© Armand Colin, Paris, 2011 ISBN : 978-2-200-27633-1 Du même auteur Lévi-Straus
© Armand Colin, Paris, 2011 ISBN : 978-2-200-27633-1 Du même auteur Lévi-Strauss, Paris, Figures du savoir, Les Belles Lettres, 2010. Philosophie de l’actualité, Paris, Ellipses, 2008. Derrida, Paris, Ellipses, 2008. La philosophie sur grand écran. Manuel de cinéphilosophie, Paris, Ellipses, 2007. La philosophie française contemporaine. 1960-2005, Ellipses, 2006. Eléments de morale, Paris, Ellipses, 2005. Théorie et expérience, Paris, Ellipses, 2005. Le devoir de justice. Pour une inscription politique de la philosophie, Paris, Armand Colin, 2004. Foucault. Qu’est-ce que les Lumières, Paris, Bréal, 2004. Lexique des repères philosophiques, Paris, Ellipses, 2004. Comprendre Kant, Paris, Cursus, Armand Colin, 2003. Politique de l’autre homme. Lévinas et la fonction politique de la philosophie, Paris, Ellipses, 2003. Herder, Paris, Figures du savoir, Les Belles Lettres, 2003. Kant. Vers la paix perpétuelle, Paris, Bréal, 2002. Lexique de philosophie, Paris, Ellipses, 2001. Kant. Fondements de la métaphysique des mœurs, Paris, Bréal, 2001. Droit, morale et politique, Paris, Ellipses, 2001. Descartes. Les Méditations métaphysiques, Paris, Bréal, 2000. L’épaisseur humaine. Foucault et l’archéologie de l’homme moderne, Paris, Kimé, 2000. Lyotard et la philosophie (du) politique, Paris, Kimé, 2000. Table des matières Couverture Page de titre Page de Copyright Table des matières Préambule : Aporétique – De l’auteur Foucault par lui-même L’abolition du nom propre Questions de méthode Prologue : L’imagination au pouvoir (Introduction au Rêve et l’existence de Binswanger, 1954) Ontologie – De la philosophie Foucault philosophe ? L’actualité La philosophie comme journalisme radical Archéologie et analytique du présent Archéologie et politique Histoire – De la raison Foucault historien ? Contre l’historicisme Contre l’idéologie Chronologies foucaldiennes L’épaisseur de la raison Du pouvoir au savoir Partages Le normal et le pathologique Vie et folie Raison et déraison Internement et asile Figure 1 : Le fou Portrait 1 : Derrida Archéologie – De la vérité Une histoire de la vérité Contre la phénoménologie Foucault structuraliste (?) L’inconscient du savoir L’épaisseur du discours L’espace clinique Cosmologies Le pouvoir de la représentation La fin d’un règne Les sciences humaines La littérature Figure 2 : L’homme Portrait 2 : Kant Intermède professoral : L’Ordre du discours (1970) Généalogie – Du pouvoir Analytique du pouvoir Pouvoir-savoir et savoir-pouvoir Le principe d’immanence Le pouvoir psychiatrique L’éclat des supplices Minuties disciplinaires L’hypothèse répressive La prolifération du discours Vers la biopolitique De la guerre Figure 3 : Le délinquant Portrait 3 : Nietzsche Éthique – Du sujet Critique du sujet Le sujet du sexe L’herméneutique de soi Souci de soi et volonté de vérité Politique – De la justice Le discours comme politique de la vérité Philosophie et géologie Libération et liberté Épilogue : L’impatience de la liberté (Qu’est-ce que les Lumières ?, 1984) Bibliographie Index des notions Préambule Aporétique – De l’auteur Foucault par lui-même Certains philosophes ont eu le souci, bien commode pour leur futur lecteur, de construire un système : dans certains cas, cette articulation sévère des œuvres répond aux exigences mêmes de la doctrine, qui ne peut que se déployer rationnellement ; dans d’autres, la structure générale de la pensée apparaît peu à peu, voire après coup, l’auteur ayant pris soin, avant de mourir, de proposer une synthèse rétrospective de son propre travail. Michel Foucault ne nous a pas facilité la tâche. En premier lieu – et nous reviendrons sur ce point fondamental – en ce qu’il refuse de se considérer lui- même comme un auteur, dont le seul nom propre pourrait unifier, comme par magie, la diversité des ouvrages ; en second lieu en ce que l’œuvre publiée – quelques livres, guère plus –, ne contient pas tout ce que Foucault a voulu dire, sa philosophie, et il en est une, se disséminant d’elle-même dans des dits autant que dans des écrits, dans des cours autant que dans des publications en bonne et due forme. Plus essentiellement encore : la nature même du propos foucaldien exclut la cohérence systématique. Encore faut-il préciser ici la raison de cette exclusion : Foucault ne refuse pas par principe le système, comme le fait par exemple Nietzsche. Et ses écrits ne prendront donc pas, comme chez ce dernier, la forme de l’aphorisme. Mais il conçoit l’exercice même de la philosophie comme la façon la plus rigoureuse, pour un individu, de changer sa propre pensée, et partant son existence même. Au fur et à mesure qu’avance son œuvre, l’homme Foucault et l’écrivain Foucault se trouvent modifiés en profondeur, d’où la nécessité permanente de revenir sur ce qui a été dit, d’annoncer aussi