Le matérialisme est un système philosophique qui soutient que toute chose est c
Le matérialisme est un système philosophique qui soutient que toute chose est composée de matière et que, fondamentalement, tout phénomène est le résultat d'interactions matérielles. En tant que système philosophique, le matérialisme appartient à la classe des ontologies monistes, et trouve ses premiers développements dans la pensée présocratique − bien qu'il n'ait jamais été énoncé comme tel avant le XVIIe siècle. Il admet de multiples interprétations, tant naturalistes qu'historiques. Tantôt associé au réductionnisme, tantôt au réalisme ou au mécanisme, il est utilisé comme une arme argumentative par les philosophes qui se sont opposés à l'idéalisme, encore dominant en philosophie jusqu'à la fin du XIXe siècle. Une branche du matérialisme est étroitement liée au physicalisme, qui postule que tout ce qui existe est une manifestation physique. Le physicalisme philosophique est une évolution du matérialisme qui se base sur les découvertes en sciences physiques, afin d'inclure des notions plus sophistiquées que celle de « matière », telles que : l'espace-temps, l'énergie, les champs de forces, etc. Aussi, en philosophie analytique, le terme « physicalisme » est souvent préféré à celui de « matérialisme », tandis que certains auteurs les utilisent comme synonymes. Les conceptions philosophiques qui s'opposent au matérialisme incluent l'idéalisme, certaines formes de pluralisme philosophique, le dualisme, ou encore le spiritualisme. Sommaire 1 Définition et origine de la notion 1.1 Le matérialisme philosophique 1.2 Le matérialisme et son monisme 1.3 Une position ontologique 1.4 La définition matérialiste de la matière 2 Historiographie des philosophies matérialistes 2.1 Inde ancienne 2.2 Antiquité grecque et époque moderne : apparition et résurgence du mécanisme 2.3 Siècle des Lumières : développement des doctrines matérialistes 2.4 XIXe siècle : matérialisme naturaliste et matérialisme historique 2.4.1 Matérialisme naturaliste 2.4.1.1 L'évolutionnisme 2.4.1.2 La physiologie matérialiste de Claude Bernard 2.4.2 Matérialisme historique 2.5 XXe siècle 2.5.1 Le tournant scientifique du matérialisme 2.5.2 La renaissance du matérialisme réductionniste 2.5.3 Le matérialisme « éliminativiste » 2.5.4 Le matérialisme et le modèle de l'ordinateur 2.5.5 Le matérialisme hédoniste 2.6 XXIe siècle 3 Notes et références 4 Annexes 4.1 Bibliographie 4.1.1 Généraliste 4.1.2 Spécialisée à un matérialisme 4.2 Articles connexes 4.3 Lien externe Définition et origine de la notion Le matérialisme philosophique En philosophie, le matérialisme est la doctrine selon laquelle il n'existe d'autre substance que la matière. Il s'oppose donc au dualisme qui admet l'existence de deux substances distinctes : l'esprit et la matière. Le terme est apparu dans la seconde moitié du XVIIe siècle pour désigner les philosophies qui nient l'existence de substances spirituelles (les « âmes ») et ne reconnaissent que celle des substances corporelles. Le matérialisme s'oppose tant au dualisme qu'au spiritualisme, pour lequel l'esprit constitue la substance de toute réalité. Le sens philosophique du mot « matérialisme » est historiquement premier. Si l'on excepte un sens ancien tombé en désuétude, bien que conservé dans son usage anglophone (« matérialiste », au XVIe siècle, désignait l'apothicaire ou le chimiste : celui qui s'occupait des « matières »), l'adjectif « matérialiste » n’apparaît en français qu'à la fin du XIXe siècle, et désigne les philosophes qui affirment l'existence exclusive des entités matérielles. Ce n'est donc que rétrospectivement que nous qualifions de matérialistes certaines doctrines antérieures à l'usage du mot, doctrines dont les plus anciennes semblent remonter à l'Antiquité grecque, voire à l'Inde ancienne. Le matérialisme et son monisme Christian Wolff, à qui l'on doit probablement la première définition du matérialisme philosophique. La première définition explicite du matérialisme philosophique semble avoir été formulée tardivement par Christian Wolff dans un ouvrage datant de 1734 : « On appelle matérialistes les philosophes qui affirment qu'il n'existe que des êtres matériels ou corps […] Le matérialisme n'admet qu'une seule sorte de substance1. » Le matérialisme est donc d'abord défini comme un monisme de la matière, ou monisme physique, qui affirme l'unité du monde aussi bien que son caractère matériel. Le monisme matérialiste s'oppose ainsi ouvertement au dualisme de l'esprit et du corps, mais non au pluralisme, puisque la matière est constituée d'une multiplicité de corps. Une conséquence problématique de cette définition concerne le statut de la pensée. Le matérialisme est en effet une position qui se prononce sur la nature de l'esprit, compris dans sa relation avec le corps. Il considère notamment que l'existence et la nature des corps ne dépendent pas de la pensée. Mais la question se pose de savoir si la pensée existe comme une caractéristique matérielle du corps, notamment du cerveau, ce qui revient à en nier la spécificité (la pensée étant un processus naturel comme un autre), ou si elle existe comme une propriété