Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris PROBLEMES DE L'ETRE DANS LA PHENOMEN

Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris PROBLEMES DE L'ETRE DANS LA PHENOMENOLOGIE TRANSCENDANTALE Author(s): K. MYTROWYTCH Source: Archives de Philosophie, Vol. 22, No. 1 (JANVIER - MARS 1959), pp. 32-55 Published by: Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris Stable URL: http://www.jstor.org/stable/43039274 Accessed: 31-08-2017 12:46 UTC REFERENCES Linked references are available on JSTOR for this article: http://www.jstor.org/stable/43039274?seq=1&cid=pdf-reference#references_tab_contents You may need to log in to JSTOR to access the linked references. JSTOR is a not-for-profit service that helps scholars, researchers, and students discover, use, and build upon a wide range of content in a trusted digital archive. We use information technology and tools to increase productivity and facilitate new forms of scholarship. For more information about JSTOR, please contact support@jstor.org. Your use of the JSTOR archive indicates your acceptance of the Terms & Conditions of Use, available at http://about.jstor.org/terms Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris is collaborating with JSTOR to digitize, preserve and extend access to Archives de Philosophie This content downloaded from 154.68.24.5 on Thu, 31 Aug 2017 12:46:50 UTC All use subject to http://about.jstor.org/terms PROBLEMES DE L'ETRE DANS LÀ PHENOMENOLOGIE TRANSCENDANTALE La phénoménologie appartient à ceux des courants de la pensée philosophique qui ne se contentent pas d'effleu- rer quelques thèmes particuliers ni d'apporter des préci- sions à quelque domaine spécial, mais qui reposent les questions fondamentales de la philosophie et ainsi provo- quent une remise en question de l'ensemble des connais- sances philosophiques. Dans ce sens, la phénoménologie est devenue epochale - ouvrant une nouvelle époque - pour la philosophie de notre siècle en pratiquant le recommencement radical de l'interrogation philosophique. Ce faisant, elle a dû refuser certaines vues insuffisantes ou entachées de préjugés et s'est employée à les approfondir et à leur donner une nouvëlïe solution. C'est sur quelques questions fondamentales de ce ré- examen que nous voudrions nous arrêter dans cette étude, questions qui, étant décisives pour l'ensemble de la phéno- ménologie, restent des questions fondamentales de l'his- toire de la philosophie. Il importe de souligner que la phénoménologie, tout en remettant en question les thèses traditionnelles de la phi- losophie, s'insère non moins dans l'ensemble de la tradi- tion philosophique dont elle veut être continuatrice et non destructrice. Et comme cette tradition, la phénoménologie également se pose la question fondamentale et unique de la philosophie : qu'est-ce que l'être, que connaissons-nous de l'être ? Aujourd'hui , quand la phénoménologie prend corps en tant que phénoménologie transcendantale, il est particu- This content downloaded from 154.68.24.5 on Thu, 31 Aug 2017 12:46:50 UTC All use subject to http://about.jstor.org/terms PROBLEMES DE L'ETRE 33 lièrement important de voir ce qu'elle ce dont elle a enrichi la philosophia p vue de l'être. I LA PERCEPTION Le thème qui constitue le champ principal de discussio pour éclairer la prise de la pensée humaine sur l'être est le problème de la perception. Cette primauté, si elle n'a paraît pas chronologiquement - parce que le thème de la perception fut élaboré assez tardivement en phénoméno logie - (1), se justifie logiquement. La perception en eff constitue notre manière fondamentale d'avoir des rappo avec l'être que nous ne sommes pas. Après Kant (2) nota ment, la solution qu'on a donné à ce problème détermin la philosophie entière d'un penseur ou d'un courant de pensée. Or ces solutions au cours du XIXe1 siècle, à l'excep- tion de quelques courants traditionnels, variaient entre le positivisme agnostique et l'idéalisme, toutes issues de la pensée kantienne. Eclairer la vraie signification de la perception, recon- quérir sa valeur en tant que notre manière de saisir l'être, constituait pour la phénoménologie le premier pasi vers la libération de la pensée enfermée en elle-même. Cette discussion - ce combat - était menée à bien pour la première fois par un penseur apparemment hors de la phénoménologie, - G. Marcel (3). Indépendamment du développement intérieur du courant phénoménologique, la pensée de Marcel, à propos de la perception, se développe à partir des positions acquises du XIXe siècle et contre elles. La donnée fondamentale qui sert de point de départ à Marcel est la saisie de mon corps en tant qu'à la fois le mien et le moi. Cela signifie la présence immédiate de sa pensée à moi-même en tant que corps parmi le corps dans (1) Cette élaboration de la perception dans la phénoménologie, à peine indiquée dans les Idées de Husserl, ensuite