des projets qui jamais ne se réaliseront, de tenter d’évaluer a posteriori la valeur de son travail. Un indice de ce que nous venons de dire : quand, en 1984, paraît le Dictionnaire des philosophes de Denis Huisman, la notice consacrée à Foucault a été rédigée par un certain Maurice Florence, qui n’est autre que Foucault lui-même. Rompant avec tous les usages de l’édition, Foucault semble considérer que personne d’autre que lui ne peut présenter son œuvre. Il y a sans doute un peu de coquetterie dans le procédé. Mais aussi la conviction que lui seul aura la lucidité suffisante pour percevoir les lacunes de son travail, et la capacité de les dissimuler en partie dans la reconstruction d’une cohérence momentanée. Lisons donc ce texte, qui n’est pas la moins bonne des entrées dans le corpus. Foucault appelle ce qu’il a essayé de faire une histoire critique de la pensée, se situant d’emblée dans le prolongement de la philosophie de Kant. Mais alors que le criticisme vise a établir les conditions de possibilité a priori de la connaissance, en les pensant comme universelles et intemporelles, le projet foucaldien se conçoit comme « une analyse des conditions dans lesquelles sont formées ou modifiées certaines relations de sujet à objet, dans la mesure où celles-ci sont constitutives d’un savoir possible » . Non plus la transparence du sujet transcendantal, mais l’épaisseur historique et institutionnelle de ce qui a permis l’émergence, à un moment donné, d’un objet, d’un savoir, et corrélativement d’une forme de pouvoir sur les choses sues. L’intérêt de ce texte est qu’il modifie l’impression qu’un lecteur consciencieux pourrait avoir de l’œuvre de Foucault. Alors qu’elle semble tout entière consacrée aux mécanismes d’objectivation – de la folie, de la maladie, de l’homme, du délinquant –, elle serait, si on prend Foucault aux mots, aussi bien une 1 analytique de la subjectivation, de cette façon dont un sujet se constitue, dans son rapport à soi-même comme dans son rapport au monde. On voit bien ce que veut faire Foucault : relire son travail à la lumière de ce qu’il fait depuis finalement peu d’années, une étude du souci de soi et de la naissance du sujet éthique. Il n’y a pas de malhonnêteté ici, seulement l’envie d’offrir un visage à peu près cohérent, en assumant une forme de révision de soi. Une histoire des jeux de la vérité, voilà ce qu’il a voulu faire. Cette histoire s’est conçue d’abord comme une étude de « la constitution du sujet tel qu’il peut apparaître de l’autre côté d’un partage normatif et devenir objet de connaissance » : Histoire de la folie, Naissance de la clinique, Surveiller et punir. Elle a aussi pris la forme d’une histoire du sujet parlant, travaillant, vivant, dans le mouvement qui le fait devenir l’objet des sciences humaines : Les Mots et les Choses. Elle a enfin choisi d’être histoire de la constitution du sujet comme objet pour lui-même : L’Histoire de la sexualité, le sexe n’étant qu’un des motifs, ou qu’un des lieux, où la construction d’une éthique de soi peut se lire. Troisième volet de l’œuvre dit Foucault, qui confirme en passant le statut exceptionnel des Mots et les Choses, ouvrage isolé et unique dans l’ensemble de son travail. Tous ces textes ont en commun de manifester « un scepticisme systématique à l’égard de tous les universaux anthropologiques » ; de refuser l’idée d’un sujet constituant vers lequel il faudrait remonter ; d’aborder enfin les domaines de connaissance par les pratiques qui s’y donnent. Un premier principe qui modifie totalement le sens même de la vérité, de la raison ou de l’homme qui sont des constructions historiques, contingentes mais d’une efficacité totale dans la fonction qu’on leur octroie dans l’organisation d’un champ de savoir ou dans la légitimation d’un champ de pouvoir. Un deuxième principe qui rejette les facilités du sujet transcendantal, mais qui écarte aussi la fausse idée de la disparition complète de tout rapport sujet-objet. Un troisième principe qui annule la neutralité des processus cognitifs en les rattachant à des procédures politiques, qui en sont tout à la fois la cause et l’effet. Foucault conclut en soulignant l’importance de la notion de gouvernement, de soi et des autres, dans l’ensemble de son travail ; façon de réinterpréter l’œuvre de jeunesse à partir d’une notion très récente ou, ce qui revient au même, d’interpréter les recherches ultimes dans la continuité de la pensée antérieure. Ainsi présentée, l’œuvre de Foucault manifeste une belle cohérence et semble même dérouler élégamment un programme parfaitement stabilisé. Cette impression est le produit d’un ensemble de petits déplacements, qui uploads/Philosophie/ comprendre-foucault.pdf
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- Publié le Mar 24, 2022
- Catégorie Philosophy / Philo...
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