spécifique attribuée à la matière.2 Une position ontologique Le matérialisme est une doctrine ontologique, sur la nature de l'être ; il ne doit pas être confondu avec le réalisme scientifique ou l'empirisme, qui sont des doctrines gnoséologiques, sur le fondement de la connaissance. D'une façon générale, le matérialisme rejette l'existence de l'âme, de l'Au-delà et de Dieu. Quant à l'esprit (ou psychisme), il en fait une propriété de la matière, ou considère qu'il n'a pas de réalité propre, qu'il renvoie à une conception erronée de l'être humain et du vivant (voir le matérialisme éliminativiste). Au cours des siècles, le matérialisme est apparu sous diverses formes. Il existe notamment une forme naïve et spontanée de matérialisme et une forme mécaniste plus conforme au réalisme scientifique. Il existe également des formes réductionnistes de matérialisme, qui ne reconnaissent pas de spécificité aux sciences humaines (ex. : le physicalisme, le biologisme), et des formes non réductionnistes, qui reconnaissent cette spécificité (ex. : le matérialisme historique, le fonctionnalisme). La position ontologique commune aux diverses formes de matérialisme peut avoir des conséquences sur le plan éthique : si tout est matière, c'est le corps et non pas quelque substance spirituelle telle que l'âme ou Dieu qui doit être privilégié3. De là cette constance du matérialisme philosophique à déboucher sur une éthique associée au corps - une éthique du plaisir et du bonheur - à moins que ce ne soit justement cette éthique qui justifie l'adhésion à une ontologie matérialiste. [réf. nécessaire] La définition matérialiste de la matière En tant qu'option philosophique, le matérialisme repose sur une définition philosophique minimale de la matière qui ne dépend pas directement de celle qu'en donnent les sciences physiques, définition qui, elle, s'est modifiée en profondeur au cours de l'histoire. Les matérialistes définissent la matière le plus souvent négativement et de façon relationnelle, en lien avec les notions d'esprit ou de pensée. La matière est ainsi définie comme : une réalité universelle qui ne dépend pas de la pensée, et notamment de la représentation que l'on en a ; un principe fondamental qui est la cause ou la raison de l'émergence de l'esprit. Quant aux caractéristiques positives de la matière, c'est aux sciences physiques qu'il revient la tâche de les définir. Historiographie des philosophies matérialistes Inde ancienne Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ? Antiquité grecque et époque moderne : apparition et résurgence du mécanisme Mécanisme de la vision d'après un dessin de René Descartes. Le matérialisme s'est développé sous une forme mécaniste dès l'Antiquité. Les philosophes ioniens de l'école de Milet – Thalès, Anaximène, Anaximandre – semblent être les premiers philosophes matérialistes de l'Antiquité grecque. Ils cherchaient à rendre compte de l'ensemble des phénomènes par un principe unique, de nature matérielle : l'eau avec Thalès, l'air avec Anaximène, la matière, c'est-à-dire ce qui est indéfini, avec Anaximandre. À la suite de ces conceptions matérialistes, un matérialisme mécaniste, ou du moins atomiste, s'est constitué avec Leucippe, Démocrite, Épicure, Lucrèce. Pour ces philosophes, tous les phénomènes naturels et les différents corps eux-mêmes sont dus aux mouvements et aux combinaisons d'atomes matériels se déplaçant dans le vide. L'âme est alors également une chose matérielle périssable qui ne se distingue du corps que par les propriétés particulières de ses atomes (plus légers). Bien plus tard, au XVIIe siècle, ce matérialisme mécaniste sera épuré en langage mathématique, plus spécialement géométrique, par Galilée, Gassendi, Hobbes. Mais le premier, tout occupé de physique, ne s'occupera pas de métaphysique, sinon pour ridiculiser le dogmatisme ; tandis que Gassendi, phénoméniste, cherchera plutôt à comprendre comment les atomes et le vide pourraient rendre compte de l'imagination4 ; le dernier, Hobbes, contribuera à l'avancement des idées matérialistes tant par sa philosophie morale que par son opposition à René Descartes. La conception de l'animal machine qu'il proposera relève indéniablement du matérialisme. René Descartes adoptera une position originale, utilisant une forme d'atomisme méthodologique dès ses premiers écrits5, atomisme qu'il se gardera de confondre avec des conceptions matérialistes. Il éliminera la notion de matière de façon à concevoir une physique compatible avec le mécanisme, sans risquer d'être soupçonné de faire référence aux théories matérialistes. Le mécanisme de Descartes ne vaut toutefois que pour sa physique, c'est-à-dire pour ce qui concerne le monde matériel, et non pour ce qui concerne le monde spirituel, dont les constituants — les « pensées » — sont immatériels. L'ontologie de Descartes étant dualiste (il considère l'être comme fait de deux substances, la matière ou, plus uploads/Philosophie/ materialisme.pdf
Documents similaires










-
31
-
0
-
0
Licence et utilisation
Gratuit pour un usage personnel Attribution requise- Détails
- Publié le Fev 15, 2021
- Catégorie Philosophy / Philo...
- Langue French
- Taille du fichier 0.0607MB