dans Kant et le problème de la métaphysique de Heidegger, est plus largement traité dans les oeuvres de Sartre, et fournit le sujet des ouvrages de Merleau-Ponty. (2) Critique die la raison pure. (3) Il nous paraît juste d'insister à ce propos sur le fait que c'est Marcel qui a fourni les éléments fondamentaux concernant la perception, que nous retrouverons chez Sartre et chez: Merleau-Ponty éclairés à la lumière de la phénoménologie. This content downloaded from 154.68.24.5 on Thu, 31 Aug 2017 12:46:50 UTC All use subject to http://about.jstor.org/terms 34 K. MYTROWYTCH le monde. Cette présence immédiat de perception n'est que le prolong immédiate de notre corps (4) qui, e monde (5). Cette relation immédiate avec le monde, Marcel la caractérise comme dialogue, comme tension dialectique (6). Or dialogue veut dire terrain commun aux interlocuteurs. Du moment qu'une communauté ou plus exactement une communion existe, le corps n'est plus une machine à trans- mission, la perception ne peut être interprétée en terme de message qu'on devrait déchiffrer, convertir. De même que le corps est quelque chose d'inhérent à nous, au je, le monde accède lui aussi à l'immédiateté par rapport à nous. iC'est pourquoi Marcel, tout en tâtonnant au début, a pu dire : « Il y a sûrement un lien entre le fait que le corps ne peut être traité purement et simplement comme un instrument pour l'âme - et cet autre fait que l'objet métaphysique (le noumène, si l'on veut) ne peut être regardé comme étant en communication avec moi. » (7). Communication veut dire ici médiation instrumentale, au moyen des messages, conception que Marcel combat. Ici est acquise déjà la notion de l'immédiateté de notre rapport avec le monde : elle s'exprime dans la notion de participation qui rejette toute compréhension du monde en terme d'interprétation (8). Cette acquisition sera con- firmée et explicitée dans la pensée philosophique qui s'est inspirée très largement de celle de Marcel. Ainsi dira-t-on que l'observation scientifique ne confirme aucunement l'explication purement causale de la perception, - qui considère' le corps mis à part, abstrait, qui n'est plus notre corps mais celui des physiologistes et des automates (9). Le corps présente ce « mode d'existence ambigu » (10) par lequel nous comprenons le perçu immédiatement comme « signification » (11). Le corps se présentera donc tout autrement qu'il n'en (4) G. Marcel ; Journal métaphysique, Paris 1927 (abr.: JM.), p. 236, 266. (5) JM. : p. 305. (6) JM. : p. 2%. (7) JM.: p. 255. (8) JM.: pp. 250, 267. (9) M. Merleau-Ponty : Structure du comportement r Paris 1942 (abr.: S.C.)v p. 278. (10) M. Merleau-Ponty ; Phénoménologie de la perception, Paris 1945 (abr.: P.P.), p. 231. (11) iS.C. ; p. 294. This content downloaded from 154.68.24.5 on Thu, 31 Aug 2017 12:46:50 UTC All use subject to http://about.jstor.org/terms PROBLEMES DE L'ETRE 35 était dans la philosophie de Descartes et de Kant. Là, il était traité en objet avec toute la distance qui s'en suivait pour la pensée. Ici il devient la « condition mystérieuse de l'objectivité en général » (12), une « zone frontière » (13) dans nos rapports avec le monde. Le corps devient ainsi le « repère central des existants », le centre qui est la condition de notre compréhension du monde et de nos jugements d'existence et ainsi fondement de notre rela- tion avec l'être (14). Cette fonction mystérieuse du corps, on peut l'appeler logique vécue ou conscience des significations immanentes par opposition à cette perception analysée mécanique- ment quei l'on trouve dans la philosophie des siècles anté- rieurs (15). L'analyse de transmission sensorielle propre à cette philosophie, on la juge comme un produit tardif de la pensée venu recouvrir la relation immédiate, du monde au moi. La perception nous met directement en présence du monde et nous livre sa signification. Les signi- fications sont incarnées ; déjà la conception est une étape ultérieure de la pensée, sans référence immédiate à une présence (16). On dira encore que le corps nous livrera des objets immédiatement, tels qu'ils sont, qu'il est tota- lité « des relations signifiantes au monde » (17). Les conséquences de ces considérations sont de très grande portée. De la mauvaise compréhension de la per- ception résultait un divorce entre la conscience et le monde, et de là diverses tentatives de jeter un pont sur l'abîme qui les séparait. Ces tentativesļ ont revêtu la forme, soit du réalisme naïf, soit celle des diverses solutions rationalistes, qui font appel aux notions du préétabli, de l'inné, soit, derniè- rement, celle des solutions criticistes, idéalistes et agnos- tiques - qui ont toutes enfermé la pensée sur elle-même dans une perspective de contentement de soi-même uploads/Philosophie/ problemes-de-l-x27-etre-dans-la-phenomenologie-transcendantale.pdf

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