbole / Paola Pacifici 29 SYMBOLISME ET RHÉTORIQUE DANS LES IMAGES DE LA LITTÉRATURE ILLUSTRÉE JÉSUITE ENTRE LES XVIe ET XVIIe SIÈCLES: approches sémiotiques / Andrea Catellani 39 BESNER LE PRODIGIEUX Une présentation de François Ouellet 54 LA PLUME DE GRAINVILLE CONTRE L’ŒIL DU VIRGINAL. Ordonnance symbolique et désordre de la langue / Fabienne Claire Caland 59 DÉFAITES DU SYMBOLE. David Gascoyne et l’alchimie face à l’hiver des signes / Bertrand Rouby 69 Hors dossier FIGURES DE SURFACE MÉDIA / Alexandra Saemmer 79 4 5 PRÉSENTATION L’homme met en place des symboles pour mieux comprendre le monde dans lequel il vit. Avec le mode symbolique s’institue un ancrage mémoriel, une pensée singulière dont l’énonciation participe d’un processus herméneutique qui rend compte de structures interprétatives. Originellement, le symbole désigne un signe de reconnaissance provenant d’un «objet coupé en deux dont deux hôtes conservaient chacun une moitié qu’ils transmettaient à leurs enfants; on rapprochait les deux parties pour faire la preuve que des relations d’hospitalité avaient été contractées» (Rey, 2004: 3719). Comme l’atteste son étymologie grecque sumbolon, dérivée du verbe sumballein qui signifie «jeter ensemble», «joindre», «réunir», «mettre en contact», il avait la fonction d’unir, de construire un pont entre deux objets. Au fil du temps, il est devenu un médiateur sémantique dont les modalités fonctionnelles permettent le passage d’un sens littéral à un sens figuré. Par conséquent, il institue un processus herméneutique singulier, pluridimensionnel et transcendant: pluridimensionnel, le symbole dévoile des structures imaginaires; transcendant, il interroge le saisissable de l’insaisissable. Évidente en apparence, la définition du «symbole» est pourtant problématique du fait de la polysémie du terme qui en brouille la compréhension et instaure un malaise définitionnel. À cet égard, Umberto Eco qualifie de «forêt symbolique» (1988: 191) l’hétérogénéité lexicale découlant des différentes utilisations du mot. Cette plurivocité terminologique entraîne un affadissement lexical causé par un emploi équivoque et désinvolte. Ainsi, la psychanalyse, la philosophie, la sémiotique, la littérature et la poésie utilisent le symbole pour servir leur domaine et l’investir d’un sens qui leur est propre. Il résulte de ces emprunts d’étonnants antagonismes concernant la notion de signe. Alors que certains penseurs comme Lévi-Strauss, Freud ou Kristeva rendent compte d’une synonymie entre le symbole et le signe, d’autres comme Ricœur, Durand, Jung ou Todorov revendiquent la distinction entre les deux. La disparité lexicale qui découle de ce constat ne mène pas à la destitution du symbole. Paradoxalement, elle le fait renaître et lui permet de produire de nouvelles unités sémantiques. En regard de ce constat, nous proposons de réfléchir aux axes définitionnels du symbole en abordant les diverses disciplines que sont la sémiotique, l’histoire de l’art, la littérature et la philosophie. L’horizon théorique du dossier est non pas d’élaborer une nouvelle définition, mais de situer et de comprendre les contradictions internes qui résultent de la globalisation de la réflexion. L’ensemble des articles explore deux voies parallèles et complémentaires interrogeant l’investissement du symbole dans nos sociétés contemporaines. Les auteurs proposent de repenser les structures de symboles anciens par l’entremise LE SYMBOLE RÉFLEXIONS THÉORIQUES ET ENJEUX CONTEMPORAINS ÉMILIE GRANJON, BERTRAND ROUBY ET CORINNE STREICHER 6 des disciplines susmentionnées, d’un côté, et d’examiner les modalités théoriques de symboles en mutation (c’est-à-dire partiellement dé-sémantisés et en quête d’un nouveau sens), de l’autre. D’emblée, Guillaume Asselin livre une réflexion originale en marge de l’idée traditionnelle du symbole, et montre que le thème contemporain de la déliaison s’enracine dans l’étymologie. Ainsi propose-t-il, à partir de Pascal Quignard notamment, de penser une herméneutique de l’« entre-deux » en explorant la part de déchirure qui prélude à la constitution du symbole. Il s’agit dès lors de pallier transversalement une déchirure initiale, et c’est dans cet esprit qu’Émilie Granjon présente un état des lieux sur la question. Elle met en évidence la rencontre de plusieurs traditions théoriques qui ravive une définition plus ancienne du symbole et, de ce fait, l’inscrit dans une réflexion interdisciplinaire qui échappe aux définitions exclusivement sémiotiques, anthropologiques, sociologiques ou psychanalytiques. Paola Pacifici démontre que, au XVIIe siècle, le réseau signifiant ainsi formé se centrait notamment sur l’image du corps, envisagée comme métaphore sémiosique d’une interrelation entre anatomie, astrologie, philosophie et religion. Étudiant la même époque, Andréa Catellani sémiotise la manière dont l’allégorie supplante le symbole dans la littérature jésuite. À une ratio difficilis motivée par une intensité passionnelle euphorique ou dysphorique se substitue une ratio facilis visant à organiser, à systématiser et à limiter le panorama interprétatif. Avec les articles de Guillaume Asselin, d’Émilie Granjon, de Paola Pacifici et d’Andréa Catellani, les théories contemporaines, sous l’impulsion de modèles philosophiques, sémiotiques et phéno- ménologiques, inspirent une réflexion interdisciplinaire qui envisage le symbole comme facteur de cohésion ou de disjonction conceptuelle. En revanche, la littérature et les arts du XXe siècle témoignent d’une ruine de la dimension notionnelle à mesure que se révèle la faillite des langages symboliques. Avec L’Atelier du peintre de Patrick Grainville, Fabienne Claire Caland analyse, dans le cadre d’une réflexion littéraire, l’échec de la tentative du narrateur visant à constituer un langage symbolique, de telle sorte que la langue de l’écrivain se fonde sur la destruction même d’un tel langage. Pour comprendre cette crise de l’organicité, il faut remonter à uploads/Litterature/ vol-36-no-1-pdf.pdf

  • 42
  • 0
  • 0
Afficher les détails des licences
Licence et utilisation
Gratuit pour un usage personnel Attribution requise
